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Pourquoi la situation de l’entrepreneuriat en France est catastrophique

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Par où commencer ? Je suis sacrément énervé.

En ce moment, je lis toute la journée de longues études.

Des dossiers sur la situation de l’entrepreneuriat, des enquêtes sur les créations d’entreprise, des bilans régionaux, bref tout ce qui comporte des chiffres sur cette population dont on ne parle pas assez : les entrepreneurs.

Je ne parle pas des grandes entreprises ici.

Je ne parle pas des « champions nationaux ».

Je ne parle pas non plus des licornes et startups.

Je parle de Marie, de Sarah, de toi, de moi, et de tous ceux qui sont simplement à leur compte. Qui se sentent débordés (souvent), inquiets (régulièrement), mais tout le temps passionnés par ce qu’ils font !

Je parle des 6 000 personnes formées sur LiveMentor ces 3 dernières années.

Je parle des 550 000 entreprises créées en France chaque année. Nous sommes le numéro 1 de l’Union Européenne. Champagne !

Mais faut-il vraiment se réjouir ? Est-ce une fin en soi qu’il y ait plus d’entrepreneurs ? 

Donner des cours depuis dix ans m’a poussé à décortiquer les problèmes, en réalisant souvent que la situation peut être très différente selon le niveau de profondeur du regard…

Et après avoir collé mes yeux au plus près des rapports de l’INSEE ou de la Cour des Comptes, je peux affirmer que la situation de l’entrepreneuriat en France n’est pas bonne. Et surtout pas égalitaire.

On y va ? C’est parti..

Commençons par les femmes.

Chez LiveMentor, je suis super fier d’avoir 2/3 de nos femmes parmi nos élèves. C’est aussi pour cette raison que nous parlons autant de projets comme Mazonia, FEMPO et d’autres lancés par des femmes qui bougent leur boîte !

À l’instar d’inégalités salariales persistantes, l’accès des femmes à l’entrepreneuriat reste limité. Les femmes représentent seulement 27,3% des dirigeants d’entreprise en France, contre 72,7% d’hommes. (source : infogreffre)

Les rémunérations des femmes indépendantes et dirigeantes salariées d’entreprise sont nettement inférieures à celles des hommes (31% en moyenne)..

Allons voir maintenant ce que dit l’INSEE : selon son étude, les créateurs qui bénéficient d’un accompagnement restent à la tête de leur entreprise, bien plus longtemps que la moyenne nationale. Pourtant, selon la Cour des Comptes, seuls 10 à 30% des entrepreneurs sont accompagnés au moment de la création de leur entreprise ! 

Des moyens financiers faibles ou un niveau de diplôme inférieur sont aussi des facteurs de fragilité et discriminent les chances de succès des créateurs d’entreprise. Est-ce vraiment normal ?

Est-ce normal que les grands groupes imposent trop souvent des conditions insupportables dans leurs collaborations avec de petits entrepreneurs, à l’image d’un grand supermarché qui impose des marges intenables à des petits agriculteurs par exemple ?

Est-ce juste que dans un autre rapport de la cour des comptes, je découvre que les grandes entreprises payent en moyenne un taux d’impôt d’à peine 8% contre 33% pour les petits entrepreneurs ?

La mission de LiveMentor est simple.

Nous défendons l’ensemble de tous les petits entrepreneurs. Chez nous, SMALL IS BEAUTIFUL.

Quelque soit leur domaine d’activité (artisan, commerçant, profession libérale, prestataire de service, agriculteurs etc).

Quelque soit leur régime juridique (auto-entrepreneurs, micro-entreprises, entrepreneurs individuel, travailleurs indépendants, TPE).

Et surtout quelle que soit leur ambition.

Nous en avons marre des discours politiques où on décrit les entrepreneurs comme des « machines à faire de la croissance ».

Est-ce notre seul but ? Notre ambition à toutes et à tous ? Est-ce que c’est forcément « nul » de ne pas vouloir grossir sans limite ?

De vouloir simplement construire une entreprise selon son envie !

Nous sommes évidemment apolitiques, et convaincus que le changement doit venir de partout.

Il est facile dans ce genre de situation de tomber dans un discours type « ils sont tous pourris, la France est contrôlée par des lobbys de grands groupes qui écrasent les petits entrepreneurs ».

Je vous propose une autre réaction.

La pire des inégalités n’est pas économique, démographique ou géographique. Elle est culturelle. La pire inégalité, c’est la différence entre celui qui connaît les bonnes personnes, et celui qui se retrouve isolé avec son entreprise.

Notre chance (et notre espoir !), c’est que grâce à Internet, il est possible de contacter n’importe qui. 

Comme j’en parlais dans de récents emails, nous travaillons sur un tout nouveau programme, centré sur cet objectif : permettre à n’importe qui de se créer un réseau terriblement utile.

Dans nos formations pour entrepreneurs, nous voyons de la solitude.

Nous voyons des entrepreneurs qui souffrent de ne pas avoir accès aux personnes qui font la différence (comme tout simplement quelqu’un qui sait quel est le meilleur statut entre micro-entreprise et SASU..)

Avez-vous ce sentiment ? Trouvez-vous qu’il y a encore trop d’inégalités dans la réussite des petits entrepreneurs en France ?

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Alexandre Dana

  • Étant originaire d’un petit village alsacien, je ne peux que souligner le manque de soutien et d’opportunités pour les entrepreneurs …

    • Je te rejoins Valentin. Je vis aussi dans un petit village en Alsace et je me sens…un ovni, même lorsque je contacte des organismes à Strasbourg!

  • Le plus difficile pour l’entrepreneur c’est de devoir être un et un seul dans son équipe et réussir à dégager du chiffre d’affaire pour recruter ensuite.
    Je rêve tellement que la France s’inspire du modèle des pays nordiques (j’avais vu un reportage sur Canal+ à l’époque du Petit Journal) : en gros là-bas le Pole Emploi dit au neo chef d’entreprise: tu crées ton équipe avec des chômeurs, on vous paie tous pendant 6 mois, à vous de degager un CA pour vous payer vous même à partir du 7ème mois.

    Heureusement que des organismes comme Livementor ou la CCI sont là pour accompagner les entrepreneurs français.
    Phil

  • Cher Alex,

    Je partage complétement ton « coup de gueule » et pour cause…
    Je suis une femme, porteuse d’un beau projet e-commerce Rencard Studio mais avec peu de moyens…
    J’ai tout de même bénéficié d’un efficace accompagnement en « pass création » avec la cci de ma ville et d’un vrai soutien du représentant de Bretagne active, qui m’a encouragé à présenter (avec son aide) mon dossier devant leur commission afin d’obtenir un prêt à taux zéro et une garantie de 70 % sur mon prêt bancaire pour le reste du financement. Cela ne devait être qu’une formalité car le projet était adoubé par tous mes interlocuteurs y compris la comptable et la banque qui avait, dores et déjà, donné son accord de principe.
    La commission a donc eu lieu la semaine dernière, j’ai fait une bonne présentation, répondu à toutes les interrogations et levé les doutes quant au modèle économique mais visiblement, en 2019, on est encore sceptique sur l’avenir et la rentabilité d’internet!!! Je suis très en colère qu’une poignée d’irréductibles du commerce traditionnel (sans aucun dénigrement de ma part) n’arrive toujours pas à comprendre que le digital n’est pas un danger mais l’avenir…
    Le lancement du projet est donc malheureusement reporté en attendant de trouver des fonds mais je ne lâche pas l’affaire et pour cela je suis et lis scrupuleusement les conseils de Livementor en crowdfunding (bravo pour cet objectif de fou sur Ulule!!!!!) .
    To be continued 😉
    Merci pour cette opportunité d’expression.
    Belle journée à tous,

    Emeline

    • 550 000 nouvelles entreprises par an en France. Ceci m’amène aussi à me poser des questions
      * Quel est l’état du travail pour qu’autant de personnes veuillent quitter leur job ?
      * Tout le monde est-il fait pour être entrepreneur ?
      * L’effet vitrine d’internet et des médias ne fait-il pas office de miroir aux alouettes ? La reussite (ou pseudo réussite affichée) de certains fait rêver.
      * Toit le monde peut-il être entrepreneur ?

  • La solitude de l’entrepreneur… Abyssale!!! Ce qui me marque le plus en France, c’est l’opération : « je coule systématiquement les nouvelles entreprises »! Mon expérience : j’ai monté ma société il y a 1 an1/2 avec une amie. Notre société fonctionne encore parce que nous ne nous sommes pas pris de salaire depuis ce temps! J’y ai passé toutes mes économies, et j’ai accepté de demander le RSA (je vous raconte pas le choc émotionnel de faire cette démarche!!) pour remplacer un salaire que je ne pouvais pas prendre alors que je dégageais du chiffre d’affaires! Quand à mon associée, elle a conservé son boulot à temps plein pour que nous ne soyons pas 2 dans la panade financière. Mais s’investir dans la société lui demande une énergie époustouflante! Et moi je me sens bien seule! Ne serait-il pas mieux de permettre aux créateurs d’entreprise de vivre de leurs bénéfices les premiers mois avant de charger les taxes??? Oui je suis bien souvent en colère contre un système broyeur, et de ne même pas avoir de lieu pour l’exprimer et espérer voir changer les choses! Merci à cet article, j’ai pu m’exprimer 🙂

  • 🙏
    Tout à fait ok avec ceci.
    Moi j’ai la chance d’etre en couveuse d’entreprise et soutenue par la bge mais heureusement ! C’est déjà pas évident alors sans …. !
    Je suis aussi en colère contre se système qui écrase le petit entrepreneur .
    Merci pour votre article 🙂
    Au plaisir,
    Chrystelle

  • Tu as absolument raison lorsque tu dis que le problème est culturel. En France, être entrepreneur c’est être un patron, et être patron, c’est très mal vu. Les préjugés ont la dent dure. Si tu est ton propre patron c’est bien que tu le peux… (dit-on !) et lorsque tu as des salariés, tu deviens le capitaliste de la bande, tu exploites forcément tes salariés. Bref, heureusement que les jeunes font bouger Ces mentalités. Pour certains, bien forcés faute de trouver un emploi salarié de se lancer dans l’aventure « création d’entreprise » et pour la majorité, ils sont poussés par la passion de l’entreprenariat et de leur métier.
    Dans l’avenir, ce sera la norme, nous serons tous plus ou moins entrepreneurs, slacheurs, jonglant entre plusieurs activités professionnelles, une partie salariée, une indépendante. C’est notre rapport au travail qui se transforme, qui évolue.

  • Bravo pour ton coup de gueule, j’espère qu’il résonnera loin!
    Pour ma part, je trouve particulièrement injuste que les fonctionnaires qui démissionnent pour créer leur entreprise n’aient pas les mêmes droits que d’autres employés.
    Je trouve également scandaleux les tarifs que proposent certains grands groupes ou certaines agences pour des missions freelance. Externaliser n’est pas synonyme de travail à bas prix!
    Enfin, je trouve que les accompagnements proposés par certains organismes publics mériteraient d’être modernisés.

  • Je suis complètement d’accord avec toi ! Il y a vraiment trop d’inégalités, de mal voire, de non-information.
    Les accompagnements proposés sont loin d’être tous suffisants et constructifs. On laisse des gens partir dans des projets à peine viables sans même leur dire qu’il suffirait de modifier 2 ou 3 détails pour qu’ils le deviennet.
    J’ai appris plus en 1 seule conversation téléphonique avec toi qu’avec mon accompagnant en 1 an….
    Et comme tu le dis si justement, pour moi le réseau est la clé. Je pense que cette notion est beaucoup trop laissée de côté et cela donne inévitablement des entrepreneurs perdus, découragés…
    Heureusement, il y a des personnes formidables comme tes équipes et la superbe communauté que nous avons bâti tous ensemble.

    xoxo

  • hello Alex, Merci pour ce message, je pense que nous sommes beaucoup à partager ce constat parce que nous le vivons au quotidien. A mon avis, il est difficile d’isoler l’origine des problèmes énoncés comme un soucis culturel. Le problème est bien multi-factoriel: discriminations liées au genre, à l’origine sociale, la couleur de peau ou géographique…quelle que soit le type de discrimination (voire le cumul de plusieurs) les personnes victimes d’inégalités au fond ne se sentent pas légitimes à créer du lien, sortir de leur milieu parce que rien n’est fait pour les y aider et in fine elles ne s’autorisent pas à rêver, c’est l’effet pernicieux de ces discriminations. Les solutions résident donc en chacun de nous , afin de « se faire violence » malgré les obstacles mais les inégalités sont bien systémiques donc politiques :). Pour moi ton message est déjà politique….

  • Je suis complètement en phase avec cet article.
    En effet, la situation en France n’est pas vraiment propice à la survie des entrepreneur.e.s à la tête de TPE ou PME.
    Pour autant, il n’est pas question de tomber dans une forme de victimisation et on peut choisir de faire bouger les choses, déjà intérieurement.

    Qu’il s’agisse comme souligné dans l’article, de grandir en compétences ou de construire son réseau, cela fait partie de la dynamique indispensable à adopter pour durer.
    Ce sont des leviers de développement puissants, quelques soient les obstacles administratifs, fiscaux et j’en passe.

    Merci de faire votre part avec autant d’énergie, pour les aider.
    Je fais également la mienne depuis plusieurs années auprès des femmes solopreneures et multipotentialistes, à mon niveau, à ma façon, et on tient bon !

    Au plaisir,
    Manon

  • Parfaitement d’accord avec toi. J’ai changé de statut, il y a peu. Heureusement qu’il y avait ma compagne pour m’orienter vers le bon statut sinon je serais dans la galère.

    En tant que petit entrepreneur parfois de petites choses souvent administratif crée du stress et cela impact énormément ce pourquoi nous avons crée notre entreprise.

    Et je t’avoue également que la communauté LM m’a beaucoup aidé en sachant que je n’étais pas le seul à avoir ce genre de problème.
    Et que je pouvais lire les différentes expériences de chacun pour régler la plupart des problèmes.

  • Cet article fait vraiment du bien, comme toujours. Il y a des causes dont on ne parle pas assez et celle-ci en est une assurément !

    Néanmoins, personnellement, mon humeur du moment sur cette question est ultra positive !

    J’ai connu 10 ans de salariat. Les dernières années m’ont passé à la moulinette. Littéralement !
    Je me suis mise à mon compte, en micro, il y a deux ans, dans un élan que je pourrais presque qualifier de « survie ».
    Aujourd’hui tout va pour le mieux.
    J’ai été aidée financièrement par l’ACCRE, propulsée moralement par Livementor et surtout grisée par la découverte de ma propre volonté.
    J’ai aussi pu profiter de toutes jeunes réformes du congé maternité pour les entrepreneurs. Et depuis, ça a encore évolué.

    Combien parmi les élèves de Livementor ont eu des parcours de burnout similaire ? J’ai le sentiment qu’un certain système arrive à bout de souffle aujourd’hui et qu’une révolution sociétale énorme est déjà en marche. Des statut comme la micro permettent enfin à TOUT LE MONDE de se lancer et de passer un cap. C’est aussi la philosophie que vous prônez chez Livementor : on a tous quelque chose à dire !

    Je me sens à la fois chanceuse et méritante.
    Chanceuse parce qu’on me donne l’opportunité de faire ce que je veux.
    Méritante parce que j’ai saisi cette opportunité et que ça demande parfois du courage.

    Le système n’est pas parfait, mais sur cette question précise, je trouve qu’il va dans le bon sens ! J’ai beaucoup d’espoir pour tout ces gens qui connaissent l’enfer au travail et qui sont pleins de bonnes idées et de volonté.

    Un jour peut être ils feront naître leur propre projet. Il connaîtront les échecs et les sauront les prendre comme il faut. Ils connaitront des obstacles et sauront les contourner. Et quand ils connaîtront le succès, il aura un goût insoupçonné !

    Le parcours de l’entrepreneur me fait penser à mon poème préféré : If… de Rudyard Kipling traduit par Paul Eluard.

    Bref, voilà mon sentiment :
    C’est parce que ce n’est pas facile que c’est si beau !

  • Bonsoir à tous.
    Même constat à mon niveau. Sans fonds propres et sans réseau solide offrant des débouchés, le développement de l’entreprise est un sacerdoce.
    Cependant la France reste un pays dont le peuple est productif et dynamique. Les législations pro- libérales (libre marché) et totalitaires (contrôle exacerbé) en même temps permettent une saine concurrence mais une conjoncture malsaine où ceux qui ont les connaissances peuvent percer tandis que certains abandonnent sans avoir rien gagner voir endettés.
    En ce qui me concerne, je suis associé avec des supers personnes qui ont de l’expérience et un grand réseau. Je suis sûr que nous allons réussir car nous en avons les moyens et que nous sommes aussi déterminés. Seuls ceux qui n’abandonnent pas finissent par éliminer leur concurrents et par dépasser leurs obstacles. L’auto-formation et et les accompagnants sont des facilitateurs. Bonne réussite à toutes et à tous. Force à vous et ceux qui vous supportent. Au plaisir de nous rencontrer pour développer nos relations et partager nos contacts, dans un séminaire ou autour d’un verre.

      • Merci. Concernant l’invitation je suis forfait pour cette année. On s’est engagé auprès de notre partenaire d’affaire (recrutement et nombre de contrats). Donc beaucoup de travail alors que je suis encore salarié temps plein 39h (de base hein parce qu’on sait tous comment ça marche). Je finis mon marathon d’abord et je suis des vôtres après. Mais en attendant j’aime partager avec des personnes courageuses qui vivent la même aventure.

  • Je suis entièrement d’accord avec cet article. Merci de mettre des mots sur les maux des entrepreneurs en France. Je suis actuellement en parcours de création et le mot solitude n’a jamais autant pris son sens. Je savais que je me retrouverais confrontée à une administration rigide mais je constate que l’on atteint des sommets !

    Je rejoins un témoignage dans les commentaires qui aborde le manque de soutien pour les entrepreneurs et dans le même temps on entend ici et là que les porteurs de projets sont les bienvenus ! Paradoxe français…

    Je pense que tout porteur de projet devrait pouvoir bénéficier d’un accompagnement ciblé sans devoir pour autant vider son compte en banque.

  • Cher Alex,
    Ton article est, comme toujours, percutant et frappé du sceau du bon sens.
    Quelle différence en effet entre le patron de TPE, le free-lance, l’entrepreneur individuel, l’agriculteur, le commerçant… que j’appellerai le Petit, ce qui n’est pas péjoratif dans mon esprit et avec un « P » majuscule pour marquer le respect que je lui porte et la bienveillance que j’ai à son égard (car c’est moi, aussi, le Petit ! 😉).
    Quelle différence donc entre le Petit et les entreprises plus développées, disposant de services multiples ou des moyens pour y avoir recours (commercial, juridique, comptable, RH). Je l’appellerai le Grand, sans qu’il n’y ait non plus de connotation négative ou de jugement de valeur.
    Si tout n’est pas simple pour le Grand, qui rencontre lui aussi des obstacles, il a l’avantage d’être pluriel et de pouvoir compter sur de nombreuses ressources pour tenter de les dépasser ou de les contourner.
    Le Petit est seul. Seul pour dans l’accomplissement son travail, mais souvent il l’a choisi et voulu. Seul pour démarcher ses nouveaux clients, et là cela peut commencer à poser problème. Seul dans tous ces choix, depuis la création de son entreprise (statut, lieu, méthodes etc.) à son éventuelle évolution en passant par les obstacles à dépasser. Comme tu le soulignes, le Petit souvent ne connaît pas la personne ad hoc pour pallier les difficultés qui ne manquent pas sur la route de l’entreprise. Pourtant, les Petits sont finalement nombreux. D’après l’INSEE (entreprises par activité en 2016), sur 4,5 millions d’entreprises en 2016, 2,2 étaient des personnes physiques (dont les micro-entrepreneurs).
    En parallèle, une étude indique que 60 % des entrepreneurs français n’ont pas été aidés, dont plus du tiers ne savait pas vers qui s’orienter.

    Ceci pour dire que ton idée d’aider les Petits à constituer un réseau efficace est excellente. Petit ne veut pas dire seul, ni isolé. La force de la communauté LiveMentor en est un exemple, où l’entraide quotidienne et la bienveillance sont les fondements du fonctionnement du groupe ; chacun peut y trouver des solutions et échanger sur différentes problématiques entrepreneuriales.

  • Small is beautiful. Voila qui fait du bien à entendre !

    Bercés depuis trop longtemps par ces idées de super-croissance, de licornes disruptives qui galopent à des allures effrénées, ce coup de gueule fait vraiment du bien ! 🙂

    Alors oui, le chemin pour entreprendre est un parcours du combattant.

    Alors oui, les inégalités sociales, géographiques, ethniques restent encore et toujours un frein majeur et l’ascenseur entrepreneurial est trop souvent en panne.

    Alors oui, en région en tous cas, il n’est pas toujours facile d’avoir accès aux compétences, réseaux, inspirations etc …

    Mais la révolution digitale en cours , – utilisée à bon escient par des entrepreneurs de valeur – doit permettre de lisser ces inégalités et booster ces magnifiques projets essaimés ici et là ,qui aujourd’hui pataugent faute de visibilité, moyens et réseau !

    Merci à LiveMentor pour avoir initié ce mouvement, on prend le relai de notre côté pour accompagner nos ‘petits’ 😉 clients à se développer, step by step.

  • Oui, c’est vrai Alex il y a des inégalités partout et notamment dans l’entrepreneuriat, mais on peut aussi se jouer des inégalités.

    Personnellement je préfère parler d’adversité parce que les épreuves ça se traverse, ça rend plus fort. Oui, pour moi le « système » c’est de l’adversité : je ne suis pas d’accord, je me bas, et je fais face à ce qui ne me convient pas, même si clairement c’est dur.

    J’ai choisi d’implanter mon cabinet dans un trou paumé parce que j’y ai grandi et que je voulais offrir un environnement de qualité à mes filles. Mais j’ai aussi fait ce choix en sachant que je bénéficierai d’appuis fiscaux non négligeables et ça c’est une inégalité lié aux territoires dont je tire avantage.

    Mais revenir sur ces terres natales après disons 15 ans d’absence en fait c’est un peu comme débarquer sur la planète Mars. Oui, les gens sur place vous connaissent de vue mais il y a tout de même tout à construire.

    Je repars de zéro personnellement, en tout cas c’est mon impression. Aujourd’hui je m’applique à construire mon réseau. Je prends le temps d’aller à des événements pour rencontrer des entrepreneurs même si je ne connais personne et que je me demande toujours « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire là-bas ? ». Mais j’y vais remplie d’espoir.

    Pire que ça, pour tout dire ce soir je vais à une dégustation de vins, certains diront qu’il y a pire pour travailler son réseau… oui, sauf que moi je ne bois pas, j’ai horreur de ça ! Mais pourquoi je me priverai d’une opportunité juste parce que je ne bois pas. Donc je vais affronter cette nouvelle épreuve et si je repars en ayant rencontré de nouvelles personnes je serai super fière de moi. Si en plus, je distribue quelques cartes de visite je serai aux anges. Et must du must je rencontrerai peut-être un porteur de projet qui a besoin d’un avocat, qui sait ?

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    Rapport de faute d’orthographe

    Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :