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Elodie Garamond Tigre Yoga Club

Interview d’Elodie Garamond, fondatrice des Tigre Yoga Clubs

Alex, directeur de l’école LiveMentor, a rencontré Élodie Garamond, fondatrice des Tigre Yoga Clubs. En quelques années, cette maman de 2 enfants est parvenue à faire de ses différents centres, à Paris et en Normandie, des adresses incontournables pour les passionnés de Yoga.

Elle ouvre son premier centre fin 2013 à Paris, au coeur du Triangle d’Or, dans un cadre magnifique de 600m². Dès le départ, Élodie crée un véritable concept : on peut y pratiquer le yoga, la méditation, le pilate, la barre au sol puis finir avec un massage et un jus détox. Le genre de lieu insolite qui plaît aux Parisiens ! ??

5 ans plus tard, Le Tigre Yoga Club continue de se développer, avec un concept qui attire toujours autant. Début 2018, elle possède 5 centres : 3 à Paris, 1 à Neuilly et 1 à Deauville.

Alex n’a pas pu résister à lui poser quelques questions, qui devraient particulièrement vous plaire ! ?

On est dans ton premier centre de yoga à Paris, qui fait plus de 600 m² : Comment l’avez-vous choisi ?

C’était un coup de cœur : c’est un lieu qu’on a visité grâce à mon beau-père. Au moment où on l’a visité, il n’était pas à louer et le local était destiné à être transformé en bureaux. Mais on le voulait absolument : c’était le lieu idéal pour ce que l’on voulait faire !
À l’époque, j’étais enceinte et donc très têtue : je ne lâchais rien ! À force d’insister quotidiennement, on a fini par l’avoir ! 

Comment vous fonctionnez pour tes centres ? Vous les louez ?

On ne reprend jamais de fonds de commerce existants. On préfère créer entièrement la commercialité, ce qui coûte un peu plus cher pendant les travaux, car on doit créer le statut ERP (établissement recevant du public). C’est ce que nous avons fait pour créer nos fonds de commerce.

Comment avez-vous fait pour évaluer le coût de l’investissement initial ?

De manière très simple, on a fait un Business Plan pour évaluer le coût des travaux. On a fait le constat qu’il fallait avoir 2 ans de BFR (Besoin en Fonds de Roulement), avant d’être à l’équilibre. Bon, le Business Plan vaut ce qu’il vaut et il est fait pour ne pas être respecté… mais au final, nous ne sommes pas tombés loin de nos prévisions, alors ça nous a bien aidé !

Comment les autres centres Tigre Yoga sont nés ?

Cela s’est fait progressivement. Après notre premier centre, on a ouvert, un an plus tard le Mini Tigre, une annexe consacrée aux enfants : un kids club version yoga. Puis, on a eu une opportunité d’ouvrir à Paris rive gauche, encore un an plus tard. On nous a ensuite proposé d’en ouvrir un en Normandie. Nous avons tous grandi en Normandie dans ma famille, donc ça nous paraissait naturel d’ouvrir une antenne là-bas ! Et puis on nous a proposé Neuilly… À chaque fois, ça s’est fait sur des coups de cœur pour des lieux en particuliers et sur des opportunités qui se sont présentées à nous.

Combien de temps avez-vous mis pour ouvrir le premier centre ?

Ça s’est fait très vite. J’étais en poste dans une agence de communication fin juillet. À ce moment, on était enceinte. J’ai accouché en septembre, et on a ouvert notre premier centre, Le Tigre Yoga Club, fin novembre !

J’ai conservé mon boulot tout en avançant sur mon projet : j’ai supervisé les travaux, choisi les profs et créé le concept. Et j’ai conçu mon bébé, tout d’un coup. À ce moment de ma vie, j’avoue que je ne dormais plus trop. J’étais tellement déterminée !

On ne se posait pas de questions : on était à fond dans l’action. On avait une forme d’énergie et de naïveté démultipliées, on avait l’impression que tout était possible. Mon entourage doutait un peu et nous questionnait : étions-nous certains de vouloir ouvrir, à la fois un centre de yoga ET un espace bien-être avec massages ET un bar à jus… ? OUI OUI OUI. Absolument !

Mon entourage était également perturbé de ne pas réussir à faire rentrer notre projet dans une case bien établie.  On avait pour ambition de créer un lieu polyvalent avec plein d’activités possibles autour du yoga. On voulait voir le yoga comme un art de vivre et non seulement comme discipline sportive.

À quoi ressemblaient vos journées au début ?

Olala … on faisait les machines à laver le matin et on fermait les caisses le soir.  On s’enfermait dans une salle avec nos piles de billets, comme dans les films. La journée, on faisait tout : on rangeait, on faisait l’accueil, on renseignait les clients, on faisait la communication, les stocks… Dès le premier mois, on avait quatre personnes (on était ouverts 7j/7) : on se répartissait les tâches en fonction de nos profils respectifs. On était complémentaires, c’était sympa, on faisait tout et ça se passait bien. 

Et maintenant, quel est ton quotidien ?

Je tourne entre mes différents centres : je m’occupe surtout de notre offre. Je me charge des plannings de cours, je continue à tester deux ou trois nouveaux professeurs chaque semaine, car on a toujours besoin de remplacements. Sur mes cinq Tigres, il y a 650 cours par semaine. Je m’occupe du marketing et de la communication. J’ai une super équipe avec moi, avec mon beau-père et mon frère, qui s’occupe de la partie finance et qui gère les développements des Tigres.

Comment se passe le suivi de tes professeurs ?

Je m’occupe personnellement de les recruter et j’essaie d’insuffler un esprit de famille pour qu’ils se sentent chez eux.

Tu ne demandes pas d’exclusivité à tes professeurs, ni d’heures minimum de cours à donner ?

On n’a pas le droit, ils sont auto-entrepreneurs. Pas d’heures minimum à effectuer non plus, on s’adapte en fonction des plannings de chacun.

Chez LiveMentor, je me rends compte qu’il nous faut toujours quelqu’un qui soit concentré sur la logistique que nécessite le suivi des professeurs. Un peu comme un contrôleur de train qui sait exactement à quelle heure partent ses trains. Toi aussi, tu as une personne qui gère tes professeurs ?

Oui, en effet. On a une personne qui s’occupe exclusivement des professeurs. Et ça demande une rigueur colossale !

On a pas mal d’élèves qui lancent des activités similaires, comme des salles de fitness… À chaque fois, ils ont ce dilemme : est-ce que je fais des cours à la carte ou des abonnements mensuels ? Comment avez-vous pensé votre modèle, au début ?

On a eu tout de suite l’idée de faire des formules souples : des horaires pour ceux qui bossent jusqu’à tard le soir et des horaires en journée pour ceux qui ne bossent pas et qui sont disponibles l’après-midi. D’où l’idée de proposer un large choix, afin que chacun y trouve son compte : carte de cours avec prix dégressifs en fonction du volume de cours, abonnements à l’année… La plupart de ma clientèle utilise des abonnements annuels.

À quoi ressemblait votre première journée d’ouverture ?

J’étais à l’accueil. La première cliente était une Japonaise, elle était toute seule à son cours. Elle a voulu payer en liquide et je me suis rendu compte que je ne savais pas ouvrir la caisse. Je donnais des grands coups de genou, en espérant qu’elle allait s’ouvrir… ?

Ensuite j’ai fait tourner mes premières machines à laver, avec les serviettes utilisées et ça a fait sauter tous les chauffages… on était le 1er Décembre ! C’était une première journée folklorique.

Une leçon à retenir de ces premières journées ? Une erreur à ne pas refaire ?

Tout s’est fait tellement vite : une chose que l’on avait complètement négligée, était la maîtrise de notre logiciel de gestion, que l’on n’avait pas vraiment testé avant… On a improvisé notre démarrage : c’était une vraie bêtise ! Il faut passer du temps avec son logiciel pour se familiariser, surtout que c’était un logiciel qui centralisait TOUT (du planning des profs en passant par les comptes clients, les bases de données, les factures et j’en passe…). 

Tu as eu du monde le premier mois ? Tu as eu des moments de doute ?

Ni l’un ni l’autre… Il n’y avait PERSONNE au début. On n’avait pas vraiment travaillé sur mon marketing avant de lancer le premier centre, à part une petite journée presse. Il faut imaginer que l’on a tout fait en trois mois, avec un bébé au milieu. C’était fou !

Mes profs attendaient les élèves : ils patientaient gentiment dans le canapé … et les élèves ne venaient pas ! Normal, pour un début. Mais je n’ai pas vraiment eu de doutes qui ont remis en cause le projet, j’étais préparée. Les doutes sont arrivés plus tard, quand on a ouvert de nouveaux centres ; j’ai questionné ma légitimité, je craignais aussi de déléguer car je ne voulais pas perdre l’ADN du projet. Mais au début, non, je n’avais aucun doute tellement j’étais passionnée et portée par le projet.

Ensuite, vous vous êtes attaquée au marketing ?

Oui, on a démarché localement les commerçants, les hôtels, les restaurants, les entreprises. On a fait du mailing auprès des médecins, comme les ostéopathes, pour qu’ils nous recommandent. J’ai accepté de me mettre aux réseaux sociaux après quelques mois (j’étais une non-geek par excellence) : j’étais toute fière quand j’ai écrit mon premier post Facebook !

Aujourd’hui les réseaux sociaux nous sont très utiles : ils ne nous servent pas comme levier de recrutement, mais comme levier d’information. On renseigne nos clients sur les futurs ateliers, les modifications de planning et les différentes nouveautés. Pour résumé, on n’a pas de véritable ligne marketing directrice, c’est surtout au feeling.

Quid de tes équipes, comment vous entourez-vous ?

On recherche avant tout des profils avec qui on a un bon feeling et qui nous complètent bien. Par exemple, je pense à mon architecte avec laquelle j’ai eu un coup de cœur. On aimait les mêmes choses et on est même devenues copines. Résultat : elle a travaillé avec nous sur tous mes centres. On ne se reconnait pas vraiment dans les chefs d’entreprise qui préfèrent s’entourer de gens moyens, pour ne pas se sentir en danger et qui appliquent la politique du diviser pour mieux régner. C’est important pour nous de nous entourer de gens doués, talentueux et complémentaires. On a envie de pouvoir déléguer des missions en toute confiance !

As-tu une vie dans tout ça ?

Oui, j’ai deux enfants avec qui je passe beaucoup de temps ! Après, à part mes Tigres et mes enfants, je ne cache pas avoir une vie.. un peu allégée ! Mais forcément, il faut faire des choix.

Ton plaisir pour te vider la tête ?

La randonnée. Et les cours de yoga : trois ou quatre fois par semaine ! ?

 

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Valentin Decker

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