Le redoublement en primaire et au collège inefficace ?

Plusieurs rapports de l’Education Nationale montrent que le redoublement est inefficace au primaire et au collège, mais 14% des élèves ont redoublé au moins une fois à la fin du CM2. Ils étaient 50% en 1960 et 18% en 2010 ! Avant la troisième, on peut considérer que la plupart des redoublements sont inefficaces voire préjudiciables pour le parcours scolaire long terme de l’enfant. Au collège, en 2010, on constatait que 20% des élèves ayant redoublé leur sixième sortaient du système sans aucune qualification. D’ailleurs, un redoublant sera généralement stigmatisé durant toute sa carrière scolaire par ses camarades de classe. Ainsi, redoubler pénalise la motivation, les performances, l’orientation et l’ambition d’un élève, il se colle lui même une étiquette négative sur le dos jusqu’à la fin de sa scolarité.

On sait aujourd’hui qu’un redoublant progresse généralement durant son année de redoublement, mais nettement moins que s’il avait été promu en classe supérieure. Autre point contre le redoublement, l’enquête internationale de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques), PISA, sur le niveaux des élèves, montre que des pays ne pratiquant pas le redoublement comme le Danemark, la Finlande, l’Irlande ou encore le Royaume-Uni ont de meilleurs résultats.

Par ailleurs, il faut également prendre en compte que le niveau d’un élève n’est pas absolu, il est relatif à son environnement. En d’autres termes, les appréciations d’un professeur se basent sur le niveau de la classe dans laquelle il enseigne et non le niveau moyen en France. Ainsi, il arrive bien souvent qu’un élève redouble non pas parce-qu’il n’a pas un bon niveau mais parce-que son niveau est inférieur à celui demandé dans son école. Une étude de l’Education Nationale montre par exemple que 81% des redoublants font partie des deux derniers de la classe selon leur professeur, ramené à un échantillon de 5000 élèves, cette proportion tombe à 41% ! Cela signifie que si ces élèves avaient été dans une autre école, ils auraient pu éviter le redoublement. Enfin, le mois de naissance joue également un rôle ! Les plus jeunes on souvent plus de difficultés que les plus âgés. Un élève de décembre aura trois fois plus de chance de redoubler qu’un élève né en janvier…

Aujourd’hui d’ailleurs, le gouvernement mise sur l’accompagnement personnalisé, moins coûteux et plus motivant et considère que le redoublement doit devenir une pratique exceptionnelle.



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