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Chapitre 10 :
Les périphéries américaines : des espaces marginalisés aux espaces stratégiques

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Les périphéries américaines : des espaces marginalisés aux espaces stratégiques
Introduction

Lorsqu’on regarde la carte de l’Amérique, on perçoit sans mal les espaces de centralité. Les périphéries revêtent de multiples visages comme ceux de la dépendance de la domination, du manque d’accessibilité voire de la désorganisation.

Loin d'être uniquement des espaces oubliés, il suscitent à des degrés divers des convoitises et des efforts de développement. Aujourd’hui, on cherche à faciliter l'intégration régionale et d’inverser les dynamismes de ces aires de jonction.

L’argument du développement durable entre en concurrence avec les logiques de l’exploitation et la valorisation de ces espaces stratégiques au niveau géopolitique et commercial.

Chronologie

  • Années 1960 : Naissance des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie)
  • 1956 : Début de la construction de Brasilia
  • 1987 : Rapport Bruntland (première définition du développement durable)
  • 1992 : Sommet de la terre de Rio
  • 1992 : Création du Mercosur
  • 1994 : Création de l’Alena
  • 1994 : Début du mouvement néo-zapatiste du sous-commandant Marcos Au Chiapas (Mexique)
  • 2008 : Ingrid Betancourt est libérée des FARC
  • 2011: L’armée brésilienne reprend le contrôle des favelas de Rio
I

Les différentes échelles de la périphérie en Amérique

A

Des périphéries aux caractéristiques multiples

1

Centralités et périphéries à l’échelle du continent américain

Traditionnellement, ce modèle centre-périphérie a permis d’expliquer les relations entre les États-Unis et le reste du continent. Ce rapport est fortement déséquilibré tant au niveau géopolitique qu’économique.

On constate des évolutions politiques. Le basculement à gauche de nombreux gouvernements font contrepoids à la domination des États-unis et montrent une volonté politique d'émancipation économique et commerciale vis à vis de la puissance dominante.

Parallèlement, on distingue les états connectés par des accords commerciaux (Canada, Mexique) et d’autres pays liés aux États-Unis par leur régime politique, les flux migratoires ou économiques. Ce groupe est plus identifiable en terme de territoire qu’en terme de pays.

Des zones grises et hors la loi échappent à la domination des États-Unis et posent un problème géopolitique continental et national.

2

Caractéristiques périphériques

Le manque d’accessibilité caractérise la périphéricité. Les conditions naturelles liées au relief ou au climat sont des contraintes à la mise en valeur des périphéries.

Dépasser ces obstacles a un coût qui peut être exorbitant. L’éloignement des grandes centralités est le corolaire de ce manque d’accessibilité. La continentalité peut dans ce cas favoriser l’enclavement. On peut citer l’Amazonie, la Pampa Argentine, ou les grandes plaines Nord Américaines.

Ces territoires, où est pratiqué un élevage extensif, est très dépendant des centres nationaux et régionaux. Ils sont inégalement mis en valeur. Ils renvoient enfin à l’image d’un espace encore à conquérir mais il faut trouver un équilibre entre exploitation et préservation.

3

Le continent des faibles densités ?

On remarque de grandes disparités à l’échelle des sous continents quant aux densités de peuplement. La densité de l’Amérique du Nord est la plus faible du continent. L’Amérique du Sud la dépasse à peine. Cette densité est trois fois plus importante en Amérique Centrale et dix fois plus importante dans la zone Caraïbe.

Les disparités les plus marquantes sont à l'intérieur même de ces zones et montrent une réelle irrégularité faite de plein et de vide.

Le Belize ou les Guyanes (2 hab/km2) sont les pays les moins densément peuplés. Au Brésil et en Argentine, la population est concentrée sur les littoraux alors que les vastes territoires intérieurs sont encore plus faiblement peuplés que la Guyane.

Les États-Unis n’échappent pas à ces vides (Rocheuses). Les espaces vides du Canada soulignent les inégalités dans l’aménagement des territoires du Grand Nord.

B

Faiblesses et avantages des espaces périphériques

1

Les périphéries au centre et les centralités périphériques?

La continentalité des zones périphériques entraine un renversement de la notion géométrique et périphérique. Souvent, des centralités se trouvent au niveau des pourtours des pays (la diagonale du vide central s’oppose à la cote Est avec la mégalopole américaine).

Des nuances peuvent néanmoins être apportées à ce principe, les littoraux ne sont pas tous les lieux de l’urbanisation et de l’économie florissante et extravertie sur le monde. Au Mexique, la population se localise sur les hauts-plateaux du centre. Le littoral guyanais est un bon exemple de discontinuité dans le peuplement de cette côte.

L’explication réside autant dans le milieu que dans la mise à l’écart constant de la région par rapport aux grands courants de colonisation. D’autres vides dans l’occupation littorale se retrouvent au sud de Buenos Aires ou au Nord de Montevideo.

Le rapport inégal entre littoraux et grands espaces intérieurs pousse les autorités à renverser cette tendance en aménagement durablement ces espaces à disposition, Brasilia à partir de 1956 en est l’exemple le plus probant.

2

L’immensité comme ressource

C’est l’immensité des terres à conquérir qui ont attiré les pionniers. Cela a donné naissance à ces grands domaines que l’on nomme Hacienda. L’objectif est de «consommer l’immensité»

L’arrivée des colons européens et la conquête des immensités intérieures sur l’ensemble du continent américain ont bouleversé l’occupation de ces terres, les transformant en terres de parcours, traversées par des routes interminables. Cette exploitation ne s’est pas soucié des problématiques écologiques ni de la faiblesse des infrastructures de mise en valeur.

3

Les efforts pour contrer la marginalisation politique et économique des zones périphériques

Les efforts pour inverser les tendances et aménager ces périphéries sont souvent mus par des intérêts économiques (par exemple l'essor du tourisme sur des cotes peu peuplées comme à Cancún) ou par volonté politique (Brasilia).

Ces efforts de désenclavement se manifestent par la mise en place d’un réseau d’infrastructures, voies de communication, réseau énergétique, synonyme d’intégration économique.

Les objectifs géostratégiques expliquent en grande partie la construction de ces infrastructures pour contrebalancer l’avancée brésilienne en Amazonie. Les pays limitrophes construisent des routes de l’autre coté des frontières pour éviter tout risque d’annexion (les projets de routes Marginal De La Selva dans les forets de Colombie, Pérou, Bolivie et Paraguay sont plus des pare-feux qu’une véritable route de pénétration dans la foret).

C

Les périphéries proches en voie d'intégration

1

Les périphéries proches: les périphéries urbaines

Il existe des périphéries proches et intégrées, faisant partie des grandes centralités urbaines qui sont nées de l’étalement urbain. Elles se caractérisent par un habitat moins dense que dans les centres, plus d’espaces verts et une fonction résidentielle dominante.

Elles accueillent l’essentiel de la croissance urbaine. Cette forte croissance des périphériques fait apparaitre la thématique de l’éclatement et de la fragmentation. On distingue différents types de périphérie en fonction de leur intégration au centre : il existe des périphéries recherchées pour leur cadre de vie et d’autres qui sont de véritables repoussoirs.

Les périphéries nord américaines sont prisées par les classes moyennes et les classes aisées: pavillons correspondant à l’American Way Of Life. Ces périphéries attractives sont ponctuées de malls et de edge cities. La tendance aux États-Unis est dans bien des villes latino américaines est à la création de villes privées, les gated communities. Elles sont nées de motivations communautaires.

Face à ces ghettos dorés se développent de vastes zones d'habitat pauvre et illégal. En Amérique latine la majorité de l’espace bâti relève de l’habitat populaire. Ces quartiers périphériques sont qualifiés de bidonville (pauvreté généralisée, insalubrité, et sous équipement).

Certaines communes périphériques comme Nezahualcoyotl à Mexico (1 million d’habitants) ont été légalisées et relativement équipées par les pouvoirs publics.

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Les fronts agricoles: périphéries intégrées?

L'aménagement du territoire des périphéries rurales se joue sur la scène des fronts pionniers. L'évolution des fronts pionniers s’explique par le cycle de production agricole qui marquent l’essor puis le déclin de vastes régions (l’exemple du cycle du caoutchouc en Amazonie et l’exemple de Manaus au 19ème siècle).

Le développement des axes de communication et de transport contribue à l'aménagement de ces vastes espaces ruraux et forestiers. Les fronts pionniers les plus importants se situent en Amazonie, d’autres plus modestes se constituent au Mexique (Yucatán) en Amérique Centrale ou encore en Patagonie australe.

La colonisation de terres nouvelles a été l’occasion d’offrir des terres aux paysans qui en manquaient sans mettre en place des reformes agraires. Cette frontière agricole ouverte n’a pas eu les effets positifs attendus démographique et économique.

II

Zones grises et zones de non-droit

A

Les espaces oubliés de la mondialisation

1

Espaces intégrés et espaces relégués par la mondialisation

Les espaces marginaux sont situés dans les territoires fragmentés, peu accessibles ou ne présentant pas d’intérêts marchands immédiats. L'extrême sud du Brésil a par exemple été délaissé au début car il présentait peu d’intérêts agricoles et miniers.

À l’inverse, certains ont connu une relégation de leur influence dans un système mondialisé comme la région de Potosi en Bolivie connue jusqu’au XVIIIème siècle pour ses métaux précieux.

2

Zones frontalières tampons

À la périphérie des centres secondaires, les zones frontalières quand elles sont encore peu dynamiques constituent des terrains privilégiés de l’expansion des activités illicites. Peu accessibles, elles sont éloignées du pouvoir donc mal contrôlées.

Longtemps vues comme des zones tampons devant être militarisées pour éviter l’expansionnisme du voisin, elles ont changé avec la présence des militaires. Les gouvernements veulent se représenter ces zones comme des espaces aux potentialités importantes dans une perspective de coopération entre pays.

3

Les «routes» de la contrebande

Les régions très peu accessibles sont devenues des zones d’élevage extensif quadrillées par un réseau aérien dense, favorisant l’essor de la contrebande. Ces grands ranchs sont connectés aux grandes régions productrices de coca : le Chapare au centre de la Bolivie produit ainsi 80% du coca destiné à la cocaïne à elle seule.

Seule culture à même de faire vivre les paysans, elle crée de nombreux conflits entre producteurs, intermédiaires et trafiquants et mêle États et puissances étrangères, les États-Unis en tête.

B

Périphéries dissidentes

1

Les régions productrices de coca

Les régions productrices de coca outre la province du Chapare se situent sur les contreforts des Andes en Bolivie, Pérou, Equateur et Colombie.

On distingue des zones de production légales contrôlées par les États et destinés à une consommation traditionnelle. Le Chapare, le Haut Huallaga au Pérou contribuent elles aux productions illicites.

Les champs se doublent alors de tout un réseau de petits labos pour transformer l’or vert, une mafia l’exporte vers les plaques tournantes caraïbes et colombiennes.

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Les favelas brésiliennes : guérillas urbaines et politique de pacification

Les grands bidonvilles sont des lieux d’insécurité, d’affrontement et de crimes. Avec près d’1million d’habitants, les favelas semblent échapper à tout contrôle de l’État.

Pourtant, les autorités brésiliennes ont lancé en 2008 de vastes opérations pour pacifier et reconquérir les quelques milles favelas de Rio, avant l’organisation de deux compétitions sportives internationales (Mondial de football en 2014 et Jeux-Olympiques en 2016) avec le déploiement d’unités comme les Unités de police pacificatrice dont l’action est efficace. Elle libère les habitants du narco-trafic, elle sécurise la ville mais également les alentours pour les futurs investisseurs.

Exemple

La coca, de «l’or vert» à «l’or blanc»

La coca est une plante consommée pour des usages traditionnels et
pharmaceutiques : 12 000 des 31 000 Ha dédiés à la culture du coca en Bolivie sont légaux.

Sa culture a créé plus d’un million d’emplois en Bolivie et au Pérou. Les revenus des cocaleros sont multipliés par 3 par rapport aux cultures traditionnelles.

Le marché de la cocaïne s’est développé de façon spectaculaire à la fin des années 1970 aux États-Unis puis en Europe.

Les mythiques cartels colombiens ayant été démantelés au début des années 1980, c’est aujourd’hui au Mexique que les cartels sont les plus actifs.

La présidence de Morales en Bolivie ne signifie pas légalisation des trafics mais il s’oppose aux politiques de militarisation et d’ingérence des États-Unis. Il pointe la responsabilité des États-Unis en tant que premier consommateur.

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Oaxaca: révoltes populaires et répressions gouvernementales

Essentiellement indiens et ruraux, le Chiapas et l’Oaxaca appartiennent au monde centraméricain par leurs traditions et leurs populations. La réforme agraire n’y a été que partiellement appliquée où un petit nombre détient la majorité des terres. Cette situation est à l’origine de luttes agraires qui troublent périodiquement l’ordre public.

Le 1er janvier 1994, l’Armée zapatiste de libération nationale occupe plusieurs cités du Chiapas, réclamant réforme agraire et reconnaissance des droits des Indiens. Le sous-commandant Marcos de par sa figure emblématique, montre les difficultés de la région la plus pauvre du Mexique mais 17 ans après le début de la lutte le processus de négociation s’enlise et rien n’avance.

La répression de la révolte de Oaxaca en 2006 fait écho à la reprise en main gouvernementale des terres du Chiapas. Un vaste mouvement de contestation dénonce la corruption et les inégalités sociales. Cette insurrection n’a pas débouché sur des changements marquants, aujourd’hui le réel désir est de revenir à la paix sociale.

C

Périphéries hors la loi : de la Colombie des Farc au Mexique des narcos

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Les FARC en Colombie

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont nées il y a 50 ans d’une insurrection paysanne marxiste d’inspiration cubaine. Dans les années 1990, les FARC sont une réelle puissance militaire et élargissent leur base avec l’ELN (autre guérilla). Elles contrôlent une grande partie du Sud et de l’Ouest colombien (40% du pays) où elles affrontent l’armée et des paramilitaires soutenus par les États-Unis.

Leur action s’est radicalisée avec le temps (attentats, otages...) en même temps que s'est renforcée la présence américaine en Colombie.

Classée comme guérilla terroriste en 2001, elle est marquée depuis par la mort de grands chefs historiques et par des désertions. La présidence d’Álvaro Uribe entre 2002 et 2010 se marque par la libération d’otages comme Ingrid Betancourt.

Leur implication dans le narcotrafic depuis les années 1980 explique leur croissance, les conflits très violents avec les narcotrafiquants et l’aide des États-Unis à la Colombie (Plan Colombie instauré en 2000 qui visait à éradiquer les plants de coca).

Le résultat es une intensification du conflit intérieur, une influence plus grande des États-Unis dans cette région riche en matières premières et une diminution des cultures de coca.

La situation se normalise peu à peu et on assiste au démantèlement des paramilitaires, il n’y a plus que 8000 guérilleros en 2010 contre 17 000 en 2000.

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Le Mexique des narcos

On estime que 90% de la cocaïne consommée aux États-Unis passe par le Mexique. Le pays est déchiré par cette guerre des cartels et contre les cartels qui est devenue une priorité des autorités : 55 000 personnes ont été tuées ces 5 dernières années sous la présidence de Felipe Calderon.

Cette escalade de la violence va de paire avec l’impunité due à la corruption généralisée des institution et des forces de l’ordre. La politique de sécurisation de la frontière avec les États-Unis a provoqué une diversification des activités mafieuses des cartels qui élargissent leur influence à tout le Mexique. L’initiative Mérida de 2007-2010 s’élève à 1,3 milliards de dollars est une aide américaine qui permet au Mexique de s’équiper militairement.

III

Les nouvelles dynamiques périphériques : vers une géopolitique environnementale

A

Le développement durable, un défi pour l'avenir des périphéries

1

Le développement durable

Le développement durable est un mode de développement économique cherchant à concilier le progrès économique et social et la préservation de l’environnement, considérant ce dernier comme un patrimoine à transmettre aux générations futures.

La légitimation de ce concept est entérinée en 1992 avec le Sommet de la Terre de Rio. L’idée est de permettre une égalité dans le développement, une harmonie pour combattre l’exploitation prédatrice. Ce concept est aujourd’hui largement diffusé et utilisé. Les parcs nationaux nord-américains et les Indiens de la forêt l’ont adopté.

2

La gestion environnementale à l’échelle continentale

Cette prise de conscience mondiale a influencé les politiques aux niveaux local et national. Le traité de coopération de l’Amazonie (1978), s’élargit aux questions environnementales en 1989.

L’alliance pour le développement durable de l’Amérique centrale (Alides, 1994), ou le Couloir biologique mésoaméricain montrent ce changement de cap pour l’intégration régionale.

Mais, les crises économiques ont affaibli les institutions environnementales récemment créées. Le comportement des acteurs responsables a également peu changé et la législation est dans les faits peu répressive.

3

Dégradations environnementales

La déforestation est un problème majeur en Amérique latine même si la FAO note un ralentissement des défrichements. Elle a perdu 4 millions d’habitants par an entre 2000 et 2010.

L’Amazonie est défrichée à 10% de sa surface. Cela met en péril 180 000 espèces animales et végétales. Ceci a des conséquences sur la fertilité des terres et l’augmentation des produits phytosanitaires. Les dégradations environnementales sont également liées à l’utilisation excessive de fertilisants, de pesticides et d’herbicides : les bananeraies en sont très consommatrices et le sol y est 3 fois plus empoisonné.

Les pollutions des eaux sont une autre conséquence, aggravées par les extractions industrielles : les activités aurifères rejettent énormément de mercure. L’activité pétrolière est également très néfaste.

Face à la pression internationale et aux revendications des peuples indigènes, les gouvernements ont adopté des dispositions pour reconnaître et protéger les droits des populations. Les mesures récentes restent cependant faibles au regard des bénéfices réalisés par les activités extractives et agricoles exportatrices.

B

Des aires protégées au tourisme : nouvelles perspectives pour les périphéries ?

1

Le rôle des aires protégées

Une surface importante a été classée par des instances comme l’UICN (Union mondiale pour la nature) : 70% du Venezuela et de la Colombie est classé. Il s’agit de préserver la biodiversité dans une démarche de développement durable, mais cela n’exclut pas forcément les activités extractives (bois, pétrole).

Les problèmes de régulation et de gouvernance de ces aires protégées se posent afin de concilier les activités économiques et les exigences d’un développement durable faisant la part belle à une gestion concertée avec les populations locales. Les statuts de ces zones sont multiples et la tendance et d’intégrer les populations dans ce processus de protection et de valorisation.

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Le tourisme, un débouché concurrentiel

Depuis les années 1970, le tourisme est l’activité qui connaît la plus forte croissance à l’échelle de la planète. L’émergence des nouvelles préoccupations sociales et environnementales pose la question de la compatibilité de ces pratiques touristiques avec le développement des communautés locales et la protection de l’environnement.

Dans la perspective de l'écotourisme, les aires périphériques sont perçues comme idéales bien que très différentes : les 57 parcs américains accueillent 280 millions de visiteurs chaque année alors qu’en Amazonie certaines réserves n’accueillent que quelques groupes sporadiques. Le parc de Yellowstone créé en 1878 et célèbre pour ses phénomènes géothermiques (2/3 des geysers de la planète) accueille chaque année 3 millions de personnes.

Exemple

L’écotourisme

C’est une forme de voyage à destination des zones naturelles fragiles et intact dont l’effet néfaste est limité. Il s’adresse à des petits groupes et favorise l’éducation des visiteurs tout en faisant collaborer les populations locales.

Selon l’OMT, contribue depuis les années 1980 à la protection des patrimoines culturels et naturels dans une optique de durabilité et d’association avec les locaux.

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