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Chapitre 20 :
L'Asie : la puissance du grand nombre

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L'Asie : la puissance du grand nombre
Introduction

Ensemble, l’Asie orientale, sud-orientale et méridionale sont le premier foyer de population mondiale, l’espace des plus fortes densités urbaines et rurales et l’aire géographique qui connaît la plus forte croissance économique depuis 20 ans.

Les pays asiatiques ont tous atteint l’autosuffisance alimentaire, certains sont même exportateurs agricoles. Les fortes densités de population et la forte croissance démographique ont-elles entraîné une forte croissance économique ? L’irruption dans la production et la consommation de masse des deux colosses que sont l’Inde et la Chine déséquilibre-t-elle le monde ?

Chronologie

  • 1920 : Accélération de la croissance démographique en Inde
  • 1925 : Le Japon en phase 2 de transition démographique
  • 1948 : La «Loi de protection eugénique» japonaise autorise l’IVG et le planning familial
  • 1949 : «Il n’est de richesse que d’hommes» Mao dans son Petit livre rouge
  • 1950 : La Chine en phase 2 de transition démographique
  • 1955 : La population urbaine devient majoritaire au Japon
  • 1973 : Politique des naissances en Chine «wan,xi, shao» (tard, espacé, peu)
  • 1975 : Politique antinataliste d’Indira Gandhi en Inde
  • 1979 : Politique de l’enfant unique en Chine
  • 1996 : Population âgée plus importante que la population jeune au Japon
  • 2009 : La population japonaise diminue
I

Une formidable capacité à produire des hommes et des richesses

A

Les poids des hommes : frein ou moteur de la croissance économique asiatique ?

1

La transition démographique masquée par l’inertie de la croissance des populations

L’Asie orientale et méridionale compte 3,8 milliards de personnes dont 1,3 milliards pour la Chine et 1,2 milliards pour l’Inde. Les densités sont importantes : 490 habitant par km2 en Corée du Sud, 650 habitant par km2 à Taiwan, plus de 7 100 à Singapour et 6 400 à Hong Kong.

La plupart de ces pays ont des caractéristiques démographiques des pays industrialisés avec une baisse de la mortalité et de la natalité. On constate l'augmentation de l’espérance de vie à la naissance : de 83 ans au Japon à 62 ans au Timor oriental. Cela se conjugue à une baisse de la fécondité et tous les pays asiatiques ont à peu près effectué leur transition démographique.

Pourtant, la croissance démographique reste forte en raison de l’inertie démographique, surtout en Chine et en Inde.

La Chine et l'Inde ont toujours eu un poids démographique important dans le monde. En 1820, La Chine et l’Inde représentent 55 % de la population mondiale :

  • L’Inde représentait 1/4 de la population mondiale avant l’ère chrétienne. Sa croissance démographique démarre en 1920, le taux de mortalité diminue (vaccinations contre la variole), mais le taux naturel ne fléchit pas (réticence culturelle et religieuse à la contraception et jeunesse de la population)

  • En Chine : La population a grandi de 16 millions de personnes par an entre 1982 et 1990, et de 10 millions par an depuis 1990. L’importance sociale du mariage explique l’échec des incitations au mariage tardif par le gouvernement (interdiction du mariage avant 20 ans). En Chine, 13 millions d’IVG par an.

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Des niveaux de développement remarquables...

Depuis les années 1960, l'Asie du Sud-Est puis la Chine et l'Inde contribuent fortement à la production industrielle mondiale et sont parvenues à l’autosuffisance alimentaire.

Les Dragons puis les Tigres en à peine une décennie atteignent de hauts niveaux d'IDH (entre 0,8 et 0,9). On y trouve, avec le Japon, les plus longues espérances de vie, des taux importants de formation supérieure et un niveau élevé de consommation de produits à haute valeur ajoutée.

La confrontation entre IDH et taux de croissance économique indique que la forte croissance démographique a été bien gérée, semblant accréditer le théorie populationniste («Il n’est de richesses que d’hommes») et nuance les théories malthusiennes.

En Chine et en Inde, on voit l'émergence d’une classe moyenne avide de consommer, ce sont les laboratoires d’une stratégie d’équilibre entre forte croissance démographique et forte croissance économique. Ces pays qui n’ont pas eu d’ «a priori malthusien».

Exemple

Analyse comparée des politiques de population

Politique démographique au Japon :

  • C’est dans les années 1920 que le Japon accomplit sa transition démographique grâce à la scolarisation des masses, la modernisation des modes de vie, début de l’émancipation

  • Progrès en contradiction avec le militarisme impérial qui pousse la natalité pour avoir plus de soldats

  • 1948 : Loi eugénique qui légalise l’avortement, encourage le planning familial, prône une baisse de la natalité

  • L'indice de fécondité passe de 2 en 1960, à 1,5 en 1990 puis à 1,4 en 2010. L’âge de la première maternité est 29 ans au Japon

  • Record mondial de nuptialité : 95%, l’idéal des familles est d’avoir 3 enfants, mais la réalité devient plus proche de l’enfant unique.

  • Recul du mariage arrangé : 65% des mariages en 1955 contre 7% en 1998

  • Augmentation de divorces : 20 pour 10 000 habitants en 2010

Politique démographique en Chine :

- 1978 : Première évaluation de la population chinoise à 975 millions

  • 1979 : campagne antinataliste, 20 % des couples citadins et 5 % des ruraux devaient se limiter à 1 enfant. Mesures de plus en plus coercitives. Des campagnes de stérilisation et de pose de stérilets forcées furent organisées dans les villages. 70 % des femmes de 15 à 49 ans pratiquent le contrôle des naissances, ce niveau est équivalent à) celui des pays industrialisés.

  • À partir de 1991 : un seul enfant autorisé par famille en zones urbaines et pas plus de deux en zones rurales

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...mais des sociétés de plus en plus confrontées au vieillissement

On prévoit un vieillissement à terme de la population, ce qui est révélé par les pyramides des âges. Ce vieillissement freinera la croissance économique et modifiera les politiques de développement. Cela pèse aussi sur des actifs relativement moins nombreux.

En Chine, les retraites n’existent que pour les fonctionnaires et ouvriers d’Etat, soit moins de 20 % de la population, d’où la nécessité d'avoir des enfants.

Au Japon, le vieillissement correspond à un rétrécissement de la population active et suscite des palliatifs comme l’emploi de main d’oeuvre âgée ou féminine, ou le recul de l’âge de la retraite

B

L'obsession alimentaire a amplifié une formidable capacité à produire des richesses agricoles et à gérer l'espace

1

Une formidable capacité à nourrir les hommes et à occuper l’espace : réserve de puissance stratégique

L’association entre fortes densités rurales et agricoles et systèmes performants de production de richesses fondées sur des techniques du contrôle de l’eau constitue un choix de civilisation.

La riziculture inondée de l’Asie des moussons autorise et exige de fortes densités rurales, c’est une «boucle de rétroaction positive»

L’explosion démographique s’amorce en Chine et en Inde dans les années 1950. En 1950, ces deux pays emploient les 3/4 des actifs dans l’agriculture. La productivité par actifs est faible et une grande partie de la production est autoconsommée.

Dans plusieurs pays d’Asie, la population est tributaire du riz : plus de 2/3 des calories et 60% des protéines de leurs régimes alimentaires.

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Des réformes agraires ou des révolutions agricoles pour nourrir des populations toujours plus nombreuses

Dans les années 1950, on assiste à l'introduction de variétés de riz et de blé à haut rendement financé par de grands laboratoires dont la Fondation Rockefeller qui favorise des Révolutions vertes qui rendent encore plus productive une agriculture déjà intensive. La modernisation des agricultures fut la condition d’entrée et de sortie de la transition démographique.

Les progrès technologiques et l’évolution des politiques augmentent la production rizicole, parallèlement à un déclin des prix, diminuant la faim. Entre 1985 et 2010, les rendements par hectares passent ainsi de 5,5 tonnes à 6,5 tonnes en Chine. L'Inde est aujourd'hui le deuxième producteur de riz avec 134 millions de tonnes (derrière la Chine qui en produit 197 millions).

Au Japon, la réforme agraire de 1946 redistribue la moitié des terres au détriment des grands domaines, permettant d’augmenter les productions et de répondre à la demande. La Réforme agraire de Tchang Kai-shek à Taiwan en 1951 permet grâce à l’irrigation et la mécanisation d’assurer l’autosuffisance alimentaire, puis permet des exportations de ris dès 1978.

La Thaïlande, le Viêt-nam et l’Inde sont les 3 premiers exportateurs de riz, mais les Philippines sont le premier importateur.

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Une intensification récente des agricultures intensives pour pallier les échecs relatifs des politiques antinatalistes

La rente agricole a permis le décollage économique des pays d’Asie. En Chine, pour contrer l’échec relatif de la politique de l’ «enfant unique», le gouverne- ment incite les paysans à intensifier leur agriculture en utilisant machines et engrais.

L’adoption de variétés hybrides de riz intensifie la production, car leur rendement est supérieur de 20% à celui des meilleures variétés à haut rendement (1974 voit la réussite de la mise en culture de la première variété hybride en Chine). Cela a permis à la Chine d’augmenter de moitié sa production de riz, alors que les terres cultivées en riz ont diminué d’ 1/4.

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Une nouvelle alimentation carnée et laitière

Augmentation massive de la demande pour les aliments d’origine animale. Depuis le début des années 1970 jusqu’en 1995, le volume de viande consommé dans les pays en développement a plus que triplé par rapport aux pays développés.

La Chine passe en tête pour la production de viande (40 millions de tonnes) et la consommation de viande y a plus que doublé entre 1983 et 1993.

D’après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la Chine qui ne consommait que 15 millions de tonnes de viande en 1983, devrait en consommer 85 millions en 2020. L’Inde, qui était à 3 millions de tonnes en 1983, devrait en consommer 8 millions en 2020.

L’Inde est en tête pour la production de lait, où on parle de «Révolution blanche». De plus, la disponibilité de lait par personne est passée de 50 à 80 kcal entre 1980 et 2000 ce qui améliore la nutrition, notamment car les végétariens sont très nombreux en Inde. La production laitière fournit 1/4 du revenu des ménages ruraux.

Plus de 70% du lait produit en Inde provient de ménages dont le cheptel laitier se limite à une ou deux têtes.

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Il n’y a plus de famines en Asie mais les risques alimentaires augmententent

Les pays d’Asie ont tous atteint l’autosuffisance alimentaire, contrairement aux prévisions de René DUMONT dans les années 1950. La Chine, l’Inde et l’Indonésie exportent même. Mais, la nourriture est très inégalement répartie.

On constate cependant l'apparition de nouveaux risques sanitaires, maladies transmises par les animaux comme la grippe aviaire et la salmonellose. Il y a aussi des effets sur l’environnement de la révolution animale : dégradation des pâturages et graves problèmes de pollution.

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Une faim de terres

La saturation de la productivité, l'épuisement des sols...conduisent certains pays à acheter ou louer des terres sur d’autres continents, en Afrique notamment. La Corée du Sud a acheté 700 000 Ha au Soudan pour y produire du blé. Son projet à Madagascar a été annulé face aux protestations locales.

Le gouvernement chinois affirme cependant en décembre 2011 qu’il n’achète pas de terres en Afrique. Entre 1990 et 2005 le nombre de sous-alimentés dans le monde est passé de 840 millions à 850 millions.

II

une main d'oeuvre nombreuse, industrieuse et bon marché

A

Des ressources humaines en abondance à l'origine de la croissance

1

Une main d’oeuvre disponible et instruite

Les bras libérés par la mécanisation de l’agriculture fournissent l’essentiel d’une main d’oeuvre industrielle nombreuse, peu onéreuse et a priori peu revendicative.

Les efforts d’éducation des États (qui n'ont jamais négligé les filles) ont optimisé ces qualités. Par exemple, dès le début de l’ère Meiji, le gouvernement stimule l’instruction. Dans les nouveaux pays industrialisés, le système éducatif est plutôt orienté vers les formations utilitaires après une scolarisation primaire.

L'Asie du Sud-Est et la Chine ont vu leur industrialisation portée par les bas salaires, une forte productivité et une forte adaptabilité. En 2002, le coût du travail par heure dans l’industrie textile est de 0,40 dollar en Chine intérieure contre 15 dollars aux États-Unis et 23 dollars au Japon.

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Des populations qui épargnent

Par tradition mais aussi pour assurer le futur, les populations ont épargné, et ont accepté de privilégier la consommation de productions intérieures. Au Japon, le taux d’épargne dépasse 20 % des revenus par ménages dans les années 1930, 25% dans les années 1970 puis 5% dans les années 1990. L’épargne est obligatoire à Singapour et la Chine détient le record d’épargne individuelle en Asie avec plus de 40% du revenu.

L’énorme masse de population forme un vaste marché intérieur. Le Japon s’est éloigné de son marché intérieur entre 1975 et 1990, mais son recentrage est une clef pour sortir de la crise actuelle.

L’abandon progressif d’une économie totalement extravertie chez les nouveaux pays industriels prouve la réussite du développement, la population est aujourd’hui capable d’acheter des biens de consommation à valeur ajoutée.

B

Une main d'oeuvre sans cesse en mouvement, attirée par les pôles de richesses

1

Des migrations internationales suivant l’expansion économique

Depuis les années 1980, on constate un fort développement des migrations de travail. Cette mobilité tient aux contrastes économiques causées par les inégalités de croissance et de développement.

Le nombre de migrants internationaux dans la zone est passé de 200 000 en 1980 à 50 millions en 2010. Tous les pays asiatiques sont concernés. Indonésie, Philippines, Vietnam, Chine, Inde et Pakistan fonctionnent presque exclusivement comme des pôles d’émigration. La Malaisie et Singapour sont d’abord des pays d’accueil et secondairement des terres d’immigration. Le Brunei et le Japon (2 millions d’immigrés en 2010 dont 3/4 d’origine asiatique) constituent les principaux foyers d’emplois.

Les travailleurs migrants venus d’Asie du Sud constituent jusqu’à 65% de la main d’oeuvre dans les pays du Golfe (Dubaï, Koweït ou Oman). Les migrants d’Asie orientale représentent 1/2 des entrées légales aux États-Unis et au Canada.

Les Chinois sont particulièrement mobiles : 80 % des Chinois émigrés sont en Asie du Sud-Est, et 90% proviennent des trois provinces méridionales et côtières (Fujian, Guangdong, Hainan)

Les travailleurs migrants sont de plus en plus qualifiés, et près de la moitié sont des femmes (domestiques, aide-soignantes...). Des trafics humains touchent des femmes et des petites filles, surtout dans la région du Mékong, destinées au mariage forcé ou à la prostitution.

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Des fournisseurs de devises

Les revenus que les émigrés envoient chez eux constituent la principale «exportation» de certains pays. L’Inde, la Chine et les Philippines sont respectivement 1er, 2ème et 4ème mondiaux pour les fonds envoyés par leurs émigrés en valeur absolue.

Les Philippines sont championnes mondiales dans l’exportation de main d’oeuvre, qui concerne 10 % de la population nationale (dont 75 % de femmes) ! Les émigrations sont gérés par l’Agence gouvernementale philippine. Il y a 12 fois plus de migrantes que de migrants, contrairement au Pakistan.

Le Pakistan a une forte émigration aussi (7 millions à l’étranger) : 80 % des forces armées des Émirats a été pakistanaise. L'ouverture d’un Bureau de l’émigration date de 1969.

Pendant longtemps les régimes communistes se sont opposés à l’émigration de leurs ressortissants à l’exception des déplacements vers les «pays frères». Mais à la fin de la guerre du Vietnam, 2 millions de Vietnamiens ont quitté leur pays, et dès 1978, la Chine permet le départ de travailleurs sous contrat vers les pays communistes et du Moyen-Orient.

C

Migrations internes et développement

1

Exode rural et gonflement urbain

Dans toute l’Asie, les migrations internes sont actuellement beaucoup plus importantes, en nombre de personnes, que les migrations internationales.
Chaque année près de 20 millions de Chinois quittent la ville pour la campagne. D’ici 2050, 60 % de la population chinoise sera citadine.

Entre 1987 et 2001 : 35 millions d’agriculteurs, et les services publics, la santé et l’éducation s’effondrent, encourageant l’exode rural. Les migrants qui arrivent dans les zones urbaines constituent l’une des catégories sociales les plus vulnérables : travail au noir, pas de services médicaux et sociaux de base, abus des employeurs... Il y a 3 000 Philippines au Maroc qui sont arrivée en tant que domestiques et finissent esclaves de patrons peu scrupuleux.

Les inégalités sont importantes dans les villes : en Chine, les familles les plus riches (10 %) accaparent plus de 60 % du capital financier. Les disparités supérieure à celle des États-Unis et de l’Amérique latine.

2

Un palliatif pour les campagnes

Les envois d’argent de ces néo-urbains tendent à devenir la principale ressource des foyers ruraux, avant même l’agriculture : ils atteignent même 80% de l’argent liquide dans la majorité des villages indiens. Ces fonds deviennent le moteur du développement rural (investissements, moder- nisation). Le recul de la pauvreté en Inde et en Chine y est lié.

Les migrations de main d’oeuvre féminine s’accompagnent souvent d’une augmentation des dépenses liées à l’éducation, comme au Bangladesh. Cependant les aspects négatifs dominent : rôle des mafias, prostitutions, harcèlements, sous-paiement...

3

La pauvreté comme point commun

Plus une population est à l’écart des lieux où se fait sentir la mondialisation, plus on y trouve de pauvres. La plus grande démocratie du monde, l’Inde, comprend aussi le plus grand nombre de pauvres : 45% de sa population est sous le seuil de pauvreté absolue, une malnutrition endémique avec 200 000 de personnes privées de l’accès à l’eau potable, 600 000 sans électricité et seulement 60% des adultes alphabétisés (contre 85 % en Chine).

Sans politique sociale redistributive (l’assurance maladie ne couvre que 6 % de la population en Chine), l’urbanisation accélérée conçue comme une solution au malaise rural créera plus de problèmes qu’elle n’en règlera (problème d’hygiène, d’ordre public...).

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Les contrastes régionaux et sociaux

Il y a une inégale répartition de la production des richesses en Chine entre villes et campagnes. Les villes concentrant 80 % des capacités productives pour 30 % de la population. En 2007, l’agriculture occupe 40 % des actifs pour 10 % du PIB. En Chine, il y a 50 fois plus de pauvres dans les campagnes que dans les villes

Avec la décollectivisation, l’État chinois s’est désengagé des campagnes. Le système de santé est presque absent dans les régions pauvres, sauf le littoral. Les oppositions anciennes entre intérieur et littoral, atténuées par la politique d’aménagement de la Chine communiste, ressurgissent.

En 2011, le gouvernement chinois a relevé le seuil de pauvreté à 0,99 dollar, faisant passer le nombre de concernés de 30 à 130 millions, pour les faire bénéficier d’un programme de protection.

5

Pauvreté et fragilités

La moindre des catastrophes fait apparaître de nouveaux pauvres. Si l’impact global de ces catastrophes ne déstabilise pas les économies asiatiques dans leur ensemble (le tsunami de 2004 n’a représenté que 0,5 point de croissance en 2005), des pans entiers des économies peuvent être anéantis.

Ensembles, l’Indonésie, le Sri Lanka, l’Inde et la Thaïlande représentent 1 habitant sur 5 de la planète mais seulement 3 % de la richesse mondiale.

D

La peur du nombre ?

1

Projections

Le 11 décembre 2001, l'entrée de la Chine dans l’OMC signale son entrée officielle ans la mondialisation capitaliste libérale. L’Inde vient aussi participer à la course, en faisant bourgeonner une région puis une autre. La libération de l’initiative privée en Inde va à l’encontre des politiques de développement plutôt étatiques de ces dernières décennies.

La population active indienne (de 15 à 59 ans) est de 400 millions en 2004 et devrait passer à 820 millions d’ici 2020. L’Inde compte imiter la Chine, alors même que la population chinoise vieillit (13% ont plus de 60 ans en 2010). L’âge médian est de 25 ans en Inde et 33 ans en Chine (devrait passer à 40 ans en 2025).

En 2020, les projections prévoient que les États-Unis manqueront de 17 millions de travailleurs, la Chine de 10 millions et le Japon de 9 millions. L’Inde, qui forme chaque année 3 millions de diplômés en sciences appliquées, sciences de la communication et ingénierie, semble pouvoir y répondre.

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Le retour du «péril jaune» ?

Essor fulgurant de l’Asie orientale et méridionale dans la hiérarchie mondiale. Depuis son entrée dans l’OMC, la Chine a le troisième budget de recherche en valeur et est capable d’imposer ses standards (mobiles, Internet sans fil...)

Bangalore en Inde est devenue capitale mondiale du high-tech : Ses software parks abritent 150 000 ingénieurs, soit plus que la Silicon Valley. La puissance que représente ces pays reposer plus sur une cohorte de jeunes (53% de moins de 25 ans en Inde) et leur haut niveau technologique (2 millions d’ingénieurs formés par an en Inde) que sur le poids démographique des armées.

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