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Chapitre 22 :
L'Asie : une mosaïque politique

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L'Asie : une mosaïque politique
Introduction

En Asie orientale, on trouve tout le spectre des régimes politiques : États communistes (Chine, Corée du Nord), des monarchies autoritaires (Brunei, Népal), des démocraties républicaines (Corée du Sud, Philippines, Sri Lanka, Taiwan) ou teintées de monarchie (Japon, Thaïlande), des autoritarismes (Malaisie, Singapour), des dictatures militaires (Indonésie de Suharto, Pakistan de Zia et Musharraf, Birmanie), et le fédéralisme démocratique (Inde). Les aspirations à des systèmes plus démocratiques ou plus ouverts sont visibles partout.

Chronologie

  • 1913 : Premières élections législatives libres en Chine
  • 1925 : élection parlementaire au suffrage masculin au Japon
  • 1955 : Création du Parti libéral démocrate (PLD) au Japon
  • 1965 : Régime de Suharto en Indonésie ; Indépendance de Singapour
  • 1987 : Démocratisation en Corée du Sud : fin de la loi martiale à Taiwan
  • 1989 : Printemps de Pékin
  • 1989 : Victoire du parti Janata en Inde
  • 1991-1998 Premier retour du parti du Congrès au pouvoir en Inde
  • 2000-2008 : Arrivée au pouvoir à Taiwan du Parti démocrate progressiste, indépendantiste
  • 2005 : Deuxième retour au pouvoir du Parti du Congrès en Inde
  • 2008 : Retour du Guomindang au pouvoir à Taiwan
  • 2009 : Victoire du Parti démocrate aux élections législatives japonaises
  • 2012 : Ma Yin-jeou (Guomindang) réélu président à Taiwan
I

Une tradition politique forte

A

Les territoires politiques dans la longue durée

On trouve en Asie orientale et méridionale les sociétés parmi les plus anciennes du monde (Chine) et les dernières sociétés humaines comme les Jarawas à refuser tout contact avec les autres civilisations.

L’une des originalités de l’Asie orientale et méridionale c’est le poids de la longue durée dans les configurations spatiales actuelles et dans leurs dénominations. Deux types traditionnels de frontières : type chinois (linéaire) et type indien (plus flou).

1

L’ancien système politico-spatial chinois

Le système impérial du monde chinois est organisé par un droit de succession rigoureux. L’administration repose sur une bureaucratie de lettrés recrutée par concours. Il y a un tissu relationnel fort entre les groupes ethniques et le centre.

L'État est organisé de telle sorte que l'on trouve des modèles de type hiérarchique avec une autorité centrale forte et une stratification sociale clairement définie.

2

L’ancien système politico-spatial indien

La royauté charismatique du monde indien ancien repose sur le pouvoir et la personnalité d’un monarque absolu. Il n’a pas de bureaucratie stable.

Le souverain entretient des relations tributaires et d’alliances matrimoniales avec les chefs des groupes ethniques montagnards environnant.

La force de l'État repose sur des relations horizontales : pluri-ethnicité, pluri-centrisme et flexibilité des statuts sociaux.

3

L’ancien système axial des ports-comptoirs et cités-Etats

Situées sur les voies maritimes ces cités-États sont reliées entre elles par un système axial comme Malacca. Les plus importants se sont appuyés sur un arrière-pays et des réseaux de relations maritimes.

On y trouve juxtaposées des diasporas spécialisées dans le commerce et la finance, soudées le plus par l’endogamie et la pratique d’une religion spécifique (islam pour les Malais, Arabes et Chinois).

Dans l’Asie sinisée, les cités marchandes n’arrivent pas à s’émanciper des pouvoirs centraux contrairement aux nouvelles cités-État (Hong-Kong, Singapour) qui sont exogènes.

B

Le despotisme asiatique sinisé

1

Le rôle de la bureaucratie et du despotisme

Le pouvoir politique est caractérisé par le despotisme et la bureaucratie : vastes travaux publics, contrôle des moyens de production, limitation de la propriété privée. L’État aide à maintenir la prévalence du groupe sur l’individu.

L’État est très militarisé. Il entrave le développement politique d’une bourgeoisie née du commerce (Chine au XVème, Japon au XVIIème).

Tout le problème pour l’État moderne et la bourgeoisie en Asie orientale est d’effectuer la transition d’une industrialisation à forte intensité de main d’oeuvre vers une industrialisation à forte intensité de capital (qui se traduit par la métropolisation, la périurbanisation et la rurbanisation).

2

L’héritage du despotisme au XX ème

L’État technobureaucratique et militaire impulse souvent l’industrialisation. Ses formes restent largement despotiques :

  • Parti unique, junte militaire (Thaïlande, Indonésie), dictature militarisée (Taiwan du Guomindang, Corée du Sud de Park Chung-Hee (1960’s-1980’s))

  • Parti hégémonique et clanique en système démocratique (PLD au Japon, Parti d’action populaire de Lee Kwan-Yew à Singapour qui se poursuit en 2011)

  • Pouvoir fondé sur des clans (réseaux peu visibles de l’extérieur)

  • Pouvoir formellement identifiable («grand timonier», «empereur») mais pas toujours visible (empereur japonais avant la démocratisation), modes de
    décision difficilement identifiables

  • Rôle important de pouvoirs parallèles reconnus (Triades chinoises, les yakuzas au Japon)

  • Intérêts et biens privés des dirigeants confondus avec intérêt et bien public
    (développement du clientélisme)

  • Indifférence voire écrasement de l’opposition politique

3

La question de la démocratie

Les positions actuelles des dirigeants asiatiques renvoient aux traditions politiques impériales selon lesquelles le peuple ne peut se guider tout seul.
La construction d’un État fort par la classe dominante est une obsession : en Chine depuis 1911, à Singapour depuis l’indépendance (1965)... L’idée même s’une alternance entre deux grands partis politiques rivaux visible en Occident reste incongrue.

L’Inde fait cependant exception, comme le montre 'arrivée au pouvoir en 1998 du parti hindouiste après des décennies de pouvoir congressiste.

Les Dragons constituent aussi des cas particuliers. À Taiwan, le Guomindang a laissé sa place au Parti indépendantiste entre 2000 et 2008, et la Corée du Sud a connu une démocratisation (1987) qui laisse toute sa place à l’alternance fonctionne.

4

L’aspiration démocratique

Elle existe vraiment en Asie : de grand débats existent en Chine où ses défenseurs l'appellent la «cinquième modernisation».

Mais l’abstention électorale progresse face aux désillusions engendrées par les jeux politiciens : 51 % en Corée du Sud en 2007, 50 % aux préfectorales japonaises en 2011.

À côté de cela, 2011 marque l'arrivée au pouvoir de Yingluck Shinawatra en Thaïlande et 2012 l'année des élections législatives en Birmanie.

C

Un communisme asiatique

1

Près d’un siècle d’histoire

Depuis l’implosion de l’URSS, le communisme étatique ne subsiste presque plus qu’en Asie orientale, où il concerne 1,5 Ma de personnes.

La première génération de partis communistes s’organise en Asie au début des années 1920 de façon groupusculaire comme en Indonésie, Japon, Inde... La seconde génération est directement liée à Moscou : Indochine en 1930, Malaisie...

Ils arrivent au pouvoir dans certains pays : Corée du Nord (1948), Chine, Vietnam (nord en 1950), Laos en 1975.

En Inde, le PC a été divisé en deux dans les années 1960, ils totalisent aujourd’hui 8 % des voix. De tous les partis communistes des pays industrialisés, c’est celui du Japon qui se maintient le mieux, mais ne compte que 4 % aux législatives de 2009.

2

Pas de bloc communiste asiatique

Le schisme sino-soviétique entraîne des régimes se réclamant tous deux du marxisme à s’affronter militairement : Chine et URSS en 1969, Vietnam et Cambodge en 1978. Au delà des querelles dogmatiques, c’est la réalité du principe national qui l’emporte.

3

Le communisme étatique d’Asie

Le traitement spécifique de Marx et Engels de l’Asie (mode de production asiatique) laisse la porte ouverte à des options nationales spécifiques.

Le marxisme est apparu a de nombreux Asiatiques comme un élément de modernité scientifique contre l’archaïsme d’une tradition jugée sclérosée. Les cultures locales l’ont absorbé, voire asiatisé, avec par exemple une obsession de l’auto-suffisance, une méfiance vis-à-vis de l’Occident.

Le rapport ambigu des communistes à la famille permet des pratiques dynastiques: Kim Jong-ung en Corée du Nord succède à son père Kim Il-sung en 2011 qui avait lui-même succédé au sien.

D

Le national-développementalisme

1

L’importance du pragmatisme

La tradition socio-politique favorise souplesse et pragmatisme dans la conduite des affaires. À la demande de Staline le PCC a ainsi coopéré deux fois avec le Guomindang, L’idéologie est utilisée de façon très pragmatique

Deng Xiaoping défend son «économie socialiste de marché» par : «Peu importe que le chat soit noir ou blanc, l’essentiel c’est qu’il attrape les souris». C’est le succès qui auréole l’idée et non le contraire

2

L’importance de la stratégie

La philosophie n’est pas d’écraser l’adversaire, mais de le cantonner conformément par exemple à l’esprit du jeu de go. En oubliant cela et voulant imiter la guerre totale occidentale, le Japon est entré en guerre contre les États-Unis en 1941.

Ce principe stratégique rapproche le pouvoir politique du pouvoir militaire, qui sont historiquement étroitement liés dans la tradition despotique. Par exemple, l'esprit samouraï et tennô-militarisme au Japon (régime japonais de 1931 à 1945 où l’armée et l’empereur concentrent le pouvoir entre leurs mains), ou encore des régimes fortement militarisés comme la Corée du Sud de Park Chung-Hee (1961-1979).

Les élites indiennes, plus occidentalisées, échappent en partie à ce modèle.

3

L’État comme acteur et vecteur du développement

Face à la menace colonialiste, à la puissance technologique et économique de l’Occident, l’élite modernisatrice des pays asiatiques a misé sur le pouvoir de l’État comme acteur et vecteur du développement économique. Ainsi, les formes d’État qui correspondent sont un État fort, unitaire, interventionniste et dirigiste.

Ainsi, le socialisme apparaît à certains comme l’outil le plus approprié.
Il ne faut pas dissocier chez les révolutionnaires asiatiques le communisme du nationalisme, le projet de libération économique et sociales de l’émancipation nationale

Les communistes japonais ont été très sensibles à l’idéologie du kokutai (corps national), si bien que dans les années 1930, 1/4 des membres le quittent et renoncent au ! marxisme pour l’impérialisme.

4

Croissance et démocratisation

Le rapport présent entre économie et politique induit l’idée, surtout chez les analystes nord-américains, qu’en Asie l’autoritarisme a favorisé la croissance, laquelle conduira vers la démocratie

Mais, si un pouvoir autoritaire peut s’accompagne d’un libéralisme économique (Singapour, HK, Taiwan), l’inverse est moins vrai. L’autoritarisme de plus n’est pas un gage en soi de développement économique (Birmanie, Indonésie, Philippines de Marcos)

La croissance peut conduire à la démocratisation si les populations n’en voient pas assez les fruits et font pression : Corée du Sud (libéralisation amorcée en 1988), Taiwan (levée de la loi martiale), voire en Indonésie (chute de Suharto en 1998) ou aux Philippines (chute de Marcos en 1987).

II

Les héritages territoriaux de la colonisation

A

Héritage administratif

1

La nouvelle logique étatique

L’Occident configure en Asie le principe de l’État administratif et juridique moderne : l’idée même de territoire borné et homogénéisé.

Le monde sinisé se distinguait par son organisation en provinces administratives aux limites stables, placées théoriquement sur un pied d’égalité

2

Des héritages variables suivant le colonisateur

Par leur système de places commerciales, les Britanniques ont préparé certains pays comme la Malaisie, Singapour et Hong-Kong à la modernisation économique.

L’État français a pratiqué en Indochine une colonisation de territorialisation à l’opposé de la colonisation marchande britannique. Sa politique est déconnectée des grandes logiques économiques du monde, laissant à ces pays un héritage lourd.

Les Néerlandais ont pratiqué en Insulinde une colonisation intermédiaire entre les modèles britanniques et français. Mettent en place une logique d’agriculture intensive à Java.

Le Japon tente d’appliquer le modèle français. Il lègue un nombre important d’infrastructures (ferroviaires, portuaires...) tout en déclenchant une aspiration à la modernité chez les élites.

B

Des frontières post-coloniales

1

Les frontières avant l’indépendance

L’espace est modelé par le colonisateur sans grands égards pour les liens historiques, culturels et économiques. Par exemple, en 1824, le premier grand accord de partage, anglo-hollandais, sépare le Malais de la péninsule de ceux du reste de l’Insulinde

2

Des frontières post-coloniales

Les États asiatiques reconnaissent consensuellement l’héritage des frontières coloniales. Les rares tentatives de subversion d’une frontière coloniale tournent au fiasco : remise en cause de la ligne MacMahon par la Chine et guerre contre l’Inde en 1962, escarmouches en 1969 sur la frontière de l’Oussouri, contestée par la Chine...

Des accords sont cependant trouvés :

  • La Chine passe un compromis avec la Russie en 2005, qui en échange de
    quelques terres obtient un droit de libre passage sur le fleuve Tumen

  • La Chine reconnaît avec le Vietnam la frontière terrestre et maritime en 2000

  • La Chine reconnaît l’indépendance des anciennes républiques soviétiques et leurs
    frontières (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan)...

C’est sur la mer qu’apparaissent les litiges les plus importants entre Etats.

III

L'organisation politique et administrative

A

La démocratie indienne

1

Un territoire recomposé

L’Union indienne est une fédération de 28 États auxquels s’ajoutent 7 «territoires de l’Union». Elle simplifie l’héritage colonial qui comptait 10 «provinces» britanniques et plus de 560 États princiers. La partition de 1947 entraîne aussi le redécoupage de provinces (Penjab, Bengale...)

Avec l’arrivée au pouvoir du parti hindouiste en 2000, des concessions sont faites aux revendications des communautés. Exemple : Jharkhand

2

La dimension linguistique et religieuse du compromis territorial

Ce redécoupage spatial indien s’appuie sur deux autres compromis, linguistique et religieux.

La généralisation de l’hindi ayant été repoussée, au moins 3 langues sont désormais utilisées officiellement : l’anglais, l’hindi et une langue locale.

Le sécularisme de la Constitution de 1950 prévoit un droit pénal identique pour tous, mais un droit civil différent selon la religion : il n’y a pas de religion d’État.

Si l’hindouisme est majoritaire, le sikhisme (20 millions) est majoritaire au Pendjab et le christianisme au Kerala (25 millions). L’islam, majoritairement sunnite, est la plus importante des religions minoritaires (13 % de la population), mais est éparpillée.

3

Un fédéralisme centralisateur

Deux assemblées siègent à Delhi : le Lok Sabha (suffrage universel) et le Raja Sabha (émanation des États). Elles élisent le Président qui nomme le Premier ministre.

Pour chaque État, il y a une assemblée législative, un gouvernement et un gouverneur : cela donne lieu à une multiplication des institutions qui favorise la recherche d’un consensus.

La dimension fédéraliste ne doit pas masque une certain centralisme : le gouvernement de l’Union est chargé de la défense, les affaires étrangères, l’énergie atomique, les communications nationales... mais pas la législation agraire. De plus, en cas de chevauchements, la primauté est donnée au Parlement central.

4

Le «système congressiste»

La démocratie indienne semble extraordinairement stable, malgré l’état d’urgence de 1975-1977 (Indira Gandhi). Cela contredit l’idée que la démocratie ne convient qu’aux pays riches.

Le parti du Congrès domine la vie politique de l’Inde : il gouverne de 1947 à 1977, puis de 1980 à 1989, puis de 1991 à 1998 et depuis 2004 (Manmohan Singh comme Premier ministre). Il arrive à ménager le soutien des haute castes et castes dominantes et à capter celui des minorités.

B

La Chine de la «quatrième génération»

1

La pérennité des provinces

Les principaux découpages administratifs chinois sont restés en place. Les provinces datent pour l’essentiel du XVème siècle. On en compte actuellement 22, auxquelles s’ajoutent :

  • 5 régions «autonomes» : importantes minorités ethniques, comme le Guangzi ou le Tibet. Représentent 45 % de l’espace chinois pour 10 % de la population

  • 4 municipalités de rang provincial : Pékin, Shanghai, Tianjin et Chongqing

  • 2 «régions administratives spéciales» : Hong-Kong et Macao (1999)

Ces entités sont subdivisées en préfectures, qui sont subdivisées en cités ou districts : système administratif complexe permettant un contrôle maximal par l’État.

2

L’emprise du Parti communiste

Le PCC, parti unique, demeure une organisation mi-politique, mi-militaire. 15 millions de cadres communistes contrôlent 20 autre millions de cadres, le tout contrôlant le peuple.

Le PCC craint surtout un syndicalisme autonome. Actuellement, on assiste à un renouvellement des cadres du parti. L'arrivée de la quatrième génération est représentée par Hu Jintao, élu en 2002 et réélu en 2008 à la tête du PCC et la Présidence de la RPC. Le Pékinois Xi Jinping est, lui, une figure de proue de la cinquième génération.

Des formes nouvelles d’évitement ou de contestation de l’hégémonie du PCC
apparaissent comme le réveil de la foi religieuse (secte Falung-gong). La liberté des nouveaux moyens de communication inquiète aussi le pouvoir.

C

La démocratie impériale japonaise

1

Les mesures refondatrices

Ce sont les mesures prise au lendemain de la défaite de 1945. Mais derrière cela se cache une certaine continuité.

La constitution promulguée en 1946 est le fruit de négociations entre américains et japonais. Article 1: «l’empereur est le symbole de la nation et de l’unité du peuple». Article 9 : renonce au droit de la belligérance.

70 % des représentants élus pour ratifier la Constitution sont issus de la classe politique d’avant-guerre.

2

Un empereur et une démocratie parlementaire

En principe, il s’agit plus d’une démocratie que d’une monarchie constitutionnelle car l’empereur n’a théoriquement aucun pouvoir. En pratique, il signe 3 000 actes publics par an. Il est une référence socioculturelle et idéologique.

Il y a également un fort pouvoir judiciaire, doté d’une Cour suprême. La Diète (parlement japonais) est élue au suffrage universel par les citoyens des
chambres (Chambre des députés et Chambre des sénateurs). Elle élit un Premier ministre.

Jusqu’à la réforme électorale de 1994, une circonscription élisait plusieurs députés à la proportionnelle, favorisant ainsi le factionnalisme (organisation et fonctionnement d’un parti politique sur la base de factions différentes, idéologiques ou personnelles) et le lobbyisme. Cela a bénéficié au Parti libéral démocrate (PLD), au pouvoir presque sans interruption depuis 1948.

3

Tensions entre Etat central et collectivités locales

Le territoire japonais est structuré en 47 préfectures dont le gouverneur est élu. Trois d’entre elles dont Tokyo ont un statut spécial. Les collectivités locales s’inspirent en principe du modèle américain et ont une autonomie relative vis-à-vis du pouvoir central.

Mais les budgets locaux dépendent beaucoup du pouvoir central et l’autorisation d’emprunts relève de l’État. La géopolitique interne du Japon peut se lire comme une vaste confrontation entre État et collectivités locales.

Au Japon, il y a interdiction absolue du cumul des mandats.

4

Les ambiguïtés de la décentralisation

L’autonomie des collectivités locales japonaises n’est que relative. Compte tenu du rôle de l’État dans les revenus financiers, certains parlent d’une autonomie locale au rabais, une «autonomie à 30 %».

Le thème de la décentralisation revient sur le devant de la scène dans les années 1990. Une loi ad hoc a été votée en 1995, mais le désengagement du secteur public n’est pas simple.

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