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Chapitre 23 :
Un modèle nippo-asiatique de développement

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Un modèle nippo-asiatique de développement
Introduction

La réussite des pays d’Asie a émerveillé tout autant qu’agacé les Occidentaux. Paul Krugman, prix Nobel d’économie en 2008, résume en 2000 cette perception ambivalente : «L’Asie a obtenu des taux de croissance économique remarquables sans une augmentation équivalente de la productivité.

Cette croissance a plus été le produit de la mobilisation des ressources que de l'efficacité, de la transpiration que de l’inspiration.» La crise japonaise de 1997 remet en cause le modèle. Si modèle il y a, il n’a probablement pas le caractère univoque qu’on lui prête parfois.

Chronologie

  • 1925 : Création au Japon du ministère du Commerce et de l’Industrie
  • 1937 : Théorisation du développement en «vol d’oies sauvages»
  • 1946 : Réforme agraire au Japon
  • 1949 : Création du MITI
  • 1950 : Début de la Haute Croissance du Japon
  • 1964 : Le Japon devient membre de l’OCDE
  • 2001 : Création du METI
  • 2010 : La Chine devient la seconde puissance économique mondiale
I

L'intervention de l'État au coeur du modèle nippo-asiatique de croissance

A

Un acteur majeur

1

Un État modernisateur et expansionniste

Le nouvel État japonais issu de la restauration impériale Meiji (1868) définit le cadre de l’industrialisation. Il privatise les terres, crée un système financier moderne. Le Japon devient rapidement l’atelier textile de l’Occident.

L’État finance et impulse la modernisation des industries traditionnelles ainsi que la mise en place d’une industrie lourde et des grandes infrastructures de transport.

En 1910 : 1/3 des revenus de l’État viennent de la rente agricole et de l’impôt foncier, lui permettant d’être indépendant de l’extérieur. Dès les années 1920, l’État prépare l’expansion territoriale (matières premières et sources d’énergie). Il prend le contrôle d’une grande partie de l’Asie orientale qu’il appelle «sphère de coprospérité» dès 1940.

2

Un État dirigiste

Après la deuxième guerre mondiale, les États-Unis décident de faire du Japon une base arrière de leur stratégie de containment et entreprennent de restaurer l’État japonais dans sa souveraineté.

Les liens entre État et capitalisme privé, rompu avec le démantèlement des zaibatsus en 1947 et les lois anti-trust, sont rapidement reconstitués. Se met alors en place une troisième voie entre libéralisme et dirigisme fondée sur l’alliance entre État et monde des entreprises. Dans les années 1960, le Premier ministre Ikeda affirme : «Le gouvernement est le capitaine, le zakai est la boussole.»

Des plans à caractère incitatif sont élaborés par l’Agence de planification économique.

3

L’État et les conditions socioculturelles du développement

L’État a aussi un rôle dans la mise en place des conditions sociales favorisant la Haute Croissance :

  • L’instruction : Réformée en 1947 avec le système américain comme modèle. Scolarité obligatoire de 9 ans qui privilégie la mémorisation au détriment du développement de l’esprit critique. 95 % des élèves d’une classe d’âge obtiennent le bac et 50 % des bacheliers entrent à l’université.

  • Une faible pression fiscale permettant aux entreprises d’accroître leur compétitivité. L'impôt sur le revenu est plus faible que dans les pays industrialisés et la TVA (faible, 5%) est instaurée seulement en 1989.

B

L'organisation pyramidale des entreprises

1

Les liens étroits entre État et grandes entreprises au Japon

Le capitalisme japonais repose sur des relations fortes entre État et entreprises qui remontent à 1875 lorsque l’État cède au secteur privé les entreprises qu’il avait créées.

Les Zaibatsus associent autour d’une banque, des filiales commerciales (sogo sosha) et des entreprises industrielles liées par des participations croisées. Dans les années 1940, Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo et Yasuda contrôlent 1/3 de l’industrie lourde, 1/4 du commerce et 1/2 de la finance. Le tissu économique est fait d’entreprises familiales qui travaillent en sous-traitance pour ces 4 entreprises.

Démantelés après guerre, les zaibatsus se reconstituent sous forme de keiretsus, dirigés par de hauts fonctionnaires (pratiquant une forme de «pantouflage»). Il y a une symbiose entre public et privé.

Exemple

Du MITI au METI

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale se met en place un ministère de l’industrie et du commerce extérieur qui, sous l’acronyme MITI, devient dès les années 1950 un acteur majeur du décollage.

Chargé de détecter les marchés étrangers les plus porteurs, il définit les secteurs prioritaires, organise les restructurations et fusions d’entreprises. Il peut mettre en place des obstacles non tarifaires aux importations.

Les méthodes de planification reposent sur des relations étroites entre entreprises et commissions internes du PLD. Dès 1957 : il met en place le JICST (centre d’information japonais sur les sciences et les technologies). Il intervient dans le développement des technopoles (1983 : loi Technopolis)

Il a été épargné par la réforme administrative de janvier 2001 et exerce désormais sous le nom de METI (Ministry of Economy, Trade and Industry).

2

Les Chaebols au service du nationalisme économique coréen

Malgré le ressentiment dû à la colonisation japonaise (1910-1945), les Coréens adoptent en grande partie le modèle nippon en matière d’organisation et de gestion économique.

Le Général Park (1962-1979) met en place un réseau d’instituts parapublics de
recherche (Institut de développement de la Corée) et impose les chaebols comme acteurs privilégiés de cette politique. Les chaebols ne s’organisent pas comme les zaibatsus, ce sont des conglomérats diversifiés à structure familiale, qui n’ont pas leur banque propre. Dès les années 1960, les chaebols fournissent 2/3 du PIB.

3

L’entreprise taïwanaise, au service du Guomindang

Les monopoles publics jouent à Taiwan le même rôle que les zaibatsus au Japon. Pour Sun Yat-sen et ses héritiers du Guomindang, seul un État dirigiste peut être garant du «bien-être du peuple».

Entreprises présentes dans l’électricités, les communications, les transports, mais aussi les ressources naturelles, les manufactures ou les services.

Depuis 1991, le gouvernement est engagé dans un programme de privatisation d’une vingtaine d’entreprises publiques dont le pétrole, l’électricité, les télécommunications, l'alcools et le tabac.

Dans les années 2000, 2/3 des entreprises taiwanaises sont intégrées à un groupe. Ces conglomérats sont paradoxalement moins actifs sur le marché mondial que le réseau dense des PME-PMI, qui représente 3/4 de l’emploi industriel et fournit 2/3 de la production et des exportations industrielles. Elles ont rarement été soutenues par l’État.

4

Le «réseau de bambou», relais des États en Asie ?

Les milieux d’affaires issus de la «diaspora» chinoise ont créé en Asie du Sud-Est un système économique parfois appelé «réseau de bambou». Il est caractérisés par un effort d’épargne, une recherche de l’excellence scolaire et académique...

La confiance réciproque favorise la construction de tours de table financiers : les tontines. Dès l’ouverture chinoise, un «Espace économique chinois» (EEC) informel se dessine. Ce réseau est devenu le principal pourvoyeur de capitaux en Asie du Sud-Est.

II

Les stratégies d'industrialisation

A

Le préalable agricole et alimentaire

1

Le retard agricole

Avant leur industrialisation, la plupart des pays asiatiques ont dû engager une rapide modernisation de leur agriculture pour nourrir leur population en forte croissance (pénuries alimentaires...). Le défi a été difficile à relever pour l’Asie en raison des masses concernées et de l’héritage colonial.

Taiwan et Corée ont été de plus mises en coupe réglée par le Japon qui confisquait l’essentiel de la production agricole et favorisait les cultures industrielles (canne à sucre) au détriment des cultures vivrières

Enfin, les inégalités sociales (Inde, Philippines...) ne permettait pas de dégager assez d’excédents pour l’irrigation ou la modernisation des outils.

2

Les réformes agraires et agricoles et leurs effets

Sous la pression américaine, le Japon adopte en 1946 une réforme agraire qui redistribue la terre aux paysans, pour favoriser l’émergence de la petite paysannerie dans un pays où plus de 40 % de la population active est rurale. La Corée du Sud et Taiwan entament de leur côté des réformes appelées «trêves agricoles»

Cela marque la fin des prélèvements abusifs, création et entretien d’’un bon réseau de transport et d’un marché local et international, stabilité politique, budget précis pour l’agriculture, protection du marché intérieur...

Progressivement, les paysans s’insèrent dans une économie marchande. La sécurité alimentaire rapidement acquise fut le préalable à l’industrialisation.

B

La stratégie en vols d'oies

1

La théorie d’Akamatsu (1937) et l’antériorité japonaise

Le schéma d’Akamatsu décrit la spécialisation japonaise comme un «vol d’oies sauvages», en vagues successives : importations de produits manufacturés, puis substitution aux importations et montée en puissance de la production domestique et enfin exportations, qui prennent le relais d’une demande saturée (industries de substitution aux importations (ISI) remplacées par des industries tournées vers les exportations (ITVE))

2

Les remontées de filières

Le Japon se spécialise en fonction de ses avantages comparatifs, notamment dans les tâches d’assemblage ou la confection de produits à plus forte valeur ajoutée. Par exemple, le Japon se spécialise dans le secteur du textile dans lequel il abandonne la production tissus pour se concentrer sur la confection et le prêt-à-porter.

En raison par exemple de la montée des salaires ou de problèmes environnementaux devenus trop gênants, le pays entraîne dans son sillage d’autres nations voisines dont le développement décalé dans le temps alimente en continu sa propre croissance.

3

La mise en place d’une division internationale du travail en Asie orientale

L’industrialisation se propage à partir du Japon dans les années 1950. Ces pays voisins suivent la remontée de filières industrielles avec le développement des industries légères et bas de gamme (textile, jouet) puis des biens intermédiaires, puis industries d’équipement et enfin la haute technologie

Des facteurs expliquent ces réussites : importance de l’innovation, de l’éducation, sous-évaluation des monnaies, épargne élevée..

Exemple

La priorité à la recherche et à la technologie

Le Japon définit les priorités dans le deuxième plan-cadre adopté en 2001 : les sciences de la vie, les technologies de l’information, l’environnement, les nanotechnologies et les nouveaux matériaux.

La cité scientifique de Tsukuba, au Nord-Est de Tokyo, est reliée depuis 2006 à la capitale par une ligne de chemin de fer express. Elle rassemble 180 000 chercheurs.

III

La diffusion du modèle nippo-asiatique : des auréoles de croissance aux auréoles de crise

A

Les «nouveaux pays industrialisés d'Asie»

1

Le Japon, locomotive du train des NPIA

L’émergence des NPIA s’enracine dans le contexte particulier de l’après-guerre. Les Américains assurent la protection militaire du Japon et acceptent une sous-évaluation du yen. En 1949, le plan Dodge crée un nouveau yen (360 yens vaut 1 dollar).

La guerre de Corée et le traité de sécurité de San Francisco (1951) mettant fin à l’État de guerre entre Japon et États-Unis dopent les exportations japonaises.

2

La part prépondérante de l’industrie dans les économies des NPIA

À partir de 1985, le Japon s’engage dans tous les marchés mondiaux. La plupart des pays d’Asie passent rapidement «du riz à la puce».

Pour éviter un exode rural potentiellement générateur de coûts sociaux lourds, une partie des investissements industriels s’effectuent dans les campagnes. On voit plusieurs pays passer par le stade de pays atelier (Chine, Vietnam...) et les produits manufacturés y constituent partout le premier poste des exportations.

3

Une tertiarisation progressive de l’économie

Depuis le début des années 1990, les progrès des TIC permettent aux entreprises d’externaliser un nombre croissant de tâches. Elles sont d’abord à forte intensité de main d’oeuvre (saisie de données, écriture comptable, programmation de base...) mais concernent depuis peu des tâches plus élaborées comme l’infogérance.

Les sociétés de service informatique connaissent le même sort que l’industrie. Dès les années 2000, l’Inde réalise plus de 50% du chiffre d’affaires des entreprises délocalisées dans les services associés aux technologies de l’information et le traitement informatique. Cette spécialisation indienne s’explique par :

  • Le haut niveau des Indian Institutes of Technology

  • Faibles coûts salariaux : Un ingénieur indien gagne 7 fois moins qu’un
    programmateur informatique de la Silicon Valley

  • Un vivier de main d’oeuvre quasi-inépuisable

Un exemple marquant est Tata Consultancy Services, filiale de Tata et qui ne travaille que pour l’exportation.

On constate une modification de la place relative des secteurs dans l’économie chinoise : les services sont passés entre 1980 et 2010 de 20% à 35% du PIB et de 10% à 35% de l’emploi.

B

L'extraversion de l'économie, choix et obligation.

1

La promotion des exportations et la réussite des NPIA

La Corée, Taiwan et Hong Kong ont dû adapter le modèle japonais, car ils ne disposaient pas d’un marché intérieur puissant contrairement au Japon. Ils se sont donc lancés dans la promotion des exportations.

Le dynamisme des Dragons est fondé sur leur politique d’industrialisation et le choix de développer prioritairement les industries légères et le secteur des biens de consommation. Produits qui sont d’abord écoulés sur les marchés mondiaux, puis de plus en plus sur des marchés intérieurs en croissance.

Plutôt que de délocaliser les industries moins porteuses comme le Japon, les Dragons s’appliquent à les moderniser.

Samsung est ainsi le premier mondial pour les semi-conducteurs et troisième pour la téléphonie mobile. Taiwan se distingue pour les biotechnologies. Un tel succès n’aurait pas été possible sans le formidable développement et l’abaissement des coûts des transports maritimes.

2

L’inégale réussite des «pays émergents»

Les Tigres des années 1970 (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines) et surtout les pays moins avancés d’Asie du Sud-Est décollent difficilement ou n’ont pas réussi à s’accrocher au convoi.

Les causes sont multiples : sous-équipement en infrastructures ou instabilité politique qui décourage les investissements.

La Thaïlande en est un bon exemple. Considérée par certains comme le «5ème Dragon» a fondé sa croissance sur l’exportation des matières premières agricoles (riz, sucre de canne, manioc...). Cette réussite s’appuie sur la forte communauté sino-thaïe, mais stagne depuis la crise de 1997.

Plus généralement, les performances sont inégales en Asie péninsulaire et insulaire : la Malaisie s’en sort ainsi un peu mieux avec un PIB 5 fois supérieur à celui de l’Indonésie.

Exemple

Dans quelle mesure peut-on encore parler de NPIA ?

L'expression est forgée dans les années 1960 pour des pays du tiers-monde ayant développé un secteur industriel compétitif. Désormais les NPIA ont les caractéristiques démographiques des pays développés. L'espérance de vie est élevée (75 ans pour les hommes), la transition démographique est achevée (à Singapour : natalité de 10/1000 et mortalité de 4/1000) et ils sont dans les 30 premiers mondiaux en termes d’IDH.

On y a constate également un meilleur fonctionnement des institutions politiques : élections libres en Corée et à Taiwan, pluralité des candidatures. La tertiarisation y est également accrue ce qui rend cet acronyme obsolète.

3

Les «pays moins avancés»

Le Vietnam semble s’être arraché à l’extrême pauvreté avec la politique de renouveau lancée au milieu des années 1980. Aujourd'hui, le pays a obtenu son intégration à l’OMC et est devenu 3ème exportateur mondial de riz et de café.

Les autres États (Birmanie, Laos, Cambodge) sont parfois considérés comme des failed states : ressources limitées, institutions embryonnaires, absence de démocratie, corruption...

C

La crise asiatique de 1997-1998

1

La crise et sa diffusion

Alors que la Corée du Sud et Taiwan avaient un PIB par habitant équivalent à celui du Cameroun en 1950, il est aujourd’hui équivalent respectivement à celui du Portugal et à celui de République Tchèque.

Mais, la crise de 1997-1998 a porté un coup d’arrêt à une croissance que l’on croyait pérenne. L'impact a été inégal selon les pays (récession de 15 % en Indonésie et de 3 % au Japon) et les classes sociales dans chacun de ces pays.

Le chômage se généralise et en 1997,1 actif sur 5 au chômage en Indonésie. L’inflation entraîne une augmentation du prix des produits alimentaires, et la
déscolarisation augmente. Les restrictions budgétaires entraîne le report de projets d’équipement collectif : La Corée réduit son programme de TGV, l’Indonésie abandonne le projet d’automobile nationale...

Exemple

La crise de 1997-1998 : «l’effet domino»

La crise débute le 2 juillet 1997 avec une dégradation de 15 % de la valeur du baht thaïlandais. En automne, laa crise devient boursière et en une seule journée la Bourse de Hong-Kong perd 10 %.

2

Les effets économiques de la crise de 1997-1998

Les monnaies ont été fragilisées : la roupie indonésienne a perdu les 2/3 de sa valeur par rapport au dollar, le baht et le won sont dévalués de 50 %. Le poids des créances douteuses est alors élevé. En Thaïlande, 60 institutions financières sur 90 sont suspendues.

On assiste ensuite au recul des échanges commerciaux en raison de l’affaiblissement ou de la dévaluation des monnaies. Les échanges de la Malaisie reculent de 40 % en 1998.

Cela remet en cause le modèle des chaebols dont la diversification à outrance s’accompagne d’une énorme endettement. Cathay Pacific (HK) doit supprimer 1 emploi sur 15.

3

Les limites du modèle «nippo-asiatique»

La crise révèle les défauts des économies asiatiques évoqués par P. Krugman depuis 1994 :

  • Des avantages comparatifs fragiles : comme la Corée du Sud qui a bénéficié des «3 bienfaits» (dollar fort, yen faible, pétrole bon marché et crédit à faible taux), qui disparaissent avec le won fort, la hausse des salaires et le protectionnisme de ses partenaires

  • Une «économie du coulage» (G. Etienne) : corruption, spéculation...

  • Limites sociales de la «voie asiatique d’industrialisation» : dans Les soutes du miracle asiatique (R. Werly) le Bureau international du travail estime que 30 millions de personnes travaillent dans des conditions déplorables.

En matière d’équipement, les améliorations des infrastructures ont également été insuffisantes (transports, production énergétique, hydraulique). Les incendies de forêt en Indonésie en 1997 soulignent d'ailleurs l’effet de cette croissance sur l’environnement (pollution chimique...).

4

Les limites de la gouvernance locale et mondiale

La crise est l’occasion de remettre en cause un système politique figé. En Corée du Sud, l’opposant Kim Dae-jung est ainsi élu. Généralement, les politiques en place refusent d’y voir des causes structurelles mais rendent responsables de la crise des pratiques spéculatives. Mahathir accuse par exemple le financier G. Soros.

L’ampleur de la crise révèle l’ampleur de la dette des NPIA. La plupart des chaebols ont une dette 3 à 4 fois supérieure à leur chiffre d’affaire annuel. Elle souligne aussi cruellement la dépendance de l’Asie orientale à l’égard des capitaux étrangers. Seul le Japon poursuit sa politique d’investissement en Asie.

Cette crise pose la question de la gouvernance régionale et mondiale : le FMI, malgré une aide importante, n’a pas empêché l’écroulement des monnaies et la dégradation de la situation. Cet épisode de crise légitime la discussion sur l’exemplarité du «modèle nippo-asiatique de croissance», voire son existence même.

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