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Chapitre 3 :
La puissance marchande européenne

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La puissance marchande européenne

La recherche du progrès économique à travers une voie libérale fait l’objet d’un consensus au sein de l’Europe (cf. Traité de Rome, Acte unique européen, traité de Lisbonne). L’Union européenne permet aux Etats membres d’accéder à un important marché intérieur avant de conquérir le monde. Malgré les prédictions du déclin de l’Europe, sa puissance économique révèle des atouts indéniables. Peuvent-ils permettre affronter la concurrence des BRIC ?

I

L’union européenne, pôle majeur de la mondialisation économique

A

La puissance commerciale

L’Union européenne est la première puissance commerciale du monde : en 2006, les 25 pèsent 18,9% des importations mondiales et 17,4% des exportations mondiales (sans prendre en compte le commerce communautaire).

La puissance commerciale communautaire recule depuis le début des années 2000. En 2003, elle réalisait encore 19,5% des importations et 19,2% des exportations, en 2006, un déficit commercial de 190 milliards d’euros.

Cependant, l’Europe parvient à préserver ses parts de marché à l’exportation face à l’expansion de la Chine, contrairement aux États-Unis (pour les services l’Union européenne 15 oscille entre 20 et 25%).

En prenant en compte le commerce intracommunautaire, la puissance commerciale apparaît nettement : en 2006, 39% des importations mondiales et 39,2% des exportations sont réalisées par un Etat membre de l’UE.

Cela traduit la prééminence du facteur communautaire. Plusieurs facteurs explicatifs :

  • élimination des barrières douanières en 1968
  • marché unique en 1986
  • euro
Exemple

Allemagne : 62,5% de ses exportations sont intracommunautaires

Mais, cela est à nuancer :

  • un recul indéniable (l’Union européenne réalisait 49,5% des échanges mondiaux en 2003)
  • les échanges intracommunautaires ont baissé mêmes s’ils représentent encore 2/3 des échanges totaux.
  • les grandes puissances commerciales (sauf la France) ont vu leur part du commerce intracommunautaire baisser.

Les firmes multinationales européennes ont pleinement profité du marché commun, puis unique, pour se mondialiser (cf. The Customs Union Issue en 1950 de Jacob Viner). Selon Fortune, en termes de chiffre d'affaire, 43 des 100 premières firmes mondiales sont européennes en 2006.

Le degré de mondialisation de ces firmes est comparable aux firmes américaines. De plus, Les plus grandes firmes européennes ne réalisent plus que 40% de leur chiffre d'affaire dans leur pays d’origine contre 2/3 pour les firmes américaines.

Nokia (Finlande), Philips (Pays-Bas), LVMH (France) seraient les seules entreprises véritablement mondialisées. Pour, les firmes européennes l’horizon continental correspond à l’horizon national pour les firmes américaines.

La puissance commerciale européenne se manifeste par le dynamisme de sa principale façade portuaire, la Northern range, un alignement de ports du Havre à Hambourg, où 850 millions de tonnes transitent chaque année. C’est la première façade portuaire du monde. Rotterdam est le troisième port mondial.

Cette façade bénéficie d’un hinterland de plus en plus vaste :

  • Ruhr relié au Rhin avec le Mittellandkanal en 1938.
  • Canal reliant le Neckar, affluent du Rhin, au Danube en 1992.

Enfin, la puissance commerciale de l’Europe se manifeste avec l’organisation de foires internationales : Vinexpo, Bourget, Mondial ou salon de l’automobile.

B

Une voie qui compte dans le commerce mondial

Le commerce est un formidable instrument au service de l’influence européenne. Des Européens sont à la tête du FMI (Strauss-Kahn puis Lagarde) et de l’OMC (Pascal Lamy). L’Union européenne constitue des partenariats commerciaux et politiques :

  • Accords de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange (AELE), Israël, le Mexique ou le Mercosur.
  • Elle est sur le point de le faire avec les pays de la rive sud de la Méditerranée dans le cadre d’un partenariat euro-méditerranéen ou avec l’Afrique du Sud.
  • L’ASEM (Asia-European Meeting) comporte un volet commercial.

L’Europe pèse sur les décisions de l’OMC. L’Union européenne saisit fréquemment l’Organisme de règlement des différends (ORD) contre des pratiques de dumping ou de protectionnisme. Elle a su imposer aux États-Unis le maintien de tarifs douaniers élevés sur les produits agricoles et l’exception culturelle.

Exemple

Abrogation en 2004 de la législation sur les Foreign Sales Corporations qui permettait aux firmes multinationales américaines d’échapper aux taxes à l’exportation.

L’Union européenne fait des négociations commerciales un outil au service de l’exercice de sa puissance normative.

L’euro peine à s’affirmer comme une monnaie de référence mais a un poids non négligeable. Moins de 20% des transactions mondiales sont libellées en euros (60% en dollars). La politique de l’euro fort menée par la BCE rend cependant cette monnaie attractive.

L’euro devient cependant une alternative de plus en plus crédible et même une arme géopolitique. La Russie menace en 2006 de libeller son pétrole en euros et les pays de l’OPEP agitent la même menace. Cela aurait des conséquences désastreuses sur l’économie américaine. Les banques centrales devraient se doter d’euros et les États-Unis ne pourraient plus « vivre au-dessus de leurs moyens » (Walker, contrôleur général des Etats-Unis en mars 2006).

C

L’Union Européenne principal pôle émetteur et récepteur d’IDE dans le monde

En prenant en compte les flux intracommunautaires, l’Union européenne est de loin le premier récepteur et émetteur d’IDE dans le monde : de l’ordre de 50% des flux mondiaux pour la période 2000-2006.

Les flux se polarisent (50%) sur 5 États membres : Royaume-Uni, Allemagne, France, Pays-Bas, Espagne. Le Royaume-Uni possède le plus d’IDE extracommunautaire : 1/4 des investissements américains dans l’Union européenne 25 se font vers le ce pays. En 2006, les États-Unis sont redevenus le premier pays d’accueil des IDE devant le Royaume-Uni et la France.

Les firmes européennes sont particulièrement actives sur le terrain des fusions-acquisitions :

  • Rachat d’Arcelor par Mittal Steel (Pays-Bas) en 2006 pour 23 milliards d’euros.
  • Fusions réalisées par Telefonica et Ferrovial en Amérique latine (Espagne premier investisseur net en Union européenne dans le monde en 2006)
  • En 2007, plus grande fusion-acquisition avec rachat de la banque ABN Amro (Hollande), par le consortium constitué de Royal Bank of Scotland, de Fortis et de Santander pour plus de 70 milliards d’euros.

Ainsi se dessine un bouleversement majeur des lignes de force capitalistiques en Europe. La géographie des IDE extracommunautaires révèle l’ancrage des firmes européennes dans la Triade.

1/3 des flux entrants et sortants extracommunautaires viennent ou arrivent des EU. Cela n’est pas encore remis en cause par les BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine). Ils cumulent 11% du stock d’IDE détenu par les firmes européennes hors du territoire.

Les firmes européennes sont très présentes hors de l’Europe :

  • Sur les 25 premières firmes transnationales du monde, 14 sont européennes en 2005.
  • Les 5 firmes les plus transnationales sont européennes : Royal Dutch, Vodafone, BP, Sanofi-Aventis et TotalFinaElf.

L’attractivité européenne pour les firmes extracommunautaires s’explique à la fois par l’opportunité, la nécessité et l’accessibilité :

  • Marché de 500 millions de consommateurs à hauts revenus.
  • Installation au sein de l’Union Européenne permet d’avoir accès à la zone de libre-échange.
  • excellent réseau de communication : infrastructures, haut débit avec un taux de pénétration plus fort dans certains pays (Danemark, France, Pays-Bas, Suède…) qu’aux Etats-Unis.
II

La puissance économique européenne, une recomposition sectorielle

A

La première industrie du monde

Alors qu’il existe un certain nombre de débats sur la désindustrialisation de l’Europe, les statistiques ne traduisent pas l’idée d’une désindustrialisation massive.

L’Union européenne est la première puissance industrielle du monde. En 2006, les 27 réalisent 17% des exportations de biens manufacturés (États-Unis : 11,5% ; Chine : 10,7%). Entre 1995 et 2005, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière de l’Union européenne a augmenté de 20%.

L’importance de l’industrie manufacturière en Europe est indéniable. En 2006, elle représente 18% du PIB communautaire et occupe 18% de sa population active.

L’Allemagne est le moteur de l’industrie européenne :

  • 1er exportateur mondial de produits manufacturés (en 2007).
  • Les dépenses en recherche-développement industrielle représentent 35% du total européen.

D’un point de vue sectoriel, la puissance industrielle européenne repose sur un nombre réduit d’activités. Les très grandes firmes, leader de leur marché, pèsent de plus en plus lourd dans le paysage industriel européen, même si un million de nouvelles entreprises sont créées chaque année.

La spécialisation dans des industries dites traditionnelles ne conduit cependant pas à des pertes de parts de marché. La sidérurgie européenne se maintient à 17% de la production mondiale, ce qui est exceptionnel compte tenu de la production d’acier chinois (triplement depuis 2001). L’industrie automobile européenne, profitant du premier marché mondial, est la première productrice avec 40% de la production mondiale.

L’aérospatial et l’aéronautique constituent un autre point fort de l’industrie européenne. La coopération entre États européens fonctionne : l’Agence spatiale européenne (ESA) regroupe 14 pays et les sites industriels d’Airbus sont répartis en France, Espagne, Allemagne, Royaume-Uni.

L’Europe domine le secteur du lancement de satellites (module Jules Verne en 2008). La division européenne du travail dans l’aéronautique permet également de rivaliser avec Boeing (voire de le dépasser, salon du Bourget 2011 : 730 commandes pour Airbus, 142 pour Boeing).

Cependant l’industrie européenne cède lentement des parts de marché à ses concurrents.

  • Montée en puissance de nouveaux concurrents : Chine (triplement des exportations entre 1999 et 2005)
  • Gain de productivité plus faible en Europe : chute de l’industrie textile de plus de 50% depuis 10 ans

Souvent pointées du doigt, les délocalisations ne représentent que 7 à 8% des destructions d’emplois industriels dans l’Union européenne. Il faut ainsi voir la faiblesse de la recherche-développement, des NTIC et de la dépendance énergétique comme les facteurs du (relatif) déclin industriel européen.

B

L’Union européenne, un frein à la puissance industrielle européenne ?

Tout d’abord, la « simple » constitution d’un marché unique a contribué à stimuler les échanges industriels (bien plus que ceux des services) et à permettre l’émergence de grands groupes industriels (nationaux ou européens).

L’Union européenne cherche à créer les conditions d’un rapprochement des firmes européennes :

  • Programmes Eurêka de 1985 puis 1995 aboutissent à un échec et révèlent la concurrence entre constructeurs et les limites des politiques d’associations industrielles
  • 1989, création Groupements européens d’intérêt économiques (les entreprises associées conservent leur indépendance juridique)
  • Mise en place d’un statut de « société européenne » (adopté par le traité de Nice en 2000)

Cependant l’Union européenne empêche quelquefois (mais rarement) l’éclosion de grands groupes européens (interdiction de la fusion Volvo-Scania en 2000) en raison d’abus de position dominante.

Le contrôle strict de la concurrence repose sur la certitude qu’il sert l’intérêt du consommateur. « Le problème n’est pas tant l’existence d’une politique de la concurrence que l’absence de politique industrielle volontaire » (Elie Cohen).

C

Les défis de la première agriculture du monde

L’agriculture est un point fort de l’Union européenne, un moteur de la construction européenne et domaine d’excellence commerciale. L’agriculture européenne nourrit les européens, ce qui est une condition nécessaire, quoiqu’insuffisante, à l’indépendance.

Cependant le système agricole et la PAC sont désignés comme les responsables des dérives budgétaires, de la marginalisation des exploitations les moins productives et des problèmes environnementaux.

L’agriculture européenne truste la tête des palmarès :

  • Premier producteur de mondial de blé, de bovins, de porcins, de lait ou encore de vin.
  • La valeur de sa production dépasse les 300 milliards €, dont 20% pour l’agriculture française.
  • Les exploitations hollandaises, belges, luxembourgeoises et danoises dégagent les plus fortes valeurs ajoutées (pour l’agriculture on parle de marge brute standard (MBS)). En Holland : MBS/ha = 5148€

L’agriculture européenne est la plus moderne du monde :

  • l’Union européenne des 15 disposait de 25% du parc mondial de tracteurs
  • Les rendements céréaliers les plus élevés : en moyenne 50qx/ha
  • Cette modernisation de l’agriculture s’est accompagnée d’une spécialisation (comme le montre la carte de la céréaliculture et les grandes régions agricoles : bassin Parisien, la Basse-Saxe) et d’une rationalisation (la taille des exploitations ne cesse de croitre).

Il faut davantage insister sur la puissance exportatrice de l’agriculture européenne, plus que sur le constat productif et structurel. En 2005 l’Union européenne dépasse les États-Unis pour devenir le premier exportateur agricole mondial, avec 84 milliards de dollars. La balance commerciale est cependant déficitaire, due à l’importation massive de produits tropicaux.

Les partenaires commerciaux de l’Union européenne sont nombreux mais aucun ne se dégage clairement (Brésil : premier partenaire de L’UE ne représente que 3% des échanges). À l’inverse, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie réalisent les 2/3 des exportations communautaires.

L’importance des échanges intracommunautaires ne cesse de s’affirmer : les échanges entre États membres représentent 77% des exportations agricoles totales de l’Union européenne des 25, ce qui contribue à façonner l’image d’une Europe-forteresse vue de l’extérieur.

En cumulant les échanges intra et extracommunautaires, l’Union européenne est à l’origine de 47% des exportations agricoles mondiales et à la réception de 49% des importations mondiales.

D

Le dynamisme de l’industrie agroalimentaire (IAA)

L'industrie agroalimentaire réalise en 2005 12,2% de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière de l’Union européenne des 25 et emploie 13,6% de la population active industrielle européenne.

L’Europe compte de grands groupes occupant des places dominantes sur les marchés mondiaux : Danone pour les produits laitiers frais, le Hollandais Heineken pour la bière, mais aussi des grands groupes généralistes comme Unilever Bestfood, numéro un de l’Union européenne et numéro deux européen derrière le suisse Nestlé.

Le marché de l’agroalimentaire est en mutation rapide. L'industrie agroalimentaire a longtemps souffert d’une mauvaise image : accusée (à tort ou à raison) de pressurer les agriculteurs, de promouvoir une agriculture déraisonnable et d’être l’un des responsables de l’obésité.

La plateforme « food for work » de la commission européenne, indique désormais que le marché n’est plus guidé par l’offre mais par l’exigence du consommateur : « fork to farm » (« de la fourchette à la ferme », et non plus le contraire).

Les PME occupent une place encore importante puisqu’elles réalisent 40% de la valeur ajoutée totale de l’industrie agroalimentaire et emploient 60% de ses actifs. Les industrie agroalimentaire pèsent peu dans les exportations de biens manufacturés européens, seulement 5%. L’internationalisation d’un groupe (comme Danone) constitue un horizon pour l’agro-alimentaire européen qui se heurte aujourd’hui à de grands groupes internationaux émergents (chinois, brésiliens…).

Avec un chiffre d’affaires de 140 milliards dollars, le secteur agro-alimentaire français est le premier d’Union européenne, et n’est devancé dans le monde que par les États-Unis. Souffrant cependant d’un manque de compétitivité, une nouvelle politique industrielle s’est établie à partir de 2005 : « Le partenariat national pour le développement de l’industrie agroalimentaire », doté d’une enveloppe de 150 millions €.

E

Un volontarisme agricole

L’union européenne réforme sa politique agricole

La Politique Agricole Commune mise en place en 1962 est souhaitée par la France au traité de Rome. A cette époque, l’Europe des 6 est encore dépendante des importations alimentaires, quelques années plus tard elle est exportatrice.

Les prix sont garantis quel que soit la production, les pays qui importent de l’extérieur de l’Union Européenne devaient payer la différence entre ce prix mondial et celui fixé par l’Union Européenne.

Dès 1968, le commissaire à l’agriculture hollandais Sicco Mansholt appelle à la réforme pour éviter la surproduction. Elle sera abandonnée pour des enjeux nationaux et remise à l’ordre du jour dans les années 1980 pour se concrétiser avec la réforme de Mac Sharry de 1992.

La baisse des prix engendrée est insuffisante, elle pousse les agriculteurs à produire toujours plus pour maintenir leurs revenus. Elles ne baissent pas les dépenses agricoles, elles augmentent encore de 43% entre 1990 et 1999. Cependant la part de la PAC dans le Budget est passée de 65% à 44%.

Des réformes pour la distribution des aides

La réforme Fischler proposée en 2003 et votée en 2005 fait que les aides ne sont plus proportionnelles aux quantités produites mais selon une référence historique.

Les agriculteurs peuvent donc changer de production en gardant le même niveau d’aides. Bruxelles tend à promouvoir de plus en plus l’agriculture biologique. Le paiement unique est conditionné au respect de règles environnementales (eco-conditionnalité)

La PAC veut désormais une agriculture raisonnée. L’Union européenne considère que le productivisme n’as plus besoin d’être aidé. Actuellement 4% de la surface agricole utile européenne est consacrée à l’agriculture biologique (SAU), La Grèce affiche actuellement 7% des SAU, l’Autriche plus de 11%.

F

Les services, pôles d’excellence de l’Union européenne

L’Union européenne représente aujourd’hui le profil d’une économie post-industrielle.

Les services représentent aujourd’hui 70% du PIB de L’Union européenne, c’est source d’emploi pour 2/3 de sa population active et représente 60% de la valeur ajoutée globale en excluant les services financiers. Les 3/4 proviennent de service marchands aux entreprises ou particuliers, le reste provenant de services non marchands.

L’Union européenne réalise 27,3% des exportations de service dans le monde. Cependant, cela ne représente pas grand-chose car les échanges de services représentent moins d’un quart des échanges mondiaux.

Même si la balance commerciale est déficitaire, les services en eux-mêmes peuvent être mis à part car en 2006, ils ont dégagé un excédent commercial de 83 milliards de dollars.

La France est le 3eme exportateur mondial de services en 1970 et est devenue le 1er au cours des années 1980, ensuite le 2eme vers les années 1990 avec 10% de la part mondiale (contre 15,5% pour les États-Unis, 7% pour l’Allemagne et la Grande Bretagne). Actuellement, c’est le Royaume-Uni, 8,5% 2eme derrière les États-Unis devant l’Allemagne, elle-même devant la France.

G

Les transports, outils du dynamisme économique européen

Les transports emploient 11% de la population active et réalisent près de 14% de la valeur ajoutée européenne. La croissance des transports est liée aux échanges de personnes et de marchandises dans l’Union européenne. Depuis le début des années 1990, il y a eu une augmentation des flux de marchandises de 150% et de 40% pour les personnes.

Les infrastructures de transport en Europe sont excellentes en particulier dans la dorsale européenne. Les LGV depuis l’ouverture du TGV SNCF Paris-Lyon 1981, relient l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne…

Les marchandises sont cependant essentiellement acheminées par route, et l'on constate un déclin du ferroviaire et du fluviale, limitées aujourd’hui au système rhénan.

Les ports restent toutefois des nœuds stratégiques. La Northern range est la première façade portuaire du monde et Moller Maersk est le premier transporteur (plus de 400 porte-conteneurs pour 20% du trafic mondial). Moller Maersk, le transporteur Danois qui vient de conforter sa position en rachetant l’Hollandais Royal P&O Nedlloyd, occupent également le 3ème rang en 2005.

Pour les Aéroports, Londres Heathrow (61 438 passages internationaux en milliers en 2006) occupe le 3eme rang, Paris CDG (51 888) le 7ème, et Francfort (45 697)le 8ème. Ils sont derrière les États-Unis en termes de passagers mais premiers en termes de passagers internationaux (beaucoup de vols internes aux États-Unis).

H

La puissance financière de l’Union européenne s’affirme

Désormais, L’Union européenne dépasse les États-Unis dans plusieurs domaines. La Deustche Bank, réalise le plus de transactions sur les marchés de changes avec plus de 17% du total mondial. Les valeur des introductions en bourse sont également supérieures et l’euro détient une place de plus en plus importante

En Bourse, Euronext, qui est née de la fusion en 2000 des places boursières de Paris, Amsterdam, Bruxelles, puis Lisbonne en 2002. Elle a fusionné d’égal en égal avec le New York Stock Exchange (12 000 milliards d'euros) formant un total de 15 000 milliards €.

Il y a aussi le London Stock exchange (2 700 milliards d'euros) avec une capitalisation légèrement supérieure à celle d’Euronext (2 650 milliards d'euros)
La City à Londres domine la place New Yorkaise pour l’émission d’obligations et des actions internationales.

Les banques européennes apparaissent en force dans le palmarès mondial (HSBC en 3eme, Royal Bank of Scotland en 5eme, BNP-Paribas en 6eme, Deutsche Bank en 8, Fortis en 9eme). Les 5 premières compagnies d’assurance en termes de chiffres d’affaires sont européenne : ING (Pays-Bas), AXA (France), Generali (Italie), Allianz (Allemagne) et Aviva (Royaume-Uni).

I

Le tourisme constitué également un point fort de l’économie européenne

L’Europe est la première région touristique du Monde. Plus de la moitié des touristes internationaux vont en Europe, Soit 480 millions d’arrivées en 2007.

Ils sont surtout concentrés dans 3 pays : France, Espagne et Italie qui représentent environ la moitié des nuitées touristiques en Europe, 20% en Europe du Sud et 17% en Europe Occidentale. L’Union européenne capte la moitié des recettes touristiques mondiales.

L’Union européenne, étant le premier pôle émetteur et receveur, compte les principales firmes touristiques. 9 des 10 premières sont européennes et l’Allemand TUI est le leader. Les Allemands réalisent 1/4 des dépenses touristiques de l’Union européenne. D'où le rachat de Nouvelles frontières en 2002. En France, le Groupe Accor, est le 4eme groupe mondial et le premier pour l’hôtellerie.

J

Le secteur de la grande distribution à la croisée des chemins

Les groupes restent encore largement nationaux. Sur les dix premiers distributeurs mondiaux, 6 sont américains : Wal-Mart domine de très loin devant le deuxième Carrefour.

Le cloisonnement des marchés nationaux européen est tel que Wal-Mart a provisoirement cessé en Europe occidentale. En 2006, son départ d’Allemagne est annoncé.

Les leaders européens (Carrefour et métro) ont les mêmes difficultés pour se développer en Europe. Cela pousse ces entreprises à s’installer dans les pays émergents (Carrefour, premier distributeur étranger en Chine et l'ouverture du premier hypermarché date de 1997. La Chine lui permet de développer des plates-formes logistiques visant à effectuer plus d’achats planétaires).

D’un point de vue commercial, financier, productif ou des services, l’Europe est indéniablement une grande Puissance. La commission est persuadée que le développement de la puissance vient avec l’intégration (1993 marché unique).

Les objectifs des stratégies de Lisbonne énoncés en 2000 (économie durable) sont encore loin d’être atteints (emplois des seniors, efforts de recherche et développement...).

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