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Chapitre 16 :
L'Union Européenne, l'Asie et l'Amérique Latine

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L'Union Européenne, l'Asie et l'Amérique Latine
Introduction

Amérique latine et Asie apparaissent à première vue comme bien différents l’un de l’autre avec la distinction entre un « Nouveau Monde » colonisé violemment et un monde ancien ayant toujours résisté à l’imprégnation culturelle de l’Europe.

Ces régions ont en commun d’être sous l’influence des États-Unis alors que l’Europe tente d’y jouer un rôle de puissance modératrice vertueuse en prenant en compte la dimension sociale et environnementale du développement économique et en prônant démocraties, droits de l’homme, lutte contre la corruption, le trafic de drogue et le terrorisme servant à leur manière les intérêts économiques de l’Union européenne.

Ces bonnes intentions serviraient-elles avec profit un soft imperialism en Amérique latine et en Asie et celui-ci est-il perçu comme un contre-pouvoir à manier face aux États-Unis ou une alternative structurante à la puissance ?

I

L’Union européenne et le lointain, une puissance douce en action

A

Un redéploiement géographique et qualitatif de la coopération communautaire

Les différentes formes de coopération de l’Union européenne avec l’Asie et l’Amérique latine dont actuellement l’objet d’une transformation profonde. La préférence communautaire pratiquée depuis un quart de siècle depuis les accords de Lomé est en voie de disparition.

Elle est remplacée par des relations moins paternalistes et fondées sur des accords de libre-échange illustrées par l’accord de Cotonou en juin 2000.

L’Europe récuse l’alternative libérale entre commerce et aide et entend associer les deux. En 1992 mise en place du programme ALA, qui est une coopération économique avec les pays émergents et aide aux pays les plus pauvres des deux continents.

L’Union européenne fournit 55 % de l’aide publique accordée par les membres l’OCDE aux États en développement et en transition, la moitié de ces aides sont humanitaires et alimentaires mais de plus en plus d’aides servent à l’implantation de multinationales européennes.

En Asie, des aides promeuvent l’enseignement supérieur tandis qu’en Amérique latine, des programmes antidrogue sont mis en place.

L’Union européenne est donc de plus en plus présente dans ces régions par le biais de l’aide communautaire notamment.

B

L’instauration de partenariats stratégiques alliée à la concertation politique

La concertation politique systématique avec les pays d’Amérique latine et d’Asie permet de faire valoir la puissance douce européenne.

En Amérique latine, le « dialogue de San José » (Costa Rica) en 1984 a cherché à trouver une solution aux conflits déchirant l’Amérique centrale avec la notion de démocratie et de droits de l’homme. L'institutionnalisation des rapports politiques commence en 1987 avec la première conférence entre l’Union et le Groupe de Rio (20 pays d’Amérique du Sud) et le dialogue annuel avec Etats des Caraïbes.

Le sommet de Rio de 1999 marque un tournant dans les relations entre Europe et Amérique Latine. il conduit à l'instauration d'un dialogue permanent et institutionnel entre les 33 pays latino-américains et les 15 européens.

L'adoption d’une déclaration visant à un ambitieux partenariat stratégique pour le XXIe siècle met ensuite en place 55 priorités dans le domaine éducatif, culturel et humain (lutte contre les narcotrafics, le terrorisme et la criminalité organisée, désarmement et non-prolifération nucléaire, promotion du libre-échange).

En Asie, la politique de l’Union européenne traduit aussi le besoin de renforcer la présence européenne afin que ses intérêts soient pris en compte. En 1994, l’Union européenne produit Towards a New Asia Strategy, un document proposant de renforcer sa présence en Asie. Celui-ci est renforcé en 2001 par la création d’un partenariat stratégique avec l’ASEAN.

C

L’UE développe un « corégionalisme » fondé sur le libre-échange

Le régionalisme étant en pleine expansion, l’Union européenne défend un corégionalisme libre-échangiste proche de celui de l’OMC. Cela conforte son rôle dans la régulation de la mondialisation de l’économie. Elle tisse ainsi un réseau d’accords et de partenariats en s’appuyant sur les associations régionales.

L’Union européenne a des relations privilégiées avec les organisations régionales les plus structurées : le Mercosur en Amérique latine (fondé en 1991) et l’ASEAN.

En Asie, l’Europe doit faire face à un enchevêtrement d’associations régionales mais la seule assez structurée pour établir des relations stables est l’ASEAN. Les ministres des Affaires étrangères et de l’Economie des deux entités se rencontrent deux fois par an. Ils discutent des questions de transports, sécurité sanitaire et des problèmes énergétiques.

L’Union européenne accompagne cette régionalisation autonome, tandis que les États-Unis tendent à la contrecarrer.

II

La puissance normative au service des intérêts européens

A

Une concurrence directe avec les Etats-Unis pour la promotion d’un régionalisme libéral

Les États-Unis, convertis au régionalisme dans les années 1990, proposent à l’Asie et à l’Amérique latine un modèle d’intégration, essentiellement économique, fondé sur la promotion du libre-échange.

Création en 1992 de L’ALENA (avec Mexique et Canada) :

  • Diminue considérablement les relations économiques entre L’Union européenne et le Mexique.
  • Joue aussi un rôle politique car rencontres régulières entre les gouvernements (Somment de Waco au Texas donne naissance au Partenariat pour la sécurité et la prospérité).

Création en 1994 par les États-Unis de l’ALCA (ou ZLEA : Zone de libre-échange des Amériques) :

  • A pour but de créer un marché de consommateurs de 900 millions de personnes
  • Donnerait aux États-Unis un accès privilégié aux marchés latino-américains.

Création en 1989 de l’APEC (Asian Pacific Economic Cooperation)

  • Propose à l’Asie très renfermée un libre-échange ouvert sur l’extérieur.
  • Composée de 21 membres des deux façades du Pacifique (États-Unis, Canada, Mexique, et beaucoup de pays asiatiques).

En réponse, l’Europe cherche à se rapprocher des pays asiatiques :

  • L’ASEM (Asia Europe Meeting) est conçu en 1996 comme une réplique à l’APEC
  • Rassemble régulièrement l’Union européenne, 10 membres de l’ASEAN, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, l’Inde, le Pakistan, la Mongolie.
  • Dialogues à l’ASEM fondés sur trois piliers (économie, culture et politique), et sur les trois ’’E’’ : Egalité entre les peuples asiatiques et européens, Echanges (piliers), Equilibre entre les puissances dans un monde multipolaire.
  • Mais contrairement à l’APEC (forum économique), on aborde aussi des questions politiques, sociales, écologiques et technologiques à l’ASEM

En Amérique latine, l’Union européenne poursuit deux buts principaux : prendre de vitesse les États-Unis pour mettre en place une zone de libre-échange (alternative au projet ZLEA), et elle soutient les valeurs du multilatéralisme.

Pour cela, l’Union européenne adopte une attitude d’observatrice au virage à gauche prise par l’Amérique latine (Lula da Silva, Evo Morales, Hugo Chavez). Ainsi, l’Union européenne soutient l’élargissement du Mercosur (Bolivie, Équateur), et ses ambitions (alternative au projet ZLEA ; déployer une unité politique, sociale et culturelle par des ‘’sommets sociaux d’intégration des peuples’’).

B

Le maintien et l’évolution de relations bilatérales classiques

Les États-Unis et l’Union européenne rivalisent dans la conclusion d’accords bilatéraux.

Avec les Etats d’Amérique latine :

  • Le nombre d’accords entre les États-Unis et les pays sud-Américains est si grand que certaines associations plus fragiles (le Pacte andin / marché centre-américain) risquent de s’effondrer.
  • De son côté, l’Union européenne a conclu avec Mexique un accord d’association économique et de coopération politique en 1997 (en réponse à la baisse des échanges qui a suivi l’ALENA).
  • Instaure une zone de libre-échange entre les deux pays.
  • L’Union européenne devient ainsi le 2e partenaire commercial du Mexique, qui recouvre une relative indépendance vis-à-vis de l’ALENA

De même, l’Union européenne cherche à se rapprocher d’autres pays d’Amérique latine :

  • Malgré ses relations avec les États-Unis, le Chili a signé un accord ambitieux avec l’Union européenne en 2002.
  • L’Union eurpéenne entretient des relations avec le Brésil, dont elle est le premier fournisseur. Le Brésil est contre l’hégémonie économique des États-Unis en Amérique latine. Il veut créer un espace latino-américain autonome où il se taillerait la part du lion.

En Asie, les relations bilatérales s’établissent avec des puissances économiques anciennes (Japon, Corée du Sud), comme avec des pays émergents qui constituent des marchés gigantesques. Les États-Unis ont signés des accords avec l’Inde, la Chine, la Corée du Sud en avril 2007.

Mais, l’Union européenne s’implante de plus en plus en Chine :

  • Longtemps considérée comme le ‘’pré carré’’ des États-Unis.
  • Permet à la Chine de rééquilibrer le poids de la puissance américaine et d’accéder aux marchés européens.

L’Union européenne s’est aussi ouverte à d’autres partenaires asiatiques. Le Japon espère par ce partenariat consolider ses ambitions régionales et mondiales. C’est le porte-parole de l’Asie au G8 (seul représentant). Il possède des valeurs proches de l’Union européenne (‘’Puissance douce’’, très développé…).

L’Union européenne est le deuxième partenaire commercial de l’Inde. Premier sommet bilatéral en 2000. Contrebalance la puissance américaine en Asie.

Avec la Corée du Sud, dont elle est le 4e partenaire commercial. Alternative aux géants Japonais, Chinois, Américains. L’UE œuvre pour la politique sunshine policy de la Corée du Sud envers la Corée du Nord.

C

Des enjeux économiques croissants

Certes, l’Europe est une puissance douce. Mais elle recherche tout de même de puissants intérêts géoéconomique. L’Europe a été un partenaire de l’adaptation de l’Amérique latine à la mondialisation, à la démocratie et au libre-échange. Elle entend donc profiter de cette ouverture.

Des pays naguère fermés aux échanges se sont ouverts :

  • Le Brésil a un excédent de 45 milliards de dollars en 2005.
  • La Bolivie et le Venezuela ont rejoint le Mexique et la Colombie au GATT dans les années 1990

L’enjeu commercial paraît à première vue limité tant la prédominance des États-Unis dans le commerce extérieur d’Amérique latine est ancrée (leur part passe de 35% à 45% entre 1980 et 2000, alors que celle de l’UE chute de 20% à 15%).

En revanche, l’Union européenne est le premier partenaire commercial du Mercosur. La région représente 60% du territoire latino-américain, 45% de la population, 50% du PIB régional. C’est le 4e bloc commercial du monde (après l’Union européenne, l’ALENA, L’ASEAN).

L’Union européenne représente 25% de son commerce total. C’est un investisseur et un donateur important. D’autant plus que l’Amérique latine est convoitée comme réservoir de ressources agricoles (sucre, fruit, soja…), minières (fer, cuivre, étain…) et de pétrole (Mexique, Venezuela).

Sur le plan commercial, c’est en 2004-2005 que les échanges ont explosé, poussés par la relance économique de l’Amérique latine. Le commerce euro-latino-américain est plus asymétrique que le commerce euro-asiatique (Importation majoritairement des biens intermédiaires pour l’Amérique latine et exportations surtout des matières premières et des produits semi-facturés).

L’Union européenne devient aussi le principal investisseur de la région avec 30% des IDE totaux (en particulier en provenance de l’Espagne).

L’Asie représente un enjeu économique encore bien plus considérable pour l’Union européenne. Elle représente le quart du PNB mondial et absorbe 20% des importations européennes. Durant les 5 dernières années, les échanges entre l’Union européenne et la Chine ont augmenté de 70% et atteignent 210 milliards d’euros.

Au début des années 1980, seul le Japon était considéré comme un partenaire égal. La Chine (entrée à l’OMC en 2001), l’Inde, sont devenus depuis des partenaires privilégiés. Le but de l’Union européenne : profiter de ces géants et les surveiller.

C’est ainsi que les échanges entre l'Union européenne et l'Asie sont devenus équivalents aux échanges entre l'Amérique du Nord et l'Asie et dépassent les échanges entre l'Amérique du Nord et l'Union européenne. Les IDE de l'Union européenne vers l'Asie et de l'Asie vers l"Union européenne prennent de l’ampleur.

Ainsi, si le premier partenaire de l’Asie reste les États-Unis, le second est l’Union européenne avec laquelle elle réalise plus de 15% de ses échanges, ce qui relativise la menace représentée par les délocalisations.

III

Les limites de la puissance civile et du soft power européens en Amérique latine et en Asie.

A

Un déficit de hard power ?

L’Union européenne a une conception “civilisée” des relations internationales, qui exclut le hard power. Elle exerce un pouvoir attractif sur le reste du monde (soft power) : “Les Etats-Unis ont la puissance, mais l’Europe a de l’influence” (représentant de L’UE au Proche-Orient, 1997).

Cela fonctionne plus ou moins en Amérique latine : accord global sur les principes fondamentaux et normes édictées par l’Union européenne et unité du continent. En revanche, le cas de l’Asie est plus problématique : les acteurs sont vastes, multiples et divisés.

Certains pays sont éloignés des normes de l’Union européenne, attachés à des stratégies nationales qui rendent difficile la définition d’intérêts communs.

L’Asie est alors un bon exemple des limites de l’influence européenne : Stratégiquement, les États-Unis dominent largement la région.

Des interlocuteurs variés, parfois menaçants :

  • pays démocratiques (Japon, Inde, Corée du Sud)
  • pays autoritaires (Corée du Nord, Myanmar)
  • pays en voie d’ouverture (Chine, Laos, Cambodge, Vietnam)
Exemple

Exemple : la Chine prend ombrage de certaines décisions européennes :

  • alignement de l’Union européenne sur les États-Unis dans le dossier iranien
  • embargo sur les ventes d’armes de l’UE à la Chine
  • position européenne sur le Tibet

Résultat : les objectifs géopolitiques de l’Union européenne, comme sa contribution au dialogue régional sur la sécurité (contrôle des armes, non-prolifération nucléaire), se heurtent à la faiblesse de son influence géopolitique et militaire.

Les deux continents sont des zones à tension.

L’Amérique :

  • Peu de conflits ouverts, mais c’est un zone stratégique surarmée, longtemps minée par le trafic de drogue.
  • Présence américaine importante : militarisation de la frontière du Mexique et maintien des bases américaines.
  • Amérique du Nord : terrain potentiel de conflit global depuis le 11 Septembre

L’Asie :

Fort dynamisme économique et tensions fortes héritées de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide :

  • Conflits potentiels omniprésents (question du Cachemire, Corées, Chine-Taiwan, Sri-Lanka, Afghanistan, Pakistan islamique)
  • Risques de piraterie, trafic de drogue, pollution, terrorisme, prolifération d’armes nucléaires (4 puissances nucléaires : Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord)
  • Elle représente donc un risque de déstabilisation plus fort que l’Amérique latine.

L’influence de L’Europe est donc amoindrie : elle ne fait pas le poids face à la puissance militaire américaine (bases comme Pearl Harbor et différentes flottes).

Le terrain politique sur lequel elle tente de jouer un rôle n’est pas suffisant, et la PESD (politique extérieure de sécurité et de défense commune) qui tend à restaurer un pouvoir militaire peine à se mettre en place.

L’Europe est donc tenue de jouer un rôle dans les questions de la sécurité et de la défense internationale, compte tenu de l’insuffisance du soft power dans le maintien d’une influence mondiale.

B

Une triangulation géopolitique - un contexte mondial remodelé

Un resurgissement de la problématique du “triangle Atlantique” (A. Valladao) se produit avec la renaissance latino-américaine. Les relations se modifient : L’Union européenne concurrence et commerce avec les États-Unis économiquement mais elle reste dépendante stratégiquement.

L’Amérique latine grâce à ses richesses et sa libération progressive, dispose d’une marge de manœuvre de plus en plus large face à l’Europe et les États-Unis. Mais les deux puissances s’intéressent progressivement à cette région qui pourrait devenir un partenaire commercial de taille.

L’émergence de l’Asie opèrent un décentrement du monde : elle contrebalance l’importance de l’Europe qui pourrait se retrouver face à deux géants dans une Triade renouvelée, où l’Amérique latine est intégrée au pôle américain (continentalisation).

Les deux régions émergentes se servent de l’Europe pour leur commerce extérieur et pour éviter une trop grande dépendance envers les États-Unis, mais il ne faudrait pas que l’Union européenne ait un rôle de joker.

C

Des tensions économiques

services, alors que le Mercosur veut un libre-échange agricole. Ils accusent l’Europe de protectionnisme déguisé. Au sommet de Cancun (2003 dans le cadre de l’OMC) et Guadalajara (2004), l’Europe est critiquée à ce propos par les pays émergents d’Amérique du Sud.

En Asie, l’Union européenne est marginale car elle a fort à y perdre. Les relations avec la Chine sont ternes depuis l’affaire des exportations de textiles en 2005 (démantèlement des accords multifibres) et la peur des délocalisations.

D

Les limites de la diplomatie des droits de l’Homme.

La promotion des droits de l’homme est un objectif central de la politique extérieure de sécurité commune (PESC). Des clauses dans de nombreux accords de coopération, des programmes d’aide et de dialogue avec les États (Chine, Mexique) vont dans ce sens.

Les États qui vont à l’encontre des principes démocratiques sont sanctionnés. L’Europe veut son label “droit de l’homme” en Asie et Amérique latine : médiation entre gouvernement indonésien et Mouvement pour l’Aceh libre en 2005 condamnation de la peine de mort en Chine.

Cependant, cette volonté peut entraîner critiques et conflits, notamment dans le cadre des relations entre l'Union européenne et l'ASEAN :

  • En Chine : condamnation de la répression au Tien An Men en 1989 + incidents sur le passage de la flamme olympique en 2008
  • En Birmanie : répression d’opposants en 2007
  • Mais la Chine semble particulièrement ignorer les exigences démocratiques de l’Union européenne
  • A Cuba : l’Europe tente d’encourager la démocratisation (sanctions après l’incarcération de 75 dissidents en 2003), mais celle-ci l’accuse d’ingérence.

Les clauses relatives au droit de l’homme ne sont pas toujours incluses dans les accords conclus par l’Union européenne. Les intérêts économiques priment sur ces dernières, ce qui représente une faiblesse de l’Europe en la matière : les accords avec la Chine ne font aucune mention relative aux droits de l’homme.
Cuba et la Birmanie, en revanche, sont sanctionnés car moins forts économiquement.

L’Union européenne, contrairement aux États-Unis, ne considère pas le commerce comme le seul moyen pour les pays émergents de s’intégrer à l’économie mondiale. Elle peut apparaître comme une “alternative à la puissance” (Sylvain Kahn). Stratégie ou conviction, elle cherche à se démarquer de la conception classique de puissance. En effet, sa “puissance douce” peut être avantageuse en Asie, ou la puissance traditionnelle n’est pas nécessairement la plus adaptée pour gérer les risques qui sont d’un type nouveau.

La concurrence avec les États-Unis pour l’Amérique latine peut être aussi bien source de discorde qu’un facteur en faveur d’un nouvel espace de coopération. Le pole euroasiatique, longtemps secondaire, pourrait s’il continue à se développer, rééquilibrer le commerce dans la Triade.

L’Union européenne incarne peut être une puissance plus juste, puisqu’elle est plus médiatrice que dominatrice.

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