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Chapitre 24 :
L'économie africaine

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L'économie africaine
I

Une industrialisation financée par l’agriculture

Les nouveaux gouvernements issus des indépendances doivent :

  • Bâtir un Etat de droit
  • Organiser la séparation des domaines exécutif, législatif et judiciaire
  • Poursuivre le maillage administratif du territoire
  • Créer des structures territoriales
  • Assoir politiquement des nations neuves face à certaines frontières

Il y a donc une mise en place d’État forts, autoritaires :

  • Parti unique
  • Embrigadement de la société
  • Police et administration très présente

Les métropoles trouvent un intérêt économique (dans le domaine de l’énergie par exemple) et dans le contexte de la guerre froide, elles n’entendent pas leur rendre une liberté entière. Les modèles soviétique et chinois attirent, de nombreux étudiants africains sont d’ailleurs envoyés dans ces pays.

Les différents pays s’impliquent dans des stratégies similaires ou l’État a un rôle essentiel et prend en main les investissements et définit les secteurs prioritaires (industriel). L’industrialisation est basée sur les importations et les secteurs privilégiés comme l’agroalimentaire et le textile. Elle est privilégiée alors que 90% de la population est rurale.

Le fort nationalisme qui règne dans ces pays les poussent à nationaliser de nombreuses entreprises étrangères, ainsi l’État devient le principal acteur de l’économie moderne.

Jusqu’au milieu des années 1970, la stratégie fonctionne et les taux de croissance sont élevés, le prix du pétrole est quadruplé et entraine un boom des matières premières.

Les banques occidentales poussent les pays à s’endetter sans compter, pour permettre une modernisation du pays :

  • Ports
  • Routes
  • Avions
  • Usines
  • Aéroports internationaux
  • Universités
  • Hôpitaux ultramodernes
  • Armes…
II

Une fuite en avant dangereuse

Les stratégies s’avèrent très couteuses et peu efficaces. De nombreux obstacles apparaissent :

  • Les couts de production sont élevés (manque d’infrastructures, de formation de main d’œuvre, taxes…)
  • Le marché intérieur est trop réduit (en pouvoir d’achat mais aussi démographiquement) pour alimenter la croissance industrielle. Les élites et la bourgeoisie boudent les produits locaux, pas assez modernes et de moindre qualité.
  • Les industries métropolitaines gardent la main mise sur le marché, ayant des produits plus attirants. La campagne est appauvrie par les ponctions infligée et est endettée.
  • La surélévation des monnaies permet d’importer à bas prix pour l’industrie et pour les urbains fait perdre des débouchés aux produits africains (perte de compétitivité sur les marchés internationaux). Le paysan reçoit 10 à 15% du prix mondial de ses produits, il est insuffisamment rémunéré, ce qui le décourage de livrer sa production au delà de ce qui est nécessaire pour payer les taxes.
III

La fin des rentes, déclencheur de la crise africaine

Dans les années 1980, l’Afrique perd ses trois rentes principales.

A

La rente des matières premières

Avec l’effondrement des prix et le second choc pétrolier en 1979, les matières premières ne constituent plus une rente suffisante.

L’Afrique n’a ni diversifié ses exportations ni développé un secteur productif efficace. Les matières premières représentent donc 90% de ses exportations et la sécheresse des années 1970 pénalise un peu plus les récoltes.

B

Les financements extérieurs d’origine privée

Les investisseurs se détournent de l’Afrique, « risque-pays » majeur augmenté de 15% par an entre 1975 et 1985, et les caisses de l’État sont vides. Les dirigeants ont eux accumulé des fortunes immenses.

La colère gronde dans les pays (paysans, fonctionnaires, étudiants, militaires…) et pour éviter l’explosion sociale les Etats acceptent des plans d’ajustement structurel imposés par les institutions financières internationales (IFI), le FMI et la BM. Ils doivent :

  • Assainir leur économie
  • Privatiser les entreprises
  • Licencier du personnel…

La priorité est donnée au règlement de la dette externe.

C

Les rentes stratégiques

En 1990, sommet franco-africain de la Baule. Mitterrand conditionne la poursuite de l’aide publique au développement (APD) qui s’oriente vers de nouvelles zones d’intervention (Europe de l’Est). Les Africains vivent cela comme une ingérence politique.

Les chefs d’États avaient obtenu une légitimité externe qui leur permettait le maintien au pouvoir et ainsi de museler la presse, le parti unique… Mais l’Europe de l’Est et le discours de Cancun encouragent les revendications démocratiques.

Certains régimes s’effondrent et sombrent dans le chaos :

  • Sierra Leone
  • Liberia
  • Somalie

D’autres font des élections libres et pluralistes :

  • Mali
  • Bénin

L’Afrique du Sud libre nait en 1994. En 1994, la dévaluation du franc CFA restaure la compétitivité et permet de nouveaux débouchés aux agriculteurs.
Les « meilleurs élèves » (Ouganda, Burkina, Ghana) reçoivent d’importants financements des IFI.

Mais à la fin des années 1990, l’Afrique s’enlise dans la crise. Le sida, qui ruine les forces vives, conduit à l’implosion silencieuse.

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