Menu
  1. Toutes les matières
  2. Histoire-Géo
  3. Prépa HEC

Chapitre 29 :
Acteurs locaux : Israël, les palestiniens et les Etats arabes voisins

< Chapitre précédent : L'Afrique dans la mondialisation
Acteurs locaux : Israël, les palestiniens et les Etats arabes voisins
I

Les représentations israéliennes

Fondées sur les idéaux du sionisme apparu en Europe en 1880, porté par l’antisémitisme (1879). Les sionistes revendiquent une identité politique ainsi qu’un territoire pour créer leur État-nation.

Ceux-ci sont ouverts quant au lieu du territoire :

  • Palestine
  • Argentine
  • Ouganda

Dans les années 1930, les difficultés économiques et politiques du Yishouv et le départ à cause de la montée du nazisme en Palestine font considérer Madagascar ou la Syrie aux juifs. Ils constatent aussi que la Palestine n’est pas « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » et les arabes sont opposés à ces entreprises : premier heurt le 29 mars 1886 à Petah Tiqvah, la plus ancienne implantation juive.

Un argument pour l’implantation en Israël est de dire que personne ne revendique ces terres. Thèse de Chaïm Weizmann (président de l’organisation sioniste dès 1920 et premier président d’Israël en 1948). Cette vision s’avère dépassée en 1930.

Une autre représentation se met en place, partagée par la majorité des Israéliens jusqu’en 1980 et promue par David Ben Gourion. Il s’appuie sur l’identité culturelle collective d’un peuple (langue, culture, religion…). Selon lui, seul deux peuples peuvent construire un État Nation au Proche-Orient : les juifs et les arabes et non les palestiniens qui font partie de la branche arabe.

Il dit également que les arabes ont assez de territoires et peuvent leur laisser la Palestine. Par peuple juif, il entend ceux du monde entier qui attendent un retour en « Eretz Israël ».

On constate trois choses :

  • L’État d’Israël ne concentre que le tiers des juifs de la planète. Et son extension territoriale risque de compromettre la nature juive de la population avec un jeu de rapports de forces entre juifs et Arabes

  • Il existe un « fait palestinien » : OLP (1969) Arafat à l’ONU en 1974… reconnu de plus en plus par l’opinion publique internationale et Israël doit admettre qu’il s’est extrait du sentiment arabe.

  • Des clivages traditionnels existent encore en Israël : ashkénazes et séfarades, religieux et laïcs, débats occidentaux qui partagent le peuple… celui-ci n’est soudée que par la peur d’être détruit.

Les israéliens considèrent que c’est en Jordanie que la Palestine devrait être fondée jusqu’à l’Intifada de 1987. Avec les Accords d’Oslo, la représentation israélienne change considérablement : l’idée fait son chemin que seul un partage de la Palestine permettrait la sécurité de l’État juif.

Cette « paix contre des territoires » semble acquise avec l’élection en 1999 du premier ministre Ehud Barak. Cependant les contradictions entre Barak et les palestiniens, les échecs des négociations sur les territoires de 2000 et la multiplication des attentats contre les juifs ont eu trois conséquences sur les législatives de 2003 :

  • Les israéliens retombent dans les angoisses d’une mémoire douloureuse et approuvent les gouvernements sécuritaires de Barak et de son successeur Ariel Sharon, malgré le fait que la majorité des israéliens soit pour le retrait des Territoires occupés. On y voit l’échec des partisans du processus d’Oslo et la victoire de leurs opposants : les travaillistes perdent 7 sièges et le Meretz 4 tandis que le Likoud et le Gesher passent de 21 à 38 sièges. Ceci témoigne le désarroi des israéliens.

  • Morcellement politique d’Israël entretenu par ce conflit. Le succès du parti Shinoui témoigne de la radicalisation de certains milieux laïcs vis-à-vis des religieux et leur basculement à droite en politique extérieure. Amos Oz souligne que cette ascension traduit le trouble et la décomposition idéologique d’Israël.

  • Paradoxalement, la mise en place d’un État palestinien est inévitable et souhaitable, selon beaucoup d’Israéliens. Ainsi l’extrême droite de Beitenou ne progresse pas, ce score confirme les sondages pré électoraux : 60% pour la création de Palestine et 63% pour le retrait des colonies.

Ainsi la majorité des israéliens veulent la paix, mais très peu sont pour que la Palestine comprenne Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem alors qu’en 1999 la majorité israélienne était pour cette solution. La situation reste très ambiguë et les enjeux de la création de l’État palestinien très flous.

Cependant en 2005 s’ouvrent de nouvelles perspectives avec :

  • La disparition d’Arafat (2004)
  • La baisse des attentats
  • L’évacuation de Gaza
  • Le Kadima (nouveau parti centriste de Sharon)…

Mais deux évènements majeurs les effacent :

  • L’effacement de Sharon de la scène politique
  • L'élection du Hamas dans les Territoires Occupés, parti islamiste refusant de reconnaitre Israël et partisan des attentats.

La victoire du Kadima aux anticipées de 2006 n’y a rien fait à cause de la reprise du cycle de provocation du Hezbollah et du Hamas et par la répression sur le sud Liban (2006).

II

Les représentations arabes

Influencés par l’État nation européen et par les archaïsmes locaux, les tenants du panarabisme ont voulu un État peuplé d’arabes et voulaient montrer aux occidentaux qu’ils pouvaient maitriser les techniques de la modernité.

Mais ceux-ci se heurtèrent aux frontières mises en place par les européens, et la Ligue des États arabes de 1945 allait dans ce sens. Tout vœu de panarabisme se solda par un échec (RAU par exemple). L’échec du panarabisme a contribué à la constitution de la représentation palestinienne notamment.

III

Les représentations palestiniennes

Elles vont s’établir avec le refus du sionisme et la revendication du territoire palestinien.

Jusqu’en 1948, chez les idéologues palestiniens, la représentation est celle d’un État unitaire sur la Palestine mandataire avec égalité entre Juifs et Arabes mais se posant la question de quels juifs auraient droit à la nationalité palestinienne.

•Après 1948 c’est une logique de guerre qui est prônée avec comme but final la destruction d’Israël et la création d’une Palestine. Mais ceci ne suffit pas pour fonder une identité nationale, surtout pour les réfugiés de la Diaspora qui ont des visées sur la Palestine, au nom du panarabisme ou de nationalisme.

Pour contrer ceci, les leaders palestiniens sacralisent la Terre du Retour et du droit de sang. Ainsi les idéologues palestiniens de l’OLP adoptent une approche pragmatique du territoire : le Futur État palestinien est celui où pourra se développer une identité palestinienne à coté, faute de mieux, de l’État juif. Malgré certains extrémismes (Hamas et Djihad islamique) les accords d’Oslo (1993) donnent à la négociation avec Israël une base concrète.

Mais son échec, la 2ème Intifada (2000), la situation économique désastreuse, la perte de crédit de l’Autorité (mort d’Arafat en 2004) et la recrudescence du Hamas qui crée l’État islamiste palestinien brouillent cette représentation.

De fait, les relations entre Mamhout Abbas et Hanniyeh (chef du Hamas) sont tendues et Abbas limoge Hanniyeh après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.

IV

Les représentations arabes dans le reste du Proche-Orient

Après la défaite de leurs armées et la proclamation d’Israël, les dirigeants arabes se font une représentation sur deux thèmes :

  • L’unité
  • La destruction d’Israël.

Cette représentation est cependant ébranlée par :

  • Les défaites successives en 56, 67 et 73
  • Le fiasco de la RAU
  • L’émergence des nationalismes étatiques
  • La position de force des USA, surtout après la guerre des 6 jours et la disparition de l’URSS

Ainsi, les arabes doivent changer cette représentation de l’avenir à part S. Hussein qui est catégoriquement contre les processus de paix avec Israël.

L’intégration de ces nouveaux paramètres dans leur représentation du Proche-Orient est conditionnée par l’idée qu’ils se font du conflit israélo-palestinien et de l’utilité de s’approcher des États-Unis.

Ainsi, l’Egypte ouvre le bal avec les accords de Washington (1979) reconnaissant Israël et créant des liens diplomatiques avec les États-Unis :

  • Récupération du Sinaï
  • Aide militaire et financière des États-Unis

Sanction rapide des États arabes, mais ils se rendent compte que l’Egypte indique la marche à suivre (Jordanie en 1994, négociations en cours avec la Syrie).

Mais dans un même temps, ces pays diffusent des images antisémites et anti israéliennes. Les difficultés connues par les populations les poussent vers les extrémistes qui déstabilisent les autorités en place.

V

Les représentations dans les États de la périphérie : Turquie, Iran, Arabie Saoudite, Golfe

Exemple de l’affrontement contre l’Occident. Les populations sont fortement marquées mais les dirigeants ne peuvent endosser entièrement cette représentation d’un point de vue stratégique :

  • La Monarchie saoudienne, en accord avec les États-Unis, ne peut pas trop soutenir les mouvements islamistes. Le cas des États du Golfe est semblable : relation avec les États-Unis, vœu de commercer avec Israël, mais peur de se couper de sa population.

  • En Turquie, c’est encore plus compliqué, les populations sont touchées par les messages islamistes (AKP vainqueur des législatives de 2002 et des anticipées de juillet 2007) mais ne ressentent aucune affinité avec le monde arabe.

De plus les dirigeants sont fortement marqués par le kémalisme et ses analogies au sionisme. Ils ont très vite reconnu Israël (1949), signés des accords de coopération militaire (1996) et de libre-échange (1997). Mais ils doivent ménager la population pour éviter les réflexes islamiques, aussi la Turquie reste discrète dans les moments de haute-tension.

  • L’Iran depuis 2005, et l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, s’est radicalisée et exprime le vœu de voir disparaitre Israël.
Chapitre suivant : Les représentations des Puissances et de l’Hyperpuissance >