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Chapitre 3 :
La guerre froide

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La guerre froide

Le 5 mars 1946, dans un discours prononcé à Fulton, Winston Churchill fait le constat suivant : « De Stettin, dans la Baltique, à Trieste, dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent ». C’est l’expansionnisme soviétique qui est dénoncé ici par l’ancien Premier ministre britannique. En 1946 en effet, les Etats-Unis et leurs alliés d’Europe occidentale commencent à s’inquiéter de la mainmise soviétique sur l’Europe centrale : si les Soviétiques ne se sont pas encore rendus totalement maîtres de cette région du monde, les communistes détiennent déjà les postes clés dans le gouvernement et l’administration des pays d’Europe de l’Est.

Staline, pour sa part, se méfie de la puissance grandissante des Etats-Unis : dès 1944, ces derniers ont imposé leur domination monétaire à la conférence de Bretton Woods, et l’Organisation des Nations-Unies, qui a vu le jour en 1945, apparaît comme une création américaine. C’est dans ce climat de méfiance réciproque entre l’Est et l’Ouest que se produit la rupture de 1947, qui marque le début d’un affrontement indirect entre les deux blocs qui durera plus de quarante ans.

I

Deux camps ennemis (1947-1963)

A

La rupture de 1947

1

La doctrine Truman

En mars 1947, Harry Truman prononce devant le Congrès américain un discours généralement considéré comme le point de départ de la guerre froide. Le président américain y énonce en effet ce qu’il considère comme le devoir des Etats-Unis : « soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement, qu’elles soient le fait de minorités armées ou de pressions étrangères ». L’ennemi ainsi désigné est bien Staline et sa volonté de mettre en place un « glacis défensif » aux frontières occidentales de l’URSS.

Dans son discours, Truman annonce le début de la politique de containment (en français « endiguement ») du communisme un peu partout dans le monde : il s’agit d’empêcher toute nouvelle extension de la zone d’influence soviétique au-delà des limites qu’elle a déjà atteintes en 1947.

Cette « doctrine Truman » se concrétise au mois de juin 1947 par la mise en place du plan Marshall : les Etats-Unis proposent une aide économique et financière à tous les pays d’Europe qui souhaiteraient en bénéficier pour entreprendre leur reconstruction après les ravages provoqués par la Deuxième Guerre mondiale (12 milliards de dollars sont dégagés à cet effet). Le plan Marshall est rejeté par l’URSS qui y voit, à juste titre, une tactique américaine pour ancrer le plus de pays possible dans le camp occidental ; les pays d’Europe de l’Est, satellites de l’Union soviétique, sont contraints de repousser aussi l’aide américaine, finalement acceptée par 16 Etats d’Europe occidentale. Ces 16 pays se regroupent l’année suivante, en 1948, dans l’Organisation européenne de coopération économique.

2

La doctrine Jdanov

La réponse soviétique à la doctrine Truman est formulée à l’automne 1947 par le théoricien soviétique Andreï Jdanov. Jdanov décrit un monde divisé en deux camps : d’un côté, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, de l’autre, « les forces anti-impérialistes et antifascistes », dont les principaux représentants sont l’URSS et les pays de l’Est.

Un mois plus tard est créé le Kominform, « Bureau d’information des partis communistes », censé coordonner partout dans le monde la lutte contre l’impérialisme, en réalité instrument de contrôle de l’URSS sur les partis communistes étrangers. En février 1948, le « coup de Prague », qui voit les communistes se rendre maîtres de la Tchécoslovaquie, accélère le divorce entre les deux Blocs.

3

Le jeu des alliances

Chacun des deux camps va désormais chercher à renforcer son système d’alliances. En 1949, le traité de l’Atlantique nord, concrétisé en 1950 par la création de l’OTAN, (Organisation du traité de l’Atlantique nord), instaure une alliance défensive entre les Etats-Unis, le Canada et 10 Etats européens (Belgique, Danemark, France, Grande-Bretagne, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Portugal, rejoints en 1952 par la Grèce et la Turquie).

En 1954 enfin, l’OTASE (Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est) complète le dispositif en ce qui concerne le continent asiatique.
Côté soviétique, le renforcement du bloc de l’Est passe par la création en 1949 du CAEM (Conseil d’aide économique mutuelle) ou COMECON, dont le but est d’organiser l’économie des pays socialistes en un ensemble unifié et cohérent sous tutelle de l’URSS : les démocraties populaires sont ainsi économiquement intégrées à l’espace soviétique.

En 1955, alors que la RFA vient d’être intégrée dans l’OTAN l’année précédente, l’URSS met en place son propre système d’alliance militaire avec les démocraties populaires : c’est le Pacte de Varsovie (conclu entre l’URSS et l’Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la RDA, la Roumanie et la Tchécoslovaquie).

B

Les grandes crises de la guerre froide

1

La crise allemande

C’est l’Allemagne qui fournit aux deux camps la première occasion de s’affronter indirectement. Au mois de juin 1948, les alliés occidentaux (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France) ont décidé d’unifier leurs zones d’occupation en Allemagne, d’y créer une monnaie nouvelle, le deutsche Mark, enfin de faire bénéficier le pays de l’aide prévue par le plan Marshall : il s’agit clairement d’intégrer l’Allemagne, l’ennemi d’hier, dans le camp occidental.

La réponse de Staline ne se fait pas attendre : dès la fin du mois de juin 1948, les Soviétiques organisent le blocus de Berlin-Ouest, coupant notamment l’accès routier et ferroviaire vers la partie occidentale de la capitale allemande.

Les Etats-Unis mettent alors en place un pont aérien pour ravitailler la ville, ce qui la sauve effectivement de l’asphyxie. Au bout de onze mois, Staline choisit de jeter l’éponge et le blocus est finalement levé par les Soviétiques en 1949. La crise toutefois débouche sur la division de l’Allemagne : en 1949 est officiellement créée la RFA (République fédérale d’Allemagne), sous influence occidentale, et la RDA (république démocratique allemande) qui voit le jour côté soviétique.

2

La guerre de Corée

Si l’Allemagne a constitué le premier terrain d’affrontement entre les deux blocs, la guerre de Corée, à partir de 1950, donne à leur antagonisme une dimension mondiale. Le régime communiste de Corée du Nord décide d’attaquer le Sud, sous influence américaine. Le conflit va durer trois ans et provoquer la mort d’un million de personnes. Au bout de trois années, le front se stabilise finalement le long de la frontière initiale entre les deux pays, au niveau du 38e parallèle.

3

Un dégel très temporaire

La mort de Staline au mois de mars 1953, puis le XXe Congrès du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) en 1956, au cours duquel Khrouchtchev entame un processus de déstalinisation, semblent ouvrir une période de dégel entre les deux blocs. En 1956, les deux « Grands » se retrouvent même sur la même ligne pour condamner l’expédition franco-britannique sur le canal de Suez (dont Nasser avait décidé la nationalisation).

Le camp occidental ne réagit pas lorsque qu’en 1956 les troupes soviétiques écrasent l’insurrection en Hongrie. En 1961, les Soviétiques font ériger en une nuit un mur qui coupe la capitale allemande en deux, représentant concrètement le rideau de fer évoqué par Churchill dès 1946.

4

La crise de Cuba

En 1962, la « crise des missiles » de Cuba fait craindre le déclenchement d’une guerre nucléaire à l’échelle mondiale.

En 1959 à Cuba, Fidel Castro a chassé du pouvoir le dictateur pro-américain Batista. Castro et ses guérilleros ont nationalisé les terres et les industries du pays, ce dont pâtissent de nombreuses sociétés américaines installées dans l’île. Les Etats-Unis redoutent d’autre part la contagion révolutionnaire qui, à partir de Cuba, pourrait gagner l’ensemble du continent sud-américain. Après avoir mis le sucre cubain sous embargo, les Américains encouragent en 1961 le débarquement dans la « baie des cochons » d’exilés cubains anti-castristes.

Cette hostilité déclarée des Etats-Unis à son endroit conduit Fidel Castro à se rapprocher de l’URSS. C’est finalement Khrouchtchev qui cède, accepte le démontage des rampes de lancement.

Cette crise a fait prendre conscience aux deux « Grands » du danger atomique. Elle débouche donc paradoxalement sur une période de détente entre les deux blocs.

II

La détente et ses limites (1963-1975)

A

Les signes de détente

1

Le téléphone rouge et les accords de non-prolifération

Un an après la crise de Cuba, en 1963, un « téléphone rouge » est installé entre Moscou et Washington : les deux « Grands » pourront désormais communiquer directement et éviter dans le futur de nouveaux malentendus. Dans le même temps, les deux camps entament des négociations pour la limitation des armes nucléaires. En se dotant de la bombe A en 1949, de la bombe H en 1954 et de missiles à longue portée à la fin des années 1950, l’URSS a rattrapé son retard initial sur les Etats-Unis.

Dans les années 1960, les deux superpuissances sont désormais à égalité, ce qui amène Washington à renoncer dès 1961 au chantage nucléaire symbolisé par la théorie des « représailles massives », et à lui préférer celle de la « riposte graduée ». En 1968, des accords de non-prolifération des armes nucléaires sont conclus entre les cinq puissances officiellement détentrices de l’arme atomique, c’est-à-dire, outre les Etats-Unis et l’URSS, la France, la Grande-Bretagne et la Chine.

Les années 1970-1975 semblent marquer l’apogée de la détente. En 1972, les accords SALT I (Strategic Armement Limitation Talks) sont signés à Moscou entre Brejnev et Nixon. Ils prévoient de limiter la croissance des armes nucléaires, offensives comme défensives. En 1973 débute à Helsinki la conférence sur la sécurité et le désarmement en Europe ; elle s’achève en 1975 par l’élaboration d’un acte final signé par 35 pays européens qui reconnaissent les frontières telles qu’elles existent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tandis que la coopération économique entre l’Est et l’Ouest est renforcée ; les signataires s’engagent par ailleurs à respecter les droits de l’homme et les libertés.

2

Le reste du monde s'organise face aux deux géants

En 1969, le chancelier ouest-Allemand Willy Brandt (social-démocrate) entame une politique de rapprochement avec les pays de l’Est (Ostpolitik). En 1972, par le « traité fondamental », RFA et RDA reconnaissent former deux pays distincts ; elles sont admises à l’ONU l’année suivante, en 1973.

La France de De Gaulle manifeste des velléités d’indépendance. Depuis 1960, la France est détentrice de la bombe atomique et n’a donc plus besoin du « parapluie nucléaire » américain. De Gaulle est d’autre part très attaché à la souveraineté nationale française et supporte très mal l’hégémonie qu’exercent les Etats-Unis sur le camp occidental ; en 1966, il décide de retirer la France du commandement intégré de l’OTAN (même si la France reste membre de l’Alliance atlantique). D’autre part, la France reconnaît officiellement la Chine populaire en 1964. En 1965 enfin, De Gaulle condamne fermement l’intervention américaine au Vietnam.

Dans le camp socialiste, ce sont les relations entre l’URSS et la Chine communiste qui se dégradent après la déstalinisation de l’Union soviétique par Khrouchtchev en 1953. La Chine critique ouvertement le pouvoir de Moscou, l’accusant de dérive contre-révolutionnaire.

En 1969, un affrontement ouvert oppose Russe et Chinois à propos d’un problème frontalier sur l’Oussouri. L’URSS se voit contestée également en Europe de l’Est : la Roumanie de Ceausescu refuse de s’aligner sur Moscou ; à Prague en 1968 les troupes soviétiques interviennent pour reprendre en main la Tchécoslovaquie et mettre un terme à l’expérience de « socialisme à visage humain » qui s’éloignait de la ligne directrice de Moscou.

B

Le maintien des conflits périphériques

1

La guerre du Vietnam

Dès 1965, les Etats-Unis soutiennent massivement le régime dictatorial du Sud-Vietnam en lui fournissant des hommes (500.000 soldats américains iront combattre dans la jungle vietnamienne) et des armes. Les révolutionnaires viêt-congs (combattants communistes) reçoivent pour leur part l’aide logistique de l’URSS et de la Chine.

Malgré la supériorité militaire américaine, c’est finalement la guérilla viêt-cong qui l’emporte, et en 1973 les Américains sont contraints de signer les accords de Paris qui marquent la victoire des communistes.

2

Au Proche-Orient

États-Unis et URSS s’opposent indirectement dans une autre région du monde : le Proche-Orient. Dès 1948 et la création de l’Etat d’Israël, l’affrontement armé débute entre Israéliens et Palestiniens.

Trois autres guerres suivront : en 1956, les Israéliens attaquent l’Egypte par surprise ; en 1967, c’est à nouveau Israël qui déclenche une guerre préventive contre ses voisins arabes (« Guerre des Six Jours ») : l’Etat hébreu victorieux occupe le Sinaï, la Cisjordanie, Gaza, le plateau du Golan (qui appartenait à la Syrie), et proclame l’annexion de Jérusalem. Malgré la résolution 242 adoptée par l’ONU en 1967, et qui exige la restitution des territoires conquis après la guerre des Six Jours, Israël refuse de restituer les zones qu’elle occupe.

En 1973, le président égyptien Sadate, successeur de Nasser, décide d’attaquer Israël pendant la fête juive du Kippour ; mis un moment en difficulté, l’Etat hébreu rétablit rapidement la situation à son profit. Les deux grands sont partie prenante dans ces affrontements : Israël bénéficie du soutien américain, tandis que l’Union soviétique apporte son soutien à l’OLP, créée en 1964 et dirigée depuis 1969 par Yasser Arafat.

Plus que les conflits périphériques cependant, c’est la reprise de l’expansionnisme soviétique dans la deuxième moitié des années 1970 qui compromet définitivement la détente entre l’Est et l’Ouest.

III

Du retour des tensions à la fin de la guerre froide (1975-1991)

A

Nouvelle dégradation des relations Est/Ouest

1

L'expansion soviétique dans les années 1970

Dès le milieu des années 1970, l’URSS reprend l’initiative un peu partout dans le monde et semble en revenir, comme au lendemain du second conflit mondial, à un expansionnisme tous azimuts. La poussée soviétique se manifeste dans quatre régions du monde.

A partir de 1975, l’Union soviétique s’implante en Afrique, notamment dans les anciennes colonies portugaises qui viennent d’accéder à l’indépendance : en Angola et au Mozambique en 1975, mais aussi en Ethiopie en 1977, Moscou arme des guérillas marxistes qui prennent le pouvoir. L’URSS signe d’autre part des traités de coopération avec différents pays africains : Congo, Guinée, Bénin, Mali, Libye.

Les Soviétiques reprennent également l’initiative en Asie du Sud-Est. En 1975, les Vietnamiens du Nord s’emparent de Saïgon ; le Vietnam est réunifié sous l’égide du Nord communiste qui, allié avec l’URSS, assujettit le Laos qui devient communiste. En 1975, les Khmers rouges prennent possession de Phnom Penh et mettent en place au Cambodge un régime de terreur ; mais ils sont chassés en 1979 par l’armée vietnamienne.

En Amérique centrale, l’URSS et Cuba continuent de subventionner les guérillas communistes, au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua (où ils arment les sandinistes).

Enfin, en 1979, l’URSS intervient militairement en Afghanistan. Il s’agit pour l’URSS de maintenir au pouvoir un régime communiste installé depuis 1978. Les représailles américaines ne se font pas attendre : le président Carter décrète l’embargo sur la vente de céréales à l’URSS, et boycotte les Jeux Olympiques de Moscou qui ont lieu en 1980.

2

L'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan

La position américaine à l’égard de l’URSS se durcit encore avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, élu en 1980 après une campagne électorale axée sur la dénonciation de « l’empire du mal » incarné par l’Union soviétique. Reagan déploie dans les pays européens membres de l’OTAN des fusées Pershing pour contrer les SS 20 soviétiques braqués sur l’Europe de l’Ouest depuis 1977.

Il relance la course aux armements en annonçant en 1983 le projet de l’IDS (« Initiative de défense stratégique », plus connu sous le nom de « guerre des étoiles ») : il s’agit de créer, grâce à des armes laser, un bouclier inviolable au-dessus du territoire des Etats-Unis. Enfin les Américains financent les mouvements contre-révolutionnaires un peu partout dans le monde (ils arment ainsi la résistance afghane contre les Soviétiques).

Au milieu des années 1980, le monde semble donc être revenu aux heures les plus sombres de la guerre froide, comme au tournant des années 1940-1950. Pourtant, l’arrivée au pouvoir en URSS de Michael Gorbatchev en 1985, puis l’effondrement de l’URSS en 1991, vont marquer la fin de la bipolarisation.

B

La fin du monde bipolaire

1

Gorbatchev et la perestroïka

A partir de 1985, Gorbatchev lance l’Union soviétique dans la perestroïka (« restructuration »). Dès son accession au pouvoir, Gorbatchev a constaté que l’URSS était incapable de rivaliser avec les Etats-Unis dans la nouvelle course aux armements qui absorbe près de 20% du produit national et épuise économiquement le pays.

Certes, l’URSS possède des milliers de têtes nucléaires, mais dans le même temps la population soviétique souffre de carences alimentaires tandis que le retard technique s’accroît. En vertu du traité de Washington, signé en 1987, les deux « Grands » s’engagent pour la première fois à détruire des missiles (SS 20 et Pershing notamment) et à accepter un contrôle réciproque. S’engagent de nouvelles négociations visant à réduire les armes à longue portée (elles déboucheront sur les accords Star 1 en 1991 et Start 2 en 1993).

Le repli de l’URSS se traduit aussi par le retrait d’Afghanistan : les troupes soviétiques commencent à quitter le pays en 1989. De façon générale, l’Union soviétique se retire du Tiers Monde : Moscou cesse de financer les sandinistes, les Vietnamiens et les régimes communistes africains.

2

La désagrégation de l’URSS

Mais c’est l’émancipation de l’Europe centrale à partir de 1989 qui accélère la désagrégation de l’URSS. En novembre 1989, la chute du mur de Berlin donne le signal de l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est et de la fin du monde bipolaire. En 1990, l’Allemagne – premier terrain d’affrontement entre l’Est et l’Oust – est réunifiée. En 1991, le Pacte de Varsovie et le CAEM sont dissous ; en décembre 1991, l’implosion de l’URSS met un terme définitif à la bipolarisation du monde.

Avec l’effondrement de l’Union soviétique, les Etats-Unis sont devenus la seule superpuissance mondiale, comme en témoigne la guerre du Golfe dès 1991 : ce sont les Américains qui, à la tête d’une force internationale, libèrent le Koweït envahi par l’Irak en 1990. Avec la fin de la guerre froide, l’ONU a retrouvé elle aussi sa capacité d’action (auparavant paralysée par l’antagonisme États-Unis/URSS au sein du conseil de sécurité).

Paradoxalement, avec la disparition de la bipolarisation, la situation internationale semble aujourd’hui plus incontrôlable et plus périlleuse qu’au temps de la guerre froide.

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