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Chapitre 6 :
La décolonisation : Un bilan contrasté

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La décolonisation : Un bilan contrasté

Laissant de lourdes séquelles dans la mémoire des peuples colonisés, la décolonisation a marqué une étape majeure de l’histoire des pays d’Afrique et d’Asie, et rares sont ceux qui ont vécu sans trouble cette transition essentielle.

Des États-nations se sont certes formés mais ils ont été l’objet de nombreuses convoitises par les deux « super-grands », en raison de leurs richesses minières ou de leur importance géostratégique.

Surtout, contraints de devoir choisir leur camps dans le contexte de la guerre froide et de la lutte entre les deux blocs, ils ne sont pas parvenus, malgré leur désir affiché, à donner une force et un contenu suffisant à ce qu’ils voulaient instaurer comme troisième voie entre capitalisme et socialisme.

I

Conséquences de la décolonisation

A

Pour les pays colonisés

Pour certains pays d’Asie, il leur a fallu adhérer à des organisations régionales dominées par les États-Unis. Dans l’ensemble, les pays non-alignés n’ont pu rester dans l’esprit de la conférence de Bandung.

Surtout mal préparés à accéder à l’indépendance, nombre d’entre eux ont été la proie, dès leur indépendance, de violents conflits politiques ou interéthniques qui se sont amorcés avec le départ de la puissance coloniale.

B

Pour les métropoles européennes

En métropole aussi, la perte des possessions d’outre-mer a eu de nombreuses conséquences. Elle a généralement été bénéfique pour les économies des ex-puissances coloniales, qui, comme les Pays-Bas, ont ainsi dès lors pu financer leurs propres infrastructures.

En revanche, les conséquences politiques et sociales ont souvent été très lourdes : le rapatriement des colons et des indigènes qui avaient choisi le camp de la métropole a posé de nombreux problèmes de logement, de réinsertion et de chômage, sans compter que le poids des relations historiques avec les anciennes colonies a favorisé une importante immigration vers les États européens.

C

Pour les empires coloniaux

L’ère des empires coloniaux a vécu, laissant place à un monde toujours plus morcelé. En témoigne le nombre sans cesse croissant des pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) : de cinquante en 1945, ils sont passés à plus de cent quatre-vingt aujourd’hui.

Ce morcellement s’est d’ailleurs encore accéléré avec la chute du mur de Berlin (1989) et l’effondrement du bloc de l’Est.

D

Pour l'URSS

L’Union soviétique n’y a pas résisté. Elle a éclaté en décembre 1991 face aux revendications nationalistes des ex-républiques composant son empire, au terme de conflits brefs mais violents, notamment en Arménie, en Azerbaïdjan et dans les États baltes. Cet éclatement marque d’une certaine façon la fin de la décolonisation.

II

Une indépendance à nuancer

A

Une situation de dépendance économique...

Cependant, quelles que soient les voies choisies — libéralisme, socialisme, système étatique fort ou État théocratique —, les pays qui ont accédé à l’indépendance demeurent soumis aux exigences de l’économie-monde.

Cette mondialisation a favorisé le maintien, voire l’accentuation, de leur dépendance envers les anciennes métropoles.

B

... qui génère un néocolonialisme

Cette dépendance économique, caractéristique du néocolonialisme malgré les politiques d’aide et de coopération, et le poids de la dette — les puissances européennes demeurant parmi les principaux bailleurs de fonds — jouent, aujourd’hui encore, un rôle important dans l’impuissance des ex-pays colonisés à mettre en place les structures de leur développement

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