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Chapitre 1 :
Les ménages

Les ménages
Définition : Les ménages

On définit un ménage comme tout individu ou groupe vivant sous le même toit.

I

L'origine des revenus

A

Les revenus primaires

1

Résultant de la participation directe à l'activité productive

La contrepartie monétaire d'un travail prend 2 formes : soit il s'agit des bénéfices qu'un entrepreneur individuel perçoit, soit il s'agit d'un salaire versé.

Dans les pays de l'OCDE, il existe un salaire minimum. Le SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) indexé sur les prix a été créé en France en 1950. En 1970, il a été remplacé par le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) indexé sur la croissance et les gains de productivité. Au 1er janvier 2015, le SMIC sera de 9.61€ brut, contre 8.50€ brut pour le salaire minimum brut instauré en Allemagne en juillet 2014.

Selon Becker, les inégalités de salaires reflètent les productivités différentes des salariés. Ces dernières sont elles-mêmes dues à une détention inégale de capital humain. Un étudiant poursuit ses études jusqu'à ce que le coût marginal d'une année supplémentaire soit égale au gain marginal.

Limites

Cependant, la vision de Becker ne peut entièrement expliquer les inégalités salariales.
Premièrement, car elle néglige le rôle de l'entreprise car le salaire dépend aussi de la taille de l'entreprise, du poids des syndicats et des différentes formes de discriminations. Deuxièmement, car le choix des études est aussi réalisé selon la catégorie sociale des parents. Et enfin, parce que le salaire dépend de l'offre et la demande d'emplois qualifiés sur le marché du travail à un moment donné (risque d'inflation des diplômes).

2

Résultant de la détention d'un patrimoine

Définition : Patrimoine

On définit le patrimoine comme l’ensemble des actifs réels (logement, terrain) et des actifs financiers (épargne liquide, valeurs mobilières).

Le revenu qui découle du patrimoine se traduit par des loyers, des dividendes, des intérêts. Depuis les années 1960, on assiste à un mouvement de salarisation des revenus. La part des salaires dans l'ensemble des revenus primaires augmente et la part des revenus de l'activité non salariée diminue.

B

Le revenu disponible

Les revenus primaires sont soumis à des prélèvements obligatoires et sont complétés par des revenus de transferts, ce qui nous donne le revenu disponible.

Définition : Revenu disponible brut

Revenu Disponible Brut = Revenu primaire − Prélèvements Obligatoires + Revenus de Transfert

Définition : Prélévements obligatoires

Les prélèvements obligatoires (PO) constituent l’ensemble des impôts, taxes fiscales et cotisations sociales prélevés par les administrations publiques et les institutions européennes. Ils représentent environ 45% du PIB en France.

Définition : Revenus de transfert

Les revenus de transfert sont des prestations sociales versées à des individus ou à des familles afin de réduire la charge financière que représente la protection contre divers risques (vieillesse, santé, maternité, chômage, logement, pauvreté).

Selon l'INSEE, un individu est qualifié de pauvre si son revenu est inférieur à 60% du niveau de vie médian. On compte environ 8 millions de personnes sous cette condition en France.

II

Les ménages ont pour principale fonction de consommer et d’épargner

A

La consommation des ménages est une consommation finale

La consommation finale représente 55% du PIB français. On distingue la consommation marchande, l'autoconsommation et la consommation de biens et services non marchands.

B

L’épargne des ménages est une composante essentielle de l’épargne nationale.

Définition : Epargne

L’épargne est une consommation différée rémunérée par un taux d’intérêt.

L’épargne comporte 3 éléments :

  • Épargne contractuelle (achat de biens immobiliers)
  • Épargne des entrepreneurs individuels
  • Capacité de financement des ménages : actifs financiers ou placements liquides

Il existe différentes mesures de l’épargne :

  • Taux d’épargne des ménages : Épargne brute / revenu disponible brut
  • Taux d’épargne non financière : Investissement immobilier / épargne brute
  • Taux d’épargne financière : Épargne liquide, placements financiers, les plans d'épargne / épargne brute
C

Les théories de la consommation et de l'épargne

Pour les classiques le niveau de consommation et d'épargne dépend du taux d'intérêt réel et du niveau général des prix. La propension à épargner est une fonction croissante du taux d'intérêt réel.

1

Marshall et la distinction entre effet de substitution et effet de revenu.

Définition : Effet de substitution et Effet revenu

L'effet de substitution définit la montée du taux d’intérêt qui entraîne une augmentation de l’épargne de la part des agents qui substituent une consommation future (une épargne) à la consommation présente.

L’effet de substitution est contrebalancé par un effet revenu : si l'agent souhaite atteindre un certain niveau de revenu d'épargne, une hausse du taux d'intérêt lui permettra de placer moins d'argent pour finalement obtenir le même montant de revenu d'épargne.

2

Pigou et les effets d’encaisses

Pour Pigou, l'effet d'encaisses réelles établit un lien entre la valeur réelle des encaisses (actifs monétaires) détenus par les particuliers et la demande de biens de consommation. Si les prix baissent, la valeur des encaisses augmentent. De même lorsque les taux d'intérêt baissent, la valeur des obligations anciennes souscrites à des taux plus élevés augmente.

Pigou suppose que les épargnants souhaitent simplement maintenir la valeur de leur portefeuille : si cette valeur croît, le surplus dégagé servira à alimenter la demande de biens de consommation. L'effet s'observe surtout en cas de faible inflation et à court terme car au-delà d'un certain seuil, l'effet de fuite devant la monnaie devient prédominant. Les agents consomment le plus tôt possible afin de ne pas être pénalisés par l'inflation, d'où la hausse de la demande et donc de l'inflation.

3

Keynes contre Friedman : revenu courant ou permanent ?

Pour Keynes, le niveau de la consommation et de l’épargne est déterminé par le revenu courant. La hausse de la consommation permettrait une hausse plus que proportionnelle du revenu. L'épargne est considéré comme un résidu et serait fonction croissante du niveau du revenu.

Friedman distingue 2 composantes du revenu : la composante permanente (ressources stables) et la composante transitoire (phénomène conjoncturel). La composante transitoire n'a d'effet sur la consommation qu'une fois que les ménages ont intégré l'accroissement de leurs ressources à leur revenu permanent. De cette façon, Friedman considère que la propension à consommer est stable et régulière.

Définition : Revenu

Revenu = revenu permanent + revenu transitoire

Pour Kuznets, la propension à consommer est stable à long terme mais varie à court terme. Brown se refuse à parler d'irréversibilité des habitudes de consommation, invoquant davantage une inertie comportementale, selon laquelle un individu moyen adapterait sa consommation avec retard par rapport à l'évolution de ses revenus.

4

Modigliani et le cycle de vie de l’épargne

Modigliani a représenté sa théorie de l’épargne par un cycle de vie de l’épargne. Sur ce cycle, les jeunes empruntent pour les études, les actifs épargnent au travers du patrimoine et les retraités désépargnent. Ainsi, le taux d'épargne augmente avec le nombre d’actifs.

Limites

La théorie de Modigliani néglige l'existence de l'héritage, de l'épargne de précaution et des revenus de transfert à la retraite.

III

Évolution de la consommation et de l’épargne des ménages depuis les années 1970

A

Trois phases pour mettre en évidence l'évolution du taux d'épargne des ménages en France

Jusqu’en 1978 : le taux d’épargne augmente en raison de la forte croissance économique que la France connaît depuis les trente glorieuses. La consommation ainsi que l'investissement des entreprises battent leur plein.

Entre 1978 et 1987 : le taux d’épargne chute pour différentes raisons. La crise des années 1970 a engendré une baisse des revenus. La montée de l’inflation a provoqué une fuite devant la monnaie. La population française a vieilli et une population plus âgée épargne moins comme l’a montré Modigliani avec la théorie du cycle de vie de l’épargne. Enfin, sur cette période, les taux d’intérêts réels sont très faibles.

Depuis 1987 : l’épargne remonte mais la situation reste mitigée. La désinflation aurait du en effet faire baisser le taux d’épargne. Cependant, la montée du chômage a augmenté l'épargne de précaution. Et selon l'effet Ricardo-Barro, les ménages ont anticipé une hausse des impôts pour compenser le déficit budgétaire et ont donc épargné. La libéralisation financière a augmenté le niveau du taux d'intérêt réel.

B

L’évolution de la structure de la consommation s'explique en distinguant les différents postes budgétaires.

1

La structure de la consommation dépend du revenu dont dispose le ménage

Définition : Loi d'Engel

La loi d’Engel affirme que plus le revenu est élevé, plus la proportion des dépenses consacrées à la nourriture est faible.

En France, depuis 1959, la part du poste 'alimentaire' a fortement chuté. Depuis 1970 la part du poste 'habillement' et du poste 'équipement et entretien du logement' a aussi diminué. A l'inverse, la part des postes 'logement, chauffage, éclairage', 'santé et culture' et 'transport, communications' a fortement augmenté.

Le concept d’élasticité-revenu permet d’affiner les rapports entre revenus et consommation.

  • Si l’élasticité-revenu est négative : la hausse du revenu entraîne la baisse de la consommation du bien. Ce type d’élasticité-revenu négative se confirme pour les biens dits inférieurs dont la consommation décline quand le revenu s’accroît. Il s’agit de biens de première nécessité comme le pain.

  • Si l’élasticité-revenu est comprise entre 0 et 1 : la hausse du revenu entraîne la hausse de la consommation du bien. Ce type d’élasticité-revenu
    touche les biens dits normaux.

  • Si l’élasticité-revenu est supérieure à 1 : la hausse du revenu entraîne une hausse plus que proportionnelle de la consommation du bien. Il s’agit alors de biens dits supérieurs comme les loisirs.

2

La structure de la consommation dépend également du prix des différents biens

Définition : L'élasticité-prix croisée entre un bien X et Y

L'élasticité-prix croisée entre un bien X et Y se définit comme la sensibilité de la variation du prix d'un bien X à la variation de la demande d'un bien Y.

  • Si l'élasticité-prix croisée est nulle alors les biens sont indépendants
  • Si l'élasticité-prix croisée est positive alors les biens sont substituables
  • Si l'élasticité-prix croisée est négative alors les biens sont complémentaires

(exemple : la hausse du prix du carburant entraîne une baisse de la demande d'automobile)

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