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Chapitre 8 :
L'Etat : le début de l'Etat social

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L'Etat : le début de l'Etat social
I

Après la Seconde Guerre mondiale, la légitimité économique, la légitimité sociale et légitimité politique de la protection sociale justifient son extension

A

La légitimité économique

La protection sociale réduit les inégalités de revenus et permet d’accroître la consommation globale. En effet, les prélèvements effectués sur les ménages à revenus élevés, dont la propension marginale à consommer est basse, sont redistribués aux ménages à revenus faibles, dont la propension marginale à consommer est élevée. De ce fait, la propension moyenne à consommer augmenter. C’est la «loi psychologique fondamentale» de Keynes.

D’autre part, le revenu indirect fourni par la protection sociale peut permettre de régulariser le revenu des ménages. En son absence, les ménages seraient obligés d’épargner en raison du risque que représentent le chômage, la maladie et la maternité.

Enfin, grâce à la protection sociale, la consommation va se porter sur des biens homogènes et standardisés, dont la production de masse va permettre des gains de productivité. Ceux-ci à leur tour vont permettre d’accroître la richesse produite. On alors de cercle vertueux du fordisme décrit par les théoriciens de l’école de la régulation.

B

La légitimité sociale : agir sur le nombre, la santé et la mobilité de la population

La santé est vue comme un bien collectif. L’application du taylorisme à la production nécessite la régularité et la stabilité des actifs, et l’assurance maladie devient de ce fait un moyen d’entretenir la force de travail.

C

La légitimité politique

Le capitalisme du XIX ème siècle est celui d’une contestation croissante du système de la part de ceux qui en bénéficient peu.

En 1945, le capitalisme apparaît comme un système profondément instable et de plus en plus proche de l’explosion. Il apparaît donc nécessaire de chercher à asseoir politiquement et socialement le capitalisme en gommant ses limites.

C’est pourquoi, dans l’ensemble des PDEM la protection sociale bénéficiera au lendemain de la Seconde Guerre mondiale d’un consensus très fort.

II

La remise en cause de la protection sociale: les prélèvements augmentent le coût du travail et la redistribution engendre des effets pervers

A

Les effets délétères de la hausse du coût du travail

La hausse du prix du travail peut freiner la baisse des prix relatifs des biens et services. En conséquence, l’économie peut se heurter à une insuffisance de la demande, aussi bien sur le plan interne, que sur le plan externe (baisse de la compétitivité).

D’autre part, la hausse du coût du travail incite les entreprises à substituer du capital au travail. Enfin, la hausse du coût du travail est suspectée de provoquer des délocalisations. Si les entreprises jugent que les prélèvements sociaux ou fiscaux sont trop élevés, ils risquent en effet de migrer vers des Etats moins gourmands en prélèvements obligatoires.

B

Les effets pervers de la redistribution

La couverture du risque peut en accentuer la fréquence. Cet «aléa moral» serait à l’origine de la surconsommation de soins et du chômage volontaire.

Définition : Trappe à pauvreté

On désigne trappe à pauvreté le fait que des phénomènes sociaux, dus à des dispositifs d'assistance, cantonnent certaines populations dans une situation peu enviable : chômage, bas salaire, mauvais logements, etc.

III

Face à la crise, la protection sociale conserve encore une logique économique et une logique sociale

A

La logique économique

Avec la montée du chômage, la précarisation de l’emploi et la diffusion de mécanismes de paupérisation et d’exclusion, la protection sociale permet de stabiliser une partie de la demande. D’autre part, la protection sociale génère des externalités positives grâce aux dépenses de santé, d’éducation et d’insertion professionnelle. Il s'agit d'un investissement en capital humain.

B

La logique sociale

La protection sociale permet un maintien de la cohésion sociale. Pour Fitoussi et Brender il est nécessaire de maintenir la cohésion sociale comme nouvel instrument de la compétitivité.

Dans les pays europpéens où la mobilité sociale est faible, la protection sociale permettrait ainsi de faire l’économie de conflits sur la répartition des richesses en la soumettant à des règles de solidarité. La protection sociale devient alors un moyen de maintenir la paix sociale. Elle est ainsi devenue un réducteur d’incertitudes tant pour les salariés que pour le système social lui-même.

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