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Chapitre 10 :
Présentation générale de la monnaie

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Présentation générale de la monnaie
I

Qu’est-ce que la monnaie?

Depuis Aristote, il est usuel d’attribuer à la monnaie trois fonctions :

  • La monnaie remplit une fonction d’unité de compte : elle exprime en une seule et même unité tous les biens et services échangés.

  • La monnaie constitue un intermédiaire des échanges : en situation de troc, il fallait une double coïncidence des désirs

  • La monnaie exerce une fonction de réserve de valeur

La monnaie peut revêtir plusieurs formes :

  • Dans une conception matérialiste, elle est fondée sur la valeur intrinsèque de la pièce.
  • Dans une conception nominaliste, elle fondée sur la valeur fiduciaire (basée sur la confiance)
Définition : Monnaie fiduciaire

La monnaie fiduciaire se compose de pièces et de billets. Le billet repose sur la confiance puisque sa valeur intrinsèque est très inférieure à sa valeur faciale. De même, les pièces (monnaie divisionnaire) constituent aujourd’hui une monnaie fiduciaire puisqu’elles disposent d’une faible valeur intrinsèque, très inférieure à leur valeur d’échange.

Définition : Monnaie scripturale

La monnaie scripturale est constituée par l’ensemble des dépôts à vue auprès des intermédiaires financiers et se définit comme une créance sur le système bancaire. Elle circule entre agents au moyen de chèques, de cartes bancaires, de virements et représente aujourd’hui dans les pays développés près de 80% de la masse monétaire.

Définition : Masse monétaire

La masse monétaire correspond à l’ensemble des moyens de paiements mis à la disposition des agents non financiers pour effectuer des transactions sur des biens et services.

Statistiquement, la masse monétaire est appréhendée au travers des agrégats monétaires.

Définition : L'agrégat M1

Il regroupe les billets, la monnaie divisionnaire et les dépôts à vue.

Définition : L'agrégat M2

Il est composé de l’agrégat M1, auquel sont ajoutés les placements à vue comme le livret A par exemple.

Définition : L'agrégat M3

Il inclut l’agrégat M2 auquel sont ajoutés les placements à terme, les dépôts en devises, les titres de créance négociables gérés par les établissements de crédits et les OPCVM de court terme.

Définition : Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM)

Les OPCVM sont des intermédiaires financiers qui donnent à leurs souscripteurs la possibilité d'investir sur des marchés financiers auprès de divers agents (particuliers, entreprises, etc.) en vue d'acquérir des actifs financiers.

II

La création monétaire consiste à monétiser des actifs auprès des agents non financiers

A

Lorsqu’une banque accorde un crédit, elle crée de la monnaie

La création monétaire est le fait de la Banque centrale et des banques de second rang. Les banques de second rang créent de la monnaie scripturale à l’occasion de trois types d’opération :

  • Lorsqu’elles octroient des crédits aux agents non financiers. Les producteurs qui ont besoin de liquidités peuvent refinancer par leur banque les crédits commerciaux qu’ils ont eux-mêmes accordés à leurs clients. En contrepartie, la banque crédite le compte de l’entreprise pour une valeur équivalente, diminuée d’un certain pourcentage appelé taux d’escompte.

  • Lorsqu’elles accordent un crédit au Trésor public.

  • Lorsqu’elles créditent le compte d’un agent, elles acquièrent une créance sur l’extérieur. Si les agents résidents importent beaucoup il se produit une baisse de le masse monétaire et donc il y a un déficit extérieur.

De même, la Banque centrale crée de la monnaie dans plusieurs circonstances :

  • Les banques de second rang ont besoin de monnaie Banque centrale pour faire face aux retraits de leurs clients sous forme de billets et pour reconstituer leurs réserves. Pour ce faire, elles cèdent des titres à la Banque centrale, laquelle crédite leur compte en monnaie centrale scripturale et leur procure des billets.
  • Lorsqu’elle acquiert des devises, la Banque centrale procède également à de la création monétaire.

Le processus de création monétaire scripturale n’est cependant pas illimité. Le pouvoir de création monétaire se voit en effet contraint par plusieurs variables :

  • Si l’activité économique entre dans une phase de récession, les besoins de crédits et donc la création monétaire seront limités.

  • Chaque banque de second rang doit disposer d’un compte auprès de la Banque centrale, afin d’effectuer ces opérations de compensation entre monnaies scripturales. La monnaie scripturale d’une banque n’est pas directement convertible en celle d’une autre.

  • Il existe un coefficient de réserves obligatoire. Chaque fois qu’une banque de second rang accorde un crédit, elle doit constituer des réserves en monnaie centrale auprès de la Banque centrale. En modulant le taux de réserve, la Banque centrale peut contrôler indirectement la création monétaire : une augmentation du coefficient de réserves obligatoires incite les banques de second rang à restreindre l’octroi de nouveaux crédits.

  • Les banques commerciales sont soumises aux habitudes de paiement des agents non financiers qui souhaitent détenir une partie de leurs avoirs en billets. Dans ces conditions, lorsqu’elle crée de la monnaie scripturale, une banque de second rang s’attend à ce que les agents retirent une partie de cette monnaie créée sous forme de monnaie fiduciaire. La banque doit donc se procurer les billets réclamés soit en procédant à un retrait sur son compte auprès de la Banque centrale, soit en se refinançant sur le marché monétaire par la vente de titres.

B

Le multiplicateur de crédit

Le multiplicateur de crédit met en évidence la relation qui unit base monétaire et masse monétaire.

Définition : Base monétaire

La base bancaire (ou liquidité bancaire) se définit comme l’ensemble des avoirs des banques commerciales en monnaie centrale et des billets en circulation. Plus cette base monétaire est importante, plus la création monétaire peut se développer.

Le multiplicateur de crédit laisse supposer que la banque commerciale accorde des crédits dès lors qu’elle dispose ex ante de réserves supplémentaires : c’est la base monétaire qui détermine la masse monétaire. Or, il n’est pas nécessaire que la banque de second rang possède des réserves initiales. La Banque centrale est alors contrainte de créer de la monnaie, sous peine de déstabiliser le système bancaire. Ce sont les variations de la masse monétaire qui provoquent des variations de la base monétaire; on parle alors de mécanisme de diviseur de crédit.

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