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Chapitre 12 :
Les premières théories économiques

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Les premières théories économiques
I

Les mercantilistes

A

Présentation générale

La notion de mercantilisme apparaît pour la première fois chez Adam Smith, en 1776. Il parle de "système mercantile". Plusieurs aspects caractérisent ce courant :

  • Il y a une rupture avec la conception médiévale, dorénavant " le bonheur des hommes […] consiste principalement en la richesse", comme l'écrit Antoine de Montschrestien.

  • Ils abordent les questions économiques sous deux angles principaux : celui de l'enrichissement des marchands et celui de la puissance de l'Etat

Les mercantilistes jettent les bases d'une nouvelle discipline, l'économie politique. Elle apparaît pour la première fois chez Antoine de Montchrestien en 1619 dans son Traité de l'économie politique.

B

Les principes généraux des mercantilistes

  • La richesse d'une nation réside dans sa monnaie : il faut posséder les métaux précieux en abondance, les attirer et les conserver sur le territoire.
  • Il faut maximiser les excédents commerciaux car cela implique que les flux d'entrée de métaux précieux l'emportent sur les flux de sortie.
  • Il doit y avoir convergence d'intérêts entre le souverain et les marchands du royaume.
  • Les mercantilistes sont populationnistes et Jean Bodin affirme en 1577 qu'"il n'y a de richesse, ni force que d'hommes". La première Poor Law globale est promulguée sous Elisabeth Ire en 1601 pour régir l'assistance aux indigents.
  • Le développement du commerce exige celui de la masse monétaire en circulation.
  • Les mercantilistes sont interventionnistes et prônent la constitution d'un Etat centralisé et puissant.

Les différentes mesures interventionnistes proposées par les mercantilistes sont :

  • La restriction des importations et l'incitation aux exportations de produits manufacturés
  • La restriction des exportations de produits agricoles et autres produits bruts, dans le double but de réserver les matières premières aux manufactures nationales et de restreindre leurs coûts de main-d’œuvre en maintenant à un bas niveau le prix des subsistances
  • Des mesures favorisant les commerçants et armateurs nationaux dans le commerce extérieur du pays
  • Une incitation au développement des industries à "forte valeur ajoutée"
C

Critiques du mercantilisme

De Boisguilbert propose une réforme fiscale et la liberté du commerce. Pour lui, l'agriculture est l'activité de base dont dépend toutes les autres activités. Or les taxes et les obstacles aux échanges entraînent une insuffisance de la consommation. La baisse du revenu des agriculteurs se répercute sur leurs achats de biens industriels.

Cantillon propose un rééquilibrage de la balance commerciale. La balance commerciale excédentaire est favorable à l'économie d'un pays mais pas durablement. Cantillon montre que l'abondance monétaire procurée par l'excédent commercial fait monter les prix à l'intérieur du pays, ce qui tend à favoriser la concurrence étrangère et à dégrader le solde de la balance commerciale.

II

Les physiocrates

Le courant apparaît en France entre 1750 et 1770 grâce à son fondateur Quesnay. Il reprend à Boisguilbert son approche en termes de circuit. La prospérité du royaume repose sur l'agriculture qui ne doit ni être écrasée par l'impôt, ni être mise dans l'impossibilité d'écouler ses productions. Le libéralisme économique des physiocrates comme celui de Boisguilbert est étroitement lié à l'idée de primauté de l'agriculture.

Quesnay limite la production nationale à celle du secteur agricole, ce qui le conduit à l'appeler « la classe productive » et à nommer les artisans, les marchands « la classe stérile ». Ce dogme repose sur l'idée que l'agriculture multiplie la matière alors que les activités manufacturières ne font que la transformer.

Limites

L'industrie se révèle comme le secteur dynamique par excellence à partir de la fin du XVIII ème siècle.

Quesnay publie le Tableau économie en 1758, baptisée à l'époque "Zizac". Le circuit économique y est représenté comme un jeu d'interactions entre 3 classes :

  • la classe des propriétaires.
  • la classe productive.
  • la classe stérile.

Quesnay remarque que pour produire, il faut au préalable «avancer » des ressources matérielles qui ont dû être produites, qui s'usent lors de leur utilisation et qui doivent donc être reproduites pour que le processus de production perdure.

A

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