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Chapitre 13 :
Les classiques

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Les classiques
I

Les postulats de la pensée libérale reposent sur le modèle de l’Homo-oeconomicus

L’individu est un être rationnel, il est le seul capable de juger et de décider ce qui est bon pour lui. C'est pourquoi, l’interventionnisme de l’Etat, même à but louable, est pervers dans ses conséquences. Chaque individu poursuit son intérêt particulier (utilitarisme) par la maximisation des satisfactions et la minimisation de l’effort (hédonisme).

Dérivé de l’ordre naturel, le modèle de l’homo oeconomicus justifie en retour le libéralisme économique. La recherche de l’intérêt individuel permet de réaliser l’intérêt général car il existe une main invisible (le marché) qui guide les passions individuelles vers le bien de tous. L’harmonisation des intérêts étant naturelle, il n’y a dès lors plus aucune raison pour que l'Etat fasse passer l’intérêt général au dessus de la somme des intérêts privés.

L’Etat doit donc se garder d’intervenir au-delà de son domaine naturel (Etat gendarme), d’autant plus qu’en portant atteinte aux libertés économiques, il engage les hommes sur la route de la servitude. Les libertés économiques sont le « rempart des autres libertés », déclare Hayek, et la meilleure garantie des libertés est la propriété privée des moyens de production.

Schéma de la production et de la répartition chez les classiques
Schéma de la production et de la répartition chez les classiques
II

L'analyse de la production chez les classiques

L’analyse de la production chez les classiques reposent essentiellement sur les 4 piliers suivants :

· la théorie de la valeur
· la division du travail
· la loi des débouchés de Say
· la théorie quantitative de la monnaie

Résumé de l'analyse de la production chez les auteurs classiques
Résumé de l'analyse de la production chez les auteurs classiques
A

La théorie de la valeur

Smith et Ricardo se sont engagés sur la voie d’une théorie objective de la valeur, recherchant au delà de la valeur d’usage des biens, les fondements d’une valeur d’échange acceptable par tous. Cette approche ne concerne que les biens reproductibles.

Pour Smith, à l’état primitif, il n’existe d’un seul facteur de production, le travail. Dans un état plus avancé, il faut tenir compte du profit du capital et de la rente foncière incorporés dans chaque produit. Ce n’est plus une théorie de la valeur travail, mais une expression du coût de production. Smith propose cependant de ne pas abandonner le travail et d’estimer la valeur des biens en termes de travail commandé ou
équivalent salarié.

Ricardo rappelle que les quantités proportionnelles de travail nécessaire pour
obtenir chaque objet paraissent être la seule règle d’échange possible. La valeur d’échange se ramène à une quantité de travail incorporée. Selon Say, la théorie de la valeur serait alors liée à l’utilité et la rareté d’un bien. Mill ouvrira la voie de la synthèse, car selon lui le travail gouverne l’offre et l’utilité la demande. Les biens reproductibles se rattacheraient au premier principe, les biens non reproductibles au second.

B

La division du travail

Chez les classiques, le processus de production est la combinaison de facteurs de production (terre, travail, capital). Plus la spécialisation des tâches, ou encore la division du travail est poussée, plus le produit obtenu sera élevé (efficace).

C’est l’exemple de la manufacture d’épingles cité par Adam Smith dans son ouvrage Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations publié en 1776. La division du travail est à la base de la doctrine du Libre-échange prôné par les classiques.

C

La loi des débouchés de Say

La loi souligne que «toute production crée ses débouchés». Le fait que l’offre crée la demande, suppose implicitement que le système économique fonctionne à pleine capacité.

D

La théorie quantitative de la monnaie (TQM)

La théorie rappelle que la monnaie est un voile, elle sert uniquement à faciliter les transactions économiques. L’équation de la TQM se présente de la manière suivante :

M.v = p.Y

M : masse monétaire (monnaie en circulation)
v : vitesse de circulation de la monnaie
p : niveau général des prix
Y : transactions économiques (production).

Considérer que la monnaie est un voile, revient à accepter le raisonnement suivant : toute hausse de M doit correspondre à une hausse de Y (c’est parce que les transactions économiques augmentent, que l’on a besoin de plus de monnaie). Si M augmente indépendamment de Y, alors c’est p qui augmentera (une augmentation de monnaie qui ne correspond pas à une augmentation des transactions économiques, génère une hausse des prix, c’est à dire dans le langage courant, de l’inflation).

III

La répartition

La théorie de la répartition repose sur trois éléments : le salaire rémunérant le travail, la rente récupérée par les propriétaires fonciers, et l’intérêt allant aux capitalistes.

A

La théorie du salaire présente deux versions complémentaires

La première, de court terme, s’appuie sur la théorie du fond des salaires. La masse salariale (salaire
multiplié par le nombre de travailleurs) est considérée comme prédéterminée par le montant des
capitaux accumulés (épargne) par les capitalistes pour engager le processus de production.
Ainsi wN = S

w : salaire
N : travail
S : épargne

La seconde, de long terme, introduit le salaire naturel. Le travail est une marchandise qui a un coût de production correspondant au minimum nécessaire à l’entretien de l’ouvrier et de sa famille.

B

La théorie de la rente est également associée à deux apports

Malthus et Smith soulignent que la rente foncière est considérée comme un don gratuit de la nature récupérée par les propriétaires fonciers en vertu de leur pouvoir de détention de la terre. Ricardo et Mill vont formuler le principe de la rente différentielle. Comme la terre est limitée, les rendements sont décroissants. On admet ainsi que les terres qui seront mises en chantier, seront de moins en moins fertiles.

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