Menu
  1. Toutes les matières
  2. Économie
  3. Prépa HEC

Chapitre 21 :
Les niveaux de développement économique

< Chapitre précédent : La détérioration des termes de l'échange
Les niveaux de développement économique
I

I. Données chiffrées des inégalités de niveau de vie

Définition : Niveau de vie

Le niveau de vie mesure la faculté qu’a un individu, un ménage, un groupe ou une population de disposer d’un ensemble de biens et de services ou d’y accéder.

Le rapport revenu moyen / population totale des pays en développement (PED) est de moins en moins éloigné du rapport des pays développés. Cette réduction s’explique par la performance des pays émergents. D’après les estimations du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Dévloppement), en 1960 les 20% de la population mondiale vivant dans les pays les plus riches disposaient d’un revenu 30 fois plus élevé que celui des 20% les plus pauvres. En 1997, la même comparaison révélait un revenu 74 fois supérieur pour les premiers par rapport aux seconds.

En 2008, la banque mondiale estimait le nombre de pauvres à 1,4 milliard.

Définition : Seuil de pauvreté

Le niveau du seuil de pauvreté est fixé à 1,25$ par jour et par personne en PPA (parité de pouvoir d'achat).

Toutefois, il faut distinguer l'évolution du nombre de personnes pauvres par continent.

Définition : PMA (Pays les Moins Avancés)

Les PMA, pays les plus pauvres de la planète, se définissent à l’aide de 3 critères. 1. Un Pib/habitant moyen inférieur à 900$. 2. Un retard dans le développement humain basé sur un indice composite incluant des indicateurs de santé, de nutrition et scolarisation. 3. Vulnérabilité économique basée sur un indice composite incluant des indicateurs sur l'instabilité, la production et les exportations agricoles, le manque de diversification de la production.

De 25 en 1972 ,le nombre de ces pays est passé à 50 en 2005. La grande majorité d’entre eux appartiennent à l’Afrique Sub-Saharienne (Angola, Burkina Faso, Mali, Rwanda).

II

Les niveaux de développement économique

A

La notion de développement et de tiers monde

1

Evolution des termes

Définition : Développement économique (selon Perroux)

Le développement économique est « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ».

La croissance n’implique pas nécessairement le développement économique, on le voit actuellement en Asie du Sud-Est (en Corée du Sud, en Indonésie, en Chine) où la croissance est présente mais sans qu’elle bénéficie à la majorité de la population.

L’Abbé Sieyes, dès 1789, indique ceci «Qu’est-ce que le tiers état? Tout. Qu’a t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique? Rien. Que demande t-il? A devenir quelque chose.»

La première référence au tiers monde apparaît avec Sauvy en 1952 avec cette référence à la citation de l'Abbé Sieyes : « Ce tiers monde, ignoré, exploité, méprisé comme le tiers-état, veut lui aussi être quelqque chose ».

L’expression «pays sous-développés» est apparue en 1949 lors d’un discours de Truman et fut d’un usage dominant jusque dans les années 1960 avant de céder la place à celles de pays en voie de développement (PVD) et depuis les années 1980 à l'idée de pays en développement (PED).

Les PED constituent en effet un troisième monde aux côtés des sociétés capitalistes et socialistes et représentent les 4 /5 de la population mondiale.

2

Les difficultés du tiers monde

Lacoste a dressé un inventaire des difficultés du tiers monde:

  • Insuffisance alimentaire

  • Analphabétisme

  • Mortalité infantile élevée

  • Faiblesse numérique des classes moyennes

  • Subordination économique à l’égard des grandes puissances

  • Croissance démographique rapide

  • Inégalités sociales profondes

B

Renouveau de l’analyse du développement

Depuis les années 1990, l’analyse du développement s’est enrichie de deux notions devenues indispensables: le développement humain et le développement durable.

Définition : IDH

L'IDH est la moyenne de 3 indicateurs (comprise entre 0 et 1) :

  • Le niveau de vie exprimé par le PIB réel/habitant (en PPA)

  • Le niveau d’instruction et d’accès au savoir, mesurée par le taux d’alphabétisation

  • La durée de vie mesurée par l’espérance de vie à la naissance

Il permet d’établir un classement mondial des pays selon la valeur de leur IDH. Selon le rapport sur le développement humain de 2014 on obtient ce classement :

  • La Norvège est 1èr

  • L'Australie est 2ème

  • La Suisse est 3 ème

  • Les Etats-Unis sont 5ème

  • La France est 20 ème

  • La Chine se situe dans une moyenne haute, 90 ème

  • La Niger est dernier, 187 ème

Limites

Le choix des chiffres et des seuils peut s'avérer arbitraire. L'indice ignore d’autres conditions ou dimensions fondamentales du développement économique comme les conditions de travail, d’habitat, la stabilité et le caractère démocratique des institutions politiques et les inégalités hommes / femmes.

En réponse à ces critiques, le PNUD a complété la publication du calcul de l’IDH par celle de plusieurs autres indicateurs (également situés entre 0 et 1) : l'ISDH (indice sexospécifique de développement humain), l’indice de participation des femmes, l’indice de pauvreté humaine.

Définition : L'indicateur de pauvreté humaine (IPH)

Il est calculé en faisant la moyenne de plusieurs déterminants de la pauvreté : le taux de décès avant 60 ans, l' illettrisme, indicateur de conditions de vie, indicateur d'exclusion, etc.

III

La référence au développement durable

A

La notion de développement durable

L’apparition de la notion de développement a précédé celle de développement humain. En 1972, la conférence de Stockholm a été qualifiée rétrospectivement de premier « sommet de la Terre ». La notion de développement durable a reçu sa première véritable définition en 1987 dans un rapport commandité par les Nations Unies.

Définition : Développement durable

Il s'agit de Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs . Le concept repose sur un principe d’équité intergénérationnelle.

B

Limites de la notion

Apparemment claire dans ses objectifs, cette notion est beaucoup plus floue dans son contenu et ses modalités pratiques. Appelle-t-elle une réponse malthusienne consistant à réduire les activités ou, au contraire, faut-il faire confiance aux capacités inventives de l’homme?

L’utilisation des énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolienne, géothermique) constitue une opportunité. Sera-t-elle à la hauteur du défi posé? Peut-elle permettre d’éviter l’épuisement des ressources naturelles? Les approches en termes de développement humain et de développement durable semblent complémentaires, ce qui ne les empêche pas d’apparaître dans une certaine mesure contradictoires. L’élévation de l’IDH suppose en effet un accroissement des forces productives, l’exploitation accrue des ressources naturelles, ce qui constitue une menace pour les écosystèmes.

C

Les actions des Etats en matière de développement durable

Le deuxième « Sommet de la Terre » a réuni à Rio de Janeiro, en juin 1992, près de 170 pays. Au cours de ce sommet le sommet a admis qu’un véritable développement économique passe par un respect de l’environnement. Cela a débouché sur l’adoption de l’Agenda 21, un programme d’action à l’échelle mondiale en faveur de la protection du climat pour le XIX ème siècle et de la « Charte de la biodiversité ».

A ce jour, l’initiative la plus importante allant en ce sens date du 11 décembre 1997, l’élaboration du « protocole de Kyoto ». Il prévoit de la part des pays industrialisés, une réduction d’ici 2012 d’au moins 5% par rapport à leur niveau de 1990 des émissions de gaz à effet de serre. Depuis, chaque pays dispose d'une quota de pollution à respecter. Officiellement rejeté par les Etats-Unis en 2001, l'adoption du traité a finalement eu lieu en 2005. Fin 2007, seulement 157 pays l’avaient ratifié. L’application du protocole de Kyoto a débouché sur le lancement d’un marché mondial des droits d’émission de CO2 en 2008. L’attribution généreuse des droits à polluer rend le dispositif peu contraignant mais l’important est de commencer à faire «internaliser les externalités» par les Etats.

Mais l’objectif inscrit dans le protocole de 1997 apparaît grandement insuffisant. D’après les résultats des travaux du GIEC de 2007, pour espérer limiter le réchauffement de la planète à 2°C d’ici la fin du siècle, il faudrait commencer par réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 25% à 40% en 2020 par rapport à leur niveau de 1990 (conférence de Bali 2007).

Les PED craignent que cette référence ne soit un prétexte pour les inciter à freiner leur développement. Ils tendent à devenir les principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Par exemple : la Chine a dépassé les Etats-Unis en terme de pollution.

Chapitre suivant : Développement et problèmes démographiques >