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Chapitre 23 :
Les stratégies de développement

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Les stratégies de développement
I

La stratégie autocentrée

A

Typologie

Cette stratégie à concerné l'Amérique latine, Turquie, Indonésie au lendemain de la Première Guerre mondiale et durant la crise des années 1930.

Du fait d’un effondrement de la demande de biens dans les pays occidentaux, des pays latino-américains se sont trouvés subitement privés de débouchés et de recettes d’exportations. Pour rééquilibrer leur balance commerciale, ils ont décidé de réduire leurs importations et de les remplacer, quand cela était possible, par des productions domestiques.

La stratégie de substitution aux importations a consisté à produire sur place ce qui pouvait l’être. Elle consiste à chercher à s’affranchir de la dépendance commerciale liée à l’exportation des produits de base, dont les prix ont tendance à baisser. Cela a nécessité des investissements massifs qui ont été soutenus par un fort engagement de l’Etat et un protectionnisme actif. A partir de 1948 cette politique fut ouvertement encouragée par l’économiste Prebisch.

B

Un bilan négatif

Les pays qui ont suivi cette stratégie ont connu une forte croissance économique sur la période 1950 -1973 puis un infléchissement sur la période 1985 à 1990.

La stratégie a aussi augmenté les inégalités sociales. Au Brésil, en 1980, les 5% de la population la plus aisée se partageait 38% du revenu national. Du fait du protectionnisme et de l’absence de concurrence étrangère, ils ont conservé des coûts de production élevés, au détriment du pouvoir d’achat des consommateurs. Afin d’attirer les capitaux étrangers, indispensables pour compenser une épargne intérieure insuffisante, ces pays ont pratiqué le contrôle des changes et ont maintenu artificiellement leur monnaie surévaluée. Cela a nuit à la compétitivité intérieure et extérieure de l’économie nationale.

Les pays d’Amérique latine ont connu d’autres déséquilibres importants tels que:

  • Une urbanisation incontrôlée

  • Une croissance démographique rapide

  • Un important exode rural

Les grandes métropoles latines (Mexico, Sao Paulo, Rio) ont vu leur population exploser, ce qui a causé plusieurs fléaux:

  • Sous-emploi élevé

  • Entassement des habitant dans des quartiers insalubres, construits à la hâte et insalubres (exemple : favelas)

  • Développement d’une importante économie informelle (exemple : cartel de Medellin)

II

La stratégie de développement indépendant

La stratégie de développement indépendant est aussi appelée la stratégie des «industries industrialisantes ».

A

Typologie

Cette stratégie a concerné l'Inde, l'Algérie, l'Egypte. A la suite des conférences de Bandung (1955) et de Belgrade (1961), ils furent les leaders d’un tiers monde se voulant indépendant.

La stratégie traduit une volonté d’indépendance économique nationale après l'accession à l’indépendance politique.

Les branches privilégiées pour impulser ce développement ont été :

  • La sidérurgie

  • L'industrie mécanique

  • La chimie

  • L'énergie

L'importante aide de l'Etat ont permis de réaliser d'importants investissements.

Perroux, théoricien de ce modèle de développement, a créé la notion de « pole de croissance ». Les poles de croissances sont les centres industriels moteurs (pétrole, sidérurgie, chimie, etc.) susceptibles d’impulser un développement d’ensemble de l’appareil productif. Organisés par l’Etat, ces pôles appellent une politique industrielle volontariste et une politique d’aménagement du territoire.

B

Bilan

La priorité donnée à certains secteurs industriels situés en amont tend à créer des situations de surinvestissement et de surproduction par rapport aux débouchés nationaux réduits. Les subventions subventions publiques sont plus coûteuses que rentables. De plus, les créations d’emplois ont été limitées car les investissements réalisés étaient très capitalistiques.

Comme dans l’ex-URSS, la priorité donnée à des industries du secteur A (biens de production) s’est effectuée au détriment d’autres activités, comme l’agriculture et celles du secteur B (industries de biens de consommation). Les infrastructures et les équipements collectifs, notamment le logement social et les réseaux, ont été délaissés au profit des investissements productifs. C'est pourquoi on peut conclure que cette stratégie de développement débouche sur un dirigisme affirmé.

III

La stratégie de développement extraverti

A

Typologie

Akamatsu dans sa théorie du vol d'oies sauvages soutient qu'un pays doit se développer en faisant évoluer la nature de ses exportations. Des exportations primaires vers des exportations industrielles, de biens intermédiaires vers des biens d'équipement et pour finir, des biens de consommation. C'est très exactement le modèle qu'a suivi le Japon. Toyota symbolise très bien cela puisque l'entreprise produisait à la base de la soie.

Aujourd'hui, elle est le fleuron de l'industrie japonaise alors qu'au départ elle exploite des matières. Les Tigres et les Dragons ont très exactement suivi cette transition vers les exportations de biens industriels. Le cas plus marquant est la Corée du Sud qui, il y a 30 ans, était encore un pays agricole dont les exportations était à 80% agricoles contre 80% de biens industriels aujourd'hui. Elle dispose d'un fleuron industriel mondial qui est Samsung, qui vient gagner des parts de marché d'Apple.

B

Bilan

Si cette stratégie de développement semble plus performante que les stratégies autocentrées et indépendantes, il faut se garder de l’ériger en modèle pour l’ensemble des PED. En effet, dans les pays où la stratégie a fonctionné, l'épargne intérieure était abondante et le système éducatif était de qualité.

Exemple

Au début des années 1980, les ménages japonais épargnaient près de 15% de leur revenu après impôt.

Contrairement aux hypothèses de la théorie pure du commerce international qui justifie que chaque pays doit se spécialiser en produisant les biens pour lesquels il possède un avantage comparatif, les avantages comparatifs ne sont pas statiques. De fait, dans les années 1990, les 4 dragons (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour) ont commencé à subir la concurrence de pays plus récemment industrialisés, les tigres (Malaisie, Philippines, Thaïlande, Vietnam).

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