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Chapitre 1 :
La croissance : indicateurs et données globales

La croissance : indicateurs et données globales
I

Les indicateurs de la croissance

A

Les différences entre croissance et développement

Définition : Croissance économique (définition de Perroux)

Selon la célèbre définition de Perroux, la croissance économique correspond à l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs longues périodes d’un indicateur de dimension. Pour une nation, on utilise le produit global net en termes réels.

Définition : Développement (définition de Perroux)

Selon Perroux, le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître son produit réel global.

Le développement introduit une dimension qualitative alors que la croissance constitue un processus uniquement quantitatif.

B

Les indicateurs

1

Le PNB

Définition : Produit national brut (PNB)

Le produit national brut correspond à la production annuelle de richesses créées par un pays, que cette production se déroule sur le sol national ou à l'étranger.

Formule = valeur des biens et services créés - valeur des biens et services détruits ou transformés durant le processus de production

En comptabilité nationale française, le PNB n'est plus mesuré depuis 1993 puisque le choix a été fait de mesurer le revenu national brut.

2

Le RNB

Définition : Revenu national brut (RNB)

Le revenu national brut correspond à la somme des revenus perçus pendant une période donnée par les agents économiques nationaux. Le RNB est la somme du PIB et du solde des flux de revenus primaires avec le reste du monde.

3

Le PIB

Définition : Produit intérieur brut (PIB)

Le PIB ou produit intérieur brut est un indicateur économique de la richesse produite par année dans un pays donné.
Cet indicateur représente la valeur ajoutée totale des biens et des services produits sur un territoire national. Il est utilisé pour mesurer la croissance économique d’un pays.

Limites
  • Il ne comptabilise pas les services rendus à l’intérieur des ménages

  • L'économie souterraine n'est pas prise en compte. Or, son importance est estimée à 10% du PIB

  • Il ne prend pas en compte les externalités négatives, les coûts sociaux de la croissance

Face à ses limites, des indicateurs multidimensionnels sont utilisés, comme l’IDH.

4

L'IDH

Définition : IDH

L'IDH est la moyenne de 3 indicateurs (comprise entre 0 et 1) :

  • Le niveau de vie exprimé par le PIB réel/habitant (en PPA)

  • Le niveau d’instruction et d’accès au savoir, mesuré par le taux d’alphabétisation

  • La durée de vie mesurée par l’espérance de vie à la naissance

Il permet d’établir un classement mondial des pays selon la valeur de leur IDH. Selon le rapport sur le développement humain de 2014, on obtient ce classement :

  • La Norvège est 1ère

  • L'Australie est 2ème

  • La Suisse est 3 ème

  • Les Etats-Unis sont 5ème

  • La France est 20 ème

  • La Chine se situe dans une moyenne haute, elle est 90 ème

  • La Niger est dernier, il est 187 ème

Limites

Le choix des chiffres et des seuils peut s'avérer arbitraire. L'indice ignore d’autres conditions ou dimensions fondamentales du développement économique comme les conditions de travail et d’habitat, la stabilité et le caractère démocratique des institutions politiques ainsi que les inégalités hommes / femmes.

II

La croissance économique: données globales

A

Le siècle de la croissance, les séries longues de Maddison

Le XX ème siècle a bien été, plus que les précédents, le siècle de la croissance économique. Maddison divise le XX ème siècle en trois périodes :

  • 1913-1950 : le trend de croissance est inférieur à la tendance séculaire

  • 1950-1973 : âge d'or de la croissance

  • 1973-1992 : période de décélération

On peut aussi découper le XX ème siècle d'une autre manière :

  • 1896-1929 : la Belle Epoque puis les années 1920 appelées "années folles" pour la France ou roaring twenties aux Etats-Unis

  • 1948-1973 : les Trente Glorieuses

  • Les années 1990: elles sont appelées les "dix glorieuses" de l'économie des Etats-Unis. En Europe, la croissance redémarre à partir de 1997

B

Le mécanisme d'enrichissement collectif par les gains de productivité

1

La croissance des productions entraîne leur diversification

Une croissance durable ne peut s'accomplir sans la diversification ni le remplacement des techniques et produits anciens par des nouveaux. C'est l'idée qu'a défendue l'économiste Schumpeter.

Clark met en évidence le déplacement de la demande de produits agricoles vers une demande en produits industriels à partir de 1945. Une fois que la demande de biens de consommations industriels aura été satisfaite par la montée du taux d'équipement des ménages, un nouveau déplacement de la demande s'effectuera vers les services dont la part dans la consommation augmente fortement à partir des années 1960. La célèbre loi du statisticien Engel trouve dans cette évolution une nouvelle confirmation.

2

Des gains différentiels de productivité

Fourastié explique les évolutions des effectifs employés selon les secteurs d'activité, en fonction de la relation :

` Emploi = ("Production")/("Productivité apparente du travail") `

  • L’agriculture, avec une croissance lente de sa production et un progrès technique moyennement rapide, a connu une baisse importante de ses effectifs employés.
  • L’industrie, avec une croissance forte puis moyenne de la demande et un progrès technique rapide, a connu une croissance de ses effectifs employés jusqu’au milieu des années 1970 et décroissance depuis.
  • Les services, caractérisés par une forte croissance de la demande et un progrès technique lent, ont généré d’importantes créations nettes d’emplois au XX ème siècle et en particulier depuis 45.
3

Une baisse du niveau général des prix exprimés en temps de travail

La baisse des prix n'est pas identique suivant les secteurs. Elle est très forte dans le secteur industriel, où le progrès technique est rapide, et elle est faible dans le secteur des services pour lequel le progrès technique a été beaucoup plus lent.

Fourastié compare le miroir dont le prix exprimé en temps de travail s'est effondré, aux services du coiffeur dont le prix est resté stable parce qu'ils nécessitent autant de travail humain qu'il y a deux siècles.

C

Résultat : une hausse globale de l'emploi et des transferts sectoriels de population active

1

A long terme, la productivité est l'allié de l'emploi

Sauvy a développé la théorie du déversement.

Définition : Théorie du déversement

La théorie du déversement est une théorie économique indiquant que des progrès techniques améliorant la productivité engendrent un transfert des emplois d'un secteur d'activité vers un autre.

Globalement, l'emploi total a augmenté. De moins de 13 millions d'actifs en 1806, à plus de 19 millions d'actifs en 1896, l'économie française compte en 1990 plus de 22 millions d'actifs.

2

Du primaire au secondaire et du secondaire au tertiaire

Concernant le secteur tertiaire, Gadrey propose de le diviser en trois types d'activités afin de mieux percevoir l'impact réel du progrès technique:

  • Le tertiaire qui effectue des opérations sur les biens. Ce secteur connaît un progrès technique et des gains de productivité non négligeables

  • Le tertiaire qui traite l'information (transactions bancaires, assurances télécommunication, etc.). Ce secteur connaît d'importants gains de productivité

  • Le tertiaire qui rend des services à la personne. Ce secteur ne connaît pas de gains de productivité sensibles

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