Menu
  1. Toutes les matières
  2. Économie
  3. Prépa HEC

Chapitre 5 :
Le commerce international depuis 1945

< Chapitre précédent : Le commerce international entre 1900 et 1945
Le commerce international depuis 1945

D’un total de 66,3 milliards de dollars courants en 1950, l'ensemble des importations et des exportations dans le monde est passé à plus de 1 000 milliards en 1973 et à 20 000 milliards en 2005.

I

Les cycles du commerce international depuis 1945

La Charte de l’Atlantique, signée en 1941, a proclamé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ainsi que la collaboration économique entre les nations. Ces principes ont présidé à la mise en place des organisations de Bretton Woods (le FMI (fonds monétaire international) et la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement)) ainsi que les négociations qui ont conduit à la signature du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade). C’est ce que les historiens appellent la «Pax americana».

A

De 1950 à 1973 : l’envolée

Progression record des exportations mondiales. En valeur, les exportations ont été multipliées par 9 entre 1950 et 1975. De 1950 à 1974 la production mondiale s’est accrue de 4% par an en raison d'une vigoureuse reprise du mouvement d’internationalisation des économies. Trois autres évolutions importantes à signaler:

  • Les PDEM ont accru leur part dans les échanges mondiaux aux dépens des pays en voie de développement

  • Sur le plan qualitatif, les produits manufacturés ont pour la première fois dépassé en importance les produits primaires

B

De 1973 à 1985 : les turbulences

Le commerce international a continué de croître et plus vite que la production mondiale. La part des produits primaires s’est redressée en raison du recul des PDEM dans les échanges mondiaux et de la progression momentanée des pays en voie de développement. La quasi-totalité de ce rattrapage était en fait due aux membres de l’OPEP dont la part dans les échanges mondiaux atteignit un maximum de 15,5% en 1980. Malgré l’apparition du « néo protectionnisme » et le ralentissement de la croissance économique dans les années 1970, cette période n’a pas vu s’interrompre le processus de réouverture des pays industrialisés aux échanges extérieurs.

C

Depuis 1985 : une croissance rapide mais instable

Depuis 1985, les échanges internationaux se sont accrus à un rythme de nouveau rapide notamment grâce aux négociations de l’Uruguay Round et aux débuts de l’OMC. Entre 1990 et 2006, les échanges internationaux ont progressé d’un peu plus de 6% en volume. L’expansion commerciale des pays asiatiques émergents constitue la nouveauté de cette troisième période. En 1983, les 4 dragons et la Chine réalisaient 7% des exportations mondiales de marchandises. En 2010, leur part est passée à 20,2% . En 2009, la Chine est devenue le premier exportateur mondial, en réalisant 11% des exportations totales de marchandises.

La montée en puissance des pays commerçants d’Asie explique que la part de l’ensemble des PED dans le commerce international soit de 36,6% en 2007. La part reste à 60% pour les PDEM.

II

Les caractéristiques actuelles des échanges internationaux

A

La hiérarchie des grandes puissances commerciales

Les six premiers exportateurs mondiaux de marchandises sont la Chine, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon et la France. La performance de la Chine s’explique en partie par les nombreuses implantations de firmes étrangères. L’Union européenne comptabilisaient 34,7% des exportations mondiales de marchandises en 2010. Mais il faut tenir compte des échanges intra-européens. Ces derniers déduits, la part de l’Union européenne est de l’ordre de 16% du total mondial.

B

Le degré d’ouverture aux échanges internationaux en 2004

  • Le degré d'ouverture de la France était de 23%

  • Le degré d'ouverture de l'Allemagne était de 30%

  • Le degré d'ouverture des Etats-Unis était de 10%

  • Le degré d'ouverture du Japon était de 11%

  • Le degré d'ouverture de la Chine était de 35%

D'un point de vue général, la Triade effectue environ les 3/4 du commerce mondial.

C

Les produits échangés

En 2010, les produits manufacturés représentaient 67% des exportations mondiales de marchandises contre environ 30% pour les produits primaires. En 2010, le commerce mondial s’est partagé à hauteur de 80% pour les biens et de 20% pour les services.

III

La division internationale du travail (DIT) hier et aujourd’hui

A

L’ancienne DIT

Dans la DIT qui prévalait avant la Première Guerre mondiale, les économies les plus développées importaient essentiellement des produits primaires et vendaient surtout des produits manufacturés. Les PED exportaient 90% de produits primaires. Les Etats-Unis apparaissaient dans une situation originale puisque leurs exportations reposaient pour plus des 2/3 sur les produits primaires. Il a été tentant d’en conclure à l’existence d’une ancienne DIT censée reposer sur des relations entre, d’une part des pays développés exportant vers le Sud des produits manufacturés, et d’autre part des économies périphériques (le plus souvent coloniales) fournissant au Nord des matières premières et des denrées agricoles. Cette vision est cependant fausse, il faut davantage parler de relations commerciales de type «Nord-Nord» que de relations de type «Nord-Sud».

B

La nouvelle DIT

La répartition de la production des biens d’équipement est à l’origine du partage des nations entre dominantes et dominées. Au cours du Xxème siècle les pays développés se sont reconvertis en laissant aux PED des activités industrielles traditionnelles peu rentables, polluantes ou en perte de vitesse. Exemple : aujourd'hui, la Corée du Sud, Taïwan et la Chine assurerent 3/4 de la construction navale mondiale. Parallèlement, le renforcement de la puissance agricole des pays du Nord a fait de ces derniers de gros exportateurs de produits primaires. De plus en plus, cette nouvelle DIT semble reposer sur un dualisme entre les industries de main-d’œuvre polluantes et implantées dans les pays du Sud et les industries de pointe implantées dans les pays du Nord. Cette DIT est accentuée par la DIPP (décomposition internationale des processus productifs) qui réserve aux pays développés les activités à haute valeur ajoutée, alors que les PED se voient confier des tâches banalisées telles que le montage, l’assemblage, etc.

Cependant, les évolutions récentes, déjà visibles en Chine et en Inde, montrent que certains pays du Sud ont acquis la capacité de développer des activités de pointe.

IV

Les nouveaux facteurs spontanés de la croissance des échanges

A

La multiplication des liquidités

La valeur des liquidités officielles est passée de 47 milliards de dollars en 1948 à plus de 2300 milliards de dollars en 2004. La globalisation, renforcée par la mise en place en 1944 du système de Bretton Woods, a ouvert d’immenses possibilités de financements, moyennant certains risques.

B

Croissance économique et croissance des échanges

  • Premier lien de causalité : la croissance économique amène la croissance des échanges

Du côté des exportations, une hausse de la production provoque des économies d’échelle, une amélioration de la compétitivité prix et favorise les exportations. La croissance économique s’accompagne également d’une diversification de la production, ce qui élargit les possibilités de spécialisation internationale et d’échanges.

Du côté des importations, la croissance augmente la demande finale et intermédiaire de biens, dont une partie est achetée à l’étranger.

  • Second lien de causalité : la croissance des échanges amène la croissance économique

L'expansion peut être favorisée par un contexte interne propice, notamment lorsque la demande étrangère repart dans des pays ayant un vaste marché intérieur.

Chapitre suivant : La théorie du commerce international: l'apport classique >