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Chapitre 18 :
Les flux migratoires

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Les flux migratoires
I

Les courants migratoires s’inscrivent dans un flux séculaire

A

La France est un pays d’immigration

Plus d’un million d’étrangers étaient déjà dénombrés au recensement de 1881. Noiriel conclut à la force du modèle français qui, à l’opposé du modèle américain, a conduit depuis un siècle et demi à une assimilation individuelle des étrangers et non pas à la coexistence de groupes minoritaires ou juxtaposition de communautés culturelles.

B

La composition par nationalité des courants migratoires s’est profondément modifiée

Dans les années 1930, les immigrés arrivent des pays de l’Est (Pologne, Roumanie, etc.). Dans les années 1960, ils proviennent du Maghreb et des pays de l’ancienne Union française. Depuis plus d’une décennie, la part de la population étrangère est restée globalement stable, aux alentours de 3,5 millions de personnes. Il est important de distinguer l’intégration, de la ségrégation et de l’assimilation.

Définition : Intégration

L'intégration caractérise le rattachement de l’immigré à la société fran-çaise, même si ce dernier conserve des caractéristiques culturelles propres

Définition : Ségrégation

La ségrégation caractérise refus d’intégration de l'immigré au sein de la société.

Définition : Assimilation

L'assimilation caractérise l'absorption et la déculturation de l'immigré dans son nouveau pays.

II

La politique migratoire est devenue plus restrictive avec la crise économique

A

Les politiques migratoires

Dans les années 1950, les pouvoirs publics s’efforcent d’attirer travailleurs immigrés pour compen-ser une pénurie de main-d’oeuvre industrielle. La France a d'ailleurs créé l’office national de l’im-migration. En 1974, la France instaure la fermeture des frontières en raison de la crise économique et du chômage. Toutefois, l’immigration clandestine se maintient. La loi Sapin de 1991 renforce les sanctions contre les employeurs de main-d’oeuvre non déclarée. Les lois Pasqua de 1993 rendent les reconduites à la frontière plus systématiques et elles modifient les conditions d’obtention de la nationalité.Cette politique de contrôle des flux migratoires butte aujourd’hui sur le problème des clandestins et sur la manière dont elle doit faire face aux problèmes humanitaires.

B

Le modèle de la transition démographique

La transition démographique désigne le passage d’un régime traditionnel d’équilibre démogra-phique à mortalité et natalité fortes vers un régime moderne d’équilibre démographique à mortalité et natalité basse.

Un régime démographique se caractérise par trois paramètres:

  • Le niveau de la natalité

  • Le niveau de la mortalité

  • Le niveau de l’accroissement naturel

L’ancien régime démographique se caractérise par une natalité et une mortalité élevées et un ac-croissement naturel faible. Les femmes sont soumises à un régime de fécondité dite naturelle.

La transition s’opère en deux phases :

  • La première se caractérise par le maintien de la natalité à un niveau élevé associée à un dé-clin de la mortalité; le taux d’accroissement naturel est donc élevé

  • Dans la seconde phase, on observe un déclin de la natalité qui s’ajuste à la mortalité et, cor-rélativement une diminution du taux d’accroissement naturel.

Dans le régime démographique moderne, les taux de natalité, de mortalité et d’accroissement natu-rel sont bas et stables.

Limites

L'idée selon laquelle on reviendrait à un accroissement naturel faible mais qui correspondrait à un équilibre naturel entre mortalité et natalité qui ne serait plus chaotique semble erronée. Aujourd'hui, en raison du vieillissement de la population, le renouvellement des générations n’est plus assuré et l'équilibre naturel n’est pas atteint.

C

Les variables explicatives de la baisse de la mortalité

Plusieurs facteurs concoururent à la baisse de la mortalité :

  • Avec la révolution agricole et la révolution industrielle, l'accès à des denrées alimentaires amélioré

  • Les facteurs médicaux, hygiéniques ou sanitaires se développèrent à la fin du XIX ème siècle

  • Généralisation lente des égouts dans les villes au cours du XIX ème siècle, ainsi que l'accès à l’eau courante

III

Les controverses démographiques

La forte croissance démographique est-elle un frein ou un moteur de la croissance économique?

A

Vision malthusienne

Malthus, pasteur, constate que la production de nourriture augmente de manière arithmétique ; elle repose sur l’existence de rendements décroissants dans l’agriculture. La population quant à elle, soumise à un régime de fécondité naturelle suit une progression exponentielle. Il en découle «la loi de population» de Malthus : malgré leur croissance, les ressources sont insuffisantes par rapport aux besoins de la population. C'est pour cette raison que la misère et la sous-alimentation s’installent. Un équilibre ne pourra intervenir que par le biais d’obstacles destructifs : l’augmentation des décès par les guerres ou la misère assurent cet ajustement. Mais pour Malthus, il convient de privilégier les obstacles préventifs. Pour cela deux voies sont possibles

  • La première consiste à avoir recours aux pratiques contraceptives mais Malthus la réprouve

  • La seconde est le mariage tardif accompagné de la chasteté prénuptiale et de restrictions de la pratique sexuelle des couples

B

Vision des populationnistes

Marx s’oppose aux thèses de Malthus. D’une part, il refuse l’idée même de loi naturelle : s’il existe des lois économiques qui s’imposent aux hommes, ces lois n’ont rien d’universel ou de naturel. On ne peut les définir que pour chaque mode d’organisation sociale de la production et pour chaque pé-riode déterminée de l’histoire humaine : les lois existent mais elles sont historiquement détermi-nées. Dès lors, la surpopulation envisagée par Malthus n’est pour Marx que la conséquence du fonc-tionnement du mode de production capitaliste. Elle représente la population excédentaire par rap-port aux besoins des capitalistes, «l’armée de réserve industrielle». Marx dévoile ainsi une contra-diction du mode de production capitaliste : le développement des forces productives entre en con-tradiction avec l’accumulation croissante de capital au détriment du travail.

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