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Chapitre 17 :
L'évolution de la population française

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L'évolution de la population française
I

La transition démographique représente une véritable révolution

A

En France, la baisse de la fécondité a été extrêmement précoce

La baisse de la fécondité de la France date de la fin du XVIII ème siècle alors que la chute de la mortalité était à peine engagée. La conséquence en a été la faible progression de la population française entre 1850 et 1946. En 1789, le taux de natalité est à 37,5 pour mille et le taux de mortalité à 33,4 pour mille. Sur l’ensemble de la transition démographique (en deux siècle), la population française ne fera que doubler. La réduction de la fécondité est à relier à la suppression du droit d’aînesse par la Révolution française: les paysans limitent leur descendance pour éviter le morcellement de leurs terres.

Définition : Droit d'aînesse

Le droit d'aînesse confère la totalité ou la majorité des biens d'un foyer au premier né. Il a été aboli en 1792.

Par ailleurs on peut voir dans les pratiques de limitation des naissances l’influence de la déchristianisation et de la diffusion de l’instruction.

B

Quant à la mortalité, elle n’a cessé de régresser en France depuis la fin du XVIIIe siècle

Durant le XIX ème siècle, la mortalité a fortement baissé du fait de l’accroissement des rendements agricoles, de l’amélioration de l’alimentation, de l’amélioration de l’hygiène publique, des grands travaux d’assainissement urbain (adduction d’eau, égouts) et des progrès de la médecine. Les deux conflits mondiaux provoqueront le phénomène des «classes creuses» encore perceptible aujourd’hui dans la pyramide des âges.

C

Les générations ne sont plus renouvelées au cours de l’entre-deux-guerres

La Première Guerre mondiale a provoqué une hécatombe dans la population française. La crise démographique se poursuit durant tout l’entre-deux-guerres. Dans les années 1930, Giraudoux dit que «Le Français devient rare» et, de ce fait, au cours de cette décennie le taux de fécondité baisse jusqu’à deux enfants par femme. Le taux net de reproduction est proche de 0,9.

II

A la période du renouveau succède celle du déclin démographique

A

Le baby boom

Le plein emploi et la forte croissance ont sans doute créé un sentiment de sécurité qui a été renforcé par la politique familiale et par la généralisation des assurances sociales. Avec la fin de la guerre et des privations, les parents anticipent pour leurs enfants un avenir moins sombre que le leur. Le général de Gaulle obtient les «12 millions de bébés» qu’il réclamait à la Libération. Grâce au baby boom, les entreprises françaises sont placées sur un marché intérieur en expansion. Le baby boom est déstabilisant puisqu’il génère un excédent d’environ 250 000 naissances chaque année par rapport aux classes creuses d’avant-guerre. Cette génération déstabilisent le marché du travail à la fin des années 1960 et ils mettent en difficulté le système de retraite par répartition.

B

La chute de la fécondité

La fécondité commence à baisser à partir de 1965. Puis, au milieu des années 1970, elle passe même en dessous du taux minimal de reproduction de la population (2,1 enfants par femme).
Le renversement de tendance n’est pas lié à la conjoncture économique mais il correspond plutôt à un changement de mentalité. Avec, la prolongation des études jusqu’aux niveaux secondaire et supérieur, l’éducation des enfants devient une charge très lourde dans le budget familial. La participation toujours plus grande des femmes à la vie économique rend difficile la constitution de familles nombreuses. Les combats engagés en faveur du birth control aux EU sous l’égide de la féministe modérée Margaret Sanger ont conduit à une situation tout à fait nouvelle. Du fait de la diffusion des techniques contraceptives, il semblerait qu’on assiste à une transition entre un régime multiséculaire où la reproduction humaine était plus ou moins subie à un régime nouveau où elle serait assumée.

C

Dans les débats sur les effets de la dénatalité deux thèses s’opposent

Pour Le Bras, les questions démographiques ont cessé d’être importantes en 1945: «L’idée que les gros bataillons font les gros Etats est obsolète. Avec la bombe atomique, la guerre se fait sur la technique, pas sur le nombre de conscrits.» Par ailleurs, selon Le Bras, le natalisme s’appuyait sur le besoin de main-d’oeuvre. Le Bras s’efforce de montrer que l’on trouve autant de pays à forte qu’à faible croissance économique pour une densité donnée. Avec 450 habitants par km² les Pays-Bas ont une économie prospère, les Etats-Unis dont la densité est de 25 habitants au km² aussi.

Pour d’autres, la France, en laissant baisser dangereusement son taux de fécondité générale, est en train de remettre en cause sa survie en tant que pays. L’affaiblissement de la natalité risque à terme de peser sur le rythme d’innovation de l’économie. Le vieillissement de la population menace l’équilibre des retraites mais aussi la croissance économique. Les frais généraux supportés par les actifs seront d’autant plus importants que ceux-ci seront en nombre plus restreint.

D

Le taux de mortalité se réduit

Entre 1946 et 1964, le taux de mortalité passe de 13,3 pour mille à 10,7 pour mille. Explications :
- Progrès de la médecine (utilisation des antibiotiques, vaccination obligatoire, généralisation de la Sécurité sociale, progrès de l’hygiène)
- Rajeunissement de la population, grâce au baby boom notamment, qui réduit mécaniquement le ratio décès/population
- La population française vieillit en raison de l’affaiblissement progressif de la fécondité et à l’accroissement de l’espérance de vie

III

La politique familiale est de nos jours en panne

La politique familiale française naît au lendemain de la Première Guerre mondiale. L’énormité des pertes liées au conflit pose le problème du déclin démographique de la nation: la France puissance de premier plan, craint d’être vaincue à l’avenir par son malthusianisme. En 1919, le premier Congrès de la natalité française se réunit. A partir de 1920, la fête des mères de famille nombreuse commence à être célébrée. La fête des mères sera inscrite au calendrier par le régime de Vichy. Sur le même plan, l’Etat décrète une réduction de tarifs pour les familles nombreuses dans les chemins de fer. La loi de 1920 réprime l’incitation à l’avortement.
En 1939, sous l’impulsion de Sauvy, le Code de la famille est adopté. Axée au départ sur la contrainte, la politique familiale s’oriente vers l’incitation.
La politique familiale n’est plus actuellement prioritaire. Elle repose néanmoins sur deux piliers : les prestations familiales et le quotient familial (réduction de l’impôt sur le revenu en fonction du nombre d’enfants).

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