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Chapitre 19 :
Comment faire face au vieillissement de la population ?

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Comment faire face au vieillissement de la population ?
I

Le vieillissement semble assez généralisé et semble mettre en péril les systèmes de retraites par répartition

A

Un vieillissement assez généralisé

2006 est une année charnière en France en ce qui concerne le vieillissement de la population puisque c’est l’année à partir de laquelle la population active baisse. Le phénomène de vieillissement s’observe aussi à l’échelle européenne : selon L’OCDE, la population active est de 490 en 2012 et devrait retomber à 470 millions en 2050. Cela s’explique par la baisse généralisée des indices de fécondité dans les pays européens : il est supérieur à 2 en France (seul pays européen dans ce cas là) mais est tombé à 1,3 en Allemagne ou en Pologne, par exemple.
Cette baisse s’observe aussi, ce qui est paradoxale, dans les PED. Par exemple, selon Todd, les indices de fécondités dans les pays musulmans sont passés de 7 en 1975 à 4 en 2012. D’autre part, la population des plus de 60 ans devrait passer de 12 millions à 21 millions en 2040.
La baisse de l’indice de fécondité peut aussi se comprendre relativement à la période de baby boom et des trente glorieuses qu’a connu l’Europe. Cela rejoint la thèse d’Easterlin qui observe que la fécondité américaine suit des cycles d'expansion et de dépression. Les variations de la fécondité seraient liées aux conditions d'insertion des jeunes entrants sur le marché du travail, un meilleur niveau de vie et donc une plus grande fécondité. Il en résulte vingt plus tard une cohorte plus nombreuse, une insertion plus difficile et donc une moindre fécondité.

B

Les conséquences économiques sont de deux ordres

Cela pose d’abord le problème du financement des retraites. Dès lors qu’un système de retraite est par répartition, cela suppose que les individus actifs transfèrent une partie de leur revenu dans le temps par le biais d’organisme dédiés à cet effet. Le vieillissement devrait de fait faire s’élever la part des retraites dans le PIB à plus de 20% en 2040 contre 13% en 1997 en France.
Les première grandes réformes françaises ont débuté en 1993 avec Balladur qui a allongé la durée de cotisation de 10 ans pour bénéficier d’un retraite à taux plein et le nombre de meilleures années devant servir au calcul des retraites a été allongé de 10 à 25 ans.
Le vieillissement de la population entraîne naturellement une augmentation des inégalités en ce qui concerne les retraites. En effet, en 1970, le revenu disponible d’un retraité représentait en moyenne 60% du revenu moyen d’un actif, aujourd’hui c’est 80% du salaire moyen.

II

Des réformes sont donc nécessaires

Plusieurs idées ont été proposées :

  • Accepter un abaissement des retraites
  • Ajouter au régime de retraite par répartition un régime de retraite par capitalisation. C’est prévu dans les articles 39 et 83 du code des impôts français. Les entreprises françaises créeraient alors des fonds de retraite par capitalisation. Aglietta propose même de créer un système collectif et obligatoire de capitalisation au sein du régime de répartition, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis. Ce système de retraite permet de fournir un complément de retraite aux ménages, et permet de contribuer au développement des marchés financiers en fournissant une nouvelle épargne placée. Toutefois, le taux de rendement d’un système par capitalisation dépend de l’évolution du marché financier et donc du taux d'intérêt. En cas de crise financière, le risque est que ce système ne puisse honorer ses engagements en terme de retraite.
  • Limiter le plus possible le chômage afin de financer le nombre croissant de retraites. Cette solution est évoquée par le FMI en 2006
  • Modifier l’âge de départ en retraite. En Espagne ou Finlande, l’âge de retraite à taux plein est de 65 ans. La réforme française prévoit que l’âge de retraite à taux plein augmente à 62 progressivement (62 ans atteints en 2018). Elle prévoit aussi la convergence des cotisations du système public vers les cotisations du système privé : 10% du salaire brut (contre 7,5% dans le public).
Limites

Les entreprises préfèrent embaucher des jeunes, jugés plus productifs, ce qui développe les départs en retrait anticipée ou les pré-retraites.

  • Permettre aux retraités de continuer à travailler => ils cumuleraient ainsi deux sources de revenus. Aux USA, 30% du revenu des plus de 60 ans est constitué par un salaire
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