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Chapitre 4 :
Les années folles

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Les années folles

La reconstruction dope la demande qui bénéficie aussi du développement du crédit dont le coût est peu élevé. Mais à partir de 1920, on assiste à une crise de surproduction liée au retour progressif des belligérants européens sur le marché mondial et à un resserrement du crédit. Aux Etats-Unis, la croissance est plutôt intensive. En effet, après 1925, la croissance de la production dépasse celle des revenus et annonce ainsi une crise des débouchés. Dans les autres PDEM, la croissance est plutôt extensive et la diffusion du fordisme et du taylorisme reste limitée.

D'un point de vue général, les innovations issues de la seconde révolution industrielle s’épanouissent. Le pétrole et l'électricité connaissent un essor rapide : le moteur électrique a remplacé la machine à vapeur, le moteur à explosion accompagne l’essor de l’industrie automobile. La hausse des revenus conduit à une diversification de la consommation qui bénéficie de nombreuses innovations de produits.

I

L’Amérique ou les débuts de la consommation de masse

La croissance repose avant tout sur des gains de productivité puisqu'ils ont augmenté de 22% de 1920 à 1922. Ces gains de productivité reposent sur le développement de la production en grande série avec les progrès du taylorisme et le début de la production à la chaîne.

A

Le fordisme, un système d’organisation du travail

Le fordisme est le système mis en place dans les usines Ford (de production d’automobiles), en 1909, qui prolonge et complète l’organisation taylorienne du travail. Ford, en s’inspirant des abattoirs industriels de Chicago, a eu l’idée de la chaîne de production ; les ouvriers ne se déplacent plus pour aller chercher les pièces à assembler mais une chaîne ininterrompue les transfert entre les différents postes de travail. De plus, les pièces produites sont standardisées et donc interchangeables, ce qui permet de fortes réductions de coûts.

Le fordisme est une véritable stratégie d’entreprise :

  • Standardisation : le travail à la chaîne fut mis au service d’un projet de production en grande série dont le symbole est la Ford T, produite avec très peu de variantes et à des millions d’exemplaires

  • Five dollars a day : pour compenser la pénibilité du travail, Ford promettait à ses ouvriers 5 dollars par jour, soit beaucoup plus que le salaire courant dans l’industrie à l’époque

Le fordisme est une métaphore pour expliquer les Trente Glorieuses. Les taux de croissance annuels moyens de la productivité du travail par tête aux Etats-Unis étaient de 1.5% entre 1890 et 1916 mais ils passent à 3.7% en 1926.

Les industries comme l’automobile qui développent ce type d’organisation connaissent des gains de productivité considérables. Ce développement industriel s’accompagne d’une urbanisation grandissante du pays. On voit se développer de nouvelles pratiques de consommation de masse avec l'essor de la production de biens de consommation, dont les principaux bénéficiaires sont les classes moyennes en pleine expansion. Ce développement est rendu possible par la hausse des revenus et la baisse des prix de nombreux produits industriels, mais aussi par le développement des ventes à crédit.

B

La France : reconstruction et début du taylorisme

La croissance de la production industrielle est la plus forte d’Europe (elle est multipliée par 2 entre 1922 et 1929) et l’effort de l'investissement est très important. Cette croissance est tirée par celle des exportations qui augmentent très vite, mouvement lié tout du moins jusqu’en 1926 à la dépréciation du franc. Selon Maddison, en 1929, les exportations représentaient 13% du PIB.

La croissance est la conséquence d’importants gains de productivité liés notamment au début du taylorisme dans un certain nombre de secteurs. L'automobile devient le secteur clé. Mais la production de masse ne se développe que lentement d’autant plus que la consommation ne suit pas, le pouvoir d’achat des ouvriers augmente peu, les agriculteurs qui constituent une masse importante voient plutôt leur situation se détériorer et conservent des pratiques de consommation héritées du XIXème siècle.

C

La Grande-Bretagne à l’écart de l’expansion

La Grande-Bretagne connaît pendant la période une croissance lente et un chômage élevé, elle ne participe donc pas à l’expansion. Cette situation peut s’expliquer par les difficultés chroniques des industries traditionnelles (charbon, textile, sidérurgie) qui n’ont pas su se moderniser. C’est en effet dans ces secteurs et dans les régions qui y sont liées que les difficultés sont les plus grandes. Ces difficultés sont aussi le résultat du choix de rétablir en 1925 la parité de la livre d’avant 1914 (réévaluation). Cela a obligé des politiques déflationnistes (pour essayer de maintenir des prix compétitifs) qui ont freiné la croissance.

D

L’Allemagne : une situation tumultueuse

Tout au long de la période, l’Allemagne se heurte à la contrainte extérieure, due en partie au poids des réparations mais aussi à la dégradation de son solde commercial. De plus, les entreprises allemandes semblent connaître une détérioration de leur profit qui fait obstacle à l’investissement.

Cependant, cette période est marquée par un important effort de restructuration de l’industrie allemande qui aboutit à la constitution de groupes fortement intégrés verticalement (les Konzerns) et qui vont pouvoir rationaliser leur production.

II

La crise d’hyper inflation de 1923

A

Situation

La conférence de Londres d’avril 1921 fixe les réparations à 132milliards de Mark or, soit 2,5 ans de revenu national. Le Mark plonge et le gouvernement tarde à payer. En novembre 1923, 1$ valait 4200 milliards de Mark.

Les avantages de l’hyper inflation :

  • Réduire les inégalités entre les rentiers et les autres

  • Moyen de pression politique sur les alliés

  • Facilite les exportations

  • Permet aux industriels de se désendetter

Les effets négatifs l’emportent :

  • Le chômage représente ¼ de la population active

  • La bourgeoisie est plongée dans la misère

  • Le système est très corrompu

Avec cette crise, le Nazisme possède des arguments de taille pour se développer.

B

La réforme monétaire

La nouvelle monnaie, le Rentenmark est une monnaie assise sur la valeur des terres agricoles et des actifs industriels allemands. 1 rentenmark = 1000 milliards d’anciens marks.

La négociation du plan Dawes, qui facilitait les crédits et les investissements Américains en Allemagne et donc le rétablissement de la situation économique, est un grand succès.

Dès 1924 le Rentenmark est remplacé par un nouveau Reichmark qui est assis sur l’or à la valeur de 1913. La Reichbank devient indépendante du gouvement et a l’obligation de maintenir un certain niveau d’or (3/4) ou 40% de l’émission monétaire.

C

La prospérité de 1924 à 1929

Les taux élevés de la Reichbank attirent les capitaux étrangers mais la croissance connait certaines faiblesses :

  • La productivité horaire s’accroît peu, cela est du au ralentissement des innovations et au poids important des cotisations sociales

  • On voit se multiplier les conflits sociaux car l’Etat peine à se poser comme arbitre

  • Il y a une très grande fragilité financière. Les banques américaines investissent en Allemange à court terme et les banques Allemandes s’engagent sur le long terme ou bien achètent des actions. Si les Etats-Unis font revenir leurs capitaux tout s’écroule

Toutefois, on voit se développer une forme de consommation de masse, certains éléments préparent les trente glorieuses.

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