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Chapitre 20 :
Les entreprises en France

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Les entreprises en France

Chronologie

1944-1946 : Nationalisations. Création du CNPF et de la FNSEA.
1947 : Démarrage du Plan Monnet.
1948 : Grande vague de grèves révolutionnaires. Fondation du FO.
1953 : Grèves dans le secteur public. Agitation paysanne. Début du poujadisme.
1953-1955 : Edgar Faure responsable de la politique économique.
1958-1959 : Création des ASSEDIC et de l'UNEDIC.
1961-1966 : politique des structures agricoles d'Edgar Pisani.
1963 : Grève des mineurs.
1964 : Fondation de la CFDT.
1968 : Grande vague de grèves. Accords de Grenelle.
1975 : Création de l'autorisation administrative de licenciement.
1981-1982 : Nationalisations. Semaine de 39h.
1988 : Création du RMI.
1992 : manifestations paysannes contre la réforme de la PAC.
1994 : Privatisation partielle de Renault.
1998 : Réforme des 35h.
2004 : Privatisation de GDF. Changement de statut d’EDF

I

La distinction entre entreprises publiques et entreprises privées, longtemps fondamentale, s'est aujourd'hui estompée

A

La nécessité d'entreprises publiques dans une société organisée autour de l'État

Le secteur public regroupe les entreprises contrôlées par l'État. Celles-ci résultent des nationalisations de 1944 et 1946 ou de 1981-1982 et de la créations d'entreprises publiques survenues à différentes dates.

Elles permettent à l'État d'assurer la fourniture de biens et services nécessaires à la collectivité et sont aussi l'expression du rôle important de cet acteur dans l'économie française.

1

Des entreprises publiques pour assurer la fourniture de certains biens et services

L'État prend en charge la fourniture de biens ou de services dont le secteur privé se désintéresse ou qu'il ne peut prendre en charge.

On assiste dans ce sens à la nationalisation des secteurs de base : transport, énergie, assurances, crédit. Apparaissent notamment les grandes compagnies pétrolières publiques pour l'exploitation des hydrocarbures sahariens.

Exemple
  • 1937 : création de la SNCF

  • 1945 : création du Commissariat à l'Energie Atomique

  • 1945 : nationalisation d'Air France

  • 1945 : nationalisation de la Banque de France

  • 1960 : création de l'Union générale des pétroles

2

Des entreprises publiques comme expression de l'interventionnisme de l'État français

L'État assure aussi le sauvetage d'entreprises menacées de faillite et accompagne les restructurations industrielles depuis 1972. L'objectif est d'éviter le chômage, faillites et concurrence inutile.

Mais l'État nationalise également des banques pour rendre le crédit accessible à plus d’entreprises. La loi de nationalisation du 13 février 1982 concerne ainsi de nombreuses banques.

Enfin, l'État par les nationalisations crée aussi des modèles de gestion pour les entreprises sur plusieurs aspects : performances techniques, progrès social et l’aménagement du territoire.

Exemple
  • La Régie Renault nationalisée en 1945 devient une entreprise exemplaire.

  • Usinor et Sacilor sont nationalisée en 1980

  • L'État nationalise Pechiney en 1982 et finance sa restructuration

  • Parmi les banques nationalisées en 1982 : Rothschild, Banque de Paris et des Pays-Bas, Crédit du Nord...

B

Remise en question de la nécessité d'une gestion publique de certaines entreprises

1

Des incohérences dans l'intervention publique

Les fonctions du secteur public sont donc fondamentales mais les entreprises publiques deviennent vite trop nombreuses et contradictoires. Il y a donc une nécessité de révision au milieu des années 1960.

Exemple

L ’«affaire Bull». Charles de Gaulle crée la CII (Compagnie internationale pour l’informatique) en 1964 pour éviter la dépendance informatique vis-à-vis des USA, mais n’a pas parallèlement soutenu la Compagnie française des Machines Bull pourtant très avancée.

Bull passe sous contrôle de la firme américaine Honeywell tandis que le CII devient un gouffre financier et passe sous le contrôle de Honeywell-Bull en 1975.

2

De nouveaux paradigmes économiques

Le néo-libéralisme et les impératifs de l’ouverture remettent en question les rapports entre l’État et les entreprises publiques.

Les entreprises publiques rencontrent des problèmes pour trouver des capitaux à long terme sans l'aide de l'État et les tentatives de rapprochement avec des partenaires étrangers sont rendues très difficiles.

De plus, les entreprises publiques disposent souvent de monopoles ou d' « accès réservés » au marché financier. Or ces privilèges sont contradictoires à la libre concurrence du Marché commun puis de l'Union Européenne.

Exemple

La fusion envisagée entre Renault et le constructeur privé suédois Volvo est rendue impossible

II

En 1986 et 1993 il y a une révision du rôle de l’État avec une série de privatisations. Font toutefois exception certaines entreprises trop peu rentable ou qui relèvent de l’intérêt national, comme Elf-Aquitaine. Surtout, la distinction entre entreprise privée et publique est de moins en moins significative.

Exemple
  • 1993 : privatisation de BNP Paribas

  • 1997 : privatisation de France Télécom

III

Formes de concentration et vitalité des PME

A

Le capitalisme français passe à la concentration

1

La marche vers la concentration du capitalisme français

Définition : Concentration économique et financière

Par la concentration économique et financière, les entreprises cherchent à accroître leurs parts de marché ou à acquérir des actifs plus importants. Elles fusionnent pour se faire avec d'autres entreprises, dont elles assurent le contrôle par la possession de la totalité ou une part significative de leur capital.

La concentration est restée longtemps un vain mot en France, en comparaison avec les autres pays industrialisés. Au 19ème siècle, les grands groupes français préfèrent souvent la forme de holdings regroupant leurs participations multiples plutôt que celle d'entreprises aux structures définies et à la stratégie distincte.

Dans les années 1960, on assiste enfin à une concentration entre les entreprises françaises. Celle-ci commence dans le secteur public qui veut inspirer le secteur privé. Ainsi, la BNP née de la fusion entre BNCI et CNEP. Il s'agit majoritairement d'une concentration technique qui se mesure par la part de la main-d’œuvre travaillant dans des établissements (et non des entreprises) de grande dimension.

Mais une régression de ce mode de concentration s'observe depuis 1973. La disparition des grandes usines entraîne des nouvelles formules pour les gains de productivité : ateliers flexibles, constitution de réseaux de fournisseur.

2

Les caractéristiques de la concentration française

Les trois caractéristiques de la concentration française aujourd’hui sont :

  • La concentration est hétérogène (l’informatique est très concentrée alors que l’habillement est très dispersé par exemple).
  • La concentration passe peu par la Bourse, il n'existe pas de grande tradition d’OPA comme dans les pays anglo-saxons).
  • Le mode de contrôle des entreprises est très diversifié : familial comme chez Michelin ou Auchan; institutionnel comme chez Alstom ou Vivendi; managérial avec l'exemple d'Antoine Riboud chez Danone jusqu’en 1996 ou enfin étranger avec Aventis formée par Rhône Poulenc et l’allemand Hoechst.
B

La vitalité des PME est souvent remarquable

1

Un tissu dynamique

Les 2/3 des salariés travaillent dans une PME (moins de 500 personnes). La crise a semblé permettre un développement des PME en renforçant le tertiaire. En plus d’être un refuge face au chômage, les PME s’adaptent maintenant au progrès technique. Ainsi même si la France est toujours présentée comme un pays en retard sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication (car manque de grands groupes), son réseau de PME brille à l'international.

Les PME françaises montrent leur talent au monde dans des secteurs de pointe, comme les objets connectés avec le bracelet June de Netamo qui évalue l’exposition au soleil et indique quand il faut se protéger, ou encore les mini drones de Parrot. Dailymotion ou PriceMinister, racheté en 2010 par le japonais Rakuten, sont des exemples de géants français du numérique. L’absence de comité d’entreprise (facultatif sous 50 salariés) permet plus de flexibilité.

2

Une marge de progression encore nette

Les PME continuent de souffrir d'un manque de financement. Les Business Angels sont ainsi bien moins actifs que leurs homologues britanniques.On peut faire une comparaison intéressante avec le Mittelstand allemand et autrichien composé ds grosses PME (entre 300 et 1000 salariés), qui ont une capacité d’investissement bien supérieure que ce soit en Recherche & Développement, dans le démarchage de nouveaux clients à l’étrangers ou encore dans l’ouverture de sites de production.

Ainsi même avec une hausse du coût du travail (aujourd’hui équivalent à celui de la France), ces dernières restent compétitives. La qualité des produits l'emporte sur la compétitivité-prix. Ces PME allemandes réalisent en moyenne plus de 60% de leur CA avec l’étranger (dont 40% en France), ce qui les rend moins sensibles à la conjoncture allemande.

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