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Chapitre 23 :
Les syndicats en France

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Les syndicats en France
I

Les syndicats de salariés connaissent une perte d’audience très marquée

A

L'histoire difficile des syndicats en France

Les syndicats en France sont nés d'une tradition d’hostilité au capitalisme et ont été toujours caractérisés par une faiblesse matérielle comme l'avait montré l'implosion de la CGT en 1921.

Sous Vichy, les syndicats sont interdits. Ils se reconstituent vite dans l'illégalité en 1943 avec les accords de Perreux qui permettent une reconstruction rapide avec la mobilisation des ouvriers. Mais une nouvelle explosion des syndicats a lieu en 1947 avec la création de la CGT-FO. La CFTC implose ensuite entre CFDT et CFTC en 1964. Il n'y aura jamais eu de confiance entre les syndicats français. Leur histoire est constituée de méfiances réciproques et de divergences politiques, religieuses, idéologiques.

Seule l’hostilité au capitalisme reste un trait commun. La CGT lutte pour la suppression de la propriété des moyens de production. On va même jusqu’à l’anarcho-syndicalisme dans le cas de la CGT-FO.

B

Une nette perte de vitesse

Les effectifs des syndicats sont mal connus, mais il y a une tendance nette à la diminution. Ainsi les effectifs de la CGT diminuent de moitié entre 1976 et 1987. Au total, le taux de syndicalisation en nombre total de salariés occupés est autour de 8% en 2000, contre 30% en 1970. La participation syndicale aux diverses consultations diminue également.

Les raisons de cette perte de vitesse sont :

  • Un ralentissement économique (pas d’argent pour les cotisations)
  • Une tertiarisation de la main d‘œuvre
  • Une rivalités entre syndicaux
  • Un faible renouvellement des équipes dirigeantes.

La conception même de l’action syndicale devient inadaptée. Le manque de précision dans les revendications, souligne plus une angoisse des travailleurs face à la « fracture sociale ». De plus le dialogue avec les entrepreneurs est très tardif , il apparaît réellement à partir de 1968. L’entreprise devient de plus en plus le lieu d’action syndicale, l’Etat se voulant neutre.

II

Monde patronal et syndicalisme agricole

A

Le monde patronal n'est pas uni

En 1919, la CGPF (Confédération Générale de la Production Française) est créée, mais elle est trop centrée sur la grande industrie et laisse place à la CNPF (Conseil National du Patronat Français) en 1946. Le CNPF possède une double structure horizontale (géographique) et verticale (sectorielle). Son but est de défendre les intérêts des patrons et de dialoguer avec les syndicats de salariés. Il devient le MEDEF (Mouvement des Entreprises DE France) en 1998 et l’élection de Laurence Parisot à sa tête en 2005 témoigne de son adaptation aux évolutions de la société.

Mais le syndicalisme patronal est traversé par des rivalités internes. Il n’a jamais vraiment intégré le petit patronat par exemple. En 1944, apparait ainsi la CGPME (Confédération Générale des PME). Elle rassemble la petite bourgeoisie indépendante vis-à-vis des classes dirigeantes de la grande industrie ou de la haute fonction publique.

B

Le syndicalisme agricole

Le syndicalisme agricole résulte d’abord d’une solidarité entre cultivateurs. En 1941, Vichy interdit le syndicalisme et crée en 1944 la Corporation paysanne avec la Confédération Générale de l’Agriculture. La FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) de 1946, préserve l’autonomie du syndicalisme agricole vis-à-vis de l’Etat. En 1956, le CNJA (Centre National des Jeunes Agriculteurs) voit le jour, il est plus dynamique, plus jeune et également plus réformiste avec des valeurs chrétiennes. Il prend le contrôle de la FNSEA en 1974.

Mais la mise en place de la Politique Agricole Commune amoindrit le pouvoir des syndicats agricoles. L’Etat met fin au monopole de la FNSEA et de la CNJA dans le syndicalisme agricole. Cette perte d'influence s'explique aussi par une évolution économique. La France devient de plus en plus une économie de services, où la part du secteur agricole est infime. Ainsi, 37% des exploitations laitières ont disparu en France entre 2000 et 2010.

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