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Chapitre 22 :
L'évolution du marché du travail en France

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L'évolution du marché du travail en France
I

La population active augmente et se transforme

A

Le baby-boom

En 1945, la population active française est stagnante (à peine suffisante pour faire face aux besoins de la croissance), mais à partir de 1965, elle est surabondante, nécessitant une création d’emplois à un rythme accéléré que l’économie ne peut pas maintenir, le chômage est inéluctable.

La principale raison de cette évolution démographique est le baby-boom. Les contrecoups de l’évolution démographique se font ressentir sur la population active avec un décalage de 20 ans. Le baby-boom commencé en 1945 entraîne une augmentation du nombre de postulants à l’emploi à partir de 1965. Or, la population active ne diminue pas quand les enfants Mais pas de diminution de la population active quand les enfants du baby krach arrivent sur le marché du travail.

Définition : Baby-krach

Le baby-krach est une expression qui désigne la chute du taux de natalité dans les pays européens à partir du milieu des années 1960. Le terme a été forgé en opposition avec celui de « baby boom ». Le baby-krach a été plus important en Allemagne qu'en France.

B

L'insertion des femmes sur le marché du travail

Le désir d’activité professionnelle des femmes est exaucé durant les Trente Glorieuses. L'activité professionnelle des femmes devient compatible avec la vie de famille, voire même nécessaire à l’épanouissement personnel grâce à :

  • L’évolution des mœurs qui tend à faire d’elles l’égal des hommes dans la vie sociale.
  • La diminution de la taille des familles (moins de grossesses donc moins d’interruptions).
  • La tertiarisation de l’économie (emplois où elles sont mieux adaptées : santé enseignement, secrétariat).
  • La simplification des taches ménagères.
C

Emploi et cycle de vie

Pourtant, le marché de l'emploi devrait être capable d'absorber ces nouveaux entrants car les taux d’activité aux âges extrêmes tendent à se réduire pour différentes raisons :

  • La durée des études s'allonge et l'entrée dans la vie professionnelle est plus tardive.
  • L'obligation scolaire devient une réalité : jusqu'à 14 ans avec le Front Populaire, puis jusqu'à 16 ans à partir de 1959. De nouvelles filières d'enseignement comme les IUT sont créés.
  • L’âge de la retraite est abaissé et les incitations aux retraites anticipées se développent à partir du milieu des années 1970.

En réalité, l’abaissement de l’âge de la retraite et le prolongement de la scolarité sont loin de compenser les incidences démographiques indirectes du baby-boom et celles de la montée des taux d’activité féminins.

II

Au fil des ans, le chômage a pris l’allure d’un phénomène de masse

A

Une progression du chômage en pics

Le plein-emploi fait place depuis le milieu des années 1960 à un chômage devenu progressivement un fléau. La montée du chômage est quasi ininterrompue depuis 1966. Plusieurs grands pics se succèdent :

  • 1966-1968 : Gonflement de la population active et fin du Plan de stabilisation
  • 1974-1976 : Début de la crise avec le premier choc pétrolier de 1973
  • 1983-1985 : Période de restructurations industrielles avec une chute des création d’emplois
  • 1992-1993 : Crise du système monétaire européen
  • 2008 : Crise des subprimes

La France est confronté à un chômage de longue durée, ce qui n'est pas le cas des autres pays. La répartition géographique du chômage devient rapidement évidente. Aujourd'hui, les régions du Pas-De-Calais et PACA ont des taux de chômage semblables et élevés (autour de 11%) mais les chômeurs de longue durée représentent 40% dans le Pas-De-Calais alors qu’ils ne sont que 10% en PACA. Le turn over est ainsi beaucoup plus important dans la région PACA, notamment avec des emplois saisonniers.

B

Un chômage structurel

Une autre particularité française est la grande inégalité des actifs face au risque de chômage. Les jeunes sont les plus touchés à partir des années 1970, ce qui laisse craindre la formation d’une "génération perdue", aux compétences inadaptées au marché du travail.

Le chômage est conjoncturel (car fonction des fluctuations de croissance), mais surtout structurel : il existe une inadéquation entre l'Offre et la Demande de Travail. Le chômage frictionnel correspond lui au temps mis par le travailleur pour retrouver un emploi équivalent à celui qu’il a volontairement quitté. Et le chômage technologique est dû à une modernisation de l’appareil de production décidée par les employeurs.

Par ailleurs, la France réalise progressivement que le chômage est lié à la concurrence internationale : aujourd’hui, le facteur capital est devenu parfaitement mobile et toute activité peut être délocalisée, des activités manuelles aux activités de services.

Les gouvernements successifs tentent de lutter contre ce chômage structurel en ajustant la durée ou le temps de travail. En 1970, la formule des préretraites est proposée aux travailleurs de 60 ans. En parallèle, on accélère la limitation de la durée du travail, qui, à la fin des années 1960, s’élevait à 45 heures hebdomadaires pour chuter à 35h en 1998, générant une forte polémique entre le patronat et les syndicaux, toujours vivace aujourd'hui.

III

La crise de l’emploi et le vieillissement démographique remettent en cause le financement de la protection sociale

A

Le principe de solidarité

Depuis sa mise en place en 1945, la protection sociale en France repose sur le principe de solidarité entre les générations. Les prestations versées aux assurés sont financées par les cotisations prélevées sur les revenus perçus au même moment par les actifs. Le système français est un système de répartition, à la différence du système de capitalisation où chaque assuré finance lui-même les prestations qu’il reçoit.

Dans un souci d’égalité, la protection sociale repose en France de manière très importante sur les cotisations réparties entre celles de l’employé et celles de l’employeur contrairement au Royaume-Uni ou aux pays scandinaves où l’impôt finance la sécurité sociale.

B

Un système en crise depuis 30 ans

Les défauts du mode de financement actuel deviennent flagrants depuis une trentaine d’années. Faible croissance, montée du chômage et vieillissement démographique entraînent le déficit des régimes de protection sociale. La caisse nationale d’assurance maladie subit la dérive des dépenses hospitalières. En 25 ans, le rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités inscrits au régime de la Sécurité sociale a été divisé par deux.

Deux directions s'opposent :

  • Augmenter les cotisations au risque d'alourdir les charges pour les entreprises et de baisser le pouvoir d'achat.
  • Encourager un système par capitalisation, sur le modèle britannique.
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