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Chapitre 26 :
Les transformations de l’espace économique français

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Les transformations de l’espace économique français

Chronologie

1947 : publication de Paris et le Désert Français par François Gravier
1955 : création des primes de décentralisation industrielle
1962 : démarrage de la sidérurgie littorale à Dunkerque
1963 : création de la DATAR
1967 : plan routier breton qui permett de désenclaver la région et lancer l’IAA
1969 : première technopole française : Sophia-Antipolis par Pierre Laffitte
1973 : Loi Montagne (développement et protection de la montagne)
1981 : Ouverture de la première ligne de TGV.
1982 : Loi Defferre de décentralisation.
1984 : Création des pôles de conversion industrielle.
1992 : Ouverture d’Eurodisney à Marne-la-Vallée.
1994 : Inauguration du tunnel sous la Manche
2004 : Inauguration du viaduc autoroutier de Millau.

I

L'historique des transformations, impulsées par l’Agence de Développement Territorial depuis 1955

A

Les débuts de l’Agence de Développement Territorial

Le territoire français a trois déséquilibres majeurs hérités du XIXe siècle:

  • Le déséquilibre entre un Nord-Est industriel et dynamique d'une part, et un Sud-Ouest agricole et retardataire.
  • Le déséquilibre entre villes et campagnes.
  • Le déséquilibre entre un Paris dynamique et une atonie provinciale.

Tout incite les pouvoirs publics à entreprendre une vigoureuse politique via l’Agence de Développement Territorial. En 1955, le gouvernement Edgar Faure lance ainsi la prime de décentralisation industrielle qui subventionnent les entreprises s’installant dans des zones déterminées par l’Etat.

B

La création du DATAR en 1963

Sous l’autorité du Premier Ministre, la délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) est créée en 1963. Son rôle est de coordonner les administrations concernées par l’aménagement du territoire.

Plusieurs axes d’action sont alors suivis simultanément :

  • 8 métropoles d’équilibre sont désignées : Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Lille-Roubaix-Tourcoing, Aix-Marseille, Nantes-Saint-Nazaire, Nancy-Metz-Thionville, Lyon-Grenoble-Saint-Etienne. Dans chacune de ces grandes écoles, l'Etat renforce l'implantation des grands services publics et favorise le déménagement des Grandes Écoles pour susciter une dynamique qui attirera les activités privées.

  • Le freinage de la croissance démographique de Paris via l'aménagement la région parisienne et la construction de 5 villes nouvelles : Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée, Saint-Quentin-en-Yvelines, Evry, Melun-Sénart.

  • La mise en valeur des espaces (aux niveaux industriel, agricole et touristique).

Exemple

Des missions interministérielles ont ouvert au tourisme de masse des littoraux restés répulsifs. Dans la Côte des Landes, 6 stations balnéaires nouvelles sont ouvertes dans les années 1960.

C

Les collectivités locales deviennent des agents de transformation importants

Définition : Collectivités locales

Les collectivités locales sont des ensembles territoriaux qui disposent d’un budget distinct de celui de l’Etat et sont administrés par les représentants de leur population, élus au suffrage universel direct. On distingue les départements, les communes et les régions nées en 1955.

En 1982, les collectivités locales prennent plus de poids dans la transformation du territoire économique français grâce à la loi Defferre qui instaure une véritable décentralisation.

Les maires obtiennent plus de liberté, le rôle du préfet diminue et les élus régionaux sont désormais élus au suffrage universel direct. La région devient une vraie collectivité locale pour devenir aujourd'hui le premier acteur d’interventionnisme public économique au niveau local.

II

L'ampleur des transformations

A

D'un déséquilibre Est-Ouest à un déséquilibre entre la partie septentrionale et la partie méridionale du territoire

René Uhrich, en 1987, dans son livre La France Inverse, souligne la perte de vitesse du Nord et de l’Est en décalage avec le dynamisme du Sud et de l’Ouest.

  • La croissance démographique est plus forte dans le Sud et l’Ouest : Avec la Bretagne, le « Grand Sud Français » (Languedoc Roussillon, PACA, Corse) est la région la plus attractive de France.

  • Les villes du Sud et de l’Ouest montent en réputation. Les technopoles les plus attractives sont au Sud et à l’Ouest dans le domaine de la haute technologie avec l'aérospatial à Toulouse et le centre IBM à Montpellier).

B

Le poids de l’agglomération parisienne est remis en cause

L'Etat entend désengorger la croissance parisienne. Pour cela, de 1955 à 1980, 1 million d’emplois industriels sont créés en province, dont la moitié grâce aux primes décentralisation de l’Etat. C'est la naissance de vocations industrielles pour certaines régions comme l'électronique en Bretagne avec les entreprises Thomson et Bull.

Et l'objectif est atteint : depuis 1975, le solde migratoire de l’agglomération parisienne est négatif. Son accroissement naturel est plus faible que de nombreuses villes de province. Paris compte aujourd'hui 16,5% de la population française, un montant très proche des 16% de 1968.

C

La place des villes est devenue prépondérante dans l’espace national

Il est devenu difficile d’opposer villes et campagnes car les trois-quart des français vivent en ville désormais. Les modes de vie se sont homogénéisés et les campagnes s’urbanisent avec les lotissements.

L’expansion des villes est due à différents facteurs :

  • La tertiarisation de l’économie.
  • La rénovation des cadres urbains.
  • La renaissance des transports en commun.

L'expansion n'est bien sûr pas homogène :

  • Les anciennes villes minières déclinent (Thionville, Saint Quentin)
  • Les villes balnéaires se développent (Deauville, Arcachon, Cannes)
  • La présence d'un réseau de transports joue un rôle majeur (train et autoroute : Chartres, Orléans)
III

Les limites des transformations

A

L’action étatique paraît insuffisante, voire inadaptée pour faire face aux problèmes régionaux

En général, les crédits pour l’Agence de Développement Territorial sont faibles. La DATAR reçoit moins de 0,2% des dépenses publiques par an. Il y a un manque de moyens pour agir et des divergences de dépense entre régions importantes (8 fois moins en Lorraine qu'en Corse).

La France possède un excellent maillage de villes moyennes, mais manque de villes plus importantes capable d’apparaître sur une carte mondiale (comme Lyon). Une ville moyenne est constituée de quelques dizaines de milliers d’habitants, mais son rayonnement est surtout régional. Ces villes sont souvent caractérisées par une mono-activité, comme le charbon à Alès, ce qui les rend fragiles en cas de crise.

En 1994, Balladur relance un projet d’Agence de Développement Territorial. Mais il faut maintenant le concilier avec l’évolution de l’espace européen. Le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) est créé en 1975 et entreprend différentes initiatives.

Exemple

Parmi les initiatives du FEDER, on peut mentionner l'opération de reconversion de la région frontalière à la Lorraine en 1985 entre la France, la Belgique et le Luxembourg.

B

Des pesanteurs et des fragilités affectent le bilan des mutations régionales

Les écarts de revenus se sont maintenus. La hiérarchie actuelle rappelle celle de 1939 :

  • Ile de France – Alsace – Rhône Apes
  • Centre, Haute Normandie – Auvergne
  • Limousin, Corse.

La richesse est due au dynamisme de l’industrie, du commerce ou de l’agriculture. Les régions en retard, quant à elles, souffrent du relief ou de la spécialisation des activités, qui les rend fragiles en cas de crise comme les pneumatiques à Clermont-Ferrand.

Paris continue de peser lourdement : les sièges sociaux et les laboratoires de recherche sont encore à Paris. Avec le TGV, il est facile d'accéder à Paris. Alors que les fragilités de la « France inverse » demeurent : tout le Sud n’est pas développé et souffre de pauvreté et du vieillissement de la population. Dans les 5 régions du « Grand Sud », seule l’Aquitaine atteint la moyenne nationale qui s'élève à 13 700€ par tête par an.

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