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Chapitre 29 :
Les intermédiaires financiers : les banques et la bourse

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Les intermédiaires financiers : les banques et la bourse
I

Le rôle des banques a beaucoup évolué depuis 1945

Dans la période 1945-1966(-67), les banques évoluent peu et restent fort semblable à ce qu’elles étaient avant guerre (spécialisation, cloisonnement). Certes les plus importantes d’entre elles (SG, CL, BNCI - Banque Nationale pour le Commerce et l’Industrie - et CNEP) ont été nationalisées en 1945, mais les politiques bancaires sont restées les mêmes. Les critiques se multiplient à la fin des années 1960 contre un système qui limite la concurrence entre les banques et qui ne répond pas aux exigences de reconstruction.

Entre 1966 et 1967, les réformes Debré (ministre de l’Econome et des Finances du gouvernement Pompidou) transforment profondément les structures bancaires. C’est la fin de la séparation banques de dépôts et d’affaires et la fin de la réglementation des taux d’intérêt par le Conseil national du crédit. L’Etat inaugure une politique de crédit moderne et donne l’exemple de la concentration au secteur privé (BNCI + CNEP = BNP)

Les Conséquences sont spectaculaires : modernisation de la masse monétaire (constituée à 74% de dépôt à vue en 1974) et progression de l’épargne à long terme (40% des ressources des banques en 1974). La place des banques dans les circuits de financement grandit. La place de l’Etat et des établissements financiers publics diminue au profit des grands groupes privés (Suez, Paribas). Enfin, l’ouverture internationale réapparaît.

Dès le début des années 1980 pourtant, la désintermédiation bancaire (= tendance par laquelle les emprunteurs se détournent du crédit bancaire et s’adressent directement au marché financier, à la Bourse, pour y satisfaire leur besoins de financement) fait subir aux banques un net affaiblissement.

A cette contrainte commune aux banques du monde entier, vient se surajouter le poids des nationalisations de 1982. L’Etat prend le contrôle de la quasi-totalité des dépôts bancaires pour contraindre les banques à mieux servir l’économie du pays. Or, l’expérience n’a pas été plus convaincante que celle de 1945. Finalement, depuis 1986, le mouvement de privatisation n’a guère cessé de s’étendre.

En 1994, la Banque de France a changé de statut, en vue d’une plus grande indépendance vis-à-vis du pouvoir, dans les décisions monétaires notamment (€ oblige). En 2003, le Crédit Lyonnais passe sous le contrôle du Crédit agricole.

II

Longtemps marginale, la Bourse fait aujourd’hui figure d’acteur important dans la vie économique

Par son évolution globale et sectorielle tout comme par son poids dans l’économie, la Bourse est un reflet, certes déformé, des performances du pays. Les indices boursiers sont très sensibles aux décisions politiques et géostratégiques que peuvent prendre les dirigeants d’un pays tout autant qu’aux indices macroéconomiques.

Depuis sa fusion avec les autres places européennes dans le cadre de l’Euronext la place boursière parisienne se classe au 5ème rang mondial (mesurée par la capitalisation boursière = nombre de titre côté X leurs titres). Mais il y a la montée du capitalisme financier, fondé sur la recherche du profit immédiat et maximal.

Malgré ces imperfections, la Bourse est devenue un important agent économique :

  • Instrument de placement pour les particuliers. De 1950 à 1975, désaffectation de la Bourse par les particuliers. En 1975, les valeurs mobilières ne représentaient plus que 7% du patrimoine global des ménages, nettement moins qu’en 1950 (14%), malgré les efforts de l’Etat pour attirer à nouveau vers la Bourse les particuliers : dès 1960 apparition des SICAV (Société d’investissement à capital variable) permettant aux épargnants de voir leurs placements gérés par des banques ou des compagnies d’assurance et qui leurs rapportaient des revenus élevés et réguliers. Ces SICAV n’étaient pas encouragées par l’Etat. A partir de 1982, Paris, comme les autres places du monde développé, connaît 5 années de hausse ininterrompue. Le krach de 1987, le recul du début des années 2000 et la crise de 2008 ont calmé la tendance. Pour autant, la Bourse a retrouvé la faveur des particuliers en tant que moyen de placement mais à côté des actionnaires directs on dénombrait (avant la crise) 4M de propriétaires de parts de SICAV, qui ignorent tout des mécanismes du marché et se bornent à percevoir passivement le produit de la gestion d’un portefeuille qu’ils confient à une banque ou à une compagnie d’assurance.

  • La Bourse est surtout redevenue attractive pour les entreprises : Aujourd’hui, 30% des ressources financières des entreprises provient du marché boursier. L’Etat est d’ailleurs intervenu pour accélérer le mouvement.

Exemple

La création, en 1983, d’un « second marché » pour les PME permettant d’émettre des obligations allégées par rapport au marché principal et n’engageant qu’une portion limitée du capital de l’entreprise (Canal Plus a commencé sur le « second marché ».

Mais les entreprises ne font pas que se financer sur le marché boursier : elles y réinvestissent leurs profits dans des activités plus spéculatives (immobilier). La Bourse est, par essence, spéculative. Les entreprises oublient peu à peu d’investir de manière productive dans leurs activités.

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