Menu
  1. Toutes les matières
  2. Histoire-Géo
  3. Prépa HEC

Chapitre 33 :
La politique extérieure giscardienne

< Chapitre précédent : La politique étrangère pompidolienne, entre continuité et ouverture
La politique extérieure giscardienne
I

Nouvelle équipe, nouveau style

A

L’idéal giscardien

Valéry Giscard d’Estaing (VGE) est un libéral centriste, proche des milieux d’affaires. Il est partisan d’une Europe supranationale (il était membre du comité d’action de Jean Monnet).

B

Continuité et nouveau style, la « décrispation »

Giscard se doit d’inscrire sa politique dans la continuité de ses prédécesseurs pour garder une majorité stable et les faveurs d’une population massivement convaincue par la vision gaulliste du rôle de la France dans le monde.

Il impose cependant un nouveau style, celui de la « décrispation ».

II

La France giscardienne entre Washington et Moscou

A

Une recherche de l’indépendance qui s’inscrit dans la continuité de de Gaulle

Malgré les attentes, il n’y a pas eu de la part de Giscard de dérive atlantiste :

  • Il ne réintègre pas la France à l’OTAN ;
  • Il ne place pas la force nucléaire sous le contrôle des USA ;
  • Il n’a pas renoncé à l’indépendance de la France ;
  • Il conserve l’orthodoxie gaullienne en ce qui concerne l’armement et la dissuasion nucléaire
B

La crise met à mal l’indépendance française

La crise est plus forte en Europe qu’aux USA, ce qui permet à ces derniers d’accentuer encore leur leadership. Les USA posent un embargo sur les livraisons d’uranium enrichi (l’uranium enrichi est le combustible des centrales nucléaires) à la France, qui dure peu mais montre la dépendance énergétique française.

C

La crise fait échouer les grands projets de l’ère gaullo-pompidolienne

Elle oblige la CII, entreprise informatique issue du plan calcul lancé par de Gaulle à fusionner avec une entreprise américaine, Honeywell-Bull, en 1975.

Le Concorde est un échec commercial.

D

Le rapprochement à l’Est

Pour Giscard, c’est le moyen de se libérer de la pression américaine, de pousser la détente dont il est un partisan résolu, et de libéraliser les pays communistes.

Il rencontre donc périodiquement Brejnev (5 fois en tout entre 1974 et 1981).

E

L’échec de sa politique d’ « équidistance »

A partir de 1979, la situation internationale se raidit nettement, avec notamment l’intervention soviétique en Afghanistan et l’installation des fusées SS-20 à la frontière des deux blocs.

Dans ce contexte, Giscard tente de jouer le rôle d’arbitre avec notamment une rencontre avec Brejnev en mai 1980 en Pologne. C’est un échec complet : il est critiqué par les alliés, qu’il n’avait pas prévenus, et Brejnev ne respecte pas les promesses qu’il lui avait faites.

III

La politique européenne à l’heure giscardienne

A

La conjoncture défavorable…

Les deux chocs pétroliers de 1974 et 1979 ont lancé une politique du chacun pour soi des membres dans les domaines politique et économique, qui paralyse l’Union.

B

… N’empêche pas VGE de relancer la construction européenne

Il parvient à institutionnaliser les sommets périodiques en « conseils européens ». Il accepte le principe de l’élection du parlement européen au suffrage universel qui jusque là bloquait la construction de l’Union (mais il et très critiqué par les communistes et les gaullistes).
L’ECU, monnaie de compte, est créée en avril 1978.

Il participe à la "déclaration de Venise" qui reconnaît en juin 1980 la Palestine et fixe une politique étrangère commune aux 9 pour le Proche-Orient.

C

La relance du couple franco-allemand

VGE a des rapports privilégiés avec le chancelier (en Allemagne, le président n’a qu’un rôle strictement représentatif c’est le chancelier, sorte de premier ministre, qui dirige réellement le pays) Helmut Schmidt. Les deux hommes partagent la même vision des USA. Même si cette amitié ne permet d’empêcher quelques frictions.

Mais les relations avec la Grande-Bretagne se refroidissent à cause de désaccords sur le budget européen et de l’idée que VGE à de ce pays, celle d’un pays nombriliste en proie au déclin.

IV

L’ouverture au Sud

A

Des relations particulières avec le Tiers-Monde

La France a des atouts particuliers pour cela :

  • Les liens étroits avec ses anciennes colonies ;
  • Le capital de prestige et de sympathie accumulé par de Gaulle ;
  • Un discours valorisant l’indépendance ;

Ces relations sont motivées par l’idéal messianique qui anime VGE et par des intérêts économiques et commerciaux ; il s’agit de s’assurer des matières premières bon marché produites dans les pays du tiers-monde et des débouchés pour les produits français.

B

L’échec du renversement du système Nord-Sud et le succès de la conférence de Lomé

Au vu des mesures prises par l’OPEP et de la conférence d’Alger qui réunit en 1973 84 pays non-alignés, VGE est convaincu de la nécessité d’opérer un rééquilibrage Nord-Sud.

Il lance à Paris en 1975 une conférence "Nord-Sud" qui réunit les pays de l’OPEP et du tiers-monde pour régler ce problème. C’est un échec : en 1978, elle est dissoute sans aucun résultat.

La CEE obtient par contre des résultats concluants avec les pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique). En 1975, les accords de Lomé signés par 46 pays leur accordent :

  • L’entrée sans quotas de leurs produits dans la CEE ;
  • Une aide au développement ;
  • Un système de stabilisation des exportations qui leur garantit un revenu minimum : le STABEX ;
C

Le renouveau de la politique française en Afrique noire…

VGE supprime le Haut Commissariat aux Affaires africaines, jugé trop paternaliste et interventionniste. Les sommets sont institutionnalisés. Des coopérations culturelle, économique et militaire sont établies.

D

… qui reste très aventureuse

Les interventions militaires restent très fréquentes (c.f Djibouti en 1976, le Tchad en 1978-80). La France accorde son soutien à des hommes politiques peu respectueux des droits de l’homme comme Mobutu et Bokassa (Mobutu : dictateur du Zaïre et Bokassa : dictateur mégalomane du Centrafrique qui se fait couronner en imitant le sacre de Napoléon) qui ternissent l’image de la France.

E

La politique de médiation au Proche-Orient

VGE participe au mouvement de médiation mais se fait ravir la vedette par Carter avec les accords de Camp David.

le bilan mitigé de la politique giscardienne est mitigée car :

  • Politique africaine trop aventureuse ;
  • Pas de gain réel d’indépendance ;
  • Mais c’est sans considérer le contexte et son succès en politique européenne ;
Chapitre suivant : L’ère mitterrandienne >