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l'école des artisans sushi

Ce que les maîtres artisans sushis m’ont appris sur l’entrepreneuriat

Entreprendre, c’est un point d’interrogation.

Un projet évolue sans cesse, l’idée change, la communauté change, les clients changent, et même l’entrepreneur change.

Qu’est-ce qui nous motive vraiment à entreprendre ?

Je ne suis pas sûr qu’on se pose beaucoup cette question à la rédaction de TF1.

On entend parler, dans les interviews d’entrepreneurs, de rêves de levées de fonds, de croissance très rapide et de revente de startups à prix d’or, une poignée d’années plus tard.

Une partie de la campagne d’Emmanuel Macron s’est d’ailleurs construite sur cet eldorado, avec le fameux « startup nation ».

Certains décident de créer des empires et parfois, cela donne des résultats exceptionnels. Facebook est un outil formidable pour créer une communauté autour de sa passion. Google permet d’accéder à toute la connaissance du monde en quelques clics.

Mais je ne veux pas que l’on oublie tous les autres pour autant.

Je trouverais dommage que l’on n’érige que l’argent, la gloire et le succès comme facteurs de motivation d’un entrepreneur. 

Je veux que l’on parle également de ceux qui aspirent à d’autres choses.  Je veux que l’on parle des maîtres sushis !

Le maître-artisan des sushis

L’article que vous êtes en train de lire m’a été inspiré par Valentin Decker, Copywriter au sein de l’équipe LiveMentor.

Valentin a publié un article sur son blog, dans lequel il explique le succès d’un de ses auteurs favoris, Ryan Holiday. Il écrit :

« Au moment où j’écris ces lignes, je me rends compte que c’est une constance de tous les auteurs que j’admire. À la manière d’artisans, tous cultivent et perfectionnent leurs compétences chaque jour. Lentement et délibérément, dans le but de devenir meilleurs que la veille. »

Il fait écho à une question que l’on me pose souvent : « Alexandre, qu’est-ce que tu aimes dans l’entrepreneuriat ? Qu’est-ce que tu aimes chez les porteurs de projet que tu accompagnes ? »

Ce que j’aime, ce sont précisément les personnes qui traitent leur activité comme de l’artisanat.

Je sais que cette réponse ne rentre pas dans les cadres établis de motivation entrepreneuriale, et qu’elle ne fait pas vraiment rêver.

Tant pis !

J’adore les entrepreneurs qui construisent des projets à taille humaine. Qui prennent le temps de développer une compétence et une expertise en profondeur. 

J’adore les gens qui aiment tellement ce qu’ils font, qu’ils passent leurs journées à ne faire qu’un seul geste dans le but de la maîtriser à la perfection.

J’adore les gens qui travaillent dans l’ombre, jour après jour, pour progresser dans ce qu’ils font.

Cela me fait penser au film « Jiro Dreams of Sushi ».

Ce documentaire retrace la vie de Jiro Ono, un maître du sushi de 92 ans. Il est le chef d’un des restaurants de sushi les plus légendaires de Tokyo, qui possède 3 étoiles au Guide Michelin. Son restaurant ne possède que 10 places assises !

Jiro est obsédé par ses sushis. La précision de chacun de ses gestes est le fruit d’un demi-siècle d’entraînement.

Ses apprentis commencent tous par faire du riz pendant 15 ans, avant de commencer à travailler le poisson.

De la découpe du poisson, au dressage de l’assiette, en passant par la manière avec laquelle il étale la sauce sur le sushi, chaque mouvement est répété des millions de fois. 

Jiro ne veut pas ouvrir de filiales et ne veut pas non plus conquérir le monde.

Il veut être le meilleur artisan du sushi qu’il est possible de devenir.

Nous défendons une vision artisanale de l’entrepreneuriat

Évidemment, nous n’atteindrons jamais le niveau de maîtrise de Jiro.

Mais je pense que l’on a beaucoup à apprendre :

  • de la manière dont il mène son restaurant et sa vie
  • de la patience qu’il met dans l’exercice de son métier
  • de sa volonté de ne faire qu’une seule chose, mais très très bien
  • du choix qu’il a fait de ne pas chercher à grandir à tout prix, mais de rester modeste

Ce qui est formidable, c’est qu’il est possible d’appliquer cette vision artisanale de son métier à tous les domaines.

En bossant sur cet article, j’ai discuté avec Emmanuel Louisy-Gabriel. Manu est développeur dans l’équipe LiveMentor, mais dans une autre vie..il était réalisateur.

Il y a quelques années, il a été appelé par la Chambre des Métiers de l’Artisanat qui désirait réaliser des portraits vidéo d’artisans passionnés.

Le résultat est superbe :

  • Une fonderie de cloche

J’ai été marqué par le passage suivant : « On a eu envie de le partager ce savoir-faire. Cela fait partie de la culture de l’artisan de raconter son travail ». J’aime cette philosophie évidemment.. puisque j’invite tous les entrepreneurs à se former au copywriting.

  • Une Coutellerie, dont le dirigeant insiste sur « le goût de bien faire ».

  • Une fabrique d’objets en cristal, où on privilégie « l’importance de se faire plaisir ».

  • Une fabrique de filets de pêche, qui continue d’innover.

Fanny Abes et Claudette Lovencin de FEMPO

Je pense également à nos élèves Fanny et Claudette, qui ont créé Fempo, la première culotte menstruelle de marque française, qui cartonne aujourd’hui.

Je me souviens de notre première rencontre, dans un café du deuxième arrondissement Parisien. Je ne connais pas grand-chose aux culottes.. alors les culottes menstruelles… Mais Fanny et Claudette n’ont besoin que de quelques minutes pour transmettre leur passion et expliquer au plus ignare des hommes tous les méfaits des nanoparticules d’argent !

J’ai été marqué par leur souci du détail. Elles avaient choisi tous leurs fournisseurs avec soin, elles étaient soucieuses de l’emballage de chaque culotte, elles adoraient déjà répondre aux questions  des premières femmes intéressées par leur concept.

Comme souvent après un coaching, j’ai réalisé ma chance d’exercer un métier.. où j’apprends tous les jours des personnes que j’accompagne !

Comment Fanny et Claudette ont atteint une telle connaissance de leur sujet ? Comme chaque artisan, elles ont choisi une passion et n’ont jamais cessé de se former. En 2017, elles ont ainsi lancé une grande enquête sur les règles. Près de 3 000 femmes leur ont répondu et elles ont pu ainsi recenser en détail les problèmes et craintes rencontrés pendant les règles.

Et cette enquête a été le début d’une communauté exceptionnelle !

Conclusion

Tous ces entrepreneurs sont animés par l’obsession du détail et l’envie de prendre le temps pour bien faire les choses.

Tous font attention aux matières premières et aux différents produits qu’ils utilisent pour leur activité.

Tous sont animés par une volonté d’indépendance et de créer des produits à leur image.

Notre mission, chez LiveMentor, est d’aider ces gens-là à acquérir les compétences pour se faire connaître sur Internet. Pour leur permettre de trouver des clients et de vivre de leur activité (qui correspond bien souvent à leur passion).

C’est justement ce que j’aime dans l’entrepreneuriat :

  • On peut choisir d’ouvrir la plus grande chaîne de sushi au monde
  • Tout comme on peut décider de n’avoir que 10 places dans son restaurant

L’essentiel est d’être en accord avec ce que l’on souhaite et d’utiliser les bonnes techniques de storytelling pour partager son histoire.

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Alexandre Dana

  • Très beaux exemples! Dans ce que je fais, je recherche cet état d’esprit. Ce perfectionnisme qui est souvent perçu comme un défaut (et qui agace mes proches!) n’en est pas un. Je l’ai récemment compris à la lecture de Marci Shimoff: c’est juste une façon d’exprimer de la gratitude « chaque être humain se doit de donner au monde le meilleur de lui-même »

  • Wow quel bel article! J’ai créé mon agence de voyages spécialisée dans le trek en petits groupes et hors des sentiers battus il y a presqu’un an. Mon but est justement de rester à taille humaine et surtout de ne pas perdre en qualité ou m’éloigner de mes valeurs. Je ne recherche pas à employer 150 personnes et à ouvrir une agence dans chaque pays, je veux juste être LA personne vers qui on se tourne lorsque l’on veut voyager différemment. Je suis reboostée! 🙂

  • Et bien justement moi je veux faire les choses très bien et prendre mon temps, dans un monde qui va si vite
    du coup comment Livementor intègre ces besoins dans les formations/coaching ? quel est votre temps d’accompagnement max ?
    Sachant que j’ai déjà une vie pro et des enfants en bas âge, en général je bosse le soir sur mon projet et encore pas tous !!!

  • Etant mariée à un maître sushi établi en France depuis presque vingt ans maintenant, le masterchef Hisayuki Takeuchi, je vous remercie en son nom de cette reconnaissance pour notre travail et notre art. Nous avons écrit les livres référence sur le sushi et formé des milliers de personnes à l’art du sushi, particuliers ou professionnels, à la première école du sushi en France, l’école de cuisine japonaise de Paris. Il a fallu évoluer avec le statut de l’artisan, qui a changé depuis ces dernières années de façon irrationnelle : l’artisanat des métiers de bouche a été confondu avec le commerce, puisque nous devons être assimilé commerçant. Cette ambiguité administrative éradique peu à peu l’artisanat en France. La différence avec le commerce, et le fast-food en particulier, c’est que nous fabriquons nous-même le produit, il n’est jamais déjà tout fait, il faut le transformer, ça prend du temps, c’est de l’art. Du coup, rare est le public qui comprend le prix du travail, face au marché du fast-food. Une autre raison pour laquelle la restauration traditionnelle est en voie de disparition, c’est la révolution numérique. Elle touche tous les secteurs du marché. livraison à domicile, chef à domicile, loyers exorbitants, formation du personnel, au fort turn-over, et au niveau professionnel bas, ou trop haut, ou pas assez formé.
    Alors même si je salue cet article pour l’appréciation de notre art, je voudrais quand même dire que Jiro a donné une image qui ne correspond pas forcément à notre modèle de société, le restaurant familial avec toute la main d’œuvre invisible bénévole. Impossible en France. Au Japon, le prestige est parfois plus important que la rentabilité. Donc, je vous déconseille de suivre un exemple médiatique dont vous ne voyez pas forcément tous les rouages.
    En revanche, c’est une bonne chose que le numérique s’inspire de l’artisanat quand au respect de l’Autre, du client, dans un échange de service positif. Nous sommes en train de perdre notre vie privée, nos circuits neuronaux, notre environnement, notre agriculture, il est grand temps de mettre en place une éthique, voire un engagement dans ces nouvelles pratiques digitales, plus lucides. Merci de vous positionner comme vous le faites dans cet axe. Merci de votre vigilance et de votre engagement.


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