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Reconversion professionnelle pour cause de santé, comment rebondir ?

La reconversion professionnelle pour raison médicale, beaucoup en parlent, ce sont de grands mots, mais c’est un sujet qui reste un peu flou. Dans quel cas faut-il envisager une reconversion ? Comment fait-on ?

Souvent, la reconversion apparaît comme une solution à une situation inconfortable : je n’aime pas ce que je fais, j’ai envie de changer. Mais cela ne se résume pas à ça.

J’ai 33 ans, j’ai déjà fait 2 reconversions, dans deux situations bien différentes. Aucune des deux n’a été, à l’origine, une impulsion volontaire. Elles sont apparues comme évidentes, pas parce que je voulais changer, mais parce que je me suis découverte, pour la première, et parce que je n’ai pas eu le choix, pour la deuxième.

Première reconversion professionnelle

Après mon Bac L, j’ai fait une année de préparation pour entrer à Sciences Po. Comme à peu près tout le monde, j’ai loupé les concours la première année. A ce moment là, nous habitions Paris (Meudon-la-Forêt pour être précise). Mon père a été muté à Chambéry, et je ne me sentais pas de refaire une année aussi intense toute seule à Paris.

Donc j’ai décidé de les suivre et de continuer mes études à la fac. Je voulais faire du droit international, j’ai donc suivi un double cursus de Droit et de licence en Langues Etrangères appliquées au commerce international. En 3ème année, j’avais un stage en entreprise, que j’ai fait à l’aéroport de Chambéry.

J’y ai découvert un nouveau monde, passionnant ! J’ai abandonné mes études et suis partie faire une formation technique à Toulouse pour travailler comme coordinatrice de vol.

Pour accéder à cette formation, j’ai dû me replonger dans mes cours de mathématiques et physique. Je n’avais pas entendu parler de Pythagore, de lois de la physique ou de trigonométrie depuis des années ! Mon dernier cours de mathématiques remontait à longtemps. Et je me retrouvais dans une formation, à apprendre comment vole un avion, pourquoi un avion vole, à calculer des routes aériennes, des répartitions de charge…

« Mais j’étais motivée, j’avais trouvé un domaine qui me passionnait, une activité que je voulais vraiment faire. »

Le regard des autres

Changer de voie ainsi, faire un virage à 180° n’est pas évident. Je me suis posé beaucoup de questions : que devenait mon projet de travailler dans les ambassades ? J’avais une licence en Langues Etrangères et une première année de droit, j’avais fait une année de préparation : ça représentait quoi ? Du temps perdu ? Et surtout, qu’allait penser ma famille ?

Ils m’ont vue revenir tous les soirs de mon stage, le sourire aux lèvres, partir le matin super enthousiaste, ils m’ont donc soutenue. J’ai eu cette chance, je le sais ! J’ai donc fait ma première reconversion professionnelle avant même de commencer à travailler !

Tout est possible si on le veut vraiment ! Il ne faut pas laisser les idées parasites, le doute s’installer – « Je réussissais « sans trop faire d’efforts » dans mes précédentes études, alors pourquoi j’ai changé de voie ? ».

Je ne dirais pas que ça a été facile, loin de là. J’ai travaillé, dur, à m’en rendre malade même (là c’est mon petit côté perfectionniste qui a pris le dessus).

« Mais au final, si on n’abandonne pas, on finit par obtenir ce qu’on veut. Et là, c’est le bonheur ! »

J’ai fait ce métier pendant 10 ans, et franchement, j’aimais ça ! J’avais trouvé LE métier qui me correspondait. Je n’ai jamais regretté d’avoir interrompu mes études, d’avoir complètement changé de voie.

Je travaillais en horaires décalés et irréguliers, week-ends et jours fériés compris.

Mon travail consistait à planifier le chargement des avions (oui, il y a des règles, on ne peut pas mettre les bagages n’importe où et n’importe comment 😉 ) et à gérer tous les intervenants au cours de l’escale. J’adorais ça, c’est un métier hyper dynamique, où rien ne se passe jamais comme prévu!

Alors, pourquoi changer ?

Avec le temps, le métier a évolué et les conditions de travail aussi. De plus en plus de compagnies délocalisaient la partie technique de mon métier (la planification) dans des centres situés en Europe de l’est, en Inde…. Le métier était devenu moins intéressant.

A cause de cette délocalisation, les compagnies ont voulu faire baisser les tarifs, et les compagnies d’assistance (pour qui je travaillais) ont arrêté de remplacer les départs. Le rythme de travail est devenu beaucoup plus intense, les horaires complètement ahurissants (on nous planifiait aussi bien du matin que du soir dans la même semaine).

Pendant 4 ans on nous a demandé de faire des efforts « temporairement », ce que nous avons tous fait. Sauf que l’être humain a été mis de côté pour le profit.

Petit à petit, je me suis rendue compte que mon travail était devenu ma vie, je ne faisais rien d’autre. J’étais trop fatiguée après le boulot pour aller faire du parapente, le service planning me planifiait tous les soirs, je ne pouvais plus aller aux entraînements de natation, je ne voyais plus mes amis.

Je me suis posée plein de questions: Changer d’aéroport ? Partir d’ici, alors que j’ai tous mes amis ? Envisager une reconversion professionnelle ?

J’ai décidé de rester dans la région (qui est juste géniale: Genève, les montagnes, le lac, tout est là). Donc de changer de vie professionnelle.

Je n’avais pas particulièrement peur de me lancer dans une nouvelle aventure. Je commençais à avoir peur pour ma santé et j’envisage une reconversion professionnelle pour raison médicale.

Un nouveau défi, sans grande conviction

J’aime apprendre des choses nouvelles. Faire une nouvelle formation était un défi pour moi, quelque chose de stimulant. Se former pour réussir sa reconversion professionnelle est nécessaire.

J’ai trouvé la formation d’agent de voyage IATA. Ce diplôme a l’avantage d’être reconnu internationalement. Il me permettait d’apprendre les bases théoriques du métier et de trouver un emploi dans une agence de voyage, aussi bien en France qu’en Suisse.

J’ai obtenu un chèque de formation, l’équivalent Suisse du CPF, qui m’a permis d’en réduire le coût. Comme il s’agissait d’une décision personnelle, j’ai financé moi même la formation. (Si vous êtes en France, vous pouvez peut être financé une partie de votre reconversion avec le Fongecif)

Les cours avaient lieu le soir. Je me suis arrangée avec mes collègues pour me libérer, car mon employeur n’a pas voulu m’aider.

Le plus difficile a été de m’organiser pour pouvoir travailler mes cours, et gérer la fatigue aussi. Pendant 8 mois, deux fois par semaine j’avais cours de 19h à 22h et je me levais à 3h pour aller travailler. Je travaillais de 5h à 14h. Après une sieste, je travaillais mes cours.

J’ai fait cette formation de septembre 2017 à Juin 2018.

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai commencé à chercher du travail. Mais je n’étais pas très assidue. Après tout, j’avais encore un CDI, un métier qui me plaisait toujours, même si les conditions dans lesquelles je l’exerçais ne me convenaient plus. J’ai temporisé.

Je me suis retrouvée dos au mur

Oui mais voilà, en janvier 2019, tout a basculé. J’ai appris que je ne pouvais plus travailler sur un tarmac d’aéroport pour des raisons médicales. Comble de malchance, je suis allergique à l’un des composants du kérosène.

Je n’avais plus le choix, je devais abandonner ce métier et faire autre chose. Ça m’a poussée à me décider, à me lancer et à appuyer sur l’accélérateur. Je n’avais plus le temps de me poser des questions, de tergiverser. Je devais finir cette reconversion professionnelle que j’avais entamée.

Je ne trouvais pas de poste d’agent de voyage parce que je n’avais pas d’expérience. Donc j’ai décidé de me lancer un peu comme ça, toute seule, pour me faire mon expérience. Je m’occupais d’organiser les voyages de ma famille et mes amis. Et j’y ai pris goût.

Et aujourd’hui ?

Une agence a fini par me contacter et j’ai accepté le poste. Je suis officiellement chargée de clientèle dans une agence de séjours linguistiques. Comme c’est une TPE (nous sommes 5 au total), ça me permet de voir tous les aspects du métier. Je touche à tout car le travail n’est pas compartimenté. J’apprends énormément !

reconversion professionnelle pour raison médicale

En parallèle, je continue à créer mon agence CSN Voyages Conseil, spécialisée dans les voyages pour les sportifs et les parapentistes. Parce que j’ai compris après quelques mois, que je ne suis pas faite pour être « juste » chargée de clientèle. Ce que j’aimais dans mon ancien métier, c’était la polyvalence, la possibilité de gérer un projet (faire partir un avion, c’est à mi-chemin entre la gestion de projet et la gestion de crise). Suivre les clients, rédiger la brochure, se coordonner avec nos prestataires, c’est bien, mais je veux plus!

C’est là que j’ai découvert LiveMentor ! Pour me mettre sur la bonne voie, lancer mon agence, et continuer ma reconversion. Car je suis persuadée qu’elle n’est pas finie parce que j’ai trouvé un emploi dans ce nouveau domaine. Ma reconversion, c’est bien plus que ça !

La reconversion professionnelle, un simple changement de métier ?

Une reconversion se réfléchit, se construit. A chaque fois, je me suis posé des questions.

Pour la première, j’ai pris le temps. J’ai fait une année de plus à l’université en Commerce international après la licence. Parce qu’après tout, est-ce que ce stage de 4 mois m’avait donné une vraie vision du métier ? Ou juste un aperçu des meilleurs côtés ? Après tout, je n’étais que stagiaire, je naviguais entre les services, je voyais ce que l’on me montrait.

Par contre, pendant mon année de Maîtrise, j’ai travaillé, comme intérimaire, tous les week-ends et les soirs en semaine à l’aéroport.

Là, j’ai su que ce métier était ce qu’il me fallait. Là, je n’ai plus eu peur d’annoncer à tout le monde que je ne finirais pas mes études, que j’allais me présenter dans une autre école pour faire une formation totalement différente.

Prenez le temps d’être sûrs, ne foncez pas tête baissée !

Pour la deuxième, je me suis posé des questions jusqu’à ce que je sois dos au mur.

J’ai préparé ma reconversion professionnelle. J’ai commencé à y penser plus d’un an avant de faire la formation, j’ai suivi la formation, puis je me suis encore arrêtée pour réfléchir.

Sauter le pas n’est pas simple, abandonner un milieu que l’on connaît, que l’on maîtrise, pour se jeter dans l’inconnu n’est pas forcément un moment agréable. Ça fait peur ! Ici, je connais le boulot, je connais les gens, je donne des conseils, on m’écoute. Là, je vais être la petite nouvelle, je vais devoir tout apprendre.

La reconversion professionnelle pour raison médicale, pas le choix

Une reconversion professionnelle pour raison médicale peut être un choc, elle peut être perçue négativement. C’est compliqué de se dire que ce n’est pas moi qui ai choisi de changer de métier. J’y ai été contrainte.

Mais plutôt que de se morfondre, il faut le voir comme une opportunité, une chance de découvrir un autre aspect de soi, un autre mode de vie. C’est la réussite de votre reconversion qui en dépend.

Car oui, une reconversion change aussi votre vie. Après 10 ans de travail irrégulier, j’ai retrouvé des horaires «normaux», un vrai rythme de vie. Ma santé s’est nettement améliorée, disparues les plaques de boutons, je ne me sens plus aussi stressée. Je me sens bien. J’ai recommencé toutes mes activités.

J’ai quand même eu un peu de mal au début à rester assise à mon bureau toute la journée, moi qui marchais tout le temps (jusqu’à 10 km par jour, si si!).

Une reconversion professionnelle pour raison médicale n’est pas facile, et on ne nous aide pas vraiment. Mais pour la réussir, il faut être patient, ne pas abandonner. Et surtout, si on ne trouve pas tout de suite un poste, continuer de développer des compétences, entretenir ses connaissances, continuer à s’intéresser à son nouveau métier, aux évolutions du milieu, parce qu’on ne sait jamais quand l’occasion va se présenter. Ça demande du temps, de l’implication, mais ça en vaut la peine.

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Cécile Cousin

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