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bagels

Un article par jour (24/90) : Il devait nous faire lever des fonds à New York, mais on a juste mangé des bagels.

Il y a quelques semaines, j’ai commencé un Copywriting Challenge. J’ai décidé d’écrire un article par jour, et certains élèves LiveMentor m’ont rejoint dans ce noble défi ! 

Je pourrai écrire un livre sur l’histoire de LiveMentor. Au menu :

– Un pivot
– Deux changements de nom
– Deux procès
– 4 levées de fonds
– 2 500 élèves entrepreneurs (pour le moment !)
– Des dizaines de milliers d’heures de cours à distance

Et ce fameux séjour à New York en février 2014… C’est assurément un des épisodes les plus dingues de notre aventure. Il m’a enseigné la prudence. Retour en arrière :

1. Tout commence avec un message reçu sur Twitter

 

entrepreneur confiance

À l’époque, LiveMentor s’appelle encore HelloMentor. Nous avons ensuite changé de nom à cause d’un procès complètement idiot, mais c’est une autre histoire.

Grégoire, co-fondateur de LiveMentor, alerte ses deux camarades, Charles et moi-même, sur un message privé en anglais qu’il vient de recevoir sur Twitter ! Le message dit :

« LiveMentor a l’air génial et pile dans le type de projet qui m’intéresse depuis que je suis devenu investisseur, en parallèle de mon travail chez Facebook.

Avez-vous déjà levé des fonds ou pensez-vous à le faire ? Je suppose que vous êtes basé sur Paris, mais pensez-vous aller à New York dans un horizon proche ?

J’ai hâte de pouvoir échanger avec vous. »

L’auteur de ce message a un sacré CV. C’est un jeune entrepreneur américain, qui a vendu sa société à Facebook pour 15 millions de dollars. En parallèle de son activité salariée, il a rejoint un fonds d’investissement très réputé. C’est complètement improbable qu’il soit tombé sur nous, sur notre compte Twitter (avec que des tweets en français et ses 123 abonnés !!!)

Je ne vais pas vous cacher la réalité : on est complètement surexcités à la lecture de ce message ! 

On s’y croit ! Prends les billets Maman , on part vivre à côté de la statue de la liberté ! Je vais voir Central Park tous les jours, je vais manger des bagels au petit-déjeuner et aller voir des comédies musicales le soir !!!

Surexcités, je vous dis.. Surtout qu’à l’époque, j’ai un gros coup de coeur pour New York. Je suis surtout très jeune, insouciant, et bête.

2. Le début du rêve

On répond. La conversation s’engage et ça se présente bien. Un premier Skype est planifié très vite. Durant ce Skype, c’est le rêve américain. Notre interlocuteur adore notre vision de l’éducation. « Nobody is doing that in the US, guys ! »

Notre ami peut visiblement prendre l’avion aussi facilement que je m’engage dans la ligne 4 du métro parisien. Il propose de venir nous voir deux semaines plus tard, et nous fixons un rendez-vous.

Le jour venu, il nous annonce vouloir manger du fromage. Je passe alors une heure à faire ce que je n’ai jamais fait de ma vie, comparer des restaurants sur Yelp pour trouver le mieux noté. C’est drôle ! Nous nous retrouvons donc Chez Prune, 36 Rue Beaurepaire dans le dixième arrondissement parisien.

Bon, au passage, la cuisine n’est pas terrible, mais notre ami est RAVI. Il nous expose son plan :

– On prend des billets d’avion pour New York
– Il nous met en relation avec les plus gros fonds d’investissement de la place, notamment celui qu’il vient de rejoindre
– Il va investir lui-même, pour donner un signe de confiance
– Nous allons tous aller vivre aux Etats-Unis pour lancer LiveMentor là-bas

On y croit à fond. On commet des erreurs de débutants :

– On ne réalise aucun « background check » sur ce curieux personnage. J’apprendrai plus tard qu’il n’a que très peu d’influence dans son fonds d’investissement.

– On ne se demande pas sérieusement si nous voulons aller aux Etats-Unis. En vérité, c’est la pire chose à faire pour LiveMentor à l’époque.

– On ne se demande à aucun moment ce qu’on pourrait faire avec le budget que va représenter ce voyage..

Je prends mes billets, je trouve une connaissance de connaissance qui peut m’héberger. Je bricole une présentation en anglais. Je regarde si j’ai des chemises dans ma garde-robe. Je n’en ai pas, je prends des t-shirts. Après tout, Mark Zuckerberg en porte tout le temps..

3. Vis ma vie d’entrepreneur à New York

New York, en voilà une ville qui remue.

« Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. » Céline

On passe son temps à lever la tête. Ils sont grands ces immeubles. Je me demande à quel étage les bureaux de LiveMentor vont être.

Je fais des rendez-vous toute la journée. Notre bonne fée a effectivement fait des mises en relation. Sauf que dès le premier rendez-vous, je comprends qu’on a accepté de me voir par politesse, pas par curiosité pour mon projet. Personne n’a pris vraiment le temps d’aller sur le site de LiveMentor.

Nous ne sommes surtout pas du tout prêts pour ces rendez-vous ! On a foncé tête baissée. On connait très mal les spécificités de l’éducation aux Etats-Unis. Un seul rendez-vous se passe bien, celui avec les premiers investisseurs d’Instagram. Ils me parlent d’un excellent incubateur de startups ici sur New York, où ils peuvent nous recommander.

Je rentre en France, mi-figue, mi-raisin.

Notre bonne fée… n’aura même pas été disponible pour un rendez-vous avec moi sur New York.

Conclusion : Vous l’avez compris, du rêve américain, il n’est resté que les bagels ! C’est facile de s’enthousiasmer sur le projet d’un entrepreneur. On peut tous faire du feedback exceptionnel.

On s’efforce avec l’équipe académique de LiveMentor de faire du feedback honnête. Quand c’est bien, on le dit. Quand ça dérape, on le dit aussi. Et surtout, on n’est pas là pour vendre du rêve. On connait la réalité de l’entrepreneuriat pour être entrepreneurs nous-mêmes. On sait que rien ne se passe jamais comme prévu.

Vous êtes déjà tombés sur un conteur de belles histoires ? On en parle en commentaires !

Alex

PS : les bagels eux étaient là , et ils étaient très bons.

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Alexandre Dana

  • J’adore cette histoire… je suis aussi du genre à faire confiance aux gens, parfois trop vite… Bon, avec l’âge en effet on apprend de nos erreurs et on est + prudent.

    Un conteur de belles histoires m’avait proposé il y a un an de m’aider à faire des vidéos pour promouvoir mon projet, j’attends tjs… ;0)

  • Super article, et super histoire, j’adore ! Moi ça m’a fait sourire, une approche typique à l’américaine ! Ils en font des tonnes, tout le temps, pour tout ! Un business angel réellement influent vous aurait abordé de la même manière ! Même si ça n’a rien donné ça reste une expérience formidable dont vous auriez eu tort de ne pas profiter.

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