Valérie Micheaux : De l’éducation à l’art

Photo de Aurélie Surget

Aurélie Surget

Illustration de Valérie Micheaux : De l’éducation à l’art

Aujourd’hui on vous présente Valérie Micheaux. Ancienne enseignante, elle décide de faire de sa passion, son métier et devient peintre décoratrice. Découvrez son histoire.

Présente-nous ton histoire Valérie :

  • Ton parcours

Enfant, j’étais toujours frustrée de ne pas créer assez. J’ai baigné dans les gammes de couleurs, les croquis, les feutres.  

Maman, styliste, dessinait à la main des motifs à l’époque où ni l’ordinateur ni le stylo correcteur n’existaient : les années 80 ! À 14 ans, plutôt bonne élève, je disais à mes parents que je voulais être ferronnière d’art ou ébéniste… silence… « Fais des études et tu verras après » : le cliché des parents effrayés par la vie d’artiste ! Après une année d’errance en médecine, j’atterris en deuxième année de licence de sciences naturelles.  

Ce premier échec d’orientation m’est cuisant. Je sens la pression familiale pour trouver ma voie, pour choisir des études. Comme j’aime aller au bout des choses, je me lance à fond dans cette voie, sans plus m’interroger. Je développe alors une méthode imparable pour entrainer ma mémoire : je suis capable d’ingurgiter 6 classeurs par semestre et finir major de ma promo.

Mes études me passionnent. Étudier la  vie dans toute sa splendeur jusqu’à la  perfection moléculaire est une grande expérience. Mon but est de décrocher le fameux Graal dont les enseignants  rêvent. Après une année de prépa à  l’École normale supérieure : j’ai 23 ans et l’agrégation. La suite,  s’il vous plaît! 

Le début de la vie active

Je commence à enseigner. Je me  retrouve collègue de mes profs de  lycée, celui où j’étais moi-même élève. Curieuse situation ! Je ne me sens pas à mon aise dans le milieu : se donner  à fond pour toucher le même salaire  qu’un autre… bof… Je ne trouve pas de  motivations. J’ai évidemment besoin de plus, mais je ne le sais pas encore.  J’ai juste un « bof » qui s’affiche dans ma tête quand je pense à ce métier  pour moi. 

Parfois, nos vies ressemblent à  l’étape du mélange des couleurs en  peinture. Quel pigment ajouter ? Quelle compétence acquérir ? Pour  me mener où ? Au début, on ne sait pas grand-chose, pourtant tout est en  nous. Ensuite, les choses prennent  leur place et l’on peut tracer droit  et colorer les espaces pensés. 

  • Le prélude

2002, année charnière. Je porte la vie et je reçois un autre cadeau : un stage de fresque à la chaux. Une femme me raconte qu’elle est devenue peintre en décor. En moi, je me suis dit :  « Si elle l’a fait, toi, tu peux le faire. » 

Après avoir travaillé pendant plusieurs périodes de vacances avec un peintre en décor, très vite, je comprends que je connais les couleurs.  Sans avoir suivi aucun cours, je sais quoi ajouter pour obtenir la teinte finale.  Cette sensation reste gravée en moi  comme inaugurale. Le point de départ et le point d’arrivée se trouvaient alors concentrés en un même moment :  je savais faire avec les couleurs et je savais que je serais peintre… 

Reprendre le chemin du lycée devient ensuite chaque jour plus pesant. Et ce n’est pas la faute des élèves. Je suis simplement appelée ailleurs avec un mégaphone, et rien ne peut se mettre  en travers de ma route. Ma sensation est viscérale.  

  • Le changement

En 2006, je pars avec mon fils de trois ans pour choisir ma vie : devenir peintre décoratrice avec une spécialisation patrimoine. 

Lorsque l’on sort des sentiers battus,  on se heurte à ceux qui y sont bloqués,  par des peurs qu’ils masquent de  justifications variées et inventives,  jusqu’à exciter leur jalousie. Des  collègues qui vous disent entre deux  portes : « Ton congé de formation, tu  ne l’auras pas pour l’année prochaine,  il faut le demander pendant 6 ans avant  de pouvoir l’obtenir. »  

Mais qu’importe ! Ma famille est aussi inquiète, mais là aussi, qu’importe !  Mon ex-mari est fou de rage, mais,  encore une fois, qu’importe ! 

Ce changement ne s’est pas fait sans  adversité ni sacrifices. J’ai parfois  passé un ou deux mois de suite sans  aucune rentrée d’argent, sans compter  le fait que les hivers sont des périodes  de ralenti pour le bâtiment, et encore  plus pour la niche ultra spécialisée que  j’occupe. Le grand et le beau auquel on  aspire nécessitent de quitter le confort.  Les grands élans ont du mal à pousser  sous les décombres d’immondices. Les  sacrifices permettent à la terre d’être  fécondée et de porter semence. 

  • Les difficultés rencontrées

L’organisation. Publier quotidiennement sur Instagram, cela me coûte un peu mais il y a des fruits. De plus toute la mise en place du marketing est un peu lourde.

L’histoire du référencement naturel, pas simple à mettre en œuvre si on ne publie pas des articles régulièrement.
S’astreindre à la newsletter mensuelle, pour l’artiste qui a besoin de créer, c’est parfois frustrant de faire toutes ces tâches annexes mais nécessaires pourtant. Savoir déléguer quand on a un petit budget c’est juste impossible donc le « one casquette » est parfois lourd.

Aujourd’hui

Quinze ans se sont aujourd’hui écoulés. Je suis tellement heureuse d’avoir fait ce choix. Je suis à ma juste place. Ce métier est tellement riche  que ma passion pour le décor peint n’a fait que grandir et aiguiser mon œil et  ma sensibilité artistique. Je travaille à  poser le décor juste avec l’architecture  et ses habitants, et non un « trompe l’œil », comme on le pense souvent.  C’est un métier infini qui a commencé  avec le premier habitat des cavernes  et qui peut être complexe à la hauteur  des décors de Versailles. C’est rendre l’habitat unique par un décor fait du  geste humain, un décor qui fait sens et  où il fait bon vivre. 

Ma spécialisation patrimoine me  permet de restaurer des décors anciens chez des particuliers ou pour  des municipalités, des chantiers  monuments historiques, un atout  exceptionnel qui nourrit ma créativité. Pendant des années, je me suis  contentée de vivre de cette passion,  sans chercher plus loin… Je rencontrais  de nouvelles personnes, mais sans  planifier ni structurer… En fait, j’avais  une sorte d’idée reçue qu’être artiste  et ne pas crever de faim, c’était déjà  bien… Cette croyance limitante vient  de sauter et c’est tant mieux ! 

Quelles sont les prochaines étapes dans le développement de ton projet ?

Créer ma collection de papiers peints à la main ainsi que faire mes sites internet. 

J’aimerais aussi faire connaitre les kits SIMPLICE. Mais pour cela il faut un gros travail de référencement, de pub et de marketing.

Et pour finir, me former au métier de chef d’entreprise grâce à mon entrée en couveuse.

Je me suis  fixé de nouveaux challenges et je me  sens pleine de détermination et de  motivation pour les relever.

Quel a été le déclic pour entrer dans le monde de l’entrepreneuriat

Il y en a eu deux. Le premier lorsque je suis peintre décoratrice. Le deuxième en 2020, lorsque j’ai intégré Livementor.

Comment as-tu vécu ton expérience LiveMentor ?

Plutôt bien , l’accompagnement est absolument nécessaires. Lors de ces séances, une nouvelle idée a surgi, m’amenant à créer une seconde activité : le Kit Simplice. En espérant que cela ne me dilue pas dans de l’hyperactivité inefficace.

Si tu devais recommencer à 0 demain, que changerais-tu ?

Rester focus et ne pas perdre du temps et de l’énergie émotionnelle dans des relations qui ne mènent à rien.

De plus, je me formerais au marketing beaucoup plus tôt et je mettrais plus l’accent sur le développement de mon réseau.

Enfin, je soignerais ma confiance en moi et mes relations avec les autres.

Un conseil pour les personnes qui veulent se lancer ?

Celui de Tim Ferriss : la plupart des personnes qui vous dissuaderont de commencer ne le feront jamais si vous êtes en route, alors GO ! Place à l’action !

Arrêter les fausses excuses de « ce n’est pas tout à fait le moment » et s’entourer de personnes inspirantes et positives.

Pour retrouver Valérie sur ses réseaux :

Sites internet : https://kitsimplice.com
https://iletaitunmur.com

Facebook : Valmicheaux

Pour aller plus loin…

Vous avez aimé le parcours de Valérie ? Découvrez celui d’Amylee, de Julie Espiau et d’Isabelle Vauché qui ont un parcours similaire.

Pour retrouver l’ensemble de nos portraits d’entrepreneurs, c’est par ici.

Inscrivez-vous à la newsletter d'Alexandre Dana

La newsletter la plus suivie en France par les entrepreneurs – partagée toutes les semaines à plus de 200 000 porteurs de projet.