Le grand Guide des métiers de la Tech (1/2)

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Go Fenix

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Se lancer en freelance dans les nouvelles technologies sans savoir coder, mission impossible ? Eh bien non ! La preuve en 7 métiers.

Les nouvelles technologies sont indéniablement LE secteur d’avenir. La créativité y est omniprésente et les innovations évoluent à vitesse grand V… sans compter que les opportunités professionnelles sont abondantes, pour les salariés et les freelances.

C’est la raison pour laquelle se reconvertir vers les métiers du digital et des nouvelles technologies intéresse de nombreuses personnes. Pourtant, une idée reçue persiste : celle selon laquelle il faudrait forcément savoir coder pour travailler dans ce secteur. Si apprendre le code peut être passionnant, c’est loin d’être un prérequis. De la cybersécurité au copywriting, il existe de nombreux métiers de la Tech pour lesquels vous n’avez pas besoin d’apprendre la programmation informatique.
Découvrez sans plus attendre 7 métiers digitaux sans connaissance en code prérequis, à travers le regard de professionnels indépendants.

1. Consultant en cybersécurité

Le consultant en cybersécurité évalue les systèmes informatiques, les réseaux et les logiciels d’une organisation afin de détecter les vulnérabilités et de déterminer la meilleure façon de protéger ses données.

Vincent Dépériers – Consultant en cybersécurité

C’est en 2022, après 8 ans d’expérience en entreprise, que Vincent décide de devenir consultant en cybersécurité à son compte. Il faut dire que la demande est importante dans ce secteur, aussi bien auprès des grandes entreprises que des PME. C’est auprès de ces dernières que Vincent préfère intervenir : « Il est important de mettre en place des mesures de cybersécurité au bon moment, lorsque la taille de l’entreprise est relativement petite. Les grandes entreprises ont de toute façon souvent leur propre service consacré à la cybersécurité ». 

Au quotidien, Vincent s’occupe principalement de la prévention des risques. « Je réalise des tests d’intrusion pour vérifier qu’un site web, une application mobile ou une interface interne est accessible en toute sécurité. Il s’agit de scénarios d’attaques comme le fishing ou la fraude au président, par exemple ». 

Souvent, Vincent propose des formations en sensibilisation auprès des responsables RH (ressources humaines), responsables d’achats, et plus généralement, auprès de tous les salariés. Mais il intervient parfois sur des incidents, comme une perte de données à la suite d’un piratage.

Pour Vincent, la cybersécurité est indéniablement un métier d’avenir qui permet de mieux comprendre le monde digital dans lequel nous évoluons. Mais c’est aussi un secteur qui offre de nombreux avantages, comme une rémunération intéressante et la possibilité de travailler à distance.

3 conseils pour de futurs consultants en cybersécurité freelances

  1. Avoir une appétence pour la technique (sans forcément devoir « mettre les mains dans le cambouis », c’est-à-dire le code informatique).
  2. Présenter clairement ses idées et adapter son discours à son auditoire.
  3. Suivre une formation spécialisée en cybersécurité.

2. Growth marketer

Le growth marketer met en place des stratégies marketing fondées sur l’innovation, la créativité, les données et la connaissance des clients pour entretenir et accroître la relation entre une entreprise et ses clients.

Joévin Canet – Spécialiste en growth marketing

Après des études en journalisme, la co-création d’un site d’information et une dizaine d’années d’expérience en tant que rédacteur, Joévin Canet décide en 2009 de quitter le monde du salariat. La liberté qu’offre le freelancing lui permet de travailler sur des missions diversifiées, d’abord en tant que rédacteur et journaliste. Convaincu qu’une activité de freelance pérenne est étroitement associée à un effort de formation permanent, il a mis à profit ses presque 15 années d’activité freelance pour élargir son champ de compétences et évoluer vers le marketing.

Il exerce aujourd’hui en tant que copywriter, formateur SEO mais aussi growth & content advisor. Son métier consiste essentiellement à attirer une audience qualifiée vers ses clients et créer un lien étroit entre leur offre et leur cible, grâce à une stratégie de contenu adéquate.
« Face aux évolutions de l’évolution de l’intelligence artificielle dans la rédaction de contenu, notamment avec Chat GPT, le rôle de l’humain est plus important que jamais », explique Joévin : « l’IA appelle en effet à un sursaut qualitatif généralisé des contenus produits par une main humaine. Pour un growth marketer freelance, il est donc important de savoir vulgariser auprès des clients les enjeux de la création de contenu, mais aussi le fonctionnement des algorithmes ».

3 conseils pour de futurs growth marketers freelances

  1. Être prêt à se former continuellement car ce métier est, par définition, évolutif.
  2. Faire des missions en parallèle de son activité salariée pour tester le métier avant de se lancer en freelance.
  3. Apprendre à adapter son tarif à son niveau d’expérience et la qualité de son offre, mais sans se brader. Un prix trop bas n’est jamais un gage de qualité et ne permet pas de créer une relation saine avec son client.

3. Data analyst

Le data analyst recueille, organise et interprète des données afin de fournir des informations sur l’entreprise et l’accompagner dans son développement et l’atteinte de ses objectifs.

Pénélope Bellegarde – Fondatrice de The Data Touch et Data Coaching For Leaders

Après une prépa HEC (math et économie) et une école de commerce en spécialisation marketing, Pénélope commence sa carrière dans le marketing digital. Très vite, elle évolue dans la partie analytics du digital, autrement dit, l’analyse du comportement des consommateurs sur les plateformes digitales. 

Un mélange marketing et data qui va influencer la suite de sa carrière. En 2016, elle fonde The Data Touch et Data Coaching For Leaders. Au quotidien, elle accompagne les entreprises sur plusieurs volets de la data grâce à des services de : 

  • Consulting : en accompagnant les entreprises dans l’analyse de leurs données. 
  • Stratégie data : en aidant les organisations à créer des roadmaps autour de la data pour les 2 à 5 années à venir, en fonction de leurs objectifs.
  • Formation : en développant ses propres programmes de formation pour des écoles de commerce ou des entreprises.

Un champ d’action vaste et riche qui met fin à une idée reçue :« Contrairement à ce que l’on peut penser de l’extérieur, la data n’est pas centrée qu’autour des chiffres », explique Pénélope. « Je passe beaucoup de temps à faire des formations pour que les salariés soient sensibilisés à la data (à différents niveaux) et que l’organisation puisse devenir Data driven. La formation permet de démystifier la data et de montrer la valeur ajoutée pour les différents acteurs de l’entreprise ».
En tant que freelance, elle suit de près les évolutions technologiques, et en particulier l’intelligence artificielle (IA) : « l’IA va augmenter l’importance de la data pour les entreprises, mais pose aussi des questions éthiques auxquelles il faut que nous, Data analyst, soyons sensibles ».

4 conseils pour de futurs professionnels de la data freelances

  1. Se mettre à jour ou se familiariser avec les concepts statistiques de base (moyenne vs. Médiane, écart type, distribution…) afin de pouvoir tirer des enseignements de la data.
  2. Se former sur un ou deux outils de visualisation des données.
  3. Si on souhaite se familiariser avec le code, s’inscrire à un bootcamp Python et découvrir les bases du machine learning.
  4. Ne pas négliger ce que l’on sait déjà sur un secteur spécifique (par exemple le marketing ou l’aéronautique) car cela permet de rendre la data plus pertinente, et de l’associer à d’autres sujets.

4. Digital project manager

Un digital project manager planifie, supervise et met en œuvre des projets digitaux depuis leur conception jusqu’à leur livraison finale.

Lola Laurent – Project manager freelance

Depuis 4 ans, Lola accompagne des entreprises du secteur privé et des organisations du secteur public dans la réalisation de projets autour du numérique. Lola explique : « il s’agit d’être le chef d’orchestre de plusieurs parties prenantes pour arriver à la conception d’un outil ou d’un service efficace. C’est un rôle d’organisation et de pilotage ». Elle ajoute aussi qu’il « faut être capable de s’adresser à des métiers techniques : développeurs, UX designers, architectes. Mais il faut aussi apporter une vision stratégique et savoir l’expliquer à des professionnels techniques ».

Parmi les secteurs de prédilection de Lola, on retrouve la EdTech (technologies de l’éducation) et la Deeptech (comprenant des technologies très novatrices). Par exemple, Lola intervient au sein de l’incubateur de Pôle emploi afin d’aider les collaborateurs qui souhaitent développer un projet interne pour améliorer l’offre de service de l’organisme. « Mon rôle est de suivre la conception et la mise en œuvre de produits numériques, de s’assurer qu’on est dans les jalons en termes de budget et de ressources et de produire un MVP (Minimum Viable Product) à une date donnée », précise Lola.

Il faut dire que le digital a transformé les pratiques en matière de gestion de projet. Lola explique « On a vu un gros changement méthodologique, avec l’arrivée de la méthode Agile, dont l’objectif est de tester le produit auprès d’utilisateurs pour l’enrichir et l’améliorer en continu. Il s’agit de s’assurer que chaque phase correspond bien aux attentes des utilisateurs. Depuis, il y a bien plus de communication entre les équipes techniques et les équipes métiers ».

Côté compétences, les soft-skills (les compétences humaines) prévalent sur les compétences techniques, selon Lola. Mais il y a tout de même un incontournable : « il est important de connaître les métiers du digital, leur jargon et leurs enjeux ».

3 conseils pour de futurs professionnels en gestion de projet numérique freelances

  1. Suivre des formations courtes pour acquérir des compétences actionnables (par exemple le low code).
  2. Se former sur les méthodologies de l’entrepreneuriat, du product management, de l’intelligence collective ou l’expérience utilisateur (UX).
  3. Entretenir son réseau pour trouver des missions freelance.

5. UX designer

Un UX Designer est responsable de la recherche, de la conception et de la mise en œuvre de l’expérience utilisateur proposée pour un produit ou un outil numérique.

Saniya Al Saadi – UX designer

Après des études en école de commerce et un double master de recherche en organisation, Saniya devient Chef de projet en agence d’innovation. Une expérience qui lui permet de monter en compétences sur le design UX et notamment de se former sur le prototypage (la conception de prototypes). Puis, mue par la volonté de gérer plus librement sa manière de travailler et ses clients, Saniya se met à son compte en 2017.

En collaboration avec, entre autres, les développeurs et les products managers, elle accompagne les entreprises à créer une expérience globale pour le client, donc sur leurs plateformes numériques mais aussi sur les autres canaux (comme le téléphone ou le guichet, par exemple). Saniya affirme, « l’UX doit être pensée tout au long du parcours client, sur tous les points de contact ».

Sur des missions courtes ou longues, Saniya accompagne ses clients ou contribue à faire changer les mentalités concernant la conception de produits numériques. Saniya explique « Il y a une phase de recherche exploratoire (questionnaire en ligne, entretiens, observation sur site, recherche secondaire). Puis je cherche des idées de concepts et des positionnements. Je travaille d’ailleurs souvent en binôme avec un UI designer pour les maquettes ».

Saniya ajoute : « La voix du designer compte plus qu’avant : il est plus intégré dès le début de la réflexion et moins sollicité seulement en bout de chaîne. Mais la mise en place de routines de recherche reste encore difficile. L’UX est nécessaire tout au long de la vie du produit, pas seulement en amont de son lancement ».

Côté projets, c’est au secteur public et à son utilité pour le plus grand nombre que Saniya porte un intérêt particulier. Elle raconte : « J’ai travaillé par exemple sur un outil métier pour la médecine légale et entrepris une démarche de design en collaboration avec des médecins. La combinaison de domaines (santé – justice) était très enrichissante ».
Si de plus en plus de professionnels UX arrivent sur le marché du freelancing, il est possible de se démarquer, selon Saniya : « Chaque designer peut apporter sa touche et transmettre ses valeurs et sa vision. Il faut faire attention de ne pas perdre sa créativité dans la méthodologie UX, même si cette dernière est indispensable ».

3 conseils pour de futurs UX designers freelances

  1. Trouver son positionnement en n’hésitant pas à se reposer sur les compétences acquises dans son ancien métier ou son secteur de spécialité.
  2. Faire une formation spécialisée, même si le plus important, c’est la pratique !
  3. Si possible, se faire accompagner par un mentor.

6. Ghost writer LinkedIn

Un ghost writer LinkedIn aide les dirigeants d’entreprises et les indépendants à créer et rédiger du contenu sur le réseau professionnel LinkedIn.

Ludivine Peyregne – Ghost writer LinkedIn freelance

Après une carrière dans les archives et la communication d’entreprise, Ludivine devient freelance en rédaction web. Très rapidement, elle est sollicitée pour rédiger des posts LinkedIn pour des professionnels indépendants et des dirigeants d’entreprise. Ludivine explique que « les entreprises souhaitent développer leur visibilité sur LinkedIn mais elles n’ont pas toujours d’idées de posts ». 

Très à l’aise sur cette plateforme sociale, Ludivine ajoute ce service à son portefeuille de prestations. Elle accompagne des graphistes, des coachs ou encore des spécialistes de médecine douce dans la définition de leur ligne éditoriale et de leurs thématiques d’expression. 

« On fait un échange d’une heure à une heure et demie sur leur vision, leur parcours, leur personnalité et leurs passions pour définir leur ligne éditoriale. Ensuite, chaque mois je propose une liste de sujets que le client valide ». Mais le travail ne s’arrête pas à la rédaction : « Une fois les posts rédigés, le client fait des retours. Il est important qu’il puisse s’approprier les textes ». 

Ludivine ajoute aussi qu’elle se charge d’analyser « la performance de chaque post (nombre de likes, commentaires, nombre de vues) ».Et quand on lui demande son avis sur l’avenir de ce réseau professionnel, Ludivine affirme que : « avant, c’était une plateforme de partage de connaissance mais aujourd’hui, le personal branding est prépondérant ».

3 conseils pour de futurs ghosts writers LinkedIn freelances

  1. Se faire accompagner dans son lancement d’activité freelance pour gagner du temps (notamment via une couveuse d’entreprises).
  2. Se former sur LinkedIn et y passer du temps pour observer ce qui s’y passe.
  3. Soigner les accroches de ses posts LinkedIn.

7. No-code maker

Un no-code maker développe des applications, des sites web ou des logiciels sans coder, grâce à des outils spécifiques.

Alexandre Talon – Co-fondateur de l’agence Labastide.io et de l’association NoCode for Good

De la finance à l’associatif, il n’y a qu’un pas. Après un master en finance de marché (et une grande prise de conscience personnelle), Alexandre prend un virage à 360° en reprenant ses études dans le secteur de l’ESS (Économie Sociale et Solidaire).

Après quelques années en tant que salarié dans diverses entreprises de l’ESS, il se lance dans l’entrepreneuriat social avec un projet de collecte de dons en magasins. Mais la pandémie et les confinements vont se mettre en travers de son chemin.

En cherchant une solution pour créer une plateforme de collecte de dons digitale, Alexandre tombe sur un webinar proposé par Contournement, un organisme de formation sur des outils no-code, ce qui lui permet de découvrir l’outil Bubble. Alexandre n’a alors qu’une dizaine de jours pour apprendre le no-code et développer sa plateforme afin qu’elle soit disponible à temps pour la journée mondiale du don (Giving Tuesday Now), un évènement clé dans le milieu associatif. Grâce à des tutoriels proposés par Ottho (un organisme de formation no-code), Alexandre réussit à créer sa plateforme afin que les associations puissent continuer à collecter des dons en ligne, en attendant la réouverture des magasins.

Une belle réussite qui ouvre la voie à une carrière qui mêle no-code et projets à impacts positifs.

Alexandre co-fonde l’association NoCode for Good, qui met le no-code au service de projets solidaires et environnementaux. Alexandre l’explique, « l’objectif est de mettre en ligne les porteurs de projets ESS qui ont peu ou pas de moyens avec des no-codeurs bénévoles ». L’association organise aussi des hackathons pour monter en compétence rapidement sur le no-code et des ateliers de sensibilisation au no-code. 

Depuis 2021, Alexandre a également co-fondé Labastide.io une agence no-code composée d’experts, notamment sur les outils Bubble, Webflow et Ksaar. Ils accompagnent les entreprises à impact positif et les associations caritatives à digitaliser leur projet. « On aide les clients à créer une maquette de produit sur Figma, puis on travaille en mode Agile, avec des sprints sur 5 jours pour créer leur produit digital ou leurs automatisations. On conseille aussi les clients sur les outils à utiliser, l’approche à adopter (intégrée ou modulaire) et sur ce qui est réalisable ou non avec le no-code ».
Sur ce dernier point, Alexandre se montre d’ailleurs très rassurant : « Grâce à certains outils no-code, il est possible de faire environ 90 % de ce que permet de faire le code ».

3 conseils pour de futurs no-code makers freelances

  1. Rejoindre le groupe Slack No-code France, qui est riche de ressources et d’échanges. 
  2. Effectuer une veille sur le no-code.
  3. Suivre une formation spécifique sur le no-code (avec Contournement, Ottho ou Caastor).

Conclusion 

Voilà, nous arrivons à la fin de cette première partie de notre grand Guide des métiers de la Tech 🙂 

Comme vous avez pu le voir, les possibilités sont nombreuses pour se lancer en freelance sans avoir de connaissance en code ! Un bon moyen de faciliter sa reconversion dans le digital est bien sûr aussi de se faire accompagner, pour recevoir un coaching personnalisé. Mais, dans tous les cas, se reconvertir dans le digital est à la portée de tous et de toutes, pour peu que l’on soit motivé et prêt à se former.

Alors, envie de découvrir 7 autres métiers à votre portée ? La suite dans notre 2e partie du Guide 👀 !

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