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guide pour comprendre le statut de freelance

Le statut freelance : le guide pour tout comprendre

Quelle structure choisir quand on a le statut de freelance ? 

Je dois vous avouer quelque chose. J’ai longtemps eu une phobie administrative. C’est le domaine pour lequel j’avais une forte tendance à procrastiner.

Pourtant, le choix du statut a des conséquences juridiques et fiscales lourdes. Il vaut mieux comprendre ce qu’est une EI (entreprise individuelle), une EURL et une SASU (pas de panique, on va vous expliquer tout ça).

Dans cet article, on vous dit :

  • quels sont les différents statuts existants (en langage clair, bien sûr) ?
  • lequel choisir quand on commence en Freelance ?
  • et comment créer votre statut quand vous débutez votre activité ?

On a fait en sorte de rendre ça aussi sexy que possible pour vous faire passer un bon moment. 

Alors, on le crée ce statut ?  

Qu’est-ce que le statut de freelance ?

Le terme désigne un travailleur indépendant, qui est son propre patron, par opposition à un salarié.

À l’origine, un freelance est un chevalier qui n’est pas lié à un seigneur.

Sa lance est libre (free). C’est une sorte de mercenaire. 

Le freelance, c’est donc un chevalier des temps modernes qui offre ses services à qui veut bien le payer. 

Eurostat estime qu’il y existe à peu près 930 000 freelances en France, ce qui représente une augmentation de 33% en 6 ans.

Quel statut de freelance choisir ?

Statut freelance ou auto-entrepreneur ?

Il est obligatoire d’avoir un statut pour pouvoir facturer des prestations. Cependant, il faut comprendre que « freelance » n’est pas un statut juridique. 

Le terme désigne une sous-catégorie parmi les travailleurs indépendants (qui comprennent aussi les artisans, les médecins, les consultants, les avocats, les formateurs, les coachs…).

On peut donc tout à fait être freelance ET autoentrepreneur.

Dernière précision de vocabulaire : depuis le 1er janvier 2016, l’auto-entrepreneur et le micro-entrepreneur signifient exactement la même chose. Ils appartiennent tous les deux au régime social de la micro-entreprise.

Quel est le meilleur statut de freelance en France ?

La plateforme Malt a conçu un schéma de décision hyper clair sur le sujet :

Arbre à décision pour choisir son statut de freelance

Source : Malt

 

Si votre chiffre d’affaires (CA) est inférieur à 72 600 €, le meilleur statut reste la micro-entreprise. 

C’est extrêmement simple à créer. La gestion administrative du statut ne requiert que quelques minutes chaque mois ou chaque trimestre.

Il n’y a pas de capital à apporter. Si vous ne faites pas de CA, vous ne payez aucun impôt. Vous n’avez pas besoin d’un expert-comptable. 

Il faut simplement prévoir le règlement de la cotisation foncière des entreprises (une fois par an) et mettre 23 % de chaque rémunération que vous recevez (les taxes que vous allez verser à l’Urssaf).

Les avantages fiscaux sont imbattables.

Le plafond a été remonté depuis quelques années à 72 600 €. Il était à 33 100 € en 2017. 

Attention : entre 36 500 € et 72 600 € de CA, il faut inclure 20 % de TVA sur vos prestations. 

La micro-entreprise a tout de même quelques inconvénients. Elle offre peu de protection sociale. C’est ce qu’on appelle la prévoyance.

Si on a un accident handicapant ou si l’on n’a plus de clients, on se retrouve au RSA. On ne touche pas au chômage.

Quel statut juridique freelance choisir si l’on dépasse le plafond de la micro-entreprise ?

C’est là où l’histoire se complique. Il y a en gros 4 statuts : EURL, SASU, EIRL, EI.

Pourquoi éviter les statuts EIRL et EI

EI, c’est l’acronyme pour « entreprise individuelle ».

En apparence, c’est un statut avantageux. Comme la micro-entreprise, il y a peu de formalités de gestion. Il n’est pas nécessaire de publier ses résultats financiers. Enfin, les coûts de création sont faibles, voire inexistants. On peut aussi la fermer très facilement.

En réalité, quand on dépasse le plafond de 72 600 €, la micro-entreprise devient automatiquement une EI.

Le problème ? Avec une EI, il n’y a pas de création d’une société. Du coup, si jamais le freelance a des dettes, les créanciers peuvent non seulement saisir les biens professionnels, mais aussi des biens de son patrimoine personnel. 

Bon, dans les faits, il existe peu de chance d’avoir de grosses dettes en tant que freelance consultant. On ne fait pas d’achats de marchandises ou de machines de production.

L’EIRL, c’est une entreprise individuelle à responsabilité limitée. Avec ce statut social, les biens personnels ne peuvent être saisis par les créanciers.

Cependant, le taux des cotisations sociales s’avère plus important que pour une EURL. Il se situe entre 40 % et 45 % pour une EIRL, alors qu’il est de 32 % à 38 % pour l’EURL.

Enfin, avec l’EI, on ne peut pas séparer les bénéfices et la rémunération. On ne peut pas non plus mettre du bénéfice en réserve en cas de baisse d’activité ou si l’on souhaite prendre des vacances.

Or, il peut être intéressant de mettre une partie ou la totalité des revenus en bénéfices. Le freelance peut alors se les verser à lui-même en tant que dividendes. Les dividendes possèdent une fiscalité intéressante (moins d’impôts).

L’EURL

C’est l’acronyme d’« entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée ». C’est une SARL pour un entrepreneur individuel. Cette structure juridique permet d’optimiser sa fiscalité.

Si vous n’avez pas d’autre activité qui vous rapporte un revenu, c’est sans doute le meilleur choix. 

Le capital de départ minimum est de… 1 €. 

Le coût de la création d’entreprise sous cette forme juridique varie entre 500 et 1000 €. Cela dépend si c’est vous qui rédigez les statuts ou si vous le faites faire par un notaire ou un avocat.

Il faut prévoir la rémunération d’un expert-comptable dont le tarif annuel peut varier entre 850 et 2000 €.

La SASU

C’est une société par actions simplifiée unipersonnelle. 

Il s’agit de Société anonyme pour un individu. Ce qui veut dire que le président d’une SASU est assimilé à un salarié. Il cotise au régime général de la Sécurité sociale et bénéficie donc d’une meilleure couverture.

Comme pour une EURL, il y a le coût des statuts (de 500 à 1000 €).

Il faut là encore prévoir la rémunération d’un expert-comptable. 

L’avantage avec ce statut social : si le président de la SASU ne se verse pas de salaires et place ses revenus en bénéfices (pour les transformer en dividende), il ne doit pas payer de charges sociales. Il doit simplement payer les taxes (limitées à 30 %) sur les dividendes. 

Mais dans ce cas, il n’a pas de couverture sociale (comme un auto-entrepreneur).

Cependant, il ne peut le faire qu’à la fin de l’année. Si l’on dispose d’une autre source de revenus, la SASU est un choix intéressant.

Le portage salarial

Un freelance peut aussi faire le choix de dépendre d’une société de portage. Dans ce cas, il a un statut de salarié ; en échange, il donne une part plus importante de ses revenus à la société de portage salarial qui assure toute la comptabilité et l’aspect administratif de l’activité.

L’intérêt du portage salarial, c’est que le freelance dispose de fiches de paie. 

C’est pertinent lorsqu’un freelance souhaite souscrire à un prêt immobilier ou a un changement de vie (maternité ou paternité).

 

EIRL et EI Pas de création d’une société.

Taux des cotisations sociales : entre 40 % et 45 %.

Pas possible de séparer les bénéfices et la rémunération.

EURL Le coût de la création d’entreprise est entre 500 et 1000 €.

Prévoir la rémunération d’un expert-comptable entre 850 et 2000 €.

Taux des cotisations sociales : entre 32 % et 38 %.

SASU Le coût de la création d’entreprise est entre 500 et 1000 €.

Prévoir la rémunération d’un expert-comptable entre 850 et 2000 €.

Taux des cotisations sociales : entre 55 % et 67 %

Possibilité de séparer les bénéfices et la rémunération.

Taxe limitée à 30 % sur les dividendes

Le portage salarial Statut de salarié.

Taux des cotisations sociales : 50 % du chiffre d’affaires.

 

Statut de freelance — avantages et inconvénients

Statut de freelance et chômage

Rappelons le principe : moins on paye de taxe, moins le niveau de protection est important.

Mais le principal désavantage vient du fait que le freelance n’a pas droit au chômage s’il n’a pas de mission. Il doit donc constamment trouver des clients.

On ne dispose pas des avantages du salariat : pas de congés payés non plus.

Devenir freelance — avantages

Cependant, ce statut comporte de nombreux avantages.

Le 1er, c’est l’indépendance. Un freelance choisit son emploi du temps. Il peut aussi choisir ses clients et refuser une mission qui ne lui convient pas. Il peut fixer ses tarifs (même s’il doit prendre en compte dans une certaine mesure ses concurrents).

Le 2e avantage, c’est l’épanouissement qui va avec cette liberté. 75 % des freelances déclarent être épanouis (d’après une enquête menée par la plateforme Malt). En revanche, seuls 9 % des salariés déclarent être engagés.

3e avantage : il maîtrise son volume de travail. Il peut décider de travailler 4 jours par semaine ou au contraire travailler 120h par semaine comme Elon Musk !

Comment créer son statut de freelance

À présent, nous allons détailler la création du statut de freelance en auto-entrepreneur. Il permet d’obtenir un SIRET en 48h. 

Étape 1 : rendez-vous sur le portail de l’Urssaf pour les entrepreneurs. Cliquez sur créer mon auto-entreprise.

Portail Urssaf création auto entreprise

Étape 2 : cliquez sur « non » si vous n’êtes pas déjà immatriculé en tant que travailleur indépendant.

Etapes de création auto entrepreneur pour freelance

Étape 3 : remplissez le formulaire en suivant les indications. L’Urssaf propose un guide pour vous accompagner. Cependant, le site est assez intuitif. 

déclaration du statut en ligne auto-entreprise

ATTENTION : Pensez aussi à demander l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Accre). Vous pouvez être exonéré de taxe la première année de votre auto-entreprise. 

À un moment, vous devrez choisir votre code APE (Activité Principale Exercée) ou code NAF (nomenclature d’activité française). C’est la même chose ! 

Il comporte 4 chiffres et une lettre. 

Par exemple, le code APE — NAF d’un développeur web est 6201Z.

Si vous souhaitez trouver votre code APE, vous pouvez vous rendre sur le site de l’INSEE avec ce lien

Tapez ensuite le libellé de votre activité et cliquez sur la loupe.

où trouver son code APE pour statut freelance

Création du statut freelance — recommandation

Commencez par trouver des clients. Vous pouvez tout à fait attendre d’avoir votre premier client avant d’initier la création de votre micro-entreprise. 

La plateforme Malt permet par exemple de faire un profil et de lancer les démarches après qu’un client ait accepté votre devis.

Pareil pour LinkedIn.

Les formalités obligatoires du freelance 

Avec la micro-entreprise, vous n’avez qu’une seule formalité obligatoire : la déclaration du chiffre d’affaires. Vous pouvez le faire chaque mois ou chaque trimestre. 

Cette déclaration se fait en ligne sur le portail entrepreneur de l’Urssaf.

Portail de l'Urssaf - gérer mon auto entreprise

Pour que ça se passe bien, établissez vos factures, tenez votre comptabilité. Ce sera d’autant plus simple de payer vos charges.

Vous pouvez vous aider d’un outil de facturation comme Tiime AE. Il est gratuit pour les auto-entrepreneurs. 

Le mot de la fin 

Vous avez créé votre statut ? Vous êtes prêt à vous lancer ?

Votre prochaine étape : trouver des clients, bien sûr !

Mais comment faire quand vous commencez une activité et que personne ne vous connaît ? Par où commencer ? 

Pas de panique, on a rédigé un guide super complet pour trouver ses premiers clients. Il vous donne des techniques testées et approuvées qui vous permettront d’obtenir des missions rémunérées. lien de l’article.

 

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Mathias Savary

Mathias Savary

Rédacteur @LiveMentor

La VRAIE disruption dans le marketing digital N’est PAS technologique. Elle vient de l’écrit. Elle est poétique !

Connais-tu la fable du geek et du rat de bibliothèque ? Ce n’est pas une fable de La Fontaine. C’est l’histoire qu’on m’a racontée quand j’étais au collège.

On m’a dit que le monde appartenait aux filières scientifiques et aux écoles de commerce. On m’a dit qu’en dehors de l’enseignement, la filière littéraire était une voie de garage.

Avec l’émergence d’Internet, le mensonge a pris de l’ampleur. Le Bac L s’est ringardisé. De son côté, le geek — le féru de programmes informatiques rejoignait l’ingénieur et le diplômé d’école de commerce au panthéon du cool.

Je ne suis pas un geek. Je suis un rat de bibliothèque. Passionné par l’écriture, je me suis entêté dans cette voie de garage et, à côté de petits boulots (opérateur de saisie informatique !!!), j’ai noirci des pages et des pages. Je me suis forgé en tant que copywriter. Et un jour, j’ai découvert qu’on m’avait menti.

Internet n’est pas le royaume des programmeurs, des ingénieurs et des financiers ! Internet appartient aux raconteurs d’histoires, aux storytellers, aux créateurs de contenu, aux influenceurs.

Depuis 2014, j'exerce le métier de rédacteur web. Je participe au hold up des littéraires sur l'économie digitale. Et c'est vraiment cool.

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