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Loïc Lefevre : Du marketing international à une boutique geek

Aujourd’hui on vous présente Loïc Lefevre. Après avoir travaillé dans des fonctions de marketing international dans des groupes industriels pendant presque 10 ans, il lance avec un associé une boutique Geek. Découvrez son histoire.

Présente-nous ton histoire Loïc :

  • Ton parcours

J’ai commencé mon parcours par des études supérieures de chimie. Je me destinais à travailler dans des laboratoires de recherche et développement. Et c’est ce qui s’est passé.

Au bout de 5 ans, j’ai été contacté par un grand groupe industriel qui recherchait un Chef de Produit pour un projet lié à la chimie. 

Ils trouvaient plus simple de recruter un chimiste et de le former au marketing et au business que de faire l’inverse. Ça a été un tournant important dans ma carrière. Je basculais du labo vers l’équipe business.

J’ai appris plein de choses à cette époque, c’était très formateur. 

Surtout que j’avais toujours été très concentré sur l’aspect technique des choses. J’ignorais tout de l’aspect stratégique et du fonctionnement d’une grande entreprise. 

Cela a duré 4 ans, puis deux choses importantes sont arrivées :

  • J’ai décidé de reprendre des études en cours du soir. Je craignais de tout perdre le jour où je quitterai mon poste, faute d’avoir le bon diplôme. Je me suis donc inscrit en Master de Marketing et Pratiques Commerciales à l’IAE de Paris Sorbonne et j ‘ai passé mon diplôme en deux ans. C’était très intense de conjuguer le boulot et les études, mais je ne le regrette pas. Ça m’a permis d’élargir encore plus mon socle de compétences.
  • Ma business unit a été revendue à un groupe encore plus gros que le nôtre. Le nouvel acquéreur avait déjà une armée de Chef de Produit dans son équipe. J’avais toujours été le seul et je travaillais main dans la main avec le directeur. Mes fonctions étaient donc très variées et mon rôle bien plus impactant que ce qu’il ne deviendrait avec ce nouvel acquéreur. 

Je me suis donc mis en quête de trouver un nouvel employeur.

J’ai trouvé un nouveau job assez rapidement. J’ai rejoint un autre industriel au poste de Chef de Produit international qui s’est peu à peu transformé en poste de Chef de Catégorie. Là aussi j’ai appris beaucoup, notamment sur la culture B2C du marketing que je ne connaissais que théoriquement .

  • Ton projet

Le hasard a fait que mon meilleur ami travaillait lui aussi dans la première entreprise qui m’a recruté. Il était au laboratoire R&D lorsque j’étais dans l’équipe business/marketing.  

Cela a été vraiment clé dans le développement de mon projet entrepreneurial. 

On passait souvent notre pause café à rêver de lancer notre propre business autour de la culture Geek. 

À cette époque, nous n’avions pas d’idée précise et nous n’étions pas prêts à lâcher nos CDI pour le risque de l’entreprenariat.. Mais on s’imaginait souvent se lancer ensemble. 

Et l’idée a fait son chemin  jusqu’à ce qu’on soit dans le bon état d’esprit. L’univers nous envoyait des signaux très insistants,”c’est maintenant ou jamais les gars !”.

Il fallait saisir l’opportunité. On a commencé un travail de 3 ou 4 mois pour définir précisément notre projet. Il nous fallait monter un dossier de création, trouver les financements et le local, etc. C’est finalement en Janvier 2019, que nous avons immatriculer l’entreprise.

Ce travail de préparation nous a permis de mettre sur pied le business model qu’on suit actuellement : nous sommes certes une boutique Geek, mais surtout, on est un lieu de rassemblement pour tous ceux qui partagent des passions autour de la culture populaire.

Nous avons un espace de vente qui nous permet de vivre , mais nous mettons surtout en avant la partie “événementiel”. Nous avons une grande salle de jeu voûtée et en pierres de taille, dans laquelle on organise tout un tas d’évènements (enfin … quand la crise sanitaire ne nous en empêche pas). Tournois, expos d’artistes autour de la culture geek, rencontres avec des auteurs, soirées jeux vidéo, speed dating “geek”, soirées costumées, escape games, etc … .

On voulait absolument éviter d’être uniquement un espace de vente. Avec la concurrence de sites marchands très généralistes (Fnac, Amazon, etc), on aurait rien apporté de plus à notre public. Ce qu’on veut, c’est offrir une expérience durable, bienveillante et fun à nos clients. Devenir un lieu incontournable de la culture geek à Compiègne !

Au bout d’un an, la boutique fonctionnait très bien, on a rapidement rassemblé une communauté de charmantes et charmants geek autour de nous. On s’est alors demandé comment étendre encore plus ce challenge C’est là que nous avons décidé de nous développer sur Internet. On avait déjà les produits et les fournisseurs, ça nous semblait simple comme bonjour.

Bien sûr, la crise sanitaire et les confinements ont renforcé l’idée. Sauf qu’on tient à garder le même positionnement : un site juste pour vendre, c’est peine perdue, on a pas les épaules pour porter ce projet. Ce qui nous anime et nous prend aux tripes, c’est vraiment le côté communautaire autour de la culture Geek. Donc, oui au site de vente en ligne, mais il faut trouver le moyen de garder l’esprit “communauté” de notre boutique à Compiègne

  • Les premières idées

Pour développer une communauté en ligne, deux choses étaient évidentes dès le départ : l’utilisation des réseaux sociaux -ce qu’on faisait déjà massivement, mais en ciblant un public local autour de Compiègne, et la création d’un blog avec un vrai contenu riche et de qualité.

Au départ nous pensions également proposer la quasi totalité des produits de la boutique. Donc l’idée était de créer des fiches produits pour l’ensemble des jeux, des figurines et des produits dérivés. Ce qui représentait quasiment 2 000 références à ajouter au site internet.

  • Les démarches de création

La création de l’entreprise était déjà faite depuis un an, et ce projet était autofinancé par notre société, donc nous n’avons pas eu de formalités administratives particulières.

On s’était évidemment fixé un objectif de chiffre d’affaires à atteindre, et un budget (léger) pour accompagner la création (principalement via de la pub Facebook et Instagram). Je m’occuperai de développer le site sur WordPress, de façon à limiter au maximum les coûts.

  • Les difficultés rencontrées

C’est là que ça s’est devenu compliqué. On a rencontré bien plus de difficultés opérationnelles en  lançant le site internet que notre boutique physique. 

Pourquoi ? Parce qu’on avait clairement sous-estimé l’effort que représente l’ouverture d’un site marchand, en particulier si on vise une stratégie de contenu. Pour comprendre ce qui suit, il faut savoir que la boutique physique à Compiègne occupe déjà environ 50 heures de mon temps chaque semaine.

On a d’abord sous-estimé la charge de travail :

  • créer du contenu, c’est très long, surtout si on veut qu’il soit pertinent, riche, et qu’il apporte quelque chose à son public.
  • coder un site internet, c’est un vrai job, même sous WordPress. C’est long et laborieux quand on est pas développeur et qu’on doit tout apprendre sur le tas. Des bugs apparaissent souvent, parfois causés par les mises à jour, parfois causés par des mauvaises manips. Combien de fois je me suis arraché les cheveux car je créais trois nouveaux problèmes en essayant d’en régler un !
  • rédiger correctement (et de manière convaincante !) une fiche produit, ça prend aussi beaucoup de temps ! Et pas question de faire des copier/coller, c’est le degré zéro de la vente en ligne et du référencement. 2000 fiches produits en un mois…aujourd’hui ça me fait rire d’avoir été aussi naïf !

On a aussi sous-estimé l’investissement financier :

  • Avec la boutique physique à faire tourner, je n’avais clairement pas le temps de gérer l’administration et la maintenance du site. Il aurait fallu sous-traiter cette partie à une agence web. Selon les prestations, ça tourne entre 3 000 € et 10 000 € de budget. Nous n’avions pas prévu ce niveau d’investissement.
  • la pub sur Facebook, ça coûte un petit billet mine de rien. Dans notre cas, et avec le recul dont je dispose aujourd’hui, je pense qu’un budget de 1 500 € pour une campagne de pub est un budget raisonnable. J’avais prévu 100 € … quel naïf !

Donc sans surprise, on s’est plantés. J’ai manqué de craquer psychologiquement parce que cette histoire de site internet m’obsédait, mais aussi parce qu’elle me prenait trop de temps (je faisais des semaines de 60 à 70 heures). Et finalement, les ventes via le site internet sont restées ridicules.

C’est là qu’on a décidé de :

  • me former en copywriting pour que je puisse m’y mettre efficacement et de plus en plus rapidement
  • externaliser la création et la maintenance de notre site, pour que je puisse me concentrer là où j’apporte de la valeur : la création de contenu. Cette partie est en cours, nous n’avons pas encore sélectionné de prestataire.

Quel a été le déclic pour entrer dans le monde de l’entrepreneuriat ?

Avoir travaillé côté business au sein de sièges internationaux de grandes entreprises m’a permis d’être aux premières loges de “l’envers du décor”. 

Les grosses boîtes sont sclérosées par des guerres de politique internes. Souvent préoccupées par des objectifs uniquement financier et court-termisme. Or, l’industrie, c’est quelque chose qui demande une vision, du temps et de l’investissement permanent. Pas vraiment compatible avec des objectifs uniquement à court terme.

Aucune des grosses boîtes dans lesquelles j’ai travaillé ne se sont montrées à la hauteur. Et c’était tellement frustrant d’être parmi ceux qui devaient proposer des axes de développement ,de s’entendre dire “l’idée est excellente, le projet super bien ficelé, il faut absolument le faire” et les voir échouer dans la réalisation pour des raisons ridicules. 

Se plaindre du travail des autres, c’est une chose, mais un jour  j’ai décidé que si je pensais pouvoir faire tellement mieux, il était temps de me lancer moi-même.

Et c’est là que les étoiles se sont alignées : au moment où je cumulais un maximum de frustration et de déception dans mon job, la boîte où travaillait encore mon meilleur ami a décidé de  fermer le labo de R&D et de délocaliser l’activité. 

Avec son licenciement, ça faisait déjà l’un d’entre nous qui n’avait plus à risquer de perdre son job pour se lancer. Et comme moi je n’en pouvais plus, sauter le pas a été très facile.  J’ai demandé une rupture conventionnelle dès que notre dossier de création de projet était terminé.

Comment as-tu vécu ton expérience LiveMentor ? 

Très bien ! C’était la formule idéale pour moi qui devait composer avec un emploi du temps déjà bien chargé. Je ne voulais pas me contenter d’une formation basée uniquement sur des modules vidéos. Je voulais un accompagnement pour vérifier que ce que j’apprenais était juste

C’était également important de pouvoir discuter de mon projet en particulier et voir comment ce que j’apprenais pouvait coller avec mon objectif. C’est vraiment l’accompagnement avec mon mentor Maxence qui a fait la différence pour moi. Ça, et également la possibilité de financer la formation avec mon CPF

Quelles sont les prochaines étapes dans le développement de ton projet ?

On est en train de sélectionner un prestataire pour gérer la maintenance et l’administration du site internet. Ça me demande du temps de briefer et de relancer les agences web sur ce sujet. Mais j’ai bon espoir de trouver le prestataire idéal et de pouvoir enfin me décharger de ce que je sais bien faire : la création de contenu. 

En termes de forme, le but est d’avoir un site internet nickel dans les trois prochains mois.

En terme de fond, côté contenu, j’ai déjà quelques éléments bien avancés. Il faut maintenant que je me crée et me tienne à une certaine routine pour que ce soit régulièrement alimenté. On travaille également avec un professionnel vidéaste pour qu’il nous aide à mettre en place un format et un set-up de vidéos YouTube de qualité.

Si tu devais recommencer à 0 demain, que changerais-tu ?

Je ne sous-estimerais pas le travail et l’investissement que représente le lancement d’un business en ligne. Ça ne se fait pas sur un coin de table en dilettante ! Je prévoirai dès le début d’externaliser la création et la maintenance du site internet, car ma valeur se trouve dans la création d’un contenu que je maîtrise peut être mieux que n’importe qui d’autre. Pas dans le codage d’un site, qui est une technique que plein de personnes maîtrisent bien mieux que moi !

Un conseil pour les personnes qui veulent se lancer ?

Challengez vous ! Attaquez comme un avocat tout ce que vous pensez savoir au sujet de votre projet. N’hésitez pas à vous rendre compte qu’il y a des choses que vous ne savez pas, et cherchez alors à combler vos lacunes. Ça vous aidera à bien vous préparer lorsque vous rencontrerez des interlocuteurs qu’il faudra convaincre sur le bien fondé de votre projet (investisseurs, banques, commissions de financement, etc).

Surtout, ça vous aidera à prendre confiance en vous et votre projet : si vous avez essayé de le “démolir” par tous les moyens possibles et qu’il tient bon, c’est qu’il est robuste et que vous tenez une pépite !

Pour retrouver Loïc sur ses réseaux :

Site internet : antredemondes.fr

Page Facebook : Antredemondes

Instagram : @antredemondes

Pour aller plus loin…

Vous avez aimé le portrait de Loïc ? Découvrez celui d’Antoine Herman et de Sylvie Jouanard qui ont un parcours similaire.

Pour retrouver l’ensemble de nos portraits d’entrepreneurs c’est par ici.

Aurélie Surget

Aurélie Surget

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