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La peur de l’échec ou l’histoire du « bon élève »

Coincé sur un ferry grec avec à ma droite un joueur de harpe, j’en profite pour écrire quelques mots sur un thème qui me trotte dans la tête depuis un certain moment : la peur de l’échec chez l’entrepreneur.

Je me retrouve souvent en coaching à remonter assez loin dans le passé de l’élève, pour tomber sur le « traumatisme du mauvais élève ».

Ce traumatisme est terriblement simple : j’étais nul à l’école, les profs m’ont dit que j’étais nul, en classe on se moquait parfois de moi, donc, c’est sûr mon projet est nul aussi, et je suis nul en tant qu’entrepreneur..

peur de l'échec

Voilà, voilà.

Face à ce genre de situation, j’ai compris qu’il ne servait à rien de répondre « mais si, tu peux le faire, t’es le meilleur, fonce ! ».

Aujourd’hui, je préfère répondre avec l’histoire du « bon élève ».

Dans une autre vie, je donnais des cours particuliers à des collégiens et lycéens :

  • Je leur donnais des cours de mathématiques et d’économie (on parle de Keynes , quand vous voulez !)
  • J’ai aidé un peu moins de 200 élèves en 4 ans
  • J’ai gardé le contact avec la plupart d’entre eux

Et malheureusement, j’observe en ce moment se répéter encore et encore l’histoire du « bon élève ».

Le bon élève n’a pas de soucis scolaires. Il a ce qu’on appelle « des facilités » ! En primaire, les notes sont bonnes. Les professeurs lui disent qu’il est intelligent. Ses parents aussi..

Le bon élève avance tranquillement d’année en année. Il n’a pas besoin de s’interroger sur sa méthode de travail, puisque « ça roule ». Il passe au collège, ça continue de rouler !

Il ne se pose pas de questions et arrive facilement au lycée. Le bon élève ne fait pas grand chose en dehors du lycée.

Une fois au lycée, le stress commence à pénétrer le bon élève.

Pour la première fois, il doit se poser des questions, et ça il n’a pas l’habitude du tout :

Que vais-je faire plus tard ?
Est-ce que je dois aller étudier à l’étranger ?

Ses parents n’ont pas l’habitude de s’inquiéter pour lui : « C’est un bon élève, voyons, il peut tout faire ! »

Allez, on referme vite le couvercle sur les questions, on choisit une voie classique (la classe préparatoire ou l’université) et on recommence à discuter des prochaines vacances et de la météo..

Le « bon élève » a maintenant 20 ans. Il n’est pas très heureux dans ses études supérieures. Bizarrement, les notes sont moins bonnes qu’avant.. Pour la première fois de sa vie, le « bon élève » rencontre des difficultés et ça lui fait peur.

Il change d’orientation ou met en pause ses études.

Il commence à observer que ces anciens amis, parfois mauvais élèves, commencent à parler de leurs projets !

Voyager, lancer une entreprise, développer une association, suivre des cours dans des domaines nouveaux, etc… Bref, autour de lui, les gens font des expériences.

Sauf que lui, il ne sait pas sortir de sa zone de confort. Il a une peur terrible de l’échec. Il ne comprend pas ce qui lui arrive.

Le « bon élève » a maintenant 30 ans. Il a une activité professionnelle qui ne le rend pas heureux. Il a perdu l’habitude d’apprendre de nouvelles choses. Il n’a plus autour de lui des personnes qui peuvent le tirer vers le haut.

peur de l'échec

Il n’a jamais lancé de projets. Alors oui, il n’a pas connu l’échec. Mais il n’a pas connu grand chose tout court…

Je sais que ce post est original, par rapport aux sujets classiques évoqués ici.

Mais j’aimerais vraiment que la communauté LiveMentor ne se comporte JAMAIS en segmentant « bons élèves VS mauvais élèves ». J’aimerai que CHACUN fasse un effort ÉNORME pour soigner ses interventions.

En expliquant par A + B sa situation, son projet, ses apprentissages. En demandant de l’aide, en mettant les formes, ou en apportant de l’aide par pure volonté : comme le font les élèves LiveMentor.

J’aimerais que ceux qui se sentent dépassés n’aient pas peur de venir aux coachings collectifs. Qu’ils comprennent que si l’équipe académique se donne autant, c’est pour que chaque feedback donné à un élève, puisse être utile à tous les autres.

J’aimerais que les élèves de la prochaine formation sur la productivité viennent creuser à fond certains sujets qui mélangent pro et perso avec moi lors des lives collectifs, parce que j’ai SUPER hâte de les donner !

Et j’aimerais que ceux qui étaient mauvais élèves au collège ou au lycée, se sentent bien ici. C’est le message que je partage dans le podcast Nouvelle École. 🙂

Sur ce, je retourne manger de la fêta ! 🇬🇷

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Alexandre Dana

  • C’est quand tu veux pour parler de Keynes, Alex ! RDV le 14 décembre 😉 #PassionÉco
    PS : cet article m’a fait réfléchir, il résonne énormément en moi, en la « bonne élève » que j’étais… Ca me donne envie de creuser le sujet. 🙂


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