Blog LiveMentor
image montrant une personne qui parle en public devant un petit groupe de personnes

Prendre la parole sans perdre leurs moyens, comment font-ils ?

Prendre la parole sans perdre leurs moyens, comment font-ils ? 

La prise de parole peut faire peur. Vous trouverez ci-dessous 3 techniques que j’utilise pour maîtriser la peur et en faire une alliée. 

Quand des nouveaux élèves rentrent en coaching prise de parole en public, l’une de leur première motivation est “d’éradiquer le stress.” 

Tonnerre de zeus, quelle erreur ! 

Yerkes et Dodson, deux compères psychologues du début du XXe, ont prouvé l’effet bénéfique du stress. 

Sarah Bernardt, la grande comédienne du XIXe (mon idole), résume bien la situation.

Quand une jeune comédienne lui dit : 

« Moi, madame, je n’ai jamais le trac sur scène.»  

Sarah lui répondit :

 « Ne vous inquiétez pas, ma petite, ça vous viendra avec le talent.»  

Evidemment, quand on stresse au point de faire des blackouts, de trembler, de rougir, de bégayer… Là ok. On peut travailler sur le trac 🙂 

Alors justement, comment contrôler le stress pour qu’il soit un carburant ? 

Voici 3 techniques que j’utilise dans mes coachings ou dans ma vie de comédienne. 

I-PRÉPARER, OUI MAIS QUOI ? 

Si vous avez une présentation à faire (un pitch, une présentation commerciale…), je vous recommande de la préparer un maximum.

Pas besoin de tout écrire sur du papier, en coaching, on rédige seulement  : 

  • L’introduction
  • La conclusion
  • Les principaux bullets points de la structure et les mots clés

Si vous avez tout rédigé, je vous recommande de ne pas apprendre par coeur, mais de mémoriser l’HISTOIRE. 

Si vous vous entraînez à dire le discours 5 fois, le résultat sera à chaque fois différent, même si le contenu général reste le même. 

On peut apprendre 3 choses par coeur : 

  • La 1ère phrase de l’introduction. C’est là que le trac est à son comble. 
  • La dernière phrase. C’est la dernière impression, il faut la soigner.
  • Les transitions entre mes idées principales. Le fil conducteur sera soigné. 

Évidemment, si vous avez une VRAIE hantise de prendre la parole et une mémoire d’éléphant, vous pouvez TOUT apprendre par coeur. 

C’est Tim Urban, le fondateur du blog que j’adore whaitbutwhy, quand il prépare son TEDx. Il apprend tout par coeur jusqu’à obtenir le même résultat que la chanson “Joyeux Anniversaire”. 

Le résultat Joyeux anniversaire c’est la chanson que l’on peut chanter dans un restaurant, tout en prenant une photo, tout en déplaçant les bouteilles pour faire de la place au serveur sur la table, tout en vérifiant que les cheveux de l’heureux élus ne prennent pas feu au dessus du gâteau, tout en regardant 4 autres choses. 

Au théâtre, pour vérifier que je connais parfaitement mon texte, je débite les mots de manière automatique. Tout en cuisinant de la soupe au topinambour, tout en écoutant Deezer, tout en pensant à ce que je vais faire ce soir. C’est de la mémoire automatique, de la mémoire “froide”. 

Mais si vous n’êtes pas comédien ou Tim Urban, mieux vaut apprendre l’histoire et non les mots. 

J’ai récemment vécu un échec dans l’un de mes coachings, avec le fondateur d’une startup parisienne qui cartonne. Parce qu’il déteste la prise de parole, il m’a demandé d’écrire son discours (j’ai refusé, je n’écris jamais seule, je co-écris). Donc il a demandé à son équipe (ouh, le vilain). Ensuite, il a appris le discours par coeur, mot après mot (double erreur 404). Malheureusement, je n’ai pas réussi à le convaincre de faire autrement.

C’est pourtant son discours de fin d’année face à tous ses plus gros partenaires, dont les plus grosses entreprises du CAC40. 

C’était du par coeur, et ça s’est senti : la parole était monotone et pas naturelle.

Résultat, tout son corps était crispé : immobile, bras refermés et aisselles serrées. Normal, ce n’était pas ses mots à lui. Non seulement le public n’est pas ressorti inspiré ou reboosté mais il est reparti dubitatif. 

II – VISUALISER, COMME LES SPORTIFS 

La visualisation est un exercice puissant pour diminuer le stress le jour J.

L’exercice est pratiqué par les comédiens (surtout avant une première au théâtre), les pilotes de la patrouille de France ou encore de nombreux sportifs de haut niveau. 

Stéphanie Gicquel, championne de France d’athlétisme (24h sur route – 215,3 km – sans dormir – sans aucune pause), utilise cette méthode.

Pour préparer sa traversée de l’Antarctique via le pôle Sud sur 2.045 kilomètres en 74 jours par -50 °C (oui, oui) elle visualise sa course :  

“Avant de courir, je visualise les obstacles. Parfois ces visualisations m’amènent à pleurer. Je me vois en plein milieu d’un désert gelé, avoir très froid, dans des situations extrêmes : avec une rage de dent pendant un mois.” 

Exercice : VISUALISEZ VOTRE PRISE DE PAROLE, COMME SI VOUS Y ÉTIEZ

Fermez les yeux quelques minutes et imaginez-vous le jour J lors de votre prise de parole. Visualisez votre entrée dans la salle, le premier silence, les regards. 

La table de réunion si c’est une présentation en réunion. 

Le powerpoint.

Visualisez-vous en train de prononcer la première phrase. Si vous avez du temps, visualisez-vous en train de faire le discours dans son intégralité.

III – RESPIRER, MAIS COMMENT ? 

C’est une méthode très payante et qui fait des miracles.

Avant de monter sur scène, ma troupe de comédiens pratique la ​cohérence cardiaque.

Exercice : 

  • Prendre une petite inspiration par le nez (2 sec).
  • Tenir en apnée (3 sec). 
  • Prendre une lonnngue expiration par la bouche (4 sec). 

=> La clé est de prendre des petites et légères inspirations par le nez et d’expirer longuement par la bouche.

Je m’amuse à allonger l’expiration pour aller de plus en plus loin : je fais par exemple 22 secondes d’expiration pour 3 secondes d’inspiration.

Vous pouvez télécharger l’application Kardia pour vous guider. 

QUAND FAIRE DE LA RESPIRATION ? Je fais l’exercice quand je suis stressée, à tout moment ! Et systématiquement juste avant de monter sur scène. En fait, je considère le trac comme une grosse centration sur soi. La cohérence cardiaque vide la tête, elle me permet de me concentrer sur autre chose que moi-même.

Avec ça, vous êtes paré ! 

Mais le jour J, il faut oublier tout ce que je viens d’écrire pour n’être que soi-même. Ce serait une erreur de penser à sa respiration sur scène par exemple, sauf si votre cerveau est exceptionnellement fort 🙂 

La seule chose à laquelle je pense avant de monter sur scène c’est : 

Pourquoi est-ce que je prends la parole ? (Parce que c’est écrit dans mon Google agenda, certes.)

Mais y’a t’il une autre raison ? Pourquoi ai-je accepté de prendre la parole ? Quels sont mon objectifs ? Quelle trace est-ce que je veux laisser sur mes interlocuteurs ? 

Cela me connecte avec l’instant présent. 

Je sais que ce qui fera la différence sera l’écoute active dans l’instant présent et la qualité de la relation avec l’audience. Quitte à ce que le propos soit moins organisé mais plus vivant… 

Exercice : Partagez avec nous en commentaire de cet article VOS astuces personnelles !

Avatar

Alexandre Dana

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
shares

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :