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« Le site est devenu progressivement un média reconnu dans l’écosystème de la presse rap spécialisée. » – Antoine Bosque

Envie de générer une source de revenus supplémentaire, en parallèle de votre job ?

Les candidatures pour la Masterclass De Vinci sont ouvertes jusqu’au Mercredi 24 Avril. Elle s’adresse aux salariés qui désirent lancer (ou ont déjà lancé) un projet en parallèle d’un job à temps plein afin de générer un revenu complémentaire.
Exceptionnellement, nous ouvrons deux sessions de 100 places chacune… car près de 600 personnes ont répondu à notre questionnaire sur De Vinci !

Les candidatures s’effectuent via cette page.

Dans le cadre de la sortie de cette nouvelle formation, nous sommes allés à la rencontre d’entrepreneurs qui ont lancé leur projet sans quitter leur job et dont certains sont même encore salariés !
Nous leur avons posé quelques questions afin d’en savoir plus sur eux et leur projet.


Non, vous ne rêvez pas.
C’est bien l’interview d’Antoine Bosque, le cofondateur du site BACKPACKERZ que nous avons l’honneur de publier sur notre blog aujourd’hui !
Etant passionné de rap en plus d’être lecteur assidu de ce média depuis quelques années maintenant, c’est une immense fierté pour moi d’avoir pu collaborer avec Antoine.

Antoine est également salarié et travaille en tant que Lead Product Designer au sein d’une agence de design digital, à Paris.
J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à lire ses propos, qui je vous l’assure sont très riches en conseils et incroyablement inspirants.


Hello Antoine ! Pourrais-tu te présenter et nous dire ce que tu fais aujourd’hui tout en précisant si tu es encore salarié ou pas?

Je m’appelle Antoine Bosque, j’ai 29 ans, j’habite à Paris mais suis originaire de la région nantaise. Je travaille aujourd’hui en tant que Lead Product Designer chez Clint, une agence de design digital basé à Paris.

Il y a 5 ans, alors que j’effectuais mon semestre de fin d’étude à Barcelone, j’ai lancé avec Hugo Ferrandis, un ami d’école avec qui j’étais alors en coloc, le site BACKPACKERZ : un média en ligne dédié au rap et à la culture Hip Hop.

A l’origine un simple blog, le site est devenu progressivement un média reconnu dans l’écosystème de la presse rap spécialisée et lu par quelques dizaines de milliers de personnes chaque mois. Le site est alimenté par une équipe d’une vingtaine de passionnés : des journalistes, photographes, Djs ou encore curateurs de playlists.

Pourquoi as-tu commencé un side project? Quelle était ta motivation?

A vrai dire, j’avais l’envie de monter un projet autour du rap depuis plusieurs années déjà. Je suis un mordu de rap depuis mes 15 ans. En 2014, j’avais dévoré toute l’histoire du genre en France et aux Etats-Unis mais jamais je n’avais eu l’occasion d’être vraiment acteur de cette culture. C’était un vrai manque dans mon parcours, un vide que je devais combler.

Au cours de mes études, à Toulouse, j’ai eu l’occasion de monter une association étudiante pour organiser des concerts et des soirées mais aussi d’écrire des chroniques musicales dans un média étudiant. Toutes ces expériences m’ont permis de concrétiser mes envies initiales dans un projet à la croisée de tous ces domaines : un média musical en ligne qui proposerait aux fans de rap du contenu édito, des événements et de la curation de l’actualité rap.

S’il m’a fallu un peu de temps avant de trouver le moment et l’énergie pour lancer cet ambitieux projet, deux éléments ont vraiment servi de déclencheur. Le premier, un séjour de 6 mois à New York au cours duquel j’ai pu rencontrer certaines légendes de l’activisme Hip Hop comme Bobbito Garcia qui m’a réellement poussé à lancer un projet à mon retour en France. Le second, et sûrement le plus important, est l’enthousiasme et la motivation sans faille d’Hugo pour monter ce projet avec moi.

 

 

Quelles étaient les principales étapes du développement de ton projet, combien d’argent tu avais investi dedans et combien de temps as-tu attendu avant d’avoir des résultats motivants ?

Quand nous avons lancé le projet BACKPACKERZ avec Hugo, nous partions clairement de 0. Pas journaliste de formation, nous avions à peine quelques courtes expériences en tant que contributeurs dans des petits blogs musicaux. Notre réseau musical était très limité, surtout sur Paris où nous débarquions tous deux en janvier 2014 pour notre stage de fin d’étude. Il a donc fallu construire la notoriété de notre média de A à Z !

La première étape qui a permis au projet de se développer a sans doute été les premiers recrutements. Edouard, Arthur, Simon, Anaïs puis Florian, Clément, Antoine… Autant de passionnés qui étant sans doute tombé sur le site par pur hasard et avaient pris la peine de nous contacter pour nous proposer de rejoindre l’aventure, alors même que le site n’était qu’un tout petit blog avec quelques centaines de lecteurs mensuels. Une pensée pour eux !

A partir de la deuxième année, le projet BACKPACKERZ a progressivement passé des paliers grâce à quelques projets d’envergures : dossiers grand formats, interviews d’artistes majeurs (Kendrick Lamar, Mac Miller, Akhenaton…), premières soirées BACKPACKERZ mais également de très nombreux partenariats avec des organisateurs de concerts. Le projet le plus marquant fut sans doute ce pari un peu fou de tenter de classer les 100 meilleurs albums rap US des années 2000. Un mini-site dédié qui nous a offert à l’époque un beau boost de visibilité grâce à des relais par Trax, Arte et divers journalistes rap de renom.

C’est réellement à partir de cette opération que le site a commencé à attirer une audience assez conséquente et surtout que nous avons ressenti que les bases d’une communauté était en train d’émerger.

Côté financier, nous n’avions que très peu d’investissement de départ avec Hugo puisque j’avais monté moi même la première version du site, via un thème WordPress. Il ne nous restait plus qu’à payer les quelques dizaines d’euros d’hébergement annuel de l’époque.

 

 

Comment t’organisais-tu au quotidien pour avancer dans ton projet et quelles étaient les difficultés rencontrées ?

La gestion du temps et l’arbitrage avec le perso est, à mon sens, le point le plus délicat dans la conduite d’un side project. Si, comme moi, vous avez la chance d’avoir un job passionnant avec des responsabilités et des projets stimulants, vous n’aurez pas d’autres choix que de réussir à aménager votre emploi du temps perso pour faire avancer votre side project.

Très honnêtement, cela fait 5 ans que je continue à itérer et à remettre en question très régulièrement la gestion de mon planning. Tôt le matin, entre midi et deux, le soir après le boulot, le WE ; on arrive toujours à trouver du temps pour faire avancer un projet qui nous tient à coeur. Le tout est de réussir à ne pas s’épuiser mais aussi à accepter sans frustration le fait que notre temps dispo pour le projet est limité ainsi que variable selon la période.

J’ai longtemps vécu avec beaucoup de frustration ce manque de temps pour réaliser tous les objectifs que je me fixais sur BACKPACKERZ. Après plusieurs années à chercher la bonne formule, je suis plus ou moins parvenu à trouver le rythme et l’organisation qui me permet de faire vivre et évoluer le projet comme je le souhaite, sans avoir à sacrifier ma vie perso ou ma santé pour autant. C’est avant tout grâce à l’aide de mes comparses Hugo, Florian et Clément, avec qui je co-dirige le projet depuis près de deux ans, que j’ai pu parvenir à cet équilibre.

 

Arrives-tu à dégager un revenu avec ton projet aujourd’hui? Si tu n’es plus salarié, à quel moment la décision de quitter ton job s’est faite?

Si la question de générer des revenus a longtemps été discutée entre nous. Nous avons fait le choix de ne pas privilégier cet objectif sur BACKPACKERZ jusqu’ici. La principale raison est que nous ne voulions pas sacrifier la ligne éditoriale et la qualité de notre média pour des raisons financières. D’autant plus que financer un média web spécialisé à notre époque sur un marché francophone relève plutôt de l’utopie…

Pour Hugo et moi, BACKPACKERZ reste donc jusqu’alors un véritable side project. Un engagement majoritairement bénévole dont les bénéfices se mesure en rencontres, en compétences et en expériences acquises plus qu’en enrichissement personnel. De mon côté, cette décision a aussi été plus facile à prendre puisque j’ai la chance d’être soutenu dans mon projet à la fois par mon employeur (Alex Roubinet) qui m’a toujours encouragé dans ma seconde activité et évidemment grâce à ma femme qui a toujours accepté avec énormément de patience et de bienveillance le projet BACKPACKERZ.

Contrairement à Hugo et moi, Florian est lui en train de monter une activité d’agence créative spécialisée rap en parallèle du média. L’agence compte déjà quelques premiers clients et dévoilera bientôt son nouveau site.

 

 

Quelles sont les erreurs que tu as pu faire et que tu ne répéterais pas aujourd’hui? Et qu’est ce que tu conseillerais à quelqu’un qui veut lancer son projet à côté de son job?

Puisque j’aime beaucoup les checklist, je propose de répondre à cette double question avec une liste des do’s and don’t que je conseillerai à ceux qui souhaitent se lancer dans un side project du même type que BACKPACKERZ :

 

LES DO’S

  • Bien définir en amont vos attentes personnelles vis-à-vis de ce side project (attentes financières, engagements de temps, responsabilités…). Et surtout si vous le lancer à plusieurs.
  • Entourez-vous des bonnes personnes mais ne tombez pas dans le recrutement excessif.
  • Définir une roadmap, des objectifs. Éviter de naviguer à vue.
  • S’assurer d’avoir le soutien et l’acceptation de ses proches.
  • Tous les projets ne sont pas voués à devenir des entreprises. Trouvez un moyen de mesurer la valeur de votre projet autrement que par son chiffre d’affaire 😉

 

LES DON’T

  • Evitez de vous lancer tout seul. Tout comme un projet entrepreneurial, un side project nécessite beaucoup de prise de décisions importantes. Elles sont souvent plus faciles à prendre à plusieurs.
  • Redoubler les efforts de communication interne. Contrairement à votre job, votre collaborateur ne seront peut-être pas à vos côtés toute la journée.
  • Attention à ne pas s’épuiser ! Un side project vous obligera nécessairement à sacrifier quelques activités que vous pratiquiez avant sur votre temps libre (bye Netflix !)
Arslane Gharout

Arslane Gharout

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