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#11 Matthieu Stefani : Les systèmes – Podcast La Méthode LiveMentor

Pour le onzième épisode du podcast La Méthode LiveMentor, je reçois Matthieu Stefani, entrepreneur, fondateur de l’agence Cosa Vostra et du podcast Génération Do It Yourself qu’on ne saurait que vous recommander ! 

 

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Transcription de l’épisode en fin d’article

Ensemble, on a parlé des systèmes, c’est-à-dire de tout ce qu’il faut mettre en place pour structurer son activité, déléguer des tâches et éviter de tout faire soi-même. En bref, les systèmes servent  à ne pas devenir fou quand on est entrepreneur ! On pourrait les définir comme un ensemble de pratiques organisées en fonction d’un but. Ce but, c’est de faire grandir son entreprise sans passer par la case burn out

J’ai interrogé Matthieu sur ce sujet car il cumule plusieurs activités : dirigeant d’entreprise, podcasteur, investisseur en start-up… en plus d’avoir trois enfants ! Il dévoile son organisation au quotidien et sa façon de gérer son agence. En écoutant l’épisode, vous allez découvrir son impressionnant parcours, il a par exemple été leader mondial de cartes de visite en métal et voulait devenir digital nomade ! 

Celui qui se définit comme un « team player » montre en quoi il faut penser son entreprise comme un système global dans lequel chaque partie s’intègre avec les autres. En postface du livre La Méthode LiveMentor, il écrit d’ailleurs que « l’entreprise est avant tout un sport d’équipe ». Autrement dit, c’est le moment d’apprendre à jouer à plusieurs et à mettre en place des systèmes pour y arriver. 

Dans cet épisode, vous allez voir concrètement :  

  • comment mettre en place des process dans l’organisation de votre entreprise
  • les outils à utiliser pour automatiser les actions répétitives 
  • comment créer un cercle vertueux avec la production de contenus
  • la phase de « chaos créatif » par laquelle les entrepreneurs doivent passer 

Ce que j’aime chez Matthieu, c’est qu’il est en constante adaptation. Il ne se repose jamais sur ses acquis et cherche toujours à développer de nouveaux projets qui l’animent profondément. Il a quitté la posture du « technicien » pour celle « d’entrepreneur » dont parle Michael E. Gerber dans son livre E-Myth, le mythe de l’entrepreneur revisité. Une précieuse lecture pour celles et ceux qui souhaitent déléguer et construire des systèmes !  

Et vous, mettez-vous en place des systèmes au sein de votre entreprise ? N’hésitez pas à nous partager votre expérience en commentaire, ça peut en aider d’autres porteurs de projet !   

Si l’épisode vous a plus, n’oubliez pas de le partager sur les réseaux sociaux pour en faire profiter votre entourage !

 

Ressources de l’épisode :

Le linkedin de Matthieu Stefani : https://fr.linkedin.com/in/stefani/fr-fr
Son instagram : https://www.instagram.com/mattintouch/?hl=fr
Le site de son agence Cosa Vostra : https://www.cosavostra.com/
Son podcast Génération Do It Yourself : https://www.gdiy.fr/
Son podcast La Martingale : https://lamartingale.io/
Le podcast Le Panier : https://lepanier.io/
Les entrepreneurs qui l’inspirent : Olivier Goy, Taïg Khris, Jean-David Benichou, Pierre Kosciusko-Morizet, Pierre-Edouard Stérin, Carole Juge et bien d’autres encore !  
La liste des outils et logiciels cités par Matthieu : trello, asana, basecamp, sellsy, payfit, trackpay.io
Le livre La Méthode LiveMentor : https://www.livementor.com/livre/

 

Episode suivant : 

N’oubliez pas d’écouter le dernier épisode de la saison : on parle de comment entreprendre tout au long de la vie avec Marie-France Cohen, cofondatrice des marques Bonpoint, Merci et Démodé ! 

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Transcription de l’épisode :

Josiane – Bonjour à tous, bienvenus sur la Méthode LiveMentor, le podcast qui donne des conseils concrets d’entrepreneurs ! Aujourd’hui, on va parler des systèmes. Vous savez, c’est tout ce qu’il faut mettre en place pour structurer son activité, pour déléguer des tâches, pour éviter de tout faire soi même. Donc, en gros, pour éviter de devenir fou quand on est entrepreneur. Et je suis ravie d’en parler avec Matthieu Stéfani. Bonjour, Matthieu ! 
Matthieu Stefani – Salut, Josiane, merci de m’inviter !
Josiane – Avec plaisir ! Tu es le fondateur de Cosa Vostra, qui est un cabinet de conseil en innovation et une agence digitale. Tu animes le podcast Génération Do It Yourself, qu’on ne saurait que recommander à tous ceux qui nous écoutent ! À côté de ça, tu es investi dans plusieurs start up, donc ça fait beaucoup d’activités en même temps, c’est impressionnant !
Et pour parler des systèmes, on va commencer comme d’habitude par un cas pratique du livre La Méthode LiveMentor. C’est l’histoire de Violaine et Paul, qui ont ouvert un restaurant à Arcachon, qui ont mis évidemment tout leur cœur et leur énergie là-dedans. Ils avaient recruté une serveuse qui est partie au bout de trois mois en leur disant qu’ils n’avaient pas mis en place de systèmes de management efficaces. Donc, les pauvres, ils sont surmenés, ils n’arrivent pas à recruter quelqu’un d’autre, et  clairement, ils sont presque en burn out. Matthieu, je me tourne vers toi avant de parler en détail de ton parcours. Qu’est-ce que tu conseillerais à Violaine et Paul pour sortir de cette situation ? 
Matthieu Stefani – C’est un échec qu’ils ont vécu et il faut prendre cet échec comme une phase, une partie de leur parcours qui va les amener vers un succès. Cette jeune serveuse, tu m’as dit, est partie, en tout cas, cette personne qui travaille avec eux est partie parce qu’elle pensait qu’il n’avait pas mis en place suffisamment bien les systèmes pour l’accueillir, la manager, la former. Qu’est-ce qu’on fait dans ces moments-là ? On prend du recul, éventuellement, on prend le temps de lui reparler en se disant : « J’ai probablement été mauvais, je vais me mettre à l’écouter. Et puis je vais prendre un max enseignement de cette période. » Typiquement, nous, un moment chez Cosa Vostra, on était très mauvais sur l’on boarding des collaborateurs. Donc nos collaborateurs, ils arrivaient au bureau, ils n’avaient pas forcément leur boîte mail. Ils n’avaient même pas forcément – ce n’est pas arrivé souvent, ça, je fais quand même attention, mais quand ça arrive une fois, il faut pas que ça arrive douze fois – ils n’avaient pas forcément d’ordinateur … 
Et donc, on voyait un peu toutes ces start up ou tous ces grands groupes où les gens arrivaient avec leur ordi, leur carte de visite, etc. Après, tu peux dire il y a pire que moi, je vois des grands groupes où on me dit : « J’ai mis trois semaines à avoir mon adresse email, pendant trois semaines, je n’ai pas pu bosser ». Des boîtes du CAC40. Tu vois, ça arrive. Mais nous, on doit être excellents. Donc qu’est-ce que tu fais ? Tu te dis : « Le prochain qui arrive, je veux qu’il ait signé son contrat au plus tard dix jours avant d’arriver dans nos locaux. Je veux qu’il ait un ordinateur neuf. Je veux qu’il ait des cartes de visite. Je veux que tout soit nickel, bien rangé, etc. qu’il ait son bureau, qu’il arrive et qu’il se dise : Wow, c’est bien quand j’arrive ici. » Comme ça, tu évolues. 
Matthieu Stefani – Et puis après, ça, c’est juste la première phase. Après, il y a le suivi, le management. Qu’est-ce que tu fais après un jour ? Qu’est-ce que tu fais après une semaine ? Nous, on a un grand document, on leur fait lire le document quand ils arrivent, qui leur explique des choses. Il y a 20 minutes d’audio, de podcast, que j’ai enregistrées pour expliquer nos valeurs, qui on était, etc. Il y a toute une liste de choses qui expliquent des choses très importantes, fondamentales et des choses potentiellement qui peuvent paraître plus anecdotiques, mais quand on est au bureau, par exemple, c’est comme chez toi, tu mets tes affaires dans le lave-vaisselle et tu les laisse pas traîner pour éviter que les autres les rangent pour toi ou que les personnes qui font le ménage le fassent pour toi, parce qu’on est des personnes responsables et qu’on entretient ce bureau. 
Tout ça, en fait, c’est des apprentissages que j’ai eus grâce à des tas d’échecs, comme ils l’ont vécu. Ça fait partie du jeu. Faut juste pas se décourager, jamais se décourager. C’est le propre de l’entrepreneur. 
Josiane – En fait, tu dis qu’il faut mettre en place des process à toutes les étapes pour éviter justement ce genre de situation. Moi, ça m’intéresse parce que tu diriges une agence, tu as d’autres boîtes en parallèle, tu animes le podcast Génération Do It Yourself … Comment tu fais pour jongler entre tes différentes activités ? Est-ce que c’est naturel pour toi de le faire ? Ou est-ce qu’il a fallu un temps d’adaptation ? 
Matthieu Stefani – J’anime aussi un podcast qui s’appelle La Martingale. J’ai 3 enfants, et je rentre fêter l’anniversaire de mon petit dernier, 2 ans, ce midi, avec un McDonald sous les bras, aha ! il faut prendre ça aussi un peu avec du recul et c’est exactement ce que je disais là aussi. Moi, j’aime beaucoup cette approche, un peu du chaos créatif dont on a parlé sur mon podcast à plusieurs reprises et récemment, je crois avec le fondateur de Malt, Vincent Huguet. En fait, il faut souvent passer par des phases de chaos, voire presque tout le temps, pour organiser. C’est pour ça que cette espèce de phrase un peu cliché du type : « Je ne crois pas aux échecs que je crois aux apprentissage », etc. C’est peut être cliché, mais c’est complètement vrai, quoi. Il y a un moment, à chaque étape, tu fais des erreurs et ces erreurs, le principe, c’est d’essayer de les reproduire le moins possible.
Et donc, du coup, c’est toujours ça, il faut être capable de processiser certaines choses. Processiser, ça ne veut pas dire alourdir et c’est très dur de processiser sans alourdir. C’est quelque chose qui est une sorte d’obsession pour moi, parce que, je prends l’exemple de mon podcast Génération Do It Yourself, à l’origine, je le faisais pendant 18 mois, tout seul, entièrement. L’idée, c’était que ça me prenne une demi-journée maximum par semaine, en plus de mon temps de travail. Puis, au fur et à mesure, à un moment, le podcast a grossi, tu te dis « je vais faire une newsletter », tu dis « je vais améliorer tel point », « il faudrait que je fasse aussi te Insta, tel truc … » Et puis finalement, tu rajoutes, tu rajoutes, tu rajoutes, donc tu as besoin de quelqu’un. Et puis tu rajoutes quelqu’un, qui ose pas valider des choses tout seul. Et puis, il y a finalement quelqu’un d’autre, un créa, un éditeur, … Et puis, à la fin, tu finis par un podcast qui te prend l’équivalent de ce qu’on appelle un ETP, un Équivalent Temps Plein, une personne full time. Et là, ça devient potentiellement complètement ridicule, sauf s’il te rapporte beaucoup. En l’occurrence, celui-ci est un bon retour sur investissement. Mais même avec ça, c’est pas la peine de faire exploser ton temps de travail. Typiquement, je prends l’exemple de mon podcast, mais c’est aussi pareil, j’y viendrai éventuellement, sur le management, sur Cosa Vostra. Ce podcast, aujourd’hui, on l’a hyper processisé. J’ai un certain nombre de personnes qui travaillent dessus, qui ont des responsabilités, mais aussi beaucoup d’autonomie dans tout ce qu’ils font pour faire en sorte que tout soit cadré. Et on sait qu’au total, un épisode reste toujours aux alentours d’une demi-journée, potentiellement un tout petit peu plus, de travail au total, dont mon enregistrement qui dure quand même généralement deux heures, deux heures et demie. Donc, ça veut dire qu’en plus, il y a maximum 2 à 3 heures de boulot en plus. Ce qui fait une grosse demi journée pour le pays des 35 heures. Mais en l’occurrence, c’est peut être 5h de boulot, 5 bonnes heures de boulot. Bon, et comment on fait ça ? Moi, j’ai pris le choix, par exemple, de ne pas monter, mon podcast livré en intégralité, et depuis le début.
Matthieu Stefani – Pourquoi ? Parce que je pense qu’éditorialement, c’est quelque chose d’intéressant. Parce que je pense que pour mes auditeurs, finalement, ça leur permet d’entendre une discussion dans son ensemble qui va mener à des réflexions qui souvent font que la dernière demi-heure, les trois derniers quarts d’heure, la dernière heure du podcast, pas toujours mais souvent, c’est une apothéose. On a plein de choses, on accouche d’un truc qui vient d’une longue discussion. Tu pourrais dire : bon, finalement, ce serait mieux de couper un peu sur le début pour arriver directement en apothéose. Mais ça fait partie de la beauté de ce projet qui est de dire : c’est pas du slow, parce que je suis pas dans le slow content, c’est du fond, c’est pas de la forme. On n’est pas juste dans de l’Instagram, où tout le monde a l’air beau, tout le monde a l’air gentil. On est dans un truc qui est profond. Du coup, j’y gagne sur tous les plans puisque ça me permet de pas monter, de pas y passer des heures et derrière, d’avoir quelque chose d’assez simple, rationnel. J’utilise le même contenu pour le descriptif de l’épisode, à reposter sur Medium, sur LinkedIn, pas sur ma newsletter où je vais un peu plus loin quand même. Voilà, donc l’idée c’est d’utiliser tous ces process pour faire en sorte qu’à chaque fois que quelqu’un me dit : « tiens, faudrait ouvrir un nouveau réseau social, tiens, faudrait faire un nouveau truc », je dis : hop, hop, hop, attention, le boulot que ça demande derrière. Si tu veux le faire bien, ça demande du travail. Il faut bien gérer ses priorités. 
Josiane – D’accord, mais c’est naturel pour toi de jongler entre ces activités, ou il y a quand même eu un apprentissage par rapport au début ? 
Matthieu Stefani – Il y a toujours un apprentissage. Je suis toujours en apprentissage. On le sera tous, tout le temps. Ceux qui ne sont plus en apprentissage sont morts. Et surtout aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit. Parce que tout a changé, tout va changer encore. Je veux dire, on voit l’éclosion de TikTok en six mois, un an : c’est hallucinant ! Et ça va prendre, je pense, du temps chez tout le monde. Aujourd’hui, je passe plus de temps sur Tik Tok et LinkedIn que sur Instagram. Et largement, très largement. 
Et du coup, finalement, tu te dis : tout ça évolue tellement vite. Je ne sais pas encore poster vraiment sur Tik Tok. Enfin, je vois ce que je fais, mais ça ne m’intéresse pas de faire ce que font la plupart des gens. Je regarde, j’analyse, etc. Et ça prend du temps. Tout ça fait qu’il faut t’adapter en permanence. Il faut apprendre, il faut réfléchir, il faut être créatif, etc. Ça, oui, chez moi, c’est plus cette démarche qui est naturelle, de me dire : je suis en apprentissage permanent, j’écoute, j’analyse, je réfléchis et j’agis. 
Matthieu Stefani – Après, le tout, c’est d’être capable aussi d’être dans le chaos, le chaos créatif. Il y a aussi cette phase de chaos. Il y a des moments où on n’est pas productif, où on prend du temps. Où, et bien, quand tu ouvres ton restaurant, pour reprendre l’exemple que tu avais : au début, t’es mauvais sur le service, t’es mauvais sur la cuisine, t’as fait généralement un beau restaurant, si c’est ton premier, qui est très beau, qui a la bonne déco, la bonne couleur, les bons sièges, les bons machins comme sur Instagram. Et puis tu te rends compte qu’en fait, il est pas du tout pratique parce qu’il faut faire le tour de telle chose, parce que la caisse est pourrie, parce que tel machin, parce que ta cuisine n’est pas bien foutue, etc. Là, tu vas casser un bout de ta cuisine, tu vas refaire ton parcours, tu vas changer tel ou tel siège qui en fait au bout de 2 mois, sont salis parce qu’ils ne sont pas fait pour ça. Et puis tada ! Et puis, sur le deuxième resto que tu ouvriras, directement, on aura appris tout ça. Ou alors, tu es con, tu n’auras rien appris, tu remettras pareil ! Ou alors, à un moment, tu t’es dis : en fait, la cuisine, il faut qu’elle soit faite comme ça, il faut que le lieu de passage soit comme ça, il faut que les sanitaires n’aient pas de clenche parce que sinon, c’est sale quand tu sors des toilettes, etc. 
Une fois que tu a appris tout ça et que tu as fait ça, moi, en parallèle, tu vois, je mène une vie dans l’immobilier. J’ai acheté et construit ou pas construit, mais rénové, depuis 6-7 ans, 4 bureaux. Et dans ces bureaux, à chaque fois, le premier, tu le fais mal. Et puis le deuxième, tu le fais un peu mieux. Et puis le troisième, tu le fais vraiment mieux. Et à chaque fois, on économise de l’argent. Et c’est super. En fait, il y a des gens peut-être qui se complaisent dans un univers où ils apprennent rien et où ils sont très bons. Ils ont tout optimisé, etc., ils travaillent le moins possible pour faire le plus d’argent. Ça existe, j’en reçois sur mon podcast de temps en temps. Je suis assez admiratif. Mais à un moment, j’ai toujours peur que ça finisse par se retourner contre toi. 
Josiane – A la base, tu voulais être digital nomade, tu avais créé plusieurs boites. J’ai appris que tu avais été le leader mondial des cartes de visite en métal. Comment est-ce que tu te retrouves à créer une agence, Cosa Vostra, et à gérer plus d’une cinquantaine de personnes ? Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours ?
Matthieu Stefani – Alors j’ai fondé une start up en 2005 qui s’appelle Citizen Side, qui s’appelait Citizen Side, parce qu’elle a été rachetée, changée de nom, cotée en Bourse à Sydney et je crois qu’aujourd’hui, elle est, dans l’absolu, relativement démantelée. Moi, je l’avais quittée bien avant tout ça. Je l’ai quittée en 2011. En fait, quand tu quittes une start up après sept ans, que tu as travaillé comme un chien et que tu te retrouves un peu … Je n’avais pas encore d’enfant à l’époque. Bon, qu’est ce que je vais faire ? Etc. Finalement, généralement, tu deviens un peu consultant. C’est un peu le passage obligatoire. Tu vas vendre des jours-hommes à des gens. Et puis moi, j’étais intéressé à fond par le e-commerce. Donc je me disais : « Tiens, je vais quand même tester ça ou ça ».
Il se trouve que j’avais créé, pour mon métier de consultant, pour être un peu visible ou plutôt inoubliable, des cartes de visite en métal. Comme ça, je me disais : c’est le premier objet que tu donnes à quelqu’un. Je vais donner ça et ils ne m’oublierons pas en tant que consultant. Et puis finalement, j’ai vu le succès du truc. Je me suis dit : « Tiens, je vais en vendre ». Donc je me suis mis à faire du e-commerce là-dessus. Et en effet, ça marchait très bien. J’en vendais dans le monde entier, c’était produit en Chine. C’était un peu une autre époque, j’avais un peu conscience, mais pas complètement, de l’empreinte carbone, de tout ça. Et je ne le referai pas aujourd’hui, parce que même si le métal est le matériau le plus recyclable au monde, dans l’ensemble, ce n’était pas terrible. En revanche, ça m’a appris énormément de choses. 
Matthieu Stefani – En parallèle de tout ça, donc, je faisais des missions de conseil pour pas mal de monde, et comme je suis dans le digital depuis toujours, tu te retrouves à avoir quelqu’un qui dit : « Tiens, tu peux me faire un site internet ? » Alors moi, je sais faire un site Internet, c’est-à-dire le concevoir, te dire pourquoi tu le fais, comment tu vas le faire, sur quelle techno. Je ne suis ni dev’ ni créa. Donc je sais faire un site qui est bien fait, un site qui devrait ou qui va avoir du succès. Mais je ne sais pas forcément le faire avec mes petites mains. Et donc, du coup, tu vas prendre un free lance, puis tu vas faire bosser ton frère cadet, … Puis, au bout d’un moment, tu te mets à faire 100, 200, 300, mille euros de chiffre d’affaires comme ça, à faire des sites, à donner des conseils et à faire des choses comme ça. Et puis, tu te rends compte, en fait, que cette sorte d’activité, qui fait un peu de e-commerce, qui fait du conseil, qui fait du dev, qui fait de la créa, il n’y a pas d’employés, tu payes pas mal de Free, etc. Tu dis : « En fait, j’ai une sorte de cabinet de conseil, une agence digitale. Tiens, on va formaliser tout ça. » J’ai proposé à certaines personnes avec qui je travaillais de rentrer au capital. Et puis on a formé Cosa Vostra, fin 2013, qui est devenue aujourd’hui une agence qui compte. On travaille avec beaucoup de très grands comptes, avec Google, avec Microsoft, avec TagHeuer. On travaille avec des plus petites boites, des startup, avec Bonne Gueule, je peux citer plein. Et on se marre bien. On édite des podcasts, on a fait de l’immobilier, on a créé des startup. Donc voilà, c’est une belle aventure qu’on a créée, tout ça en 6-7, 7 ans maintenant. On a une filiale en Tunisie, on a une filiale en Angleterre, on a un bureau à Bordeaux. Je crois que c’est un bon tour de mon parcours. Je pourrais rentrer dans le détail pendant des heures si tu veux, aha !  
Josiane – Aha ! C’est intéressant quand tu parles de ton parcours. Toi, en fait, pour structurer l’activité qui, à un moment, grossit, avec le nombre de clients qui augmente. Du coup, tu as créé une agence, mais je me demandais : est-ce qu’il y a d’autres solutions possibles dans ce cas-là ? Est-ce qu’il y a des alternatives à l’agence ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire d’autres ? 
Matthieu Stefani – Quand tu es dans le cas de la sortie de ma précédente startup, tu veux dire, par exemple ? 
Josiane – Je veux dire dans le cas où, en fait, toi, quand tu fais plein de missions pour des clients, tu bosses avec des freelances, tu vois qu’il y a une structure qui est en train de se créer, et si tu ne veux pas forcément créer une agence ? Comment est-ce qu’on peut continuer, justement, à créer des systèmes, mais sans forcément avoir une structure physique ?
Matthieu Stefani – Alors, c’est un choix. En fait, c’est vraiment un choix. Tu peux devenir totalement digital nomade, te dire : « je vais rester en free, un super free ». En fait, l’idée au fur et à mesure, c’est d’augmenter ce que tu appelles tes TJM, ton taux journalier moyen, ce que tu factures par jour. Généralement, au début, tu vas commencer, quand t’es très jeune, quand tu sors d’école à 300, 400 euros. L’objectif, c’est que tu peux aller, pour des gens qui ont beaucoup d’impact sur des projets sur lesquels ils peuvent faire gagner des milliers, des centaines de milliers d’euros sur une journée de conseil, car ils ont une belle vision, tu peux facturer 2000, 3000, 4000, 5 000€ la journée. Très gros TJM. 
Matthieu Stefani – Et donc, du coup, quand tu es free ou quand tu es consultant, tu va essayer de continuer comme ça. Au début, tu te mets sur des plateformes justement, comme Malt, comme il y en a plein d’autres : Upwork, etc. Et ensuite, tu continues, tu crées ton réseau de personnes. En fait, à un moment, je voulais ça. Je ne voulais plus avoir de bureau. Je ne voulais plus avoir d’employés. Je me disais en fait, c’est la liberté totale, c’est génial. En fait, je me suis rendu compte à ce moment-là, au bout d’un an, un an et demi, que je suis un vrai team player. Moi, j’aime le jeu en équipe. Du coup, il y a un moment où, non seulement là tu joues pas en équipe, mais en plus tu capitalises sur rien. J’ai pas de jugement de valeur, il y a des gens qui font ça pendant toute leur vie, qui sont indépendants, qui peuvent voyager dans le monde entier, faire des super choses, qui gagnent beaucoup d’argent et c’est très, très bien. Je suis admiratif de ce qu’ils font, vraiment. En ce qui me concerne, et je pense que c’est une bonne chose à faire pour certains profils, en ce qui me concerne, à un moment, je me suis dit : « je capitalise sur rien ». Et en fait, même si tous les mois, tu gagnes bien ta vie. Si à la fin du mois, si je me casse la jambe ou si j’ai un cancer, eh bien en fait, j’ai plus rien. J’ai plus de revenus et j’ai plus rien. Et je me suis dit : « attends, je capitalise sur rien. » Et je ne veux pas rentrer dans ce schéma. Je suis un entrepreneur, je veux créer de la valeur. Je veux emmener des gens, embarquer des gens avec moi dans mon aventure. Je veux grandir en tant que personne. Je veux essayer de faire humblement grandir des gens autour de moi. Je veux qu’on ait une team de gens hyper brillants, et il y a des gens en plus qui ne veulent pas du tout être dans ce schéma de freelance, etc. dont des gens hyper brillants. Du coup, c’est ce que l’on a créé avec Cosa Vostra. 
L’idée, c’est qu’aujourd’hui, tu vois, j’ai Cosa Vostra, qui a une certaine valeur. J’ai certaines startup qu’on a créées et revendues, donc on s’est mis à l’abri sur certains aspects. On a des bureaux à plusieurs endroits qui nous appartiennent, etc. Tu vois, j’ai capitalisé sur un certain nombre de choses et j’ai fait tout ça. 
C’est des grandes optiques de vie. Il y a des gens qui choisissent une optique où ils sont potentiellement, soit salariés, soit free très bien payés. Ils sont locataires de leur appartement, parce que tu as plus grand quand tu loues que quand tu es propriétaire. Ils ne capitalisent pas. Et souvent, il y a des gens qui sont très heureux comme ça et qui y arrivent très bien. Moi, je suis plutôt un gens de fourmi, qui a besoin de faire des choses et de m’éclater aussi, de faire mes plans. Mais du coup, généralement, tu bûcheronnes aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. C’est beaucoup de travail quand même, même si tu es bien organisé.
Josiane – Est-ce que tu arrives à déterminer – j’imagine que oui – mais c’est quoi le but final de Cosa Vostra ? C’est quoi ta vision et ton rôle au sein de ça ? J’imagine qu’il a beaucoup évolué, c’est-à-dire que tu dois plus être dans l’opérationnel comme au début de l’aventure.
Matthieu Stefani – Mon objectif et mon rôle chez Cosa Vostra, c’est d’apporter la vision de la strat’, des idées quand même sur certains projets de clients, quand il y en a besoin et quand on vient me solliciter, soit les clients, soit mes managers. Mais mon objectif final, c’est d’avoir la meilleure équipe possible, la plus fidèle possible. Pourquoi je veux ça ? Parce qu’en fait, je pense que si j’ai des employés hyper compétents ( quand je dis hyper compétents, c’est très important, c’est vraiment des gens qui sont des stars dans leur domaine) et que je les garde longtemps, ça veut dire que je dois les rendre heureux sous plusieurs aspects, épanouis, intellectuellement stimulés. Ils doivent progresser chez nous. Et eux-mêmes entre eux se stimulent et me stimulent, me poussent à être meilleur aussi, etc. 
Qu’est-ce que ça fait à la fin ? Ça fait que j’ai des meilleurs clients, qui cherchent des profils et des agences comme la nôtre, qui sont, j’espère et je travaille pour, meilleur que les autres. Je ne peux pas prétendre ça comme ça mais voilà. Potentiellement aussi plus cher que les autres. Mais je pense que c’est un meilleur rapport qualité prix. C’est-à-dire qu’en fait, quand tu utilises des mauvaises agences et ça, j’en ai connues et utilisées, très low cost sur pas mal de choses, tu vois très vite le problème que ça crée à court, moyen et long terme, c’est l’enfer. Quand je dis plus cher, c’est pas le double, c’est juste plus cher. Mais en revanche, nettement meilleur. Et donc, du coup, à la fin, j’ai des clients qui sont presque tous, je ne vais pas dire 100%, mais c’est pareil, comme mes employés, tous satisfaits, et ils restent longtemps avec Cosa Vostra. 
Matthieu Stefani –Et à la fin, qu’est-ce que ça fait ? Ça fait que je suis hyper gagnant parce que j’ai des employés qui sont hyper contents. J’ai des clients qui sont hyper contents. J’ai une vie qui est quand même plus relax. Parce qu’en fait, quand tu as des employés pas contents, qui tournent tout le temps et des clients pas contents, qui tournent tout le temps et qui te gueulent dessus, ta vie est pourrie. Et l’ensemble est très vertueux. Moi, je crois beaucoup au travail de qualité et c’est ce que je m’acharne à faire avec Cosa Vostra. Et ça va jusqu’à, tu vois, la qualité sur les bureau. On fait ces bureaux à Bordeaux. Le projet est, je ne sais pas si on aura tout, mais a priori, c’est quasiment sûr qu’on aura une piscine dedans. Normalement, on devrait avoir une garderie. C’est un hôtel particulier qu’on a acheté cette année dans un quartier hyper chouette. Et bien, ça fait partie de ce projet. C’est d’être une meilleure entreprise que les autres, pour avoir des meilleurs profils, des meilleurs clients et avoir une meilleure vie tous ensemble chez Cosa Vostra et rayonner autour avec nos clients qui auront aussi des meilleurs prestataires, qui seront contents et qui auront eux aussi une meilleure vie. C’est un projet clair ou pas?
Josiane – Ah oui, c’est très clair ! C’est une super belle ambition et on voit que tu veux que ça soit durable et que ça soit vraiment solide et ancré.
Matthieu Stefani – Je crois qu’on est dans cette période. Je me dis que c’est la période du Kleenex jetable, etc. mais y compris dans le service, en fait, les gens qui veulent faire ça, qui s’en foutent, qui veulent changer tout le temps, qui veulent des prestations cheap, pas cher, etc. : fine, très bien, allez-y, mais pas chez moi. Tu vois aujourd’hui, de plus en plus, on assume vraiment ça, à plein de niveaux et dès le début, dans le travail avec nos clients. Nous, quand on a des clients qui viennent, qui nous disent : « On fait une compète.On a 25 agences en compète ». Moi, je dis : « Super, maintenant tu en as 24 ». Je suis prêt à faire un call d’une demi-heure, de 10 minutes, etc. mais qu’on me demande pas de travailler en face de 25 personnes, non payé, c’est hors de question. Et aussi après, je dis : « Si vous voulez qu’on aille plus loin, qu’on travaille, moi, idéalement, je préfère que vous nous testiez et qu’il n’y ait pas de compète. Parce qu’en fait j’ai ma street cred. Je travaille pour des gens qui sont suffisamment sérieux pour ne pas avoir à travailler gratuitement pour vous. Ou alors il y a une compète et on est payés, ou alors on est vraiment très peu. Mais même s’il faut faire 10 jours de boulot, 20 jours de boulot, ça me gave. C’est pas normal, en fait, on n’a pas à travailler gratuitement quand tu es dans cette démarche dans laquelle je suis. Et je ne vais pas dire que je le fais jamais. Mais honnêtement, de plus en plus, on a des clients qui comprennent ça, qui nous disent : « Je veux travailler avec Cosa Vostra » ou « je veux tester Cosa Nostra », on se teste et généralement, ça se passe bien. 
Josiane – C’est un super cercle vertueux et c’est ça qu’on voit, que les systèmes sont importants : c’est de vraiment voir ton entreprise comme un système global. 
Matthieu Stefani – Oui, tout à fait. Après, tu vois, pour revenir sur l’organisation dont on parlait tout à l’heure : de plus en plus d’organisations bien faites et de process, en essayant de garder une flexibilité maximale quand même, d’être toujours agile, et ça passe aussi souvent par un bundle sur lequel, je crois, on commence à être meilleurs. Pareil, on est vraiment passés par ce chaos. Il y a un moment, par exemple, le projet … J’ai toujours eu un team créa très fort, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu alors qu’il n’y a pas d’associés créa. Mais j’ai un team créa exceptionnel, depuis le début. Le dev, on est très forts, on a été moins forts, mais on est très fort. Et un moment, on était assez mauvais au projet. Et on a beaucoup, beaucoup, beaucoup évolué, parce qu’on a processisé, parce qu’on bordé les choses, parce qu’on utilise aussi plein d’outils. Et tu vois, on cherche les outils sur le marché disponibles. Donc aujourd’hui, on utilise des tas d’outils, des Pidrive, des Sellsy, les traditionnels Trello, Asana… Je crois qu’on vient d’arrêter Basecamp, mais j’aime bien cette boite, ça m’a chagriné un peu, mais ce n’est pas moi qui l’utilise. On utilise un million de trucs. Et selon les boîtes, des quick books, des Qonto, des tas de choses que j’adore. Après, on va brancher aussi, et ça, c’est une force, quand on grossit. Quand on est tout petit, on ne doit pas trop développer, on doit utiliser des choses sur étagère parce que sinon on passe sa vie à développer des trucs et on est trop petit. Il faut passer par cette phase de chaos.
Matthieu Stefani – Mais une fois que tu dépasses cette phase de chaos, eh bien, tu dois commencer éventuellement à développer des produits adaptés à ta structure. Et nous, tu vois, typiquement, on a beaucoup de TimeSheet, un peu chiant à faire. Je sais pas si tu vois ce que c’est un TimeSheet : tu remplis le temps passé sur telle ou telle chose. Et aujourd’hui, on a craqué le code du TimeSheet, mais de manière hallucinante, avec un truc qu’on a développé qui s’appelle TimeTime.co, qu’on vend, qu’on commence à vendre, et qui permet à tout le monde de, selon ce qui est rentré dans leur agenda, selon un certain nombre de choses, d’avoir un TimeSheet qui n’est pas prérempli, mais qui est quand même déjà bien, nettement moins relou à remplir. Et puis après, ça, c’est branché à Sellsy, qui est notre logiciel de facturation, qui fait que derrière, on peut, en fonction des TimeSheet de certains, facturer un certain nombre de choses à nos clients, quasiment automatiquement. On n’a pas tout poussé à l’automatique aujourd’hui, mais on est surtout en semi-automatique. Et puis après, une fois que la facture est établie, on a un logiciel qu’on a développé qui s’appelle trackp.io et qui permet d’envoyer la facture au client et de faire le suivi du délai de paiement, pour diminuer le délai de paiement et suivre un peu tous nos clients, faire les relances automatiquement, etc. Celui là, on le vend aussi. Et tu vois, donc on est branché à Sellsy. Et avant tout ça, avant Timetime, il y a des Asana et des Trello. Au début, quand on voit les clients, tout ça est branché à un Pidrive pour suivre l’avis des clients. 
Et en fait, tout ça, ça fait qu’on a une machine de guerre qui est moins relou à utiliser pour tous les utilisateurs, parce qu’on peut se concentrer sur le coeur du business qui est la cré, qui est le dev, qui est le conseil, le growth, le SEO, la création de contenu … le coeur de métier de chacun, grâce à des outils qui permettent d’éviter de perdre du temps sur les trucs relou. Enfin, que moi, j’estime relous, qui sont de facturer, de remplir TimeSheet et de bien gérer ta relation client au niveau logiciel.
Josiane – Et ça, c’est un super système, d’automatiser des actions répétitives. D’ailleurs, est-ce que tu as des astuces pour gagner du temps ? Comment tu gères ta productivité personnelle ? Comment tu t’organiser au quotidien ?
Matthieu Stefani – Alors je passe par ces phases de chaos créatif. Toujours, parce que ma productivité personnelle, aujourd’hui, elle est très entamée par mes podcasts. Dans le sens où l’objectif de tous ces podcasts de créer aussi de l’inbound, des gens qui viennent vers nous, soit pour être recrutés parce qu’ils voient ce qu’on fait et se disent : « tiens, j’adhère à leurs valeurs et je voudrais bosser pour Cosa Vostra ou pour les start up, notre startup studio qui va s’appeler Paretto (on est en train de changer de nom). Et du coup, j’ai beaucoup de sollicitations. C’est très dur à gérer, parce que moi, je suis, j’espère, j’essaye en tout cas d’être quelqu’un de sympathique et aussi, dans le bon sens du terme, opportuniste. Mais en fait, j’arrive pas à gérer vraiment bien tout ça. Au niveau perso, déjà, je me fais accompagner. C’est-à-dire que j’ai une personne qui travaille avec moi, qui est ma productrice sur Génération DO It Yourself, et qui m’aide à gérer un peu l’entrant sur tout ça. Et pareil au niveau de Cosa Vostra, on a un certain nombre de choses où au lieu de donner mon email perso, je vais plutôt donner gdiy@cosavostra.com. Ou tu vois des choses comme ça pour qu’il y ait plusieurs personnes qui soient capable de gérer l’entrant et me faire intervenir quand il y a vraiment besoin de moi. Tout ça, ça se fait par une procession des Pidrive, de différentes choses. On va tester … ah, le nom de cette boîte m’est sorti de l’esprit … une boite qui fait des chat, tu vois de quoi je parle ? Ça va me revenir !
Matthieu Stefani – Donc on essaye de bien orienter tout ça. Après moi, j’ai une organisation perso / pro qui est importante. J’ai des blocs temps, beaucoup de bloc temps. Typiquement, je prends mes enregistrements de podcasts autant que possible, quand c’est pas des gens qui peuvent me l’imposer, voilà autant que possible, c’est le mercredi matin à 9h ou le jeudi matin à 9h. Et mon temps alloué au podcast est : deux blocs temps de deux heures et demie, trois heures, le mardi et le jeudi, si jamais j’ai un des 2 qui saute parce que je l’aurais attribué à autre chose. Le lundi matin, c’est pas mal de rendez vous internes à Cosa Vostra, une conférence avec tout le monde d’abord, puis avec le business, puis avec le contenu, etc. On enchaîne un peu pour organiser la semaine, le mardi soir, j’ai un cours de piscine dans lequel personne ne peut me mettre de rendez vous, jamais, à partir de 7h le mardi soir parce que je nage. Et je peux citer tout ça, mon agenda a déjà des tas de blogs qui sont pris. Tout ça est indéboulonnable, sauf exception. Si Emmanuel Macron veut que j’aille enregistrer Génération Do It Yourself pendant mon cours de piscine, j’y réfléchirais peut-être !
Josiane – Je crois que tu rêves d’avoir un président, en plus, sur ton podcast ?
Matthieu Stefani – Oui, j’aimerais avoir un président, mais pas forcément un président en exercice. Je trouve ça assez sympa d’avoir quelqu’un qui est sorti : Hollande, Sarko, ce serait drôle. Mais bon, je refuserai pas … mme Donald Trump, j’y réfléchirais quand même, ça serait assez drôle ! 
Voilà. Donc ça, c’est vraiment, en termes d’orga, quelque chose d’important. Et puis après, j’ai des contraintes qui sont des bonnes contraintes. C’est-à-dire que le matin, à 8 heures et demie, je pose mes enfants à l’école. De toute façon, du moment où ils se réveillent, à peu près, jusqu’au moment où je les pose à l’école, il y a une heure et demie, de 6h30 / 7h à 8h30, je suis avec eux et je fais rien d’autre. Éventuellement, je mets un peu de radio pour écouter la matinale d’Inter. C’est mon petit moment avec les médias traditionnels de la journée. Mais voilà, je passe un moment avec eux. Le soir, ce n’est pas systématique, je dirais à peu près, en semaine, 1 soir sur 2 ou 2 sur 3. Du coup, c’est vraiment un moment privilégié, dans lequel je ne fais rien d’autre. Et puis après, il faut garder ces moments…
Matthieu Stefani – Si, il y a un moment important pour moi, très important pour moi, ce sont les déjeuners. Je déjeune tous les jours, dehors, avec des clients. En cette période post-confinement – en confinement, ça a été plus compliqué – mais quand ça m’arrive d’avoir un déjeuner planté, etc. éventuellement, après le passage d’Anthony Bourbon de Feed, j’ai pris une nouvelle approche, qui est de dire : « Bon bah, du coup, comme je déjeune pas, je mange un feed devant mon ordi, je gagne une heure et demie de boulot efficace pour gérer mes mails et tout ça. » Mais sinon, je pense qu’inviter des clients, des collaborateurs du monde à déjeuner, c’est des moments déjà de kiff parce que tu passes un moment un peu plus casual, mais aussi souvent productif, où tu comprends des choses, des problématiques. Je dis clients ou prospects. Mais j’adore passer ce moment là, à droite, à gauche. Et puis tu peux te faire plaisir, tu peux aller dans des bons restos, tu peux aller dans des trucs très simples avec une bonne terrasse sympa. Mais voilà, ça, c’est un autre point d’organisation. C’est qu’idéalement, j’ai 5 dejeuners par semaine, productifs, travail.
Josiane – Et inspirationnels aussi, j’imagine.
Matthieu Stefani – Oui, tout à fait, tout à fait. Mais de toute façon, dans le travail et dans tes clients, dans tes prospects, tu trouves de l’inspiration. Tu vas déjeuner avec quelqu’un qui est chez Orange, chez Google ou dans des petites startup ou qui est le patron de Fermob, tu vas comprendre comment il a fait ça, d’où il vient, etc. Moi, je suis énormément dans l’empathie, dans la sérendipité … Donc tu vois, le déjeuner, c’est quelque chose qui est plus facile, potentiellement à organiser qu’un rendez vous, de temps en temps. Avec la contrainte des enfants, j’ai arrêté les petit dej, même si c’était un moment que j’aimais bien aussi. Ça reviendra quand ils seront plus grands, probablement. 
Plus sur l’organisation de l’emploi du temps et après, sur les outils que j’utilise :  je suis toujours, comme beaucoup, esclave de ma boîte mail, ce qui m’agace un peu. Pourquoi ça m’agace ? Parce qu’en effet, il y a beaucoup de sollicitations qui rentrent, sur lesquelles tu te sens obligé de répondre, alors que tu ne l’est pas forcément. Avec en plus, dans toute cette automatisation qui est faite avec plein de logiciels, il y a des gens qui le font très bien, donc en fait, qui donnent l’impression qu’ils écrivent, qu’ils ont pris du temps, alors qu’en fait, ils n’écrivent pas du tout. Ils écrivent juste à 4 000 personnes par jour. Même le fait de l’ouvrir, de regarder s’il t’a vraiment écrit, te rendre compte que c’est tellement bien fait que tu es en train de te faire avoir et d’archiver le machin,  là, tu as perdu 12 secondes, 30 secondes, puis tu multiplies ça par 100 par jour, et puis tout de suite, ça fait beaucoup. Et puis après, il y a d’autres gens qui t »écrivent et qui tu as envie de répondre, mais tu n’as pas le temps parce que tu as des clients qui doivent être prioritaires. Puis tu as des enfants, qui doivent être prioritaires devant tes clients, et puis tu as une femme … Il faut savoir où tu places tout ça. Cette boîte mail est, je pense, un problème pour beaucoup, pour tout le monde, sur lequel on n’a pas trouvé totalement de solution … 
En réalité, je suis impressionné par ces gens qui répondent à tous leurs mails, comme Jean de la Rochebrochard, comme Xavier Niel, qui sont probablement encore plus sollicités que moi. Je ne sais pas comment ils font. Ça doit être un cauchemar intellectuel. 
Josiane – On a enregistré un épisode justement avec Jérôme Dumont, qui donne moins de conseils pour gérer la boîte mail au mieux et faire en sorte de ne pas être esclave de ça. Je me demandais : est-ce qu’il y a eu un moment dans ton parcours où il y a eu un trop plein d’activité ou un trop plein de sollicitations ? Et tu as senti que vraiment, c’était la goutte d’eau qui allait faire déborder le vase ? Ou tu as toujours réussi, grâce aux systèmes ou aux outils, à tempérer tout ça ? 
Matthieu Stefani – Je pense qu’en fait, ça fait quand même quelques années que je suis toujours sur la brèche. Là, tu vois, on se parle, on est en juin 2020. On sort du confinement et honnêtement, j’ai bien organisé les choses, là en ce moment. Tu me remets un an en arrière, 18 mois en arrière, il y a eu une période d’un ou deux ans, quand le podcast commençait à grossir fort, où j’étais beaucoup plus opérationnel à Cosa Vostra, sur tous les sujets. Honnêtement, je bossais tous les jours, tous les jours jusqu’à minuit / une heure du matin. Mais on est obligé de passer par là ! Dans les entrepreneurs qui font des choses, j’en connais pas beaucoup qui ont réussi à juste faire des choses … Pierre Vallade, que j’ai eu sur mon podcast, Jérôme Dumont, en effet, ils sont très efficaces et je suis très admiratif. Et je l’ai eu aussi. Mais je pense que même avant de passer par là et de faire ça pour eux mêmes, ils sont passés sur la brèche. En fait, le problème que j’ai, moi, comme beaucoup d’entrepreneurs, c’est qu’en fait, dès que j’ai organisé un truc qui commence à marcher et que mon podcast est optimisé à fond, du coup, j’ai du temps. Donc, comme j’ai du temps, je vais l’utiliser à faire autre chose. J’ai eu un moment où je l’utilisais à faire plus de sport, du triathlon, semi Ironman, des choses comme ça. Et puis là, je le réutilise à créer une nouvelle startup, à créer un nouveau podcast, à faire un nouveau truc, parce que ça m’éclate ! Je suis quand même un peu toujours sur la brèche parce que dès que j’ai optimisé le truc, je vais m’en rajouter un autre. Que je vais vouloir optimiser ensuite ! 
Josiane – Et qu’est-ce que tu conseilles aux entrepreneurs qui veulent redescendre un peu, qui veulent s’alléger, se désencombrer, qu’est-ce qu’on peut faire ? 
Matthieu Stefani – C’est une question délicate, parce que moi, j’ai l’impression que s’alléger, se désencombrer, c’est la mort, aha ! Ce n’est pas vrai, j’ai un biais qui est mauvais. Mais bon, il y a des business qui sont peut-être plus normés. Je reviens sur la restauration : je pense qu’à ce moment-là, tu peux aussi trouver, selon la taille de ton restaurant, un manager ou quelqu’un qui est plus expérimenté, qui a besoin de moins être accompagné comme la personne qui est partie parce qu’elles disait : « vous n’êtes pas capables d’accompagner ». Ou d’avoir quelqu’un de plus expérimenté, qui sait tout faire tout seul et qui n’a pas besoin que tu le nurture autour de tout ça. 
Il ne faut pas oublier – on parle d’outils, on parle de ce que dit Jérôme Dumont sur les boîtes mail, je trouve ça vraiment top – mais il ne faut pas oublier l’humain. Et l’humain, dans l’organisation et dans l’optimisation, c’est hyper important. Après, il y a différentes sortes d’humains. Nous, on a un directeur financier externalisé, qui n’est pas mon directeur financier full time parce que je suis trop petit encore pour avoir un directeur financier full time : ça coûte cher. Il fait un jour par semaine, il coûte assez cher aussi, mais c’est super. On n’est pas obligés d’avoir tout le monde full time tout le temps. La chance qu’on a aujourd’hui, c’est qu’il y a un million de plateformes qui permettent de trouver des gens qui peuvent bosser ou des gens en remote, des gens comme ça à un jour par semaine, deux jours par semaine, deux heures par semaine, telle ou telle ou telle tâche par semaine. Donc, c’est ça qu’il faut savoir se dire. 
Matthieu Stefani – Et aussi, souvent, quand on est dans la position dont tu me parles à l’instant, de vouloir faire moins, etc. souvent, on est dans cette position, on se plaint et on n’est pas content parce qu’en fait, on fait plein de choses qu’on n’aime pas. Et ça, il y a un moment où ça reste toujours centré sur l’humain. Mais quand tu fais plein de choses que tu n’aimes pas, tu es malheureux et tu as l’impression de subir. Il y a un moment, il faut être capable de prendre un peu de distance, de dire : « Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que j’aime pas faire ? » Si je suis dans mon resto, et que moi, ce que j’aime, c’est tchatcher avec mes clients, les accueillir, les servir éventuellement, etc. me mettre un peu derrière le bar à servir des choses. Mais en fait, faire la cuisine, faire le ménage, le machin, le truc, non ! À un moment, il faut agir, en fait, et se dire : « ce n’est peut être pas d’une serveuse dont j’ai besoin, c’est peut-être un cuisinier ou une cuisinière. » Donc, tu vois là dessus, souvent, il y a trop d’entrepreneurs qui se fouettent eux-mêmes (même des freelances, etc.) avec des tas de tâches qui ne veulent pas faire. A un moment, il faut se dire : « Où est-ce que j’ai de la valeur ajoutée ? Qu’est-ce que je peux faire ? Où est-ce que je peux facturer plus certaines choses pour me payer plus ? » 
Moi, je prends l’exemple totalement débile des gens qui ne veulent pas se payer un logiciel de facturation à 15 balles par mois. Ou 30. Qui se disent : « Attends, moi, je suis free, je ne fais que 8 factures par mois ou 4 ou même 2 à la limite. » Et en fait, pour ton suivi de facturation, pour ton comptable, pour voir ton chiffre d’affaires et éventuellement voir ta marge, etc. ces logiciels sont juste tellement bien fait que c’est complètement débile de pas se payer ce truc-là. Mais ils se disent : « Tiens, je peux économiser 15 balles par mois, c’est super. » Super. Mais en fait, par rapport à Excel, par rapport à tout ça, c’est comme le logiciel de CRM, c’est comme un logiciel d’emailing, quand tu grossis un tout petit peu, c’est comme toutes ces choses-là. Il y a un moment, accepte de te dire  : C’est comme mes bureaux et tous mes logiciels : si je prends 350, 400 euros de bureau – venez les louer chez Cosa Vostra, on a des places à Paris, à Bordeaux – si je me donne un budget de 200, 300 euros de logiciels à utiliser pour optimiser mon travail, à la fin, je serai tellement plus productif qu’en fait, c’est des jours en plus que je pourrai faire passer à autre chose, à vendre à mes clients et à faire ce que je kiffe. C’est du design, c’est du dev, peu importe. 
Josiane – Oui et surtout, tu montres bien que ce temps, il a de la valeur, que le temps qu’on passe à faire ses factures, c’est du temps qu’on ne passe pas, en effet, à créer, à imaginer des projets qu’on aime ou à s’inspirer en déjeunant avec d’autres personnes. C’est très important. Au-delà du budget, il y a aussi : qu’est-ce qu’on veut faire de notre temps ?
Matthieu Stefani – Le temps est la seule ressource au monde qu’on ne peut pas créer. Le temps est la chose qui a le plus de valeur. Donc ne passez pas de temps à faire des choses qui vous emmerdent. Sauf dans cette phase de chaos créatif, c’est-à-dire qu’il faut passer, encore une fois j’y reviens, mais il faut passer par ces moments où tu as fait ta compta, tu as fait ces choses-là, et tu te dis : « non, ça me soule ». Tu le comprends, tu sais comment ça fonctionne, tu as grands principes, fine ! Mais, en fait, après tu arrêtes. Tu le délègues à quelqu’un ou tu acquiers un outil qu’il le fait. Tu trouves le plus efficace et au fur et à mesure tu évolues. 
Le temps, ça ne s’achète pas. Même Warren Buffett, Steve Jobs, etc., ces gens ne peuvent pas acheter de temps. Donc, sachez l’optimiser parce que le temps que vous passerez en plus à faire votre facture le dimanche après midi, c’est du temps que vous ne passerez pas avec vos enfants.
Josiane – Alors parlons du temps sur ton podcast, justement, que tu aimes ! Aujourd’hui,  ton podcast te fait gagner de l’argent, mais je crois que ce n’était pas le cas les deux premières années. Comment tu le monétises et quand est-ce que tu as pris la décision de le monétiser ?
Matthieu Stefani – Tu es quand même drôlement bien informée, Josiane ! Tu fais extrêmement bien ton travail. Je pense que tu vas faire partie des gens qui vont optimiser mon temps à l’avenir, aha ! 
Josiane – Merci ! 
Matthieu Stefani – Tu m’expliqueras après si tu es full time chez LiveMentor, sinon je vais piquer des ressources à Alexandre, il ne sera pas content ! 
Josiane – Aha ! 
Matthieu Stefani – Oui, en effet, alors aujourd’hui j’ai plusieurs approches : ce podcast Génération Do It Yourself et La Martingale aussi, et puis d’autres, un super podcast pour ceux qui font du e-commerce. Un petit instant promo, mais c’est le podcast de mon associé Laurent, qui est Le Panier, qui est fantastique. Pour les dev, If This Then Dev (IFTTD) qui est top aussi avec Bruno Soulez. Les podcasts qu’on a aujourd’hui nous prennent du temps, nous rapportent de deux manières. D’une part, parce que ça crée la notoriété de Cosa Vostra, ça nous rend aussi assez visible, mais ce n’est pas juste du flan. C’est vraiment un truc où moi, je suis meilleur grâce à Génération Do It Yourself. Je suis meilleur grâce au Panier. C’est pas moi qui le produit, enfin c’est nous qui produisons, mais ce n’est pas moi qui l’anime. Mais je l’écoute et je suis un meilleur e-commerçant et un meilleur conseil grâce à tout ça. Parce qu’en fait, je passe du temps avec des tas de gens et je donne cette opportunité à tous les auditeurs de le faire eux-mêmes. C’est quand même assez vertueux, donc on est visible. Et donc, tu vois, si je n’avais pas Génération Do It Yourself, je ne serais probablement pas en train d’enregistrer avec toi là maintenant, même si je faisais aussi bien mon job. C’est vraiment une opportunité fantastique. Ça nous rapporte du business, en inbound de gens qui viennent vers nous en se disant : « Je veux bosser avec cette boîte parce qu’elle correspond à mes valeurs, parce qu’elles correspond à tout ça. Et si Matthieu, qui l’a raconté tout à l’heure sur ses employés et ses clients, il dit vrai, j’ai envie de tester. » Et bien testez, vous verrez que je dis vrai. Et ça, c’est hyper important et c’est, on va dire, la ressource principale. 
Matthieu Stefani – Et puis, après un moment, on s’est dit : « En fait, tous ces outils dont je te parle depuis tout à l’heure, toutes ces boîtes qu’on aime, à un moment, je peux aussi les mettre en valeur sur Génération Do It Yourself et l’amortir, le rentabiliser ». Au début, l’amortir maintenant le rentabiliser. Nous, on est utilisateur de Qonto depuis quelques années. On est utilisateur de Sellsy depuis deux mois. Ça s’appelait My Facture au tout début, on était les tout premiers. On est utilisateurs de PayFit, Alan, etc. Du coup, on va voir toutes ces boîtes, on leur dit : « Ecoutez, moi, je suis un ambassadeur de PayFit, je le recommande à tout le monde ». Tu vois, PayFit aujourd’hui je ne bosse pas encore avec eux, mais on en parle. Et là, je t’en parle comme ça. Et je dis, moi, je suis passé il y a 18 mois sur PayFit pour toutes les boites sur lesquelles on est : ça a changé notre vie. Bon, là, je te le dis, je suis pas payé pour le faire. Mais généralement, quand je le dis à un pote entrepreneur, je ne suis pas non plus payé pour le faire. Je ne sais pas si j’ai un système de parrainage, je crois pas. Mais là, je leur dis : « Écoutez, moi, je peux le faire at scale auprès de 300 000 écoutes, bientôt 400, bientôt 500, bientôt un million par mois. En disant ce que je pense, mais à plus de monde d’un coup. Mais pour faire ça, il faut me payer, parce que c’est du travail pour moi, c’est une portée importante. C’est une bonne chose pour vous. » Donc, si j’ai un très gros concurrent de PayFit qui fait un truc pourri qui vient me voir et qui me dit : « J’aimerais bien faire ça sur Génération Do It Yourself », a priori, je lui dirais non. Parce qu’en fait, c’est vraiment de l’amplification de bouche à oreille. Et donc, du coup, en faisant, en mettant en avant ce qu’on appelle du host read (c’est l’animateur du podcast qui va lire un message qu ‘il a écrit lui-même, validé avec le partenaire, le sponsor), eh bien, on va pousser ces choses là. Et ça, c’est quelque chose qui permet de bien vivre d’un podcast parce que c’est très vertueux aussi. Une fois de plus, ce n’est pas quelque chose qui est une pub pour n’importe qui en programmatique, où je dirais : « Tiens, je vais faire les promos Lidl de cette semaine sur les aspirateurs ». Parce que ça n’a aucune pertinence sur mon podcast. Donc tout ça, ça fait qu’on vend des CPM (des coûts pour 1 000) : 85 euros pour 1 000 écoutes. Donc, si tu fais le calcul, le jour où j’arriverai à faire 1 million d’écoutes par mois, peut-être que je pourrais gagner, si je vends 100% de mes écoutes à 100% du prix, ce n’est pas vraiment le cas, mais je pourrais gagner peut-être 85.000 euros par mois sur Génération Do It Yourself. C’est pas mal ! 
Josiane – Ce qui est pas mal ! C’est très intéressant ce que tu dis dans le fait de lancer un podcast qui anime un cercle vertueux. C’est-à-dire que toi, non seulement tu t’améliore et tu t’épanouis à faire ça (on est dans l’inspiration), en même temps, j’imagine que ça te fait rencontrer des personnes extraordinaires avec lesquelles tu peux peut-être travailler ensuite. D’un autre côté, tu as des auditeurs qui connaissent comme ça Cosa Vostra. Donc, en fait, ça crée vraiment un cercle vertueux pour tout le monde. C’est fantastique.
Matthieu Stefani – Oui, même pour mes auditeurs. Parce que, normalement, le contenu que je leur propose… D’ailleurs, s’ils ne l’aiment pas, il y a des épisodes qu’ils aimeront moins que d’autres, et c’est très bien, c’est normal, c’est la vie, c’est comme ça. Et même moi, il y a des épisodes que j’aime moins que d’autres. J’ai tendance à toujours préférer le dernier épisode, à ceux d’avant, aha ! Bon, j’exagère. Il y a  un peu de ça. En revanche, normalement, à chaque épisode, je m’acharne, mon obsession, c’est d’avoir des tas d’apprentissages. Quand tu sors de chaque épisode, c’est un bout de master que tu n’auras pas fait ces dernières années, parce que tu es sortie d’école il y a 2 ans ou même 3 ans, ou des choses que tu n’apprendrais même pas en master, parce que de toute façon, c’est tellement des pointures que quand je sors un épisode, je ne sais pas, avec Pierre Kosciusko-Morizet ou, là je suis sur EverRoad sur du fret, tu te dis : « Le fret, moi, ça m’intéresse pas, etc. » Cet épisode est tellement plein d’enrichissements. Il a passé quelques années chez Rocket Internet. Il t’explique la lessiveuse dans laquelle il était, tout ce qu’il a appris, etc. C’est deux heures de ouf ! 
Matthieu Stefani – Voilà, donc tu sors de ça avec beaucoup d’apprentissage. En plus, je leur propose des outils qui sont du bouche à oreille et pas trop relou. Encore une fois, ce n’est pas des pubs et annonces relous. Si tu n’es pas content du contenu, c’est pareil, tu peux le passer. Et à la fin, c’est gratuit et c’est sympa. Et ils peuvent rentrer en contact avec moi. Ils peuvent rentrer en contact avec mes invités, ce que mes invités souvent adorent, c’est-à-dire qu’il y en a beaucoup, pas tous, d’ailleurs, ça ne veut pas dire qu’ils n’aiment pas les autres, mais peut-être qu’ils répondent moins, mais il y en a beaucoup qui me disent : « C’est super, j’ai rencontré plein de monde après ton passage de podcast, c’est  hallucinant, etc. » Et je trouve ça super !
Matthieu Stefani – Le seul point négatif que je pourrais voir, c’est que ça m’a pris, à un moment, un peu trop – en effet, comme je le disais il y a un an – un peu trop de boulot, un peu trop d’attention, une sorte d’obsession pour perfectionner le truc. Et puis aussi, un côté ego qui est très dur à gérer. En fait, quand tu es visible comme ça, tu as des gens qui te collent des targets publics. Et au bout d’un moment, ça te glisse dessus, tu deviens stoïque. Mais les premières fois, quand tu te prends une ou deux grosses targets tu te dis : « Mais je le connais même pas ! », « Pourquoi tu dis que je suis un gros con ? », « Je t’emmerde », aha ! 
Donc il y a un petit passage comme ça. Mais ça, c’est encore un des trucs que je travaille. Mais évitez, si vous êtes encore là à ce moment du podcast, je le vis mal. 
Josiane – Le message est passé ! Alors j’enchaîne sur les dernières questions de l’épisode. Est-ce que tu peux me raconter un échec d’un ton parcours d’entrepreneur et me dire ce qu’il a apporté?
Matthieu Stefani – Je vais te faire une réponse traditionnelle : oulà, il y en a eu plein ! Mais c’est vrai. Mon parcours est jalonné d’échecs, et c’est quotidien. Alors faudrait que je te retrouve le plus récent, le plus retentissant, le plus …  Qu’est-ce que j’ai pris comme …? Dans mon parcours professionnel, en fait, tu vois, j’ai tous ces petits échecs quotidiens de ne pas réussir à avoir tel ou tel invité sur ce podcast, de ne pas convaincre tel client de venir chez Cosa Vostra, de ne pas convaincre tel collaborateur de venir dans telle chose, de ne pas réussir à racheter tel bureau … 
Matthieu Stefani – On a eu un bel échec l’année dernière, dont j’ai assez peu parlé. On a pris une participation majoritaire, après avoir crée pas mal de boites, vendu quand même, de très, très belles sorties, etc. Moi, je m’intéresse depuis longtemps à tout ce qui est fusions-acquisitions et on a racheté une boîte. Je ne vais pas rentrer trop dans les détails d’ailleurs, parce que je pourrais froisser certaines personnes et ce n’est pas mon objectif, mais on n’a pas bien étudié le truc. On n’avait pas forcément un très bon fit, finalement, d’un côté comme de l’autre. Je n’ai pas de reproches à faire à l’entrepreneur avec qui on a fait ce rachat. On avait une vision pour la boîte qu’on n’a pas réussi à implémenter. On est restés un peu trop dans l’inertie et on a pris une claque. Et je pense que l’entrepreneur qu’on a racheté aussi a pris une claque. En fait, c’était une grosse foirade. Ça, honnêtement, c’était la belle claque de l’année dernière. J’en ai encore jamais parlé. Je suis encore en train de digérer parce que du coup, j’ai envie de faire de la fusion-acquisition, racheter, intégrer des boites et c’est un truc qui me taquine. Et là, le premier truc, on prend un gros tampon. Ça coûte cher, on perd des centaines de milliers d’euros. Pour une boîte auto-financée depuis le début comme ce qu’on a fait avec mes associés, c’est compliqué. On va le payer pendant des années. Et la question, c’est : qu’est-ce que j’en ai tiré ? C’est qu’il va falloir le refaire. J’espère que je prendrai pas un tampon parce que c’était le tampon qui coûte vraiment, vraiment cher et qu’à un moment, tu ne peux pas les assumer.
Mais ça, ça fait mal parce qu’on est dans une bonne dynamique depuis longtemps, parce qu’on a gagné beaucoup de choses. On s’est dit : bon, win some, loose some. Celle-là, c’était une perte, par la grande porte ! 
Josiane – Et qu’est-ce que tu te dis dans les moments difficiles, justement ? 
Matthieu – Je me dis que mes parents vont bien, je me dis que mes enfants vont bien, je me dis que j’ai une bonne santé, je me dis que je vais sauver mes employés, je me dis que je crée des emplois, je me dis que je suis pas une mauvaise personne. Je me dis que je vais essayer de bien dormir, d’aller courir et que demain, je vais me remettre en mode chaos créatif et construire quelque chose et que c’est pas la fin du monde. Je pense que je suis prêt à tout perdre. Ce n’est pas très grave. C’est pas l’ordi, la voiture ou l’appart que tu as qui te rendent heureux, c’est le fait d’aller de l’avant et d’avoir un projet, puis un autre projet, puis un autre projet. C’est pour ça que je ne suis pas trop dans cette démarche de me dire … quand je te dis : tout optimiser pour rien faire, c’est la mort, je le pense assez sincèrement.
Josiane – Et quel est l’entrepreneur qui t’inspire le plus ? 
Matthieu Stefani – Wow ! Le dernier qui est passé sur mon podcast ! J’en ai une 150, aha ! Non, c’est très compliqué. Tu vois dans cette approche… Il y a des gens moins connus que d’autres, pourtant connus, pourtant monstrueux. Je prends un type comme… qui est devenu presque un proche, en tout cas on se parle beaucoup et on s’apprécie mutuellement, etc. un type comme Olivier Goy de Oktober, qui avait monté 123 Venture auparavant. Je pense que c’est un Pierre-Édouard Stérin, Smartbox. Jean-David Bénichou, que j’ai eu aussi. Des gens fantastiques. Mais je peux aussi citer des plus jeunes : Carole Juge de Joone, ou Maëlle Chassard sur Lunii. Tu vois, des gens que j’ai reçus, qui sont …
Mais honnêtement, ils me reviennent tous à l’esprit. Je ne sors pas les plus gros parce qu’ils sont impressionnants, des Jacques-Antoine Granjon et Marc Simoncini, on les a entendus partout. Mais je prends Riadh Alimi, je prends d’autres personnes comme Taïg Khris, qui sortent de nulle part, qui font des choses incroyables. C’est très compliqué d’en sortir un seul. C’est ces gens qui te boostent. Je crois qu’il faut il faut éviter d’en n’avoir qu’un, je pense que c’est malsain d’avoir un seul maître à penser. Il faut se créer soi même. Quand on a un seul maître à penser, on finit par être comme lui, par vouloir être trop comme lui ou elle. Je pense qu’il faut utiliser des petits bouts de chacun pour créer sa propre personnalité, en allant chercher ce qu’on aime chez chacun. 
Josiane – Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. J’ai une dernière question : où est-ce qu’on peut diriger les gens qui nous écoutent pour en savoir plus sur toi ?
Matthieu Stefani – LinkedIn, à fond, ça, c’est clair. L’intime point. Vous tapez mon nom, Matthieu Stefani, sur Google, vous trouverez. Évidemment, abonnez-vous à Génération Do It Yourself et à La Martingale, c’est deux super podcasts. Et Insta aussi, j’ai mon compte, mon compte Génération Do It Yourself. C’est un débat permanent : est-ce que je les fusionne? C’est pas si simple de les fusionner, etc. Mais voilà, LinkedIn c’est probablement où il se passe le plus. J’invite tout le monde à commenter, liker et partager sur LinkedIn, parce que c’est ce qui fait remonter mes posts dans l’algorythme. C’est une manière gratuite et rapide de m’aider dans ma quête, voilà ! 
Josiane – D’accord, je mettrai tout les liens. Merci beaucoup, Matthieu, d’avoir accepté l’invitation. Merci, infiniment ! 
Matthieu Stefani – Bravo à toi, parce que pour être un professionnel – désormais, je peux me qualifier de professionnel du podcast – c’est une interview bien préparée, rondement menée. Bravo ! Parce que c’est pas si simple, je connais l’exercice. 
Josiane – Merci beaucoup, c’est gentil ! Ça me fait très plaisir. Merci beaucoup. J’en profite pour évidemment parler du livre La Méthode LiveMentor, écrit par Alexandre Dana, dont tu as écrit la postface d’ailleurs ! 
Matthieu Stefani – Oui, j’ai eu cet honneur. 
Josiane – On se retrouve très prochainement pour le prochain épisode. Le thème, ça sera :  comment entreprendre tout au long de sa vie ? N’hésitez pas à nous dire en commentaire si l’épisode vous a plu et surtout, comment est-ce que vous mettez en place des systèmes. Je vous souhaite une bonne journée à tous ! 
Matthieu Stefani – À bientôt.
Josiane – Au revoir. 

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Josiane

Josiane

Journaliste indépendante, auteure chez Flammarion et autoentrepreneure freelance, je suis allée à la rencontre d'entrepreneurs inspirants pour réaliser le podcast La Méthode LiveMentor

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