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#2 Cécile Fricker Lehanneur : L’inspiration – Podcast La Méthode LiveMentor

Pour le deuxième épisode du podcast La Méthode LiveMentor, je reçois Cécile Fricker Lehanneur, créatrice de bijoux et fondatrice du réseau féminin Band of Sisters. Ensemble, nous parlons d’inspiration, sujet qui me tient particulièrement à cœur parce que j’ai appris à quel point le fait de s’entourer de personnes inspirantes était primordial quand on entreprend. 

 

 

 

Transcription de l’épisode en fin d’article

 

Pour ses 40 ans, Cécile s’est offert un très beau cadeau : elle a décidé d’organiser un dîner avec une vingtaine de femmes inspirantes et entrepreneuses. Ce groupe est rapidement devenu un rendez-vous régulier, tant il boostait les participantes et les aidait à régler leurs problèmes. Il a peu à peu pris de l’ampleur jusqu’à devenir une association pour aider les femmes entrepreneures dans tous les métiers de la création. Cinq ans plus tard, Band of Sisters compte 200 membres et rassemble plus de 10 000 followers sur Instagram. Pas mal pour un dîner d’anniversaire ! 

Et vous, avez-vous envie de créer votre propre réseau ? Un simple groupe d’entraide de quelques personnes autour d’une thématique ou d’un domaine partagé peut largement aider à développer votre entreprise et à avancer dans votre parcours. 

L’exemple de Cécile le prouve : fédérer des personnes autour d’un projet lui a non seulement permis de vaincre sa solitude d’entrepreneure (et on sait qu’elle est grande quand on entreprend !) mais l’a aussi lancée vers l’entrepreneuriat associatif. Elle a également fait de Band of sisters une marque déposée qui génère des collaborations entre les membres et des revenus. 

 

Dans cet épisode, qui suit le chapitre 2 du livre La Méthode LiveMentor, « L’inspiration », vous allez voir concrètement :  

  • comment se constituer un réseau dans le respect de ses valeurs
  • comment oser aller vers les autres et dépasser ses peurs
  • en quoi la force du collectif est cruciale pour tout entrepreneur

Honnêtement, j’ai adoré cette conversation et les conseils de Cécile. Elle m’a encore plus donné envie de dépasser ma timidité pour aller rencontrer des entrepreneurs que j’admire. Il faut se forcer  à aller chercher de l’inspiration car, malheureusement, elle ne tombe pas du ciel ! Pas de panique, à force de pratiquer cet exercice, vous y serez de plus en plus à l’aise. 

C’est une chance énorme pour trouver du soutien, trouver des solutions à vos problèmes, éviter de perdre du temps et de l’énergie. Pourquoi ne pas décider d’aller déjeuner  une fois par mois avec une personne qui vous inspire ? 

Et vous, que faites-vous pour aller vers les autres ? Quelles personnes vous inspirent ? Les avez-vous rencontrées ? N’hésitez pas à nous écrire en commentaire, et n’oubliez pas de liker et partager cet épisode s’il vous a plu

 

Ressources de l’épisode

L’Instagram et le site de Band of Sisters : https://www.instagram.com/band_of_sisters_paris/
La boutique Band of Sisters :  https://bandofsistersparis.com/boutique/
La marque de bijoux de Cécile : http://www.cecil-cfl.com/index-fr.php

Les entrepreneures qui inspirent Cécile : Delphine Plisson (fondatrice de Maison Plisson), Juliette Levy Cohen (fondatrice d’Oh my cream) et Florence Trouche (directrice commerciale France de Facebook) 

Le livre La Méthode Livementor : https://www.livementor.com/livre/

 

Episode suivant

L’épisode 3 parle de l’équipe : faut-il entreprendre seul  ou avec un associé et comment bien le trouver ? Une super conversation avec Franck Annese, le patron du groupe SoPress !

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Transcription de l’épisode

Josiane – Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous retrouver pour le deuxième épisode de la Méthode de LiveMentor, le podcast qui donne des conseils concrets d’entrepreneurs. Dans l’épisode 1, on a parlé de l’alignement, donc comment être aligné quand on entreprend ? Et aujourd’hui, on va parler d’inspiration.
L’inspiration, c’est la deuxième étape de la Méthode LiveMentor pour bien entreprendre, qui correspond au chapitre 2 du livre éponyme. Et c’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur parce que j’ai appris depuis que je suis à mon compte à quel point le fait de s’entourer de personnes inspirantes était primordial quand on entreprend, quand on est un porteur de projet. Et pour parler d’inspiration, je suis en compagnie d’une personne que je trouve très inspirante, justement : Cécile Fricker Lehanneur.
Bonjour, Cécile ! Tu es créatrice et fondatrice du réseau féminin Band of Sisters. Donc, on va voir ensemble dans cet épisode comment on fait quand on entreprend pour se constituer un réseau, pour aller chercher de l’information, pour rencontrer les bonnes personnes et plus simplement pour aller vers les autres. Et comme d’habitude, on va partir du livre La Méthode LiveMentor pour s’appuyer sur un cas pratique et dégager des conseils sur le thème de l’inspiration. Alors dans le livre, on a l’histoire de Julien. Il a 43 ans. Il a quitté son CDI pour sauter le pas et créer une entreprise qui propose un service de livraison de petits déjeuners à domicile en partenariat avec des boulangeries.
Et le problème, selon lui, c’est qu’il n’a pas d’amis entrepreneurs qui galèrent sur la logistique. Il ne sait pas comment faire. Il se sent seul. Ses proches ne comprennent pas très bien ce qu’il fait. Il lui demande combien ça lui rapporte, sous entendu : pourquoi est ce que ça lui rapporte pas tout de suite de l’argent. Donc, notre pauvre Julien ne sait pas comment faire pour rencontrer d’autres entrepreneurs. Il se sent complètement perdu. Et en plus, il est introverti. Donc il n’ose pas aller directement et naturellement vers les autres. Alors Cécile, avant de parler de ton parcours, je voulais savoir si tu as déjà ressenti cette solitude de l’entrepreneur.
Cécile Fricker Lehanneur – Oui, je l’ai ressentie et je la ressens toujours beaucoup, beaucoup. Et je crois qu’on ressent tous parce que c’est aussi ça d’entreprendre. En fait, c’est le jour où, moi aussi, j’ai travaillé en entreprise après mes études, c’est un certain confort. Après, ça convient à certaines personnes. Moi, ça ne me convenait pas du tout. Vous avez besoin de créer des choses en dehors d’une structure. Mais ce n’est pas du tout confortable de se retrouver tout d’un coup tout seul à la maison à son compte.
C’est vertigineux. C’est très solitaire, en effet. On a tout à apprendre. On a un projet, on a une idée, on y croit. Alors ça, c’est pareil. Ça ne dure pas toujours. On y croit une heure par jour, parfois. Et puis, cette solitude elle est difficile. Elle est dangereuse. Mais après, il faut aussi savoir qui elle est normale. Il peut soit s’armer et s’entourer, soit se dire que c’est avec ça. Ça dépend. Moi, j’ai choisi de m’entourer, alors j’ai choisi de rester seule.
Josiane – Justement, on va venir tout de suite. Toi, tu es styliste de formation, puis tu t’es orientée vers l’accessoire en créant ta propre marque de bijoux en 2014, qui s’appelle CECIL. Et pour tes 40 ans, tu t’es offert un beau cadeau, je trouve : tu as décidé d’organiser un dîner pour créer un groupe qui réunit des femmes que tu connais dans la création, le domaine de la création au sens large. Quelle était la démarche à ce moment là? Pourquoi tu avais envie de faire ça?
Cécile Fricker Lehanneur – Justement, c’était de briser cette solitude. Parce que moi, j’avais toujours travaillé en équipe. J’avais pu être freelance ou intégré, mais j’avais toujours travaillé dans des équipes. Et au moment où j’ai décidé de créer ma marque de bijoux, je me suis retrouvée chez moi toute seule, sans équipe. Et les seules personnes que je voyais étaient les ateliers, donc les artisans dans les ateliers quand j’y allais. Mais finalement, ça représente très, très peu de temps dans une journée ou sur une semaine, sur un mois et une année. Je manquais clairement d’interaction avec ces femmes qui m’inspirent, mes amies ou des copines ou d’anciennes collègues. Et j’avais besoin, moi, pour me nourrir, j’avais besoin d’avoir leurs retour. J’avais besoin d’avoir leur regard. J’avais besoin qu’on échange, qu’on partage leurs expériences. Et donc, ça a été ça, ce cadeau d’anniversaire. Ça a été de dîner toutes ensemble et ça a été le premier dîner de Band of Sisters. Mais ce n’était pas encore ça, on ne savait pas à l’époque. On s’est réunies, on était une quinzaine ou une vingtaine, je ne sais plus. Et puis, ça fait cinq ans et demi et on ne s’est pas arrêté. 
Josiane – Ce qui est intéressant, c’est que à la base, c’était, je crois, pour t’aider aussi justement dans le développement de ta marque de bijoux. Et finalement, ce qui s’est passé en créant Band of Sisters, donc ce réseau, c’est que ça t’a amené à t’en occuper pleinement, donc, un nouveau projet, qu’on appelle l’entrepreneuriat associatif.
Cécile Fricker Lehanneur – C’est ça, complètement. En fait, j’ai j’avais besoin à ce moment là, effectivement, de partager mes créations, de montrer mes bijoux, d’avoir des retours. Et donc, ça a commencé un peu comme ça, de vendre aussi dans mon réseau, mais plus largement, surtout, d’avoir le regard de ces femmes que j’aimais, qui m’inspiraient. Et donc, on s’est aidées les unes des autres. Et puis, en effet, ça m’a amenée à créer ce réseau féminin de femmes créatives et entrepreneurs.
Je n’ai pas quitté ma première casquette. J’ai toujours cette marque de bijoux, elle existe toujours, mais j’étais amenée en effet en parallèle à développer Band of Sisters. Et donc, aujourd’hui, j’ai deux casquettes très différentes, mais qui me rendent beaucoup plus forte et qui se nourrissent l’une de l’autre. Tout ce que j’ai pu apprendre en faite grâce à Band of Sisters, la force que j’ai, l’expérience que j’ai acquise, et bien, je la mets au service de CECIL, la marque de bijoux, et inversement.
Mon expérience de créative entrepreneure et je sais ô combien c’est difficile au quotidien, je peux la partager avec les membres du réseau. C’est des choses, ces deux univers très différents et à la fois, c’est la même histoire. Pour moi, c’est mon histoire, c’est mon chemin et mon histoire. 
Josiane – Il y a combien de membres aujourd’hui dans Band of Sisters, cinq ans et demi après? 
Cécile Fricker Lehanneur – On est à peu près  200. Sachant que là, on a beaucoup de réabonnement en ce moment, je suis très heureuse et de nouvelles membres qui arrivent encore. Chaque semaine, on a deux, trois nouvelles membres. Et là, on a pas mal de membres qui reviennent. Je suis très, très contente. 
Josiane – C’est un réseau qui grandit, évidemment. On est passé d’une vingtaine d’amies à 200 personnes. 
Cécile Fricker Lehanneur – Oui, et puis on est passé surtout d’un réseau d’amitié, de proximité, à un vrai réseau professionnel féminin et engagé. En effet, tu parles de réseau d’entrepreneuriat associatif, c’est exactement ça aujourd’hui. Moi, je suis en charge d’un réseau de 200 femmes et je dois faire grandir ça. Je dois le penser. Je dois l’amplifier et je dois communiquer. On a le site, on a le e-shop, on a des produits. Il y a énormément de choses qui se passent et on a une marque, évidemment, parce qu’on est créatives et on essaie de faire des choses ensemble.
Donc on a des rendez vous mensuel : on a entre 1 et 3 rendez vous, une grande soirée avec une invitée en général sur une thématique précise qui peut nous nous occuper pendant plusieurs mois. Donc une grande soirée qui dure trois, quatre heures et on se réunit. On est à peu près une soixantaine de membres sur ces soirées là. Puis on a aussi des formats plus courts et plus petits et centrés sur des sujets pointus et précis qui sont sous forme d’ateliers. On a des choses un peu plus informelles qui sont des apéritifs, l’apéro du soir ou là, justement, c’est l’occasion de se rencontrer, de venir et de se présenter, de se rencontrer quand on arrive, quand on n’a pas pu venir depuis longtemps à une à une des soirées.
On a évidemment un groupe Facebook fermé. On a notre Instagram et via notre Instagram on a recruté (c’est un mot que je n’aime pas trop, mais on a fait entrer de nouvelles membres). On a une image, beaucoup. Et puis même moi, à travers Instagram, j’ai identifié des personnes que j’aimais et à qui j’ai dit à qui j’étais signe et qui nous ont rejoints.
C’était une vitrine, c’est ça. C’est plus qu’une vitrine, c’est un outil. C’est un véritable outil de travail et de communication. Pour nous, c’est un outil qui me permet, moi, d’identifier des femmes et des marques. Et donc, ces entrepreneurs correspondent aux réseaux. Et c’est aussi de la même manière pour elles, une façon de nous identifier, de reconnaître et de se dire « moi, je vais choisir ce réseau là parce qu’ils me parlent ». Parce que sur Instagram, c’est moi qui gère au quotidien Instagram insistèrent et j’ai quand même une espèce de charte.
Band of Sisters, on est dans le féminin, évidemment numéro un. On est dans la création, évidemment, qui est notre sujet numéro 2. Et ensuite, on est dans l’engagement. Donc, on a trois grands sujets comme ça qui sont ceux qui se croisent toujours et qui sont aussi importants les uns que les autres chez nous. Et je pense que ça parle. C’est assez clair, ça parle à pas mal de femmes et on dit des choses. Instagram pour ça, c’est assez magique. C’est un outil assez magique.
Josiane – Comment ça se passe au quotidien ? Concrètement, vous êtes plusieurs, c’est quoi, vous, vos chantiers, vos objectifs et les priorités?
Cécile Fricker Lehanneur – Au départ, j’étais très seule aussi, même pour penser cette histoire et au début, pour faire que ça grandisse un peu. Aujourd’hui, on a une équipe avec quelques membres qui sont là depuis plusieurs années, on a créé déjà une association il y a quelques années avec un bureau. Là, on a vraiment le noyau dur : Véronique, Lucile, Frédérique, qui sont à la base des amies, mais aussi des entrepreneures et des filles formidables ,qui sont là et qui sont mes interlocutrices au quotidien.
Et puis, on a aussi plus largement ce qu’on appelle Team Boss, donc une équipe de membres aussi. Et quand on est un peu, on est un peu plus nombreux. On doit être six, avec des profils très différents et on échange beaucoup. On a évidemment un groupe WhatsApp. On  se voit, on essaie de se réunir souvent et chacune est là pour faire des propositions, pour prendre un projet en charge. L’idée, c’est aussi ça, c’est que je ne fasse pas tout moi même. Moi, je garde la vision, je questionne, on se ping pong ensemble et on échange. L’idée aussi c’est d’être plus fortes ensemble. L’équipe était importante, j’avais vraiment envie. 
Josiane – Si on récapitule 22 heures aujourd’hui une équipe de plusieurs personnes, il y a une association, il y a une communauté de 200 membres. Il y a une marque qui vient financer vos projets associatifs, c’est ça ? 
Cécile Fricker Lehanneur – Oui et non. La marque existe depuis assez longtemps maintenant. Parce qu’en fait, elle est là aussi, ça a vraiment du sens. Elle n’est pas là pour financer la marque. Elle est là pour nous permettre de collaborer. Elle est vraiment au coeur de l’histoire. Elle a beaucoup de sens pour moi parce qu’en fait, comme on est créatives, on peut faire des choses ensemble et montrer ce que c’est que ce réseau à travers nos produits.
Voilà, donc on va par exemple décider de faire un T-shirt, alors on va choisir une des marques du réseau et des graphistes du réseau. Et puis moi, je m’occupe toujours avec beaucoup de plaisir de la direction artistique et donc on va faire cette collaboration, cette co-création ensemble et à la fin, effectivement, on a un produit qu’on peut montrer, qu’on peut vendre. Alors on gagne pas beaucoup d’argent. L’idée n’est pas de générer beaucoup de profits, mais c’est par contre de communiquer, d’avoir une visibilité.
Et c’est surtout un vrai plaisir pour nous de faire des choses ensemble, de se découvrir, de travailler ensemble, d’aller chercher, de se stimuler. Et c’est une façon aussi de montrer à tout le réseau comment ça fonctionne entre nous et à quel point on est à quel point il y a des ressources et des possibilités. C’est un des exemples qu’on donne alors, évidemment. Ensuite, le job maintenant est ouvert depuis très peu de temps, mais évidemment, on est ravies de vendre nos produits, on est ravies que ça rapporte un peu d’argent, mais sinon, ce qui nous rapporte un peu d’argent c’est l’adhésion, puisque nos membres payent une adhésion à l’année. Donc ça, c’est un petit fixe qui est important. Et puis, quand on se réunit, nos rendez vous ne sont jamais gratuits, alors ils l’étaient au début.
Et puis, en fait, on s’est rendu compte que pour l’engagement des personnes aussi, une liste d’inscription, ça ne suffit pas. On avait besoin que les filles payent une somme symbolique de 5 euros, de 10 euros, de 15 euros. Ça dépend un peu des évènements, pour qu’elles viennent vraiment. C’est beaucoup d’énergie, c’est beaucoup de travail et l’implication doit être là, les membres doivent être au rendez vous aussi. C’est vrai que ces évènements sont le soir. Donc, c’est toujours un plus, on a des journées, des groses journées, on a nos vies d’entrepreneur, la vie de famille. Parfois , à la fin de la journée, même si tu as très envie de venir, tu te dis : là, j’ai envie de rentrer, j’en ai marre, je suis fatiguée, j’ai pas envie de me retrouver au milieu de 50 personnes. Et alors qu’on s’est rendu compte aussi que quand on se retrouve tous ensemble et à la fin de ces soirées, quel que soit l’état dans lequel on est arrivée, à la fin, on est totalement énergisée et on repart gonflée à bloc. Tu pourrais toi-même en témoigner.
Josiane – Je précise que je fais partie de Band of Sisters et que c’est pour ça que c’était très important pour moi que tu prennes la parole sur ce podcast, parce que je vois très clairement en quoi l’inspiration, en quoi le fait de se regrouper, de se rassembler, ça fait des étincelles. 
Cécile Fricker Lehanneur – Se connaître, se reconnaître et être connecté par le biais de ce réseau là, ça, c’est très important aussi parce qu’on n’est pas dans une réunion de copines. On est dans un temps limité à un endroit où tout le monde vient pour la même chose, on vient tout avec notre histoire d’entrepreneur, avec nos soirées, avec des questions et avec effectivement, cette envie de sentir qu’on est entouré et naturellement, va aller vers une, deux ou trois personnes. Et puis ça va, ça va faire boule de neige. Et en général, le réseau fonctionne très, très bien. Et filles, elles viennent peut être à trois ou quatre rendez vous dans l’année minimum. Mais le réseau, elles le font vivre sans nous, en dehors de nous et en dehors de nos rendez vous. C’est ça qui est assez formidable. 
Josiane – Le point intéressant que tu soulève, c’est de voir comment ce réseau crée des opportunités entre les membres, c’est à dire que c’est ça qui a généré des collaborations, il y a aussi des conférences pour dépasser les blocages et les peurs. Là aussi, je peux moi même en témoigner parce que c’est grâce à l’une des conférences que vous avez organisées que j’ai rencontré une coach et que ça m’a beaucoup aidé dans ma vie d’entrepreneur. Est ce que tu vois les aides concrètes que ça apporte aux membres?
Cécile Fricker Lehanneur – Oui, on a des dizaines et des dizaines d’exemples. Alors comme tu disais, il y a des collaborations. Évidemment, ça y en a énormément. Il y a des choses. Chose très simple, si tu vois, moi, j’ai une marque de bijoux. Quand je suis en train de chercher un atelier au Portugal, je peux immédiatement demander à trois-quatre membres du réseau. De la même manière, si elles ont besoin d’ateliers, elles vont pouvoir me demander. Les questions qu’on n’ose pas forcément poser, là, c’est évident. C’est évident que non seulement on peut le faire et c’est évident que la personne en face étant membre de ce réseau là, qui est quand même un réseau d’entraide, va répondre présente. Donc ça, c’est quand même une richesse aussi. On peut parfois même un déjeuner, déjeuner avec une fille qu’on a rencontré la semaine précédente et partager l’expérience, avoir un regard sur ce qu’on est en train de faire. Ça change tout. C’est sa vraie énergie. Et ça, ça donne des exemples. L’échange, voilà une fille qui a déjà peut être trois ans de l’entrepreneuriat derrière elle, elle va apporter quelque chose. Il y a énormément de connexions qui se font. Il y a énormément de rencontres. Elle a appris, a aussi des histoires d’amitié. Il peut y avoir aussi des associations qui se créent, des associations de parce que souvent, les filles sont seuls ou à deux dans leur vie, dans leur entreprise. Et on peut rencontrer une personne avec qui on va créer un binôme, avec qui on va se sentir moins seul et plus fortes. Il y a beaucoup de choses qui sont possibles, mais des collaborations créatives, il y en a eu énormément et moi, ça me réjouit. Je me réjouis toujours beaucoup de ça.
Josiane – Et au delà de la collaboration, on voit à quel point l’inspiration est cruciale dans le fait que, justement, c’est en se rapprochant des autres qu’on arrive à avoir une réponse, à avoir une solution à son problème, à éviter de perdre du temps et de l’énergie, donc à ne pas stagner dans son projet. Donc, ce que tu mettrais bien en lumière, c’est le fait que les autres nous donne confiance, en fait. Le but d’une assemblée du réseau du groupe, c’est une façon de créer de l’entraide et de la solidarité, ce que l’on appelle en fait la force du collectif.
Cécile Fricker Lehanneur – Absolument. Et ça, j’y crois. J’y crois complètement parce que c’est ce que j’ai ressenti dès que j’ai commencé ma marque de bijoux. Je me suis dit Ça n’est pas possible pour moi aujourd’hui de rester seul, de ne pas échanger. Je ne pouvais pas ne pas avoir d’interlocuteur. Je ne pouvais pas rester dans cette solitude et cet isolement. Et parce que je sais, je sais à quel point on a besoin des autres et à quel point on s’enrichit toujours des autres.
Donc, les échanges pour moi sont primordiaux. Et en effet, ça fonctionne quand on se réunit. Venir à une soirée Band of Sisters, alors parfois, ça correspond pile la thématique. Si on va parler, on va parler de justement comment on gère l’argent ? Comment on va à la banque demander de l’argent ? Comment on fait une levée de fonds ? Il y a des thématiques très précises, mais après, on a des thématiques beaucoup plus larges. On parle du féminin et là, je pense que s’il y a beaucoup aussi, c’est qu’on en propose des terrains. On propose un terrain de réflexion, on ouvre des portes, on ouvre des pistes et ça aussi, c’est enrichissant.
La création, en fait, c’est croiser nos questionnements, de réfléchir ensemble, c’est juste de venir. Et puis, tiens, de d’écouter pendant deux heures une personne extrêmement inspirante et brillante. Et ça, déjà, c’est un cadeau, c’est quelque chose qui, de toute façon, va nous aider. Venir écouter une experte, même si on ne s’était pas dit tiens, moi, j’ai besoin de écouter quelqu’un sur ce sujet précis là, de toute façon, ça nous enrichit. Et quand on part d’une soirée comme ça, quand on quitte un atelier, on a tout gagné. Quand on se quitte, quand on se dit au revoir, on a toujours un sourire jusqu’aux oreilles et tout le monde me dit : mais je suis qu’est ce que ça fait du bien ! 
Et c’est ça. C’est juste être ensemble et savoir que voilà savoir qu’en fait, on est toutes dans le même bateau, plus ou moins, et que c’est possible. Et qu’on y arrive, qu’on y arrive surtout et que quand on a besoin, on active ce réseau et. On peut, on peut partir sur des sujets très différents, on peut échanger sur des sujets très différents, mais à la fin. Comment dire on est on est enrichis de tout ça, c’est quelque chose de très positif de ne pas rester enfermé, ne pas se laisser abattre. Il faut rester ouvert et s’inspirer, se nourrir.
Josiane – Et alors, justement, qu’est ce que tu conseillerais aux entrepreneurs pour rencontrer d’autres personnes ? Parce que la difficulté, parfois, c’est qu’on a peur d’aller vers les autres. Tu vois si on reprend le cas pratique de Julien dans le livre : il aimerait, mais il a peur d’y aller. Qu’est ce que tu conseillerais justement? 
Cécile Fricker Lehanneur – Aujourd’hui, il y a énormément de réseaux, surtout pour un homme. Julien, c’est beaucoup plus facile pour lui. Il y a beaucoup, beaucoup de réseaux. Il y a les réseaux des écoles, il y a des anciens étudiants. Toutes les toutes les écoles. Les grandes écoles, mais pas seulement, ont des réseaux d’anciens, c’est toujours une solution, il ne faut jamais hésiter à en faire partie.
Après, il y a énormément de réseaux d’entrepreneurs, que ce soit masculin et féminin ou des réseaux mixtes. Évidemment, il y en a beaucoup, beaucoup. Il y a beaucoup d’ateliers aussi. Il y a quand on a besoin de se faire aider. Il y a des coach. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui s’est énormément développé. Ça aussi, c’est une façon. Peut être que si on a absolument peur d’aller vers les autres, si on n’arrive pas à aller vers les autres, ce n’est pas seulement parce qu’on n’a pas accès à un réseau, parce que je crois qu’on a vraiment très facilement accès à beaucoup de réseaux. C’est peut être parce qu’on manque de confiance, c’est parce qu’on manque de méthode.
Après aussi, se faire aider, c’est très important. Bien identifier, peut être des faiblesses et des lacunes, mais aussi des faiblesses et se dire bon, bah là, il faut que je bosse sur ce terrain là, il faut que je bosse. Là, j’ai besoin d’être aidé. J’ai besoin de m’améliorer parce que moi, très clairement, par exemple, je sais que oui, je sais concevoir une ligne de bijoux, je sais travailler des ateliers, je sais faire des produits qui font envie et qui vont correspondre à un marché. Mais est ce que je suis allée me vendre, moi, comme entrepreneur et comme marques ? Ça, c’est autre chose. Voilà, savoir quels sont ses points forts et ses points faibles. Je pense que ça, c’est très, très important. Et après, on va pouvoir aller travailler ses points faibles. On va pouvoir demander de l’aide et savoir que de toute façon, on est tous là.
Il n’y a personne qui n’a pas besoin d’aller voir les autres.  Il n’y a personne, aucun entrepreneur qui fait tout tout seul. Ça n’existe pas. La peur est normale. Elle est là, elle est quotidienne, je pense, et c’est pas grave. D’ailleurs, c’est juste quelque chose d’assez sain. Mais par contre, il ne faut pas qu’elle empêche aussi. Ce qui est très important, c’est d’oser quand même se faire violence pour pouvoir toujours avancer, quelque soit le rythme et le chemin. Il faut quand même sentir qu’on avance. Il faut s’entourer. Ce n’est pas si compliqué. 
Josiane – Ce que tu dis, c’est qu’en fait, il faut être dans une démarche proactive quand on parle d’inspiration et de réseau. Il ne faut pas avoir l’impression que ça va nous tomber du ciel, c’est à dire il faut faire le premier pas, être régulier là dedans et à force, petit à petit, on deviendra aussi à l’aise dans cet exercice, c’est ça ?  
Cécile Fricker Lehanneur – Est ce qu’on a besoin d’être à l’aise? Pas forcément. Mais si cette personne a besoin d’un réseau, alors moi, encore une fois aujourd’hui, je pense que le réseau, tu vois quand, avec tous les outils digitaux qu’on a, avec tout ce qui existe aujourd’hui pour les entrepreneurs, il y a des dizaines et des dizaines de structures. Il y a énormément d’ateliers. Il y a beaucoup, beaucoup de choses qui sont proposées, donc ça, c’est facile à identifier. Après, oui, se pousser un peu au cul pour aller : j’y vais, je m’inscris, je saute le pas.
Finalement, l’entrepreneur, c’est quelqu’un d’audacieux, je crois. L’entrepreneur est la première personne qui portera son projet. Croire son projet, c’est aussi ça. C’est aussi dire : allez, j’y crois. Donc si c’est difficile pour moi, je dois y aller. Il y a un moment, personne ne vous attend jamais et personne n’est irremplaçable. Et en même temps, tous les projets peuvent exister. Donc, on doit y croire, nous les premiers. On doit croire à un projet faire qui va tenir et encore une fois, quel que soit le chemin, comprend quel que soit le rythme. Mais savoir qu’on est dans quelque chose qui avance ou même si ça n’avance pas assez vite. C’est un pas après l’autre et c’est pour ça que je parlais aussi. Peut être pas arrivé tout de suite dans un réseau parce que je pense que si on est trop au début, ça peut être un peu effrayant, en effet, mais peut être trouver une personne, le bon interlocuteur ou la bonne interlocutrice qui va identifier avec qui on va identifier peut être un point de blocage ou deux ou trois.
Voilà, c’est ça. De toute façon, c’est être accompagné. Dans la vie, il faut être accompagné. Que ce soit de la part d’un coach, d’une personne, d’un groupe, d’une communauté, ça dépend du chemin et ça dépend du moment. Et la confiance en soi, des besoins qu’on a. Mais être accompagné, oui, c’est très important. C’est un endroit hostile au début d’un projet, il faut un mentor. 
Josiane – Justement, en parlant de menteur, est ce qu’il y a une personne ou plusieurs décisive dans ton parcours qui t’ont aidé et qui t’ont débloqué un moment donné.
Cécile Fricker Lehanneur – Plein, plein, plein, plein, plein. Il y a énormément de gens qui comptent, qui ont compté et qui compte toujours. Au départ, c’est toujours soi, ça, vraiment, il faut le savoir. C’est en soi qu’on va trouver la ressource, la force, la créativité. Mais comme je disais, on n’a pas toutes les compétences, on n’a pas tout acquis, on a plein de choses à apprendre et pour ça, il faut se faire aider.
Donc, il y a les proches et l’entourage proche, qui est souvent très décisif. Il y a d’anciens collègues aussi. Il y a des gens qui nous ont embauché, qui nous ont vu, qui ont reconnu. C’est des gens sur lesquels, en général, on peut toujours s’appuyer et qu’il ne faut jamais hésité à solliciter les conjoints, évidemment. Ce sont des aides importantes. Moi, je peux en témoigner. Les amis, les amis d’amis. Et c’est là où on peut demander de l’aide. Et après? Il y a encore une fois les coach professionnels qui vont renforcer un peu. Un point faible, un manque de confiance travailler à un sujet précis. Moi, on m’a donné plein, plein, plein de coups de pouce. Et pourtant, je suis quelqu’un qui ne sait pas demander de l’aide. Là dessus, j’ai beaucoup à apprendre encore. Mais en l’occurrence, à chaque fois que je l’ai fait, chaque fois que j’ai réussi et que j’ai osé demander de l’aide, ça a toujours été positif. Rien pour ça, il faut le faire, ne pas hésiter à demander au pire, au pire, au pire, la personne ne peut pas vous aider. Et ça, c’est pas grave. Il y a toujours une autre personne à solliciter. Et c’est vrai que c’est important au départ d’identifier des gens dont on sait qu’ils nous connaissent bien depuis longtemps et qui croient en nous et à qui on va pouvoir partager le projet. 
C’est aussi important de régulièrement, je trouve de pitcher son projet, de présenter son projet, de parler de son projet à des gens très différents. Ça, c’est un exercice parce qu’en fait, ça permet tout simplement de savoir ce qu’on est en train de faire, de parler de ce projet. Parfois, on crée des choses, en tout cas dans le milieu de la création. Parfois, on est plus à l’instinct. En tout cas, moi, c’est mon cas. Clairement, j’ai besoin de créer pour vivre. Voilà, je sais si c’est un objet magique et moi, j’ai besoin aujourd’hui de créer des bijoux. Par contre, ce que je sais exactement, ce que je vais faire, comment je vais faire, de quelle manière ? Il y a un moment, il faut mettre des mots. Il y a des gens qui écrivent, il y a des gens qui font des petits ateliers. Il y a plein de façons. Mais le pitch, c’est un très bon exercice que je suis d’ailleurs en train de proposer un à tout le réseau. 
Josiane – J’ai hâte ! Tu peux nous parler un peu de la levée de fonds que tu as organisée pour la Maison des femmes à ce sujet, je me demandais justement comment tu fais pour contacter, par exemple, des personnes qui t’impressionne. Parce que parfois, on a tellement peur qu’on n’ose même pas les contacter.
Cécile Fricker Lehanneur – Alors moi, j’avoue que je ne suis pas impressionné par les gens. J’admire les gens et quand je les admire, ils ne me font pas peur. Au contraire, ils me stimulent. Moi, j’ai de la chance et que je n’ai pas de blocage. Je ne ressens pas ça. Et en l’occurrence, tu parles de la Maison des femmes : il se trouve que la cause est tellement immense et qu’elle est tellement plus grande que moi et que je me pose même pas la question. Il ne s’agit pas de moi. Il s’agit d’aider, d’apporter du soutien, du secours à des femmes qui souffrent, qui ont subi des violences sexuelles et domestiques. On est dans l’associatif, on est dans un projet qui tue et qui est là pour rendre la société entière meilleure. Et c’est un projet extrêmement important, porté par une équipe extraordinaire créée par Ghada Hatem, donc à la Maison des femmes de Saint-Denis.
Et quand je décide d’engager le réseau sur cette levée de fonds et sur cette opération qui dure depuis plus d’un an maintenant, j’y vais totalement et je m’entoure d’une équipe formidable de membres et d’amis qui sont comme moi. Personne n’est intouchable. S’il faut appeler l’Elysée, on appelle l’Elysée et tant pis si on nous ferme la porte au nez 10 fois, c’est pas grave. Dire ça aussi, c’est un très bon exercice. C’est-à-dire que justement, participer à nos projets Band of Sisters, en l’occurrence la levée de fonds, tout ce que l’on a fait pour la campagne de communication et de levée de fonds qu’on a commencée avec Ghada et son équipe, je crois que pour toutes celles qui ont participé, ça a été l’occasion de se rendre compte que rien n’était impossible. Justement, on a réussi des choses qu’on n’aurait même pas imaginé possibles six mois ou un an auparavant. Voilà, c’est ça aussi qui est magique et ça nous montre à quel point on n’a pas de limites. On n’a pas de limites en tant que personne, en tant qu’entrepreneur. C’est la même chose en fait. C’est un très bel atelier pratique, si tu veux dire qu’en fait, aller vers les gens, oser aller vers les gens, se forcer à le faire. 
Josiane – Ça montre toutes les ressources qu’on a et qui sont insoupçonnables juste avant quand on n’ose pas envoyer notre mail.
Cécile Fricker Lehanneur – Mais surtout, en fait, on ne craint rien. Il n’y a aucun danger à demander quelque chose à quelqu’un. Au pire, la personne te dit : « ça m’intéresse pas » ou « non, je ne suis pas disponible ». Voyons nous dans 6 mois ou dans un an. On a rien à perdre et tout à gagner.
Quand on est dans un besoin du concret, on a besoin d’argent pour la maison des femmes. Très clairement, ce sont des femmes de détresse terrible. Et là, clairement, on a besoin de soignants, on a besoin de lieux, on a besoin de pouvoir sauver ces femmes. Donc, évidemment, la question est très simple. Voilà, on présente un projet qui est de toute façon extraordinaire. Une équipe qui est fantastique et on a besoin de votre aide parce que ces femmes sont dans une détresse.
Et nous, nous, on est juste une voix, un petit déclencheur et on amplifie cette démarche. Mais du coup, on se rend compte : qu’est ce qu’on risque là à aller taper à une porte, à aller solliciter une personne ? Et aujourd’hui, en plus, c’est tellement facile à travers, encore une fois, les réseaux sociaux. Moi, j’ai pu ne pas osé aller voir une personne que je pouvais croiser dans une soirée ou en tout cas pas la saluer comme je l’aurais voulu, mais par contre, on a accès aujourd’hui, sur Instagram, Facebook, Twitter, à tout le monde. Clairement, on a accès à tout le monde. Et ça, c’est important aussi de s’en rendre compte. J’aime ça, que ça remette un peu tout le monde à niveau. Ça veut dire que oui,  si le président de la République, si tel dirigeant d’entreprise a un compte Instagram, ça veut dire qu’on peut lui envoyer un message. On le fait, c’est très simple. Ça prend une minute d’envoyer un message et en général, les gens répondent. Et c’est ça qui est fou. 
Josiane – C’est ça la cerise sur le gâteau, on pense que personne ne répond et on est agréablement surpris de voir que les gens répondent.
Cécile Fricker Lehanneur – Bien sûr que les gens répondent parce que parce qu’on est tous pareils. Il ne faut pas sacraliser les gens. On est tous pareils, à des niveaux différents, à des moments de notre chemin qui sont différents. Mais sinon, quelqu’un qui crée un compte Instagram, oui, tu peux lui envoyer un message, évidemment. Et au pire, il ne répond pas. Et c’est pas grave. Et s’il ne te répond pas, ça n’a rien à voir avec toi. Ou en tout cas, ça ne t’enlève rien. Ce n’était peut être pas le moment, peut être que ton message est passé à la trappe, peut-être que cette personne-là, ce jour-là … Il y a mille raisons, mais on s’en fout. C’est même pas le sujet, c’est même pas le sujet. C’est prendre ce qu’il y a à prendre.
Et puis voilà, je parlais d’audace tout à l’heure et je crois que montrer qu’on est audacieux, c’est aussi très important, quand on est entrepreneur. Il y a un moment les gens en face, qu’est-ce qu’ils aiment ? Les gens qui vont prêter de l’argent,  les gens qui vont soutenir ton projet, ils ont besoin de voir qu’en face, il y a quelqu’un de fort et quelqu’un d’audacieux, quelqu’un de courageux, quelqu’un de puissant. Une bonne idée, c’est super, mais ce n’est pas ça qu’ils cherchent. Ils cherchent la personne qui porte l’idée. Voilà. Les gens qui investissent, ils te disent « OK des bonnes idées, on en voit tous les jours. Qu’est ce qu’on cherche? On cherche la bonne équipe ». Des gens qui arrivent et qui vont pitcher devant eux, ils en voient 20 dans une session, et ils en retiennent 3, parce qu’il y en a 3 qui arrivent et qui font le job, où tu te dis « OK, ces gens là, j’ai envie de les suivre et peu importe ce qu’ils vendent ». Tu vois, c’est ça. Donc oui, il faut oser, il faut aller, il faut parler, il faut présenter, il faut solliciter, taper aux portes, pousser la fenêtre, évidemment. 
Josiane – Entrer par la fenêtre si la porte se ferme. 
Cécile Fricker Lehanneur – Exactement, mettre le pied dans la porte. Et ça marche. Et encore une fois, on a rien à perdre. Et puis, on apprend comme ça, c’est une expérience qu’on se fait aussi parce que l’entrepreneuriat, c’est difficile au quotidien, c’est difficile. Tous les jours, tous les jours de chaque année est difficile. Il n’y a pas un moment où tu te dis : »c’est bon, là, c’est gagné ». C’est jamais gagné. Donc il faut être costaud. Il faut être endurant et il faut être entouré. Absolument. 
Josiane – Alors, tu parles d’entourage, on voit à quel point le fait de t’entourer a été crucial dans ton parcours. A quel point ça a changé ta trajectoire finalement ? Est-ce que tu arrives à identifier les bénéfices que ça a apporté concrètement pour toi ?
Cécile Fricker Lehanneur – Moi, j’ai toujours été entourée. Je me suis très, très vite, en tant que jeune adulte, constitué un réseau d’amis très solides sur qui j’ai toujours pu m’appuyer. Et puis ensuite, dans mon expérience professionnelle, le monde professionnel, j’ai aussi toujours eu des personnages, je ne sais pas si ce sont des mentors, mais toujours des personnes que j’identifiais et qui m’inspirait, qui étaient importantes et avec qui j’ai toujours gardé des liens. Je me suis sentie quand même toujours plus ou moins entourée. Et oui, c’est extrêmement important.
Parce qu’en fait, on apprend de ces gens là, parce qu’on échange, parce que le regard de ces gens sur toi est très important : il y a des moments où tu as besoin de sentir que oui, les gens croient en toi. Ça, c’est extrêmement important. Quand toi, t’es au fond du trou pour la troisième fois de la journée, eh bien si tu as un déjeuner ce jour là avec une personne qui a un bon regard sur toi, qui prend ton projet et qui te connait depuis longtemps, et bien c’est reparti pour trois semaines, pour un mois !  Et voilà, je pense que ça m’aide. Ça m’a aidée, ça m’aide, ça m’aidera. Je suis entourée au quotidien. J’ai une famille qui croit en moi, un mari et des enfants qui regardent avec beaucoup de respect, d’amour et d’admiration même parfois ce que j’accomplis, plus que moi-même : j’avoue que je suis toujours très critique. Et on l’est tous : c’est toujours dur de savoir où on en est, donc ça aide beaucoup. Mes amis et tous les membres de l’équipe de Band of Sisters … dès  j’ai un coup de down, je partage, j’en ai besoin. C’est très important.
Et puis Band of Sisters, ça m’a donné de la force parce que finalement, être à la tête d’un réseau comme celui là, c’est une responsabilité aussi. Donc, si on y arrive un jour, deux jours, trois jours et si on y arrive pendant cinq ans, et bien : bravo ! Voilà, tu peux te dire une seconde dans ta journée : « Bravo, j’ai réussi ça, j’ai accompli ça ». C’est aussi bien que quand je vends des pièces. Ça me procure autant de plaisir d’avoir des nouvelles membres chaque semaine, c’est une réussite pour nous. Voilà : il faut savoir – c’est très important aussi – il faut savoir reconnaître tout ce qu’on arrive à faire. Et chaque avancée, chaque petit pas, chaque chose qu’on gagne, c’est quelque chose qu’il faut identifier et qu’il faut voir, comme le résultat de tout ce qu’on a fait depuis des années. 
Josiane – Quelles sont les prochaines étapes pour toi et Band of Sisters ? 
Cécile Fricker Lehanneur – Ecoute, le développement de la marque, ça je pense que c’est important maintenant qu’on a un e-shop, qu’on a quelques produits. J’ai très envie qu’on développe cette marque et cet e-shop qui soit qui s’enrichit de collaborations, de co-créations entre les membres du réseau, mais aussi de produits de membres du réseau. Pour continuer à donner à voir ce qu’est Band of Sisters, ce qu’est toute cette création féminine française, parce que je suis extrêmement admirative de ces femmes que vous êtes, tout ce que vous entreprenez, de ce que vous créez, de toute cette énergie.
Donc, on a évidemment des pop-up stores qui vont reprendre dès que possible. Ça aussi, c’est très important. Ce sont des lieux ouverts au public, où les gens peuvent venir découvrir les créatrices et leurs créations. Après, il y a le réseau lui même, effectivement, la communauté en elle même qui grandit : continuer à faire venir des speakers inspirants. Maintenant, on a des hommes qui viennent aussi, ça y est, et ça c’est nouveau : au départ on était plutôt un réseau de femmes qui voulions écouter des femmes sur le féminin et sur l’entrepreneuriat féminin. Et aujourd’hui, depuis quelques mois, parfois, on a des interventions d’hommes et ça se passe très bien et ça fait plaisir, et les hommes qui viennent sont ravis de venir aussi. Donc, on va continuer à travailler sur nos grands sujets. On va continuer notre engagement. On va continuer à travailler sur ce sujet du féminin, de cette puissance féminine, de cette création.
L’idée, c’est aussi de trouver des nouveaux modèles. Aujourd’hui, on se pose des questions parce qu’on crée des produits, il y a une industrie derrière, il y a des gens qui travaillent. Il y a des choses produites, il y a des choses détruites, il y a des invendus. Enfin, il y a beaucoup de questions à se poser sur des questions éthiques, évidemment. Ça, c’est une réflexion à mener. Sur le féminin, il y a toujours un gros sujet sur la confiance sur la place, le positionnement, la confiance, sur le côté multitâches des femmes aussi, qui est toujours assez compliqué à gérer : la difficulté de gérer famille et entrepreneuriat, ou même famille et salariat (ce n’est pas plus simple). On a beaucoup de sujets qui sont transversaux. Je pense aussi à réfléchir sur comment on accueille nos membres, comment faire rayonner nos membres. Il y a beaucoup, beaucoup de choses à faire. 
Josiane – Donc il y a de quoi faire ! 
Cécile Fricker Lehanneur – Oui, il y a de quoi faire. Je rêve qu’on ait un lieu à nous, etc. Il y a beaucoup, beaucoup de choses à faire. Et puis, encore une fois, on a des ressources formidables parce qu’au sein du réseau, on a des femmes extraordinaires. C’est ça qui est assez génial, c’est qu’on peut imaginer qu’il y a assez peu de limites aujourd’hui dans les possibilités. Aujourd’hui, la limite, c’est un peu moi et ce que je suis capable de faire dans une journée, en quoi je vais croire et où je vais aller. Mais très franchement, le réseau en lui même est très fort et il nous permettrait énormément de choses. Donc après, c’est avoir une vision juste de ce qu’on veut faire, poser cette vision, travailler, écrire et réécrire la charte. Voilà ce qu’on est en train de faire aussi avec l’équipe. Et puis puis avancer tout ça. 
Josiane – C’est intéressant ce que tu dis dans le fait que le réseau a une puissance, en fait un réseau, un groupe, c’est aussi comme une pépinière de talents.
Cécile Fricker Lehanneur – Complètement ! En fonction du questionnement qu’on a, en fonction de l’opération qu’on est en train de monter, du sujet sur lequel on est en train de travailler, on va aller chercher tel ou tel ou tel membre. Et franchement, on a des experts, on a des filles formidables. C’est en effet une pépinière fabuleuse ! 
Josiane – Il n’y a qu’à piocher, en fait. C’est en ça que c’est très important de bien s’entourer quand on sait que ça permet quand même d’avancer, d’avoir d’autres points de vue aussi, de se confronter à des points de vue différents, donc de toujours avancer dans son projet. Et c’est marrant parce que tout à l’heure, tu parlais de déjeuner. Ça m’a fait penser à une astuce que j’entends souvent sur le développement du réseau : le fait d’aller déjeuner une fois par mois, une fois dans le temps avec quelqu’un de nouveau, va forcer comme ça à aller chercher de l’inspiration et surtout à déjeuner avec quelqu’un qui n’est pas forcément une personne stratégique, quelqu’un qui a un autre métier que toi ou qui EST dans un autre domaine. Mais justement, pour s’ouvrir aux autres, pour parler à des gens surtout avec lesquels tu a une affinité, c’est comme ça qu’on construit une relation durable. 
Cécile Fricker Lehanneur – Absolument. Moi, je le fais beaucoup. Les déjeuners, c’est quelque chose que je fais énormément. Les déjeuners, les thés, les cafés … en tout cas, j’essaie de rencontrer les membres, de passer du temps avec les personnes. Pareil pour mes projets : quand je rencontre des personnes qui m’inspirent, avec qui j’ai envie de prolonger, oui, je sollicite ces gens pour un rendez-vous, pour des échanges, bien sûr. Encore une fois, la discussion, l’échange, c’est ça qui fait que le projet s’enrichit, se nourrit. La réflexion se nourrit. Il y a des gens qui fonctionnent très bien tout seuls. Moi, je n’en fait pas partie, ça ne me suffit pas, ça m’intéresse moins. Je ne m’auto-suffit pas.
Mais après, ça dépend des profils. Moi, je crois que c’est assez féminin aussi de savoir qu’on peut compter sur les autres, donc je crois que les femmes savent très bien faire ça : s’entourer d’autres femmes, en confiance. En tout cas, je sais ce qu’on essaie aussi vraiment de développer chez Band of Sisters, c’est cette bienveillance entre femmes, ce réseau professionnel et du coup, amical, évidemment, parce que comme tu disais, on n’est pas là juste pour un intérêt professionnel. On est là par affinité et l’affinité va faire que « tiens, je vais parler de ton projet à telle personne… » et hop, hop hop ! Et encore une fois, on a qu’à gagner. Au pire, on passe un bon moment. C’est très important de sortir, et de sortir aussi de sa routine. C’est difficile, les journées sont longues, elles sont usantes. C’est bien aussi de s’extraire un peu, d’aller échanger et d’aller parler, d’aller se divertir et réfléchir. 
Josiane – Alors, j’ai trois petites questions pour finir l’épisode. Est ce que tu peux me raconter un échec dans ton parcours d’entrepreneur et me dire ce qui t’a apporté ?
Cécile Fricker Lehanneur – Alors, un échec dans mon parcours entrepreneur…  Quand on me dit échec, je pense à une chose qui est très, très importante pour moi. Ce n’est pas dans mon parcours d’entrepreneur, mais c’est à la sortie d’école. Est ce que ça peut marcher, tu crois ? 
Josiane – Ça peut marcher ! 
Cécile Fricker Lehanneur – Alors moi, j’ai passé mon bac, et puis j’ai fait une école de mode à Paris. C’était mon rêve absolu. Je voulais travailler dans la mode et j’étais très bonne élève pendant trois années et j’étais absolument sûre de sortir major de promo. C’était une évidence et c’était même pas un sujet pour moi. Et il se trouve que 15 jours avant le diplôme, je me suis cassé le coude droit, ce qui a engendré quelques complications : on est quand même censés réaliser une collection de vêtements, il y a un défilé, il y a tout un dossier créatif, enfin voilà. Mais je me suis retrouvée dans une situation d’incapacité, en tout cas à être la meilleure. Donc je n’ai eu que les félicitations et je me suis trouvé dans les 3-4 premiers. Mais je n’ai pas eu ce pour quoi j’étais venue, c’est-à-dire ce premier prix, et ça a été pour moi un échec terrible. Ça fait seulement peut être un ou deux ans que je peux penser à ce moment sans avoir la nausée.
Josiane – Tu l’as très mal vécu en fait. 
Cécile Fricker Lehanneur – À ce moment là, je devais avoir 22 ans. Donc on parle de quelque chose qui est très ancien. Ça a été un effondrement, un effondrement absolu. Ça a été, je crois, le plus gros échec de ma vie. Et ensuite, j’ai appris que les échecs, ça faisait vraiment partie de la vie et que c’était quelque chose, comment dire ..?  À l’américaine, quoi !  Il faut avoir des échecs, il faut en compter, des échecs. Je ne suis pas du genre à dire qu’il faut souffrir pour être fort, je ne suis pas du tout maso, mais il faut juste savoir que le chemin n’est pas tout droit. Ce n’est pas parce que l’on a décidé que là, on allait passer très vite, qu’on allait réussir ça tout de suite, que ça va se faire comme ça. Et accepter le chemin, accepter que ça peut prendre plus de temps que ça peut être plus difficile qu’en fait il va falloir contourner, monter, descendre, patienter aussi. Chez moi, il y a une question de temporalité qui a été très importante aussi. 
Et arrêter de regarder les autres. C’est-à-dire s’entourer, oui, mais ne pas se comparer. Parce que, souvent, l’échec, c’est quoi ? C’est qu’on projette des choses, on se dit : « Moi aussi, je vais faire ça, je vais faire comme lui, je vais faire comme cette marque … ». Et c’est en ça qu’on échoue.
Mais sinon, on échoue à un examen, mais on n’échoue pas dans la vie : on avance et on apprend et on progresse. C’est juste ça. Donc apprendre que pour des entrepreneurs américains, l’échec, c’est quelque chose de positif, et bien pour moi, ça a été un déclic extraordinaire. OK, ça ne marche pas, mais tu recommences : comment tu peux reprendre ton projet ? En fait, c’est mal ficelé au départ et il manque des choses. On va retravailler. Et puis on repart, on attaque par un côté différent, on attaque par un questionnement différent, par un sujet différent. Mais le chemin, c’est ce qui est le plus important. Donc les échecs, oui, c’est très bien. Mais le premier, je l’ai mal vécu, évidemment. Aujourd’hui, je ne peux même pas en citer parce que comme je te disais aujourd’hui, ce qui est douloureux pour moi, c’est quand je me trompe sur quelqu’un, quand je me sens trahie par quelqu’un. Une erreur de jugement sur une personne qui ensuite ne va pas bien se comporter avec moi, ça, c’est quelque chose qui est toujours douloureux pour moi. Et c’est là où j’ai encore à apprendre à me renforcer et à pas me mettre dans cette situation là. Parce que, de toute façon, après ce qu’il faut bien se dire aussi, c’est qu’on est responsable de tout ce qui nous arrive : quand on y arrive, quand on réussit, « bravo! », mais quand on réussit moins bien, c’est aussi dû à ce qu’on a fait, et ce qu’on n’a pas fait. C’est juste repositionner les choses, reculer un peu, prendre du recul, revoir la situation et marcher autrement. C’est l’expérience, tout ça. 
Josiane – Mais c’est très intéressant ce que tu dis sur l’échec, parce que souvent, l’échec, c’est que les choses ne se passent pas comme on avait prévu qu’elle se passent et donc on considère que c’est un échec, alors qu’en fait, c’est juste que la route n’est pas droite. Mais elle peut être belle aussi parce qu’elle est sinueuse.
Cécile Fricker Lehanneur – Elle n’est jamais droite ! Regardez n’importe quel parcours d’entrepreneur brillantissimes ou ou d’homme politique : ce sont des gens qui ont souffert, qui se sont ramassés, plantés en beauté. Et ce n’est pas grave. La force, elle vient aussi de là : la ténacité. L’expérience, elle vient de là.
Il y a un moment, si tu réussis tout du premier coup, je me dis que c’est bizarre, c’est presque ennuyeux et inquiétant. C’est difficile d’entreprendre. Tout est difficile : faire quelque chose, réussir quelque chose, c’est difficile. Ça demande beaucoup de travail. Du coup, ça demande une méthode. Ça demande de l’expérience, ça demande de l’expertise. Ça demande de réajuster, de se tromper, de recommencer, de réfléchir, de réécrire … En fait, c’est juste ça, travailler. Cheminer, travailler, c’est ça : ce n’est pas réussir ou échouer, c’est beaucoup plus fluide, beaucoup plus doux finalement.
Josiane – Et qu’est ce que tu te dis dans les moments difficiles ? 
Cécile Fricker Lehanneur – Je pause, je fais une pause. Je pause et je dézoome. J’attends 
Josiane – Ah oui, pour prendre du recul ?  
Cécile Fricker Lehanneur – Oui. Mais maintenant, je me fais confiance aussi. Je me fais confiance pour me dire qu’à la fin, c’est moi qui sais. Si à un moment je ne sais plus, si je suis perdue, je suis dans le brouillard, je perd confiance, je perd pied, et bien c’est que je ne suis pas à mon rythme, qu’il y a un truc qui cloche. Donc j’attends, j’arrête. Voilà, je prends un moment, je prends un temps quel qu’il soit. Ça peut être 20 minutes, ça peut être trois jours à moi, ça dépend. Ça n’empêche pas de continuer les choses en parallèle, pas obligée de tout arrêter non plus, mais en tout cas, on questionne et le chemin se fait. Le chemin se fait toujours. Il faut de la souplesse aussi : la créativité, c’est ça, et l’entrepreneuriat, c’est d’être créatif, c’est pas autre chose. Et la créativité demande d’être nourrie, demande d’être souple, et de travailler. Il faut travailler ça, c’est sûr.
Josiane – Est-ce que tu aurais un entrepreneur à nous citer qui t’inspire ? 
Cécile Fricker Lehanneur – Il n’y a pas une seule personne. Il y a beaucoup de femmes aujourd’hui, beaucoup de jeunes femmes que j’admire et qui m’inspirent. Delphine Plisson, qui a créé Maison Plisson, qui emploie aujourd’hui, je crois, plus de 200 personnes qui ont fait quelque chose de formidable. Juliette Lévy, qui a créé Oh My Cream! : quelqu’un de fabuleux et son entreprise se développe d’une manière admirable, il y a toujours du sens. Dans l’entreprenariat féminin, ce que j’aime, c’est qu’il y a du fond et qui a du sens. On n’est pas en quête de profit, on est en quête de qualité, de changement, de richesse. C n’est jamais égoïste, c’est toujours ouvert sur les autre, généreux, engagé en général. Je peux admirer aussi des femmes qui ne sont pas forcément entrepreneures, mais dirigeantes, comme Florence Trouche, qui est directrice générale de Facebook et Instagram France : c’est une femme que j’admire infiniment, qui est toujours là pour les autres, qui répond toujours présente. On peut toujours demander un conseil, un déjeuner. Elle fait beaucoup pour nous, chez Band of Sister,s qui est déjà venue parler, qui nous a proposé un atelier formidable. Il y a plein de femmes comme ça que j’aime. Il y a des femmes que je connais depuis très, très longtemps, avec qui j’ai travaillé, qui ne sont pas forcément des entrepreneures reconnues. Mais surtout, je suis assez admirative de cette jeune génération qui arrive, de femmes totalement puissantes, décomplexées, engagées et hyper créatives. Je pense qu’elles vont nous casser la baraque, elles sont géniales, elles ont dans les 25 ans, 20 ans, et elles sont beaucoup plus fortes que nous l’étions, enfin que je ne l’étais à leur âge.
J’adore d’ailleurs qu’elles rejoignent Band of Sisters, parce que ça apporte un sang neuf et une énergie incroyable. Voilà, je suis assez admirative de toutes ces personnes qui sont en train de repenser les modèles de la consommation, la production, la création. Ça m’apporte beaucoup. Coralie Marabelle aussi, qui est créatrice de vêtements : comment elle pense sa marque, comment elle pousse tout ça, comment elle avance. 
Aujourd’hui, je crois qu’il y a à chaque étape, il faut avoir posé les questions, réfléchi, et avoir fait des choix. Si on copie juste un modèle qui existe déjà aujourd’hui, je pense qu’on se trompe vraiment. On est à un moment où les modèles ne sont plus juste et où il faut les repenser complètement. Et c’est ça que j’aime. Ce sont ces femmes, ces personnes, – il n’y a pas que des femmes –  qui sont en train de réfléchir à la consommation, la production, la création d’aujourd’hui et demain, à un monde vraiment meilleur, parce qu’il est temps. Il est plus que temps. Valoriser la création, je trouve que ça très, très important. Et inspirant ! 
Josiane – On va finir sur ce monde meilleur en construction, alors ! Merci infiniment Cécile, merci beaucoup d’avoir accepté l’invitation. 
Cécile Fricker Lehanneur – Merci à toi, Josiane, avec plaisir ! 
Josiane – Où est-ce qu’on peut diriger les gens qui veulent en savoir plus sur toi ? Sur Band of Sisters ?
Cécile Fricker Lehanneur – Alors le site web de Band of Sisters, c’est Band of Sisters Paris. Et puis l’Instagram, c’est la même chose : Band of Sisters Paris, on nous trouve facilement. Voilà, on est là, moi, je réponds, on répond toujours. C’est très important. 
Josiane – Oui, ce n’est pas qu’une façade !  Je mettrai tous les liens, évidemment. Le prochain épisode portera sur l’équipe : est ce qu’il faut entreprendre seul ou avec un associé ? Et si oui, comment bien le trouver ? Ça, je crois que c’est la question à 10 000 euros que se posent tous les entrepreneurs.
Cécile Fricker Lehanneur – Il n’y a pas de bonne réponse, aha. 
Josiane – Ne spoile pas ! J’en profite pour rappeler le livre La Méthode LiveMentor, écrit par Alexandre Dana. Vous pouvez aussi vous abonner à la newsletter LiveMentor pour recevoir plein de précieux conseils, et surtout nous dire comment vous vous faites, en commentaire, pour aller vers les autres. Quelles personnes vous inspirent ? Est ce que vous les avez rencontrées ? Merci beaucoup. Bonne journée à tous et à très vite !

 

Crédit photo : Mathieu Zazzo

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Josiane

Josiane

Journaliste indépendante, auteure chez Flammarion et autoentrepreneure freelance, je suis allée à la rencontre d'entrepreneurs inspirants pour réaliser le podcast La Méthode LiveMentor

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