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Interview d’Antonin Archer : « Tu peux toujours commencer maintenant ! »

Antonin Archer a créé Nouvelle Ecole, un podcast qui a pour objectif d’aider les gens à trouver leur voie et sortir des sentiers battus. Aujourd’hui, ses épisodes ont été écoutés plus de 600 000 fois !

Je voulais ressortir 1 ou 2 citations inspirantes pour faire la promotion de cet article, mais il y en a tellement. Alors je vous laisse choisir celle que vous préférez ?

Dans cette interview, on discute de son podcast, de son parcours et de sa philosophie de vie. Il me parle également de la méthode avec laquelle il s’évalue, de l’importance de la régularité et de son ambition.

Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?

Je suis né à Paris et j’ai grandi dans un petit village de Savoie, entre Chambéry et Grenoble. J’ai passé 15 ans là-bas. Au lycée, j’ai été dans un internat à Chambéry, et ensuite je suis allé faire mes études à Grenoble : 1 an en Fac de Droit, 2 ans à Sciences Po. Après je suis allé à HEC à Paris.

A côté de ça, je suis parti 6 mois à San Fransisco en césure, pour travailler dans une startup. Je faisais un stage vente / marketing / homme à tout faire. C’était vraiment cool et ça a un peu changé ma vie. C’est au moment où je suis rentré, que j’ai commencé à créer mes propres projets.

T’as créé quoi comme projets ?

Quand je suis rentré de San Fransisco, j’étais persuadé qu’il fallait que je sois entrepreneur. Mais en même temps, j’étais aussi persuadé qu’il fallait absolument que j’aie une expérience “normale” de travail. J’avais le sentiment que ce que j’avais vécu dans ma startup, ce n’était pas une vraie expérience parce que j’avais bien aimé et que les gens étaient cools.

C’était con comme réflexion. Mais j’avais toujours l’impression que si je n’avais pas travaillé dans une boite “sérieuse”, il me manquerait un truc. Donc j’ai candidaté en conseil. J’ai eu 2 entretiens et j’ai été recalé aux deux. J’avais passé un autre entretien pour une startup et ils voulaient me prendre. Mais je me suis dit tant pis, autant que je fasse mes propres trucs.

Je ne savais pas trop quoi, mais j’allais bien voir.

J’ai eu l’idée de recruter des gens pour la startup dans laquelle j’avais travaillé à San Fransisco. J’ai recruté quelques personnes pour eux et je prenais une commission de 10% sur leur salaire. C’était plutôt cool. J’ai gagné un peu d’argent comme ça.

Ensuite, je pensais que je devais absolument apprendre à coder, donc j’ai fait Le Wagon. J’essayais de lancer des projets avec un pote. Mais rien ne marchait vraiment.

En parallèle, je m’étais mis à écrire en rentrant de San Fransisco. Progressivement, je me suis mis à écrire des trucs pour des gens et à aider des gens à écrire. Beaucoup de gens me disaient : “c’est cool ce que t’écris ! J’aimerais aussi écrire mais je n’y arrive pas”. C’était des patrons de startups et j’ai commencé à les aider. Je gagnais très peu d’argent, mais ça avançait bien.

A un moment, un pote est venu me voir en me disant que les chatbots allaient être un truc de ouf, que tout le monde allaient en avoir, etc.

Quand il m’a dit ça, je me suis dit que l’opportunité était vraiment bien et que c’était le bon moment. J’avais aussi besoin de me rassurer parce que ça faisait longtemps que je faisais mes projets tout seul, c’était difficile.
Donc on a lancé une boite de chatbots.

Et ton podcast ? Pourquoi tu l’as lancé ? C’était quoi le déclic ?

J’ai lancé Nouvelle École, sur la fin d’HEC. Je n’avais quasiment pas de cours et j’y allais très peu. J’avais dû faire un stage chez Marc Dorcel dans lequel j’ai démissionné au bout de 2 jours.

Marc Dorcel ? C’est improbable !

Il y avait une liste d’entreprises dans lesquelles on pouvait faire un stage et moi j’avais choisi Marc Dorcel exprès. Les autres boites, ce n’était que des trucs chiants et très corporate. Je me suis dit que, au moins, Marc Dorcel, ça allait être drôle ! Et en plus, ils faisaient de la Réalité Virtuelle. Moi à ce moment-là, je discutais avec mon pote Léo, avec qui je viens de faire un film, de justement faire de la réalité virtuelle. Je m’étais dit que j’allais apprendre là-bas.

Finalement, pas du tout. C’était une PME traditionnelle, assez ennuyeuse et je ne m’entendais pas très bien avec mon manager. Alors j’ai demandé à partir.

Le podcast, je l’ai lancé à cette période. Je cherchais ce que je voulais faire et j’écoutais pas mal de podcasts américains : Tim Ferriss et surtout James Altucher. Je trouvais ça inspirant et intéressant. J’avais envie de le partager à mes potes mais personne n’écoutait de trucs en anglais.

Je sais que j’ai eu l’idée de lancer le podcast en courant. J’ai eu pas mal de bonnes idées en courant !

Au début, je me suis juste dit que j’allais demander aux gens que je connais et qui font des trucs un peu cool de les interviewer.

Les 3 premiers que j’ai interviewés étaient : Boris Paillard du Wagon, Adrien Montcoudiol qui avait lancé Mangrove et Willy Braun qui venait de créer Daphni. J’ai commencé par eux et ensuite, c’est allé de fil en aiguille. Mais tant que j’étais encore sur mon projet de chatbot, je ne pouvais pas faire Nouvelle Ecole sérieusement. Je n’avais pas le temps. Je sortais des épisodes de manière très irrégulière.

Est-ce que tu t’étais fait un plan à 3 ans où tu te disais “dans 1 an, je veux X nombre d’écoutes, dans 2 ans, j’en veux X etc” ?

Non pas du tout, je ne suis pas très bon à ça. Chaque fois que je fais des plans à long terme comme ça, ça ne marche pas.

Je pense que c’est bien de savoir où l’on va. Mais moi je n’avais aucune idée d’où j’allais.

Je pense qu’avant de commencer à faire des plans, il faut déjà faire des trucs !

Moi, un gros souci que j’ai eu, et un truc que beaucoup de gens font, c’est que tu planifies et tu ne fais jamais le truc que tu as planifié.

On en parlait avec Alex dans le podcast, tu fais le plan détaillé de ta vie en permanence alors que tu oublies qu’il faut déjà commencer à écrire les premières lignes pour savoir de quoi tu parles.

Aujourd’hui, tu en es où avec le podcast ? Tu as plus de 500 000 écoutes ?

J’ai dépassé les 600 000 écoutes et j’ai sorti une cinquantaine d’épisodes.

Donc maintenant que c’est devenu sérieux, est-ce que tu t’es fait un plan ? Ou tu continues juste de te dire : “j’interview une nouvelle personne toutes les semaines” ?

Hum, oui et non. J’ai un plan, mais il ne dépend pas de données que je ne contrôle pas. Je n’ai pas envie de me dire qu’il me faut 1 million d’écoutes, parce que je m’en fous. Je ne suis pas en train de gagner de l’argent ici. Je ne suis pas en train de monter une boite. Je ne réponds à personne et je n’ai pas d’investisseurs qui viennent me dire de faire tel ou tel chiffre.

C’est pour ça que je fais ça. C’est justement parce que je n’ai pas envie d’avoir ces contraintes. Je ne veux pas être dans une boite où on me dit : “va vendre x nombre de boîtes de conserve par mois”.

Je veux que Nouvelle Ecole grossisse parce que je pense que tout le monde a envie de progresser. Ca m’embêterait si ça ne progressait pas. Mais je ne me fixe pas de chiffre en particulier.
En revanche, Nouvelle Ecole a changé ma vie. Au niveau des gens que je rencontre et de l’impact que ça a sur les gens qui écoutent. C’est ça mon indicateur et le truc que je regarde. Donc, ce serait idiot de me dire qu’il faut que je sois écouté X fois.

Par contre, j’ai quand même une idée d’où je veux aller à chaque fois. Sur les derniers épisodes, je sais que je suis écouté environ 10 000 fois par épisode (juste sur le podcast, avec Youtube c’est plus que ça).

Le problème, c’est que c’est la recette pour être déçu en permanence. Quand j’ai commencé, mon premier épisode je crois qu’il a eu 100 ou 150 écoutes. Le deuxième encore moins. Quand j’ai commencé à me mettre sérieusement à Nouvelle Ecole, en Avril 2017, c’était Candice Gasperini qui a fondé Bricool, qui était la première invitée où ensuite, il n’y a plus jamais eu de trou. Depuis, il y a eu un épisode tous les lundis, sans faute.

Juste après Candice, il y a eu Nicolas Bustamante de Doctrine et ça a fait 300 écoutes. C’était la loose pour moi ! Je me disais “si seulement je peux avoir 1 000 écoutes”.

Assez rapidement après, j’ai eu 1 000 écoutes. Puis, j’ai eu Oussama Ammar et on a fait 3 000 sur la première semaine. Quand j’ai sorti Gringe, on a fait 2 000 en un soir. Mathilde Lacombe, ça a fait 5 000 en un soir.

A chaque fois, j’explose les chiffres. Mais comme on est des objets de désir, on veut toujours plus. Donc si je base ma satisfaction sur une donnée que je dois remplir, je ne vais jamais y arriver et devenir con. Il ne faut jamais faire ça. C’est un effort actif et permanent pour moi. J’essaie de regarder mes statistiques le moins possible, une fois par semaine, au moment où je les note dans mon fichier Excel. Alors des fois, je craque et je ne peux pas m’empêcher d’aller voir. Mais j’essaie de me limiter le plus possible et de ne pas regarder tout le temps.

Là, le dernier épisode, je ne sais pas combien il a fait. J’ai vérifié une fois, c’était à environ 6 000 écoutes. Je sais que ça va monter.

Mais, t’es tout le temps dans l’attente et la déception. C’est un peu comme si tu postes une photo sur Facebook et que t’as des Likes. Ensuite, t’as l’impression que toutes tes photos sur Facebook doivent avoir autant de Likes. Alors que tu ne contrôles pas ça. Tu contrôles juste si tu fais une belle photo, ou pas.

Donc moi, tout ce que je contrôle, c’est est-ce que je fais un bon podcast ? Est-ce que les gens qui écoutent trouvent que c’est génial ? Est-ce que mes interviews, sont les meilleures possibles ?

Je me base sur les gens que j’invite et les gens qui acceptent de venir pour m’évaluer moi-même. Si des personnes de plus en plus sollicitées acceptent de venir, c’est parce que Nouvelle Ecole arrive à leurs oreilles et que c’est de qualité.

J’invite des gens qui ensuite parlent de mon podcast autour d’eux ou qui écoutent eux-mêmes mon podcast et m’en reparlent. Ca c’est génial.

Il n’y a pas de ligne d’arrivée. Personne ne te donne une note sur 20 et personne ne te dis que t’as bien réussi ta vie. Donc il faut trouver ses propres indicateurs.

Selon toi, pourquoi les gens aiment écouter Nouvelle Ecole ? Pour tes invités ? Pour tes questions ? Pour toi ? Pour le côté discussion informelle ?

Déjà, c’est parce que ça sort toutes les semaines. Ils savent que tous les lundis il y a un nouvel épisode de Nouvelle Ecole. Ils savent que ce sera toujours le cas. Je pense que la régularité est ce qu’il y a de plus important. Les gens ne veulent pas que les trucs sortent n’importe comment. Ils ont envie de créer une habitude. Ca, je peux le contrôler.

Ensuite, je pense qu’il y avait un manque de ce genre de podcast, que j’ai comblé avec un mélange de chance et de timing.

Je fais ce que j’ai envie d’écouter et de consommer. Je suis ma propre audience et je sais qu’il y aura forcément des gens que ça va intéresser.

Après, moi je fais de mon mieux pour avoir les gens les plus intéressants que je peux avoir et pour faire les meilleures interviews possibles. Je trouve que je progresse beaucoup sur les interviews, même si je m’en rends pas toujours compte. Mais parfois, je réécoute des vieux épisodes et je vois que je progresse.

Evidemment, il faut faire le meilleur truc possible. Mais c’est surtout de la qualité ET de la quantité. Tu ne peux pas juste faire l’un. Ou alors tu es le mec qui fait le blog WaitButWhy et tu as intérêt à ce que ce soit exceptionnel.

Aujourd’hui, tu ne vis pas de ton podcast. Est-ce que c’est un objectif pour toi ?

Non, ce n’est pas un objectif. Mais c’est une forte probabilité qu’à un moment, je puisse en vivre.

En fait, je pourrais vivre de mon podcast convenablement dès aujourd’hui, si je mettais en place 2 ou 3 trucs. Mais si je fais ça, je rentre dans une nouvelle logique. Ca deviendra un business. Je ne sais pas exactement ce que ça va impliquer, mais je sais que ça va impliquer des choses. Au niveau de la ligne éditoriale, je serais sûrement tenté de faire venir des gens qui feront vendre plus pour telle pub ou qui ramèneront plus d’auditeurs. Je n’ai pas envie. Pour l’instant je me réserve la liberté d’inviter Gringe, Alice Moitié, Oussama et Solange te parle pour discuter de tout et de rien. Nouvelle Ecole, c’est jeune et je ne veux pas devenir BFM Business. C’est mon pire cauchemar. Je ne veux pas inviter tous les jours des mecs à peu près similaires, pour leur poser les mêmes questions et m’en foutre complètement d’eux.

Je pense que si je ne fais pas un truc vraiment différent de ce qui se fait, ça ne sert à rien de faire un truc. C’est ma nouvelle philosophie.

Je vais sûrement vivre de Nouvelle Ecole à un moment. Mais pour l’instant, ce n’est pas assez intéressant. Bien sûr, si on me dit : “je vais te payer 10 000€ par épisode”, peut-être que je dirais oui.

Est-ce que tu aimes te ré-entendre et écouter ta voix ? Certains de nos élèves hésitent à lancer leur chaine Youtube ou leur podcast parce qu’ils n’aiment pas se voir ou s’entendre.

Je n’ai pas trop ce problème. Moi, ça fait longtemps que je fais ça. Quand j’étais ado, j’enregistrais déjà des chansons. La première fois que j’ai sorti un épisode de Nouvelle Ecole, je me suis quand même chié dessus. Mais c’est un exercice que j’avais déjà commencé à faire depuis longtemps avec la musique, l’écriture etc. Je jouais des chansons à la guitare quand j’avais 12 ans.

C’est comme un muscle que tu as travaillé pour ne pas avoir peur ?

Complètement, tout est un muscle. Je ne crois pas du tout à ces histoires de “tu l’as ou tu ne l’as pas”.

Hier, j’ai discuté avec une fille qui est étudiante en Droit. Elle me disait qu’elle n’y arrive pas parce qu’elle n’est pas pragmatique et pas bien organisée. Mais c’est des histoires qu’on se raconte.

Evidemment que si tu n’es pas organisé aujourd’hui, demain tu ne seras pas un pro de l’organisation comme Tim Ferriss. Mais peut-être que dans 5 ans, oui. Il faut juste commencer à un moment.

Moi, je le vois beaucoup avec le travail. Aujourd’hui, j’ai une capacité de travail qui est gigantesque par rapport à ce que j’avais il y 5 ans, quand j’ai commencé à bosser. Au lycée, je ne faisais pas grand chose. D’ailleurs, je me suis pris quelques échecs à cause de ça. Mais quand j’ai commencé à travailler, c’était vraiment très dur. Maintenant, c’est dur de ne pas travailler. J’ai du mal à être oisif.

Donc c’est complètement un muscle. Je trouve que ce qui est pas mal quand tu veux lancer un projet, c’est de re-penser à tout ce que tu as déjà fait, acquis et emmagasiné depuis que tu es enfant. Parce que tout le monde a déjà fait des trucs. Les gens ne faisaient pas forcément des chansons mais on a tous fait quelque chose. On croit que ce n’est pas du travail, mais en fait si, c’est des années que t’as passé à faire les mêmes choses.
Ensuite, il faut connecter les points et revenir à ça.
Moi, à un moment, je voulais savoir tout faire. Oui, je peux coder et si je m’y mets à fond, dans 5 ans je serais bon. Mais ça serait bête, parce qu’il y beaucoup plus de trucs dans lesquels je suis meilleur naturellement.

Est-ce que pour toi, tout le monde peut créer du contenu ?

Bien sûr ! Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas. Il faut juste savoir écrire ou parler.

Si tu sais parler, tu prends un micro ou caméra. Si tu sais écrire, il suffit d’écrire. Tu peux même tweeter, c’est du contenu ! Tu peux enregistrer les discussions que tu as avec tes potes. Si tu parles de foot pendant une soirée, tu crées déjà du contenu, sauf que tu ne l’enregistres et ne le diffuses pas. Il y a tellement de gens qui font ça ! Par exemple, Amine et Hugo, se filment en écoutant des albums de rap pour la première fois. C’est marrant et il y a des dizaines de milliers de personnes qui regardent !

C’est aussi pour ça qu’il y a un côté détente avec Nouvelle Ecole. Je n’ai pas envie que les gens se sentent sur BFM.

Ce n’est pas difficile. Il y a plein de trucs qui sont difficiles mais créer le contenu ne l’est pas.

Pourquoi le format podcast ? Est-ce que tu t’es dit : ”Sur ce créneau, il n’y a personne donc je vais m’y placer” ?

Ce raisonnement peut marcher, mais pas avec moi. Il y a des gens qui sont hyper forts pour détecter des opportunités et créer une solution pour l’exploiter. Comme Jean Charles Samuelian qui a fondé Alan par exemple. Et ils créent des business qui défoncent tout.

Il y a des gens qui sont méga-organisés et qui sont des machines. Les gens qui ont fait une Prépa par exemple ou des écoles d’ingénieurs. Ils ont discipline, une capacité à attaquer des problèmes et à les déconstruire.

Mais moi, je ne peux pas. Je tombe en dépression trop vite si je fais ça. Ces gens ont une résistance à la douleur que moi je n’ai pas. Ils peuvent traverser ces moments en sachant où ils vont, avec un objectif précis.

Moi, je n’aime pas vraiment remettre à plus tard ou différer ma vie. Parce que je n’en sais rien. Depuis que je suis petit, il se passe un truc tous les ans qui font que ma vie change. Ma vie s’est construite comme ça. C’est un puzzle. J’habite en Savoie, j’habite à Paris, j’habite à San Fransisco. Je fais une école, ensuite du Droit, ensuite Sciences Po, ensuite HEC, ensuite Le Wagon etc. Je suis toujours en train de faire un truc différent et j’aime ça !

J’ai besoin d’être passionné par le truc que je fais !

Je crois que je ne suis pas un business man. Même si j’ai beaucoup été façonné par l’approche business. Mais ce dont je me suis rendu compte ces derniers mois, c’est que je suis plus attiré par le côté artiste maudit que le côté business man solide qui sait où il va et qui est structuré. C’est une image que j’extrapole et je suis forcément un peu des deux, mais je n’aurais jamais pu faire Nouvelle Ecole en prenant un trou de niche que j’aurais analysé pour l’exploiter. Ca m’aurait fait ennuyé. Je ne pouvais pas faire un autre Nouvelle Ecole que celui-là. S’il existait déjà, je ne l’aurais pas fait.

Il faut vraiment que ça me fasse marrer. C’est le truc que j’ai oublié de faire à un moment, dans mon ancienne boite de chatbots. Clairement, il y avait un vide et une opportunité de marché. Notre boite, elle cartonnait au début. En 10 mois, on a signé la Société Générale, La Redoute, Netflix, Meteo France, BNP Paribas, L’Oréal etc. Ca marchait, mais je n’étais pas bien. Je n’étais pas en train de faire un truc auquel je croyais et à quoi je voulais dédier ma vie. Je n’avais pas l’impression de poser mon coeur sur la table et d’en donner un peu à tout le monde.

Je suis façonné comme ça et d’autres gens le sont de manière différente. Et il faut surtout trouver comment t’es façonné, individuellement. A HEC, c’est plein de gens qui vont décomposer des marchés, les attaquer et faire des trucs trop bien. Moi, je n’y arrive pas.

Quand j’écoute tes podcasts et que je t’écoute parler là, je retiens une leçon, c’est qu’il faut faire un truc que tu aimes, presque de manière désintéressée et le succès sera un effet secondaire. T’es d’accord avec ça ?

Oui complètement.

Mais en fait, je ne sais pas trop non plus. Je n’ai pas vécu assez longtemps pour le dire. Si j’étais devenu millionnaire et que j’avais vendu 12 trucs je t’aurais dit oui.

Mais je ne le suis pas. Je n’ai pas d’argent parce que je mets l’accent sur les trucs que j’aime bien faire.

Mais qu’est-ce que c’est le succès en fait ? C’est ça la question !

Moi, j’ai énormément de succès, selon mon repère interne. Parce que tous les jours je fais ce que je veux. Tous les jours, je vois des gens qui m’intéressent. Ce que je produis, je le trouve bien. Mon podcast, j’en suis fier. Pour la première fois depuis de nombreuses années, je suis fier de ce que je fais.

Aujourd’hui, j’ai interviewé un mec que j’ai trouvé brillant. J’ai l’impression d’être un petit truc qui s’étend. Quand j’étais petit, mon père me disait que la vie, c’est comme le Trivial Pursuit. Quand tu démarres, t’as juste un petit bout de camembert et le but, c’est d’avoir tous les morceaux. J’ai le sentiment d’en ajouter là.

Donc j’ai beaucoup de succès. Même par rapport à l’année dernière où je gagnais beaucoup plus d’argent.

Chaque jour, c’est cool. C’est quoi une bonne vie ? C’est simple, si t’as plein de bonnes journées, à la fin, t’as une bonne vie.

C’est très simple et à la fois très compliqué ..

Oui, parce que ça ne veut pas dire YOLO ! Le côté “vis chaque jour comme si c’était le dernier”, ça ne mène nulle part, c’est débile. Il faut plutôt se dire “vis chaque jour comme si c’était très très important”.

C’est quoi ton conseil pour quelqu’un qui veut se lancer, mais qui hésite ?

Bah … lance toi !

Oui, mais la tendance naturelle, c’est de se mettre plein de barrières et de s’inventer des trucs !

Le seul truc que je peux dire c’est que, tant que tu ne commences pas à faire ton truc, tu ne peux pas savoir. Tout ce que tu te dis avant de commencer, ça ne vaut rien.

Ce qui est important, c’est de faire un truc. Parce que ça débloque tout. Les choses se mettent en mouvement. Et c’est super important de se mettre en mouvement ! Moi l’erreur, que j’ai faite, c’est d’être trop stoïque, d’avoir plein d’idées et plein de connaissances. Alors que c’est vraiment le mouvement qui fait que les choses se passent. Même un tout petit mouvement ! Ca met les choses en route.

Tu peux toujours commencer maintenant. Il n’y a aucun moment où tu ne peux pas. Si tu te dis que tu ne peux pas, c’est que tu te racontes une histoire ou que tu ne fais pas le bon truc.

C’est quoi ta vision pour l’avenir du podcast en France ? Tu penses qu’il y aura de plus en plus de gens comme toi qui vont se lancer ?

Je pense que le podcast va se professionnaliser et qu’il y aura des vrais studios, comme aux Etats-Unis.

Ils vont se lancer et faire des shows en fonction des créneaux qui sont disponibles. C’est ce que fait Nouvelles Écoutes par exemple. Ils ont plein d’émissions différentes sur des niches.

C’est comme Youtube. Au départ, c’était des mecs qui faisaient des vidéos. Ensuite t’as des trucs comme le Studio Bagel qui sont arrivés et qui ont rassemblé des gens. Je pense que c’est le truc naturel de toute opportunité de marché.

Pour finir, je vais te poser quelques questions de nos élèves.
Est-ce que tu reçois beaucoup de mails après des interviews polémiques, comme celle d’Abdel Raouf Dafri par exemple ?

J’ai eu plein de retours oui. Mais je n’ai pas trop de haters. Il y a un mec hier qui m’a mis 1 étoile sur iTunes. Il a dit que je n’arrêtais pas de parler dans mon interview de Jean-Daniel Guyot, que je ne faisais que de l’interrompre et que j’étais hyper égocentrique.

Mais, je n’ai pas trop de trucs comme ça. Je pense que je ne suis pas encore assez connu pour avoir beaucoup de haters. Mais ça va arriver. Tant mieux.

Qu’est-ce que tu mets en place pour promouvoir ton podcast ?

Hum, pas grand-chose. Je pense que le produit est le meilleur Marketing. Je ne peux pas tout faire donc j’essaie de faire un bon podcast. Souvent, mes invités sont mon Marketing parce qu’ils ont des audiences.

Après, pour la promotion, je fais du classique sur les réseaux sociaux. Surtout sur Instagram.

Tout ce qui me demande du travail en plus me prend des ressources que je devrais allouer à d’autres trucs.

Le plus important, c’est que le podcast défonce. Donc les 3 trucs que je dois faire, c’est : trouver des invités, les convaincre de venir et faire des bonnes interviews. Et que ça sorte toutes les semaines ! C’est déjà beaucoup de boulot en soi.

J’aimerais bien faire plus de promotion, mais je dois accepter que je ne peux pas tout faire.

Qu’est ce que tu ferais si tu n’avais pas peur ?

Franchement, je ne sais pas. Mon problème, ce n’est pas que j’ai peur, c’est que je n’ai pas le temps. J’aimerais bien faire beaucoup d’autres choses, mais je ne peux pas. A la limite, peut-être que si je n’avais pas peur, je me mettrais dans une relation amoureuse.

Ces dernières années, j’ai vraiment passé du temps à taper dans mes peurs. J’avais peur de beaucoup de choses, mais là c’est juste une question de temps. Je pourrais sortir un album de musique, faire des concerts, écrire un livre, sortir un film, écrire un scénario de film, faire de la danse, etc.

La question, c’est de savoir si la peur te bloque. Là, elle ne me bloque pas. Ma vie est remplie de trucs que je n’aurais pas osé faire avant.

Sur quels critères tu choisis les personnes que tu interviewes ?

Est-ce que j’ai envie de leur parler ? Est-ce que j’ai envie de passer du temps avec la personne ? D’apprendre des choses d’elles ? De leur poser des questions ? De passer 1h30 avec ?

Ca peut être pour plein de raisons. Parfois c’est parce que j’adore la personne, comme Alex Dana par exemple. Il y a aussi des gens que j’ai juste envie de rencontrer. Gringe, je voulais juste le rencontrer.

Est-ce que tu as besoin de conseils Déco pour ranger tes livres ?

Au départ, je ne lisais que sur Kindle. A un moment je me suis mis à acheter tous les bouquins parce que j’avais lu un article de Ryan Holiday sur les notes qu’il prend et je voulais faire pareil. Mais finalement je ne l’ai pas fait. C’est surtout un truc à faire quand t’écris des bouquins de non-fiction et que tu as besoin de beaucoup de ressources.

En ce moment, je suis plus dans un délire minimaliste. J’essaie de ne rien avoir parce que je vais être amené à bouger et que la liberté est ma valeur fondamentale. Celle qui est tout en haut.

Donc je n’ai pas besoin d’avoir 10 000 bouquins papier et je suis repassé sur Kindle.
Seule exception, quand j’achète le bouquin d’un invité de Nouvelle École pour qu’il puisse me le dédicacer, c’est kiffant.

 

Je sais, c’est très long ! Mais Antonin est inspirant, n’est-ce pas ? ?
Dites-nous en commentaires ce que vous avez pensez de cette interview et les éléments clefs que vous retenez ! ⬇

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Valentin Decker

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