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Parcours de Jean-Charles Kurdali et Fetch

Le jour où Jean-Charles Kurdali a failli devenir millionnaire

J’espère que vous êtes bien réveillé, l’histoire que je vais vous raconter est exceptionnelle. Elle concerne mon ami, Jean-Charles Kurdali.

Jean-Charles Kurdali portraitVous avez peut-être déjà vu passer sa tête sur Internet.

Jean-Charles est un sacré entrepreneur et voici toute son histoire, alors accrochez-vous !

Jean-Charles est le fondateur de Fetch, une société de livraison de repas.

C’est à Nancy, dans sa ville natale qu’il démarre son service. Les premières années, il démarche tous les restaurants du coin pour leur proposer de livrer leurs repas grâce à une flotte de coursiers à vélo.

Nous sommes en 2015 ; Jean-Charles Kurdali  fait partie des premiers acteurs à se lancer sur ce créneau. Dans sa ville Nancy, il n’y aucune concurrence. 

Les acteurs comme Deliveroo considèrent la ville comme trop petite et n’y mettent pas les pieds. C’est la chance de Jean-Charles.

Il concentre son développement uniquement sur les villes françaises de taille moyenne. 

En 2018, Fetch est présent dans 7 villes de France : 

  • Nancy
  • Metz
  • Reims
  • Dijon
  • Clermont
  • Caen
  • Le Havre.

Fetch grandit bien et à chaque nouvelle ouverture de ville, un bouche à oreille important permet à l’entreprise de se développer de plus en plus vite. À son apogée, l’équipe compte plus de 30 personnes.

Mais malheureusement pour Fetch, tout bascule lors de l’année 2018, et Jean-Charles est obligé de vendre son entreprise dans des circonstances rocambolesques. 

Des problèmes techniques et une croissance qui ralentit

Nous sommes début 2018. Jean-Charles sait que l’entreprise arrive à un moment important de son existence.

L’année 2017 a été excellente. Le service est disponible dans 7 villes et Jean-Charles envisage de s’étendre dans un second pays, en Allemagne.

Mais début 2018, Jean-Charles Kurdali fait face à un double problème inattendu :

  • Le développement rapide de l’entreprise engendre des problèmes au niveau technique.
    L’application et la technologie de Fetch ne suivent pas le rythme. Jean-Charles réalise qu’il faut tout reprendre à zéro, car tout risque d’exploser ! Le prestataire technique qu’avait choisi Jean-Charles n’est pas à la hauteur du défi et coûte à Fetch plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque mois : “le montant des factures a commencé à doubler alors que rien ne fonctionnait !”
  • Dans le même temps, Fetch enregistre un mois sans croissance. Comme si l’entreprise heurtait un plafond. C’est un nouveau signal d’alerte pour Jean-Charles.

Jean-Charles envisage alors de lever des fonds auprès d’investisseurs, environ 4 millions d’euros, pour réparer sa technologie et investir afin de continuer à se développer.

Problème : les coûts augmentent, mais le chiffre d’affaires ne suit pas : le cocktail n’est pas idéal pour rassurer un investisseur.

Pour Jean-Charles Kurdali, une porte de sortie : le rachat

Face à la difficulté de lever des fonds auprès d’investisseurs et l’impératif de trouver la trésorerie nécessaire pour assurer la survie de l’entreprise, Jean-Charles envisage la piste du rachat.

Jean-Charles ne souhaite pas vendre sa société, mais il n’a pas le choix. S’il veut développer Fetch, il doit s’adosser à un acteur plus important.

C’est ici qu’entre en jeu un concurrent bien connu de Jean-Charles que nous appelons ici la société Tartempion (Jean-Charles m’a confié qu’il n’avait pas le droit de donner le vrai nom de cette société, et je tiens à respecter sa volonté)

Cela fait plus de deux ans que Jean-Charles discute régulièrement avec Tartempion. Ils ont des bonnes relations et s’échangent mutuellement des informations.

En mars 2018, Jean-Charles leur fait comprendre qu’il est prêt à vendre sa société. Tartempion est très intéressé et ils passent les 4 prochains mois à imaginer un plan conjoint.

Ils organisent un rendez-vous presque toutes les semaines pour étudier tous les aspects de la reprise. Un accord de confidentialité est même conclu entre Fetch et Tartempion pour la vente de la société.

Dans le même temps, l’étau se resserre pour Jean-Charles et Fetch. La croissance a du mal à repartir et les problèmes technologiques empirent chaque jour.

Chaque jour, l’espérance de vie de la société se réduit. D’ici 2 ou 3 mois, ils ne pourront plus payer les factures. Cela rajoute encore de la pression sur les épaules de Jean-Charles qui s’inquiète pour ses 30 salariés !

En Juin 2018, un premier accord est trouvé pour valider le rachat de Fetch par Tartempion.

Il manque une toute dernière validation de la part du Directeur de Tartempion pour acter définitivement la vente.

Ce rachat allait permettre d’insuffler une nouvelle dynamique chez Fetch. En tant que fondateur, la vente allait également permettre à Jean-Charles de récupérer une belle somme d’argent.

À ce moment, il ne compte plus que sur la vente. Le bateau commence à tanguer. Les employés le sentent et commencent à quitter l’entreprise. 

La vente est la dernière bouée de sauvetage. Jean-Charles passe ces journées à attendre le dénouement.

Nous arrivons au jour fatidique pour Jean-Charles Kurdali.

Une dernière réunion va avoir lieu chez Tartempion pour finaliser le rachat. “On te passe un coup de fil ce soir, vers 18h30 pour te tenir au courant Jean-Charles”.

Pour Jean-Charles, cette journée est interminable.

Il reçoit finalement un coup de téléphone à 20h pour lui dire que le rachat est annulé.

Quelques jours avant, l’un des concurrents de Tartempion a pris une décision qui a tout chamboulé et qui leur a fait perdre 10% de parts de marché. 

Cela a fait très mal à Tartempion au point de faire dérailler la vente. Il fallait réagir immédiatement et le rachat de Fetch n’était plus à l’ordre du jour…

Une nouvelle difficulté s’abat sur Jean-Charles.

La vente ne se fait pas et il doit réagir très vite pour sauver son entreprise. La survie de Fetch est en jeu. 

Il n’a pas d’autre choix que de restructurer l’entreprise. Il est contraint de licencier la moitié des salariés et étudie l’option de la liquidation judiciaire. Livreurs Fetch

En quelques jours, Jean-Charles Kurdali a tout perdu.

“Je suis passé d’entrepreneur à succès qui a réussi à revendre sa boîte avec un joli chèque, à entrepreneur raté qui doit éviter la faillite.”

À ce moment, Jean-Charles publie un article que je conseille à tous les porteurs de projet : Fetch : la fin d’une aventure incroyable.

Il raconte son histoire et détaille les difficultés auxquelles il fait face, en toute transparence. Ces récits d’entrepreneurs sont rares, mais qu’est-ce qu’ils sont précieux ! 

J’ai beaucoup d’admiration pour le courage de Jean-Charles.

Conséquence inattendue de cet article : un autre acteur de son marché lit son histoire et lui propose de racheter Fetch.

Fetch est sous assistance respiratoire et, évidemment, les nouvelles conditions de rachat sont bien moins favorables. 

L’opération se fait et Jean-Charles quitte Fetch, fraîchement rachetée, au mois de septembre 2018.

Apprécier le chemin plutôt que le résultat

Jean-Charles Kurdali  tire beaucoup de leçons de cet “échec”.

Il me le répète : l’important est le chemin et non la destination.

Son sort s’est joué en un coup de dés. 

Pour un même niveau d’effort, le résultat aurait pu être très différent. 

Il aurait pu être un entrepreneur à succès avec beaucoup d’argent sur son compte en banque.

Mais finalement, à cause d’un événement qu’il ne maîtrise pas, il est considéré comme un entrepreneur qui a échoué.

Après la première vente avortée avec Tartempion, Jean-Charles a vécu un mois en enfer.

Les médias en parlent peu, mais voici la réalité d’un chef d’entreprise qui doit sauver les meubles à tout prix : il faut prendre des décisions difficiles en licenciant des salariés, il faut surveiller chaque centime d’euro dépensé, réduire ses ambitions à la baisse dans l’espoir que cela reparte un jour.

Malgré tout, Jean-Charles s’était préparé au pire. 

Avant la vente avortée, j’étais finalement assez détendu. 

Je m’étais préparé au scénario catastrophe en envisageant des plans B, C et D au cas où ça se passerait mal. Je faisais des longues marches la journée pour réfléchir et anticiper toutes les situations possibles. Cela m’a permis de réagir tout de suite.

Le soir où j’ai appris que la vente ne se ferait pas, j’avais prévu d’aller au cinéma avec mon frère. Quand je lui ai dit, il était plus déprimé que moi et voulait annuler notre sortie.

Mais moi, j’ai insisté pour y aller malgré tout. Ce genre de revers fait partie du parcours d’entrepreneur, je ne voulais pas me laisser abattre.

Jean-Charles réagit donc très vite et passe son mois de juillet à restructurer l’entreprise, jusqu’au dénouement final et la “deuxième” vente. En septembre, l’histoire était finie. 

Aujourd’hui, Jean-Charles Kurdali regrette un peu le fait de ne pas avoir vendu la première fois. Il a le sentiment de ne pas être allé au bout de l’aventure.

Jean-Charles Kurdali, focus sur le cheminPour lui, les choses auraient été très différentes.

Les gens ne prennent en compte que le résultat. Cela m’a appris qu’il était essentiel de rester focalisé sur le chemin. Nous sommes passés de stars à loosers en quelques jours, à Nancy.

Je me suis retrouvé tout seul. Tout le monde nous tournait un peu le dos. Pour de nombreux partenaires (prestataires, financiers, etc), je n’étais plus un bon entrepreneur.

Dans cette situation, il est très dangereux de se refaire le film de l’histoire sans cesse. Parfois, il se demande ce qu’il aurait pu faire de différent pour éviter cette situation.

Mais au final, il se rappelle qu’il a pris la meilleure décision qu’il pouvait, au moment où il l’a prise. Rien ne sert d’avoir des regrets.

Comment repartir de l’avant après un épisode aussi intense ?

Jean-Charles a très vite rebondi : il a tout de suite déménagé à Paris pour construire sa nouvelle vie.

Pour lui, c’était important de rester actif et de ne pas ressasser l’aventure Fetch. La page est tournée – il faut maintenir démarrer la suivante.

Jean-Charles Kurdali produit aujourd’hui différentes émissions de podcast et écrit toutes les semaines une excellente newsletter sur l’entrepreneuriat.

Mais Jean-Charles rêve de repartir sur une grande et belle aventure entrepreneuriale comme celle de Fetch.

“J’espère que Fetch n’est pas la plus belle aventure de ma vie. Parfois, j’ai peur d’avoir tout donné et de ne plus avoir d’énergie pour repartir de zéro”.

Mais au final, Jean-Charles n’en retient que du positif. N’ayant pas fait de grandes études, Fetch a été son éducation à vitesse grand V. 

S’il y a bien une chose dont je suis certain, c’est qu’il est plus mûr et bien plus armé qu’à ses débuts, il y a 5 ans. La suite n’en sera que plus belle.

J’ai hâte de suivre les prochaines aventures de Jean-Charles !

J’espère que ce récit vous a plu. 

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Alexandre Dana

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